28/12/2007

Loi antiterroriste • Démocratique, l’État belge?

« La récente condamnation du Bruxellois Bahar Kimyongür suscite chez nous plusieurs questions », déclare la FGTB bruxelloise. L’avis de Jan Fermon, avocat.

Alice Bernard
28-02-2007

Bahar Kimyongür a été condamné le 7 novembre dernier pour « appartenance à une organisation terroriste » (voir ci-joint « les faits »). Cela inquiète le syndicat socialiste de Bruxelles. « Nous constatons que l’organisation Greenpeace Nordic au Danemark a été condamnée en juillet 2005 sur base de ces mêmes “lois antiterroristes” suite à une action pacifique. (…) Dans le cas de ces personnes (Bahar Kimyongür et des altermondialistes liégeois mis sur écoute, ndlr), on a l’impression qu’elles sont poursuivies ou condamnées dans le cadre de la loi antiterroriste, mais que les actes dont ils doivent rendre compte à la société ne sont d’aucune manière violents, et encore moins terroristes. Il s’agit au contraire, dans les deux cas, d’actions non violentes de militants. »

 

L’État turc, dénoncé par Bahar Kimyongür a pourtant souvent été condamné par la cour européenne des Droits de l’homme…

Jan Fermon. Des dizaines de fois, pour « traitements inhumains et dégradants » dans les commissariats et les prisons ; le Parlement européen a aussi critiqué la législation antiterroriste turque qui a permis d’innombrables abus. En 1996, le commandant de la gendarmerie belge, M. Deridder, a rencontré, en Turquie, Mehmet Agar, ancien chef de la police et ancien ministre de l'Intérieur. Des accords ont été établis, dans un climat politique que le Président turc lui-même qualifiait d’ « État enfoui », où mafia, extrême droite et une partie des « forces de l’ordre » travaillaient de concert. Tout de suite après, les Turcs de Belgique ont été fichés par la police belge. Trois ans plus tard, c’est la descente dans l’appartement de Knokke et le début du procès contre le DHKP-C.

 

Comment réagir ?

Jan Fermon. Le tribunal de Bruges et la Cour d’appel ont adopté le point de vue de l’État turc (et celui de l’UE ndlr) : ils qualifient le DHKP-C d’organisation terroriste. Mais tout le monde n’est pas d’accord sur ce type d’interprétation abusivement extensive, qui met en danger les libertés démocratiques. Le Comité T, par exemple, créé le 27 juin 20061. Tous ceux qui trouvent que résister à l’injustice et à l’exploitation n’est pas du terrorisme doivent se rassembler et agir, avec le CLEA ou le Comité T, leur syndicat, parti, association, club sportif…

S’informer, informer, exiger la libération de Bahar Kimyongür, de Musa Asoglu et des autres inculpés du procès de Bruges.

Rester mobilisé pour intervenir lors d’autres procès de ce genre, protéger les personnes solidaires et, surtout, agir pour le retrait de cette législation liberticide et pour que toute la clarté soit faite sur ce procès qui crée un dangereux précédent. Des personnalités comme Josy Dubié (Ecolo), Jean Cornil (PS) et d’autres ont déjà exprimé leur inquiétude et leur solidarité. Il existe aussi une pétition pour la libération de Bahar Kimyongür.

1 A l’initiative d’Attac, du centre d’Action laïque, du Centre national de coopération au développement (CNCD/11.11.11), du Comité pour la liberté d’expression et d’action (CLEA), de la Liga voor mensenrechten, la Ligue des droits de l’Homme, de l’Observatoire international des prisons, de l’Organisation mondiale contre la torture, du Syndicat des avocats pour la démocratie.

  • Pour plus d’information et pour signer la pétition : www.leclea.be
  • Manifestation de soutien à Bahar Kimyongür, tous les samedis, entre 16 et 17 heures, sur les escaliers de la Bourse à Bruxelles.
  • Rassemblement, devant la Bourse de Bruxelles, pour soutenir Musa Asoglu, Sukriye Akar et Kaya Saz (condamnés en même temps que Bahar Kimyongür) le mercredi 28 février à 18 h
  • Deuxième rassemblement, le samedi 3 mars à 16 heures, devant la prison de Bruges

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Terroriste, la loi antiterroriste ?

C’est quoi, cette loi antiterroriste ?

?Jan Fermon. Le 13 juin 2002, le Conseil de l’Union européenne a adopté une décision-cadre se rapportant à la lutte contre le terrorisme. Les décisions-cadres de l’Union européenne doivent être transformées en loi par les pays membres. La Belgique a donc promulgué, le 19 décembre 2003, une loi « relative aux infractions terroristes ».

 

Cette loi est-elle nécessaire ?

Jan Fermon. Absolument pas. Les législations existantes réprimaient déjà les actes de violence aveugle contre des civils. Et dans le droit international, il y avait le concept de « crimes contre l’humanité ».

 

Alors, pourquoi en remettre une couche ?

Jan Fermon. Le flou qui entoure la définition du mot « terrorisme » permet de criminaliser toutes formes de résistance – politique, syndicale, écologique – que l’on assimile abusivement au terrorisme. En plus, cela permet de justifier des méthodes particulières de recherche policière : mise sur écoute, surveillance « discrète », etc.

 

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Les faits

Manif pour VW, le 2 décembre 2006 à Bruxelles. À la Bourse, un grand portrait de Bahar Kimyongür, un Belge condamné le 7 novembre 2006 à quatre ans de prison sur base de la loi antiterroriste. Son « crime » est d’avoir dénoncé pacifiquement la répression de l’État turc. Cela inquiète la FGTB de Bruxelles. (Photo Solidaire, Antonio Gomez Garcia)

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


28 septembre 1999

La police fait une descente dans un appartement de Knokke et y trouve des archives du DHKP-C (un parti de gauche turc considéré par l’Union européenne comme « terroriste ») du matériel informatique, des armes et des faux papiers. Suite à quoi, la militante Ferhiye Erdal est arrêtée et onze personnes inculpées.

 

28 février 2006

Les inculpés passent en jugement à Bruges. Certains, c’est le cas de Bahar Kimyongür et de Musa Asoglu, sont accusés d’appartenance à une organisation terroriste. Les peines sont lourdes : Bahar Kimyongür est condamné à 4 ans, Musa Asoglu à 6 ans.

Musa Asoglu et Bahar Kimyongür travaillaient pour le bureau d’information du DHKP-C à Bruxelles. Ni l’un ni l’autre n’ont jamais commis d’actes terroristes en Belgique ou ailleurs. Bahar Kimyongür est connu et apprécié par des dizaines de démocrates et de progressistes pour son activité incessante, courageuse et pacifique : informer, en Belgique et partout dans le monde, sur la répression violente que subissent les opposants à la politique de l’État turc et les conditions effroyables de détention des prisonniers politiques dans les prisons turques.

 

Fin avril 2006

Bahar Kimyongür, laissé en liberté en attendant le procès en appel de sa condamnation, va en Hollande pour assister à un concert. Les services secrets belges et le ministère de la Justice en avertissent la police hollandaise. Or, la Turquie a émis un mandat international demandant l’arrestation et l’expulsion de Bahar vers la Turquie. Ce qui n’était pas possible à partir de la Belgique, Bahar Kimyongür étant citoyen belge. Après une détention de 68 jours Bahar est libéré, la Justice hollandaise ayant constaté qu’il n’était nullement un « terroriste ».

 

7 novembre 2006

Procès en appel : les condamnations du 28 février 2006 sont confirmées et… alourdies : Musa Asoglu, de 6 à 7 ans, Bahar Kimyongür, de 4 à 5 ans.

19:30 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, capitalisme, justice, courcelles, romain, histoire, jutice, democratie, liberte, politique, presse, silence, terrorisme, turquie | |  Imprimer | | |

11/12/2006

11/12/2006: Appel contre les lois liberticides en Belgique et en Turquie

 

De : Collectif1971@scarlet.be [mailto:Collectif1971@scarlet.be]
Envoyé : lundi 11 décembre 2006 15:50
À : appel
Objet : Appel contre les lois liberticides en Belgique et en Turquie

 

 

 "Chants et paroles pour la liberté d'expression": un succès!


 

D’après un dessin original de Plantu


Appel de quatre organisations contre
les lois liberticides en Belgique et en Turquie

Le Comité pour la Liberté d'Expression et d'Association (CLEA) qualifie la soirée "Chants et paroles pour la liberté d'expression", organisée le samedi 9 décembre 2006 par quatre organisations issues de l'émigration politique en provenance de Turquie, dans les termes suivants: "Succès total ! L'assistance de plus de 400 personnes très motivées a fait de cette soirée multi-culturelle de chants et de danses... et d'interventions de personnalités d’horizons différents – une manifestation très réussie pour la liberté de Bahar Kimyongür, la défense de la liberté d’expression et la solidarité avec les victimes des lois liberticides."  
(http://www.leclea.be, 10 décembre 2006)

La soirée était une co-organisation de l'Association des Arméniens Démocrates de Belgique, les Associations des Assyriens de Belgique, l'Institut Kurde de Bruxelles et la Fondation Info-Türk, avec le soutien des organisations suivantes: Les Ateliers du Soleil, Le Comité pour la Liberté d'Expression et d'Association (CLEA), la Ligue des Droits de l'Homme, Vrede vzw, FVK Rodenbachfonds, ATTAC Wallonie-Bruxelles, Liga voor Mensenrechten, le Centre de Promotion - Kollasuyu-nan Bolivia, Meervoud, la Confédération Européenne des Travailleurs de Turquie (ATIK), Atilim-Belgique, Halkin Sesi TV.
 
La famille de Bahar Kimyongür a participé à cette soirée exceptionnelle en tant qu'invitée d'honneur.
 
Lors de la soirée, les personnalités suivantes ont exprimé leur solidarité avec les victimes des lois liberticides et critiqué l'attitude répressive des autorités belges et turques:
 
Prof. Dr. Ludo Abicht (Universiteit Antwerpen), Paul Bekaert (avocat et administrateur de Liga voor  Mensenrechten), Adelheid Byttebier (membre du Parlement Bruxellois, Groen!), Jean-Marie Coen (ATTAC Wallonie-Bruxelles), Marie-France Collard (Cinéaste), Ludo de Brabander (Journaliste-Vrede), Céline Delforge  (membre du Parlement Bruxellois, Ecolo), Thierry Delforge (CLEA), Zoé Genot (députée fédérale, Ecolo), Anne Morelli (historienne à l'ULB), Remzi Kartal (président du Congrès National du Kurdistan).
 
La soirée a été animée par les artistess suivants:
 
Le joueur de duduk Araik Arzouranian, le groupe de danses assyriennes Babylone, le groupe bolivien Kollasuyu-ñan-Bolivia, le chanteur kurde Baran G, le groupe kurde Mozaïk, le groupe de musique arménien Nor Seront, l'artiste belge Sophie Servais et le guitariste chilien Julio Soto Valdes, le groupe de danses arméniennes Sevan.   
 

L'appel commun de quatre organisations

L'appel commun de quatre organisations annoncé lors de la soirée: "Chants et paroles pour la liberté d'expression":

Réagissant contre les récentes lois antiterroristes et les pratiques violant la liberté d’expression tant en Belgique que dans leur pays d’origine, quatre organisations issues de l’émigration politique en provenance de Turquie vous accueillent ce soir à cette soirée culturelle sous le thème “Chants et paroles pour la liberté d'expression”.
 
Pourquoi cette action commune?
 
Nos organisations constituées par des réfugiés politiques en provenance de Turquie avec le soutien de démocrates belges et européens luttent depuis des décennies pour la défense des droits de l'Homme en Turquie.
 
Les dirigeants de notre pays d'origine négocient actuellement avec leurs homologues européens pour l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne. Comme il a été indiqué dans le rapport de la Commission Européenne, malgré certaines réformes cosmétiques entamées, la violation des droits de l'Homme se poursuit toujours dans plusieurs domaines: la poursuite et l'emprisonnement de journalistes et d’intellectuels, l'interdiction et la confiscation de journaux et publications, le non-respect des droits légitimes du peuple kurde et des minorités ethniques et religieuses, la torture et les mauvais traitements de détenus, les conditions carcérales inhumaines dans les prisons dites de type-F, etc.
 
Malgré le cessez-le-feu déclaré unilatéralement par la guérilla kurde, l'Armée turque poursuit sans cesse ses opérations militaires dans le Kurdistan du Nord.
 
Au lieu de démocratiser la vie politique, en juillet 2006, le Parlement Turc a, sous la pression de l'Armée, adopté une nouvelle version de la loi anti-terroriste sous prétexte de renforcer la lutte contre le terrorisme.
 
La loi prévoit des peines lourdes même pour ceux qui seraient suspectés d'appartenir ou de soutenir une organisation illégale ou de faire la propagande de celle-ci.
 
En vertu de cette loi répressive, plusieurs rédactions de gauche ont déjà été soumises à des opérations policières et actuellement 29 journalistes se trouvent dans des prisons de haute sécurité pour délit d'"appartenance" ou de "propagande".
 
Tout récemment, la section antiterroriste de la police d'Istanbul a perquisitionné simultanément plusieurs sièges de revues, radios et associations considérées proches du Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C) et arrêté un "grand nombre" d'opposants.
 
Il y a deux mois, la police d'Istanbul avait perquisitionné plusieurs sièges de revues, radios et associations considérées proches du parti communiste marxiste-léniniste (MLKP).
 
Non seulement la loi anti-terroriste, mais la Constitution de la République de Turquie, imposée en 1982 par les militaires, ainsi que plusieurs articles du Code pénal turc, du code pénal militaire, du Code de la presse et de la loi pour protéger la personnalité historique d'Atatürk constituent une menace permanente sur la liberté d'expression.
 
Alors que, dans le passé, la Belgique se montrait très critique à l'égard des législations et pratiques anti-démocratiques en Turquie, elle collabore maintenant avec le régime d'Ankara pour poursuivre, condamner, emprisonner, et si possible, extrader ses opposants se trouvant sur le territoire belge, même s'ils n’ont jamais été impliqués dans un acte de terrorisme.
 
La condamnation du jeune belge Bahar Kimyongür et de ses amis à des peines très lourdes, en vertu de la loi relative au terrorisme, adoptée par le Parlement Belge en 2003, est un signe très inquiétant. Comme plusieurs ressortissants de Turquie, nous avons été choqués de voir, le soir du 7 novembre, que la télévision officielle d'Ankara a annoncé le jugement contre les accusés du procès de DHKC deux heures avant la fin de la lecture du verdict!
 
Ce soir, nous avons l'honneur de voir parmi nous la famille de Bahar Kimyongür… Bahar est bien connu par nos organisations en raison de sa détermination pour la défense des droits de l'Homme et des peuples non seulement en Turquie mais également dans tous les pays sous régime répressif.
 
Ce jeune Belge se trouve aujourd'hui derrière les barreaux de la prison de Bruges alors que ses amis souffrent dans les mêmes conditions dans la prison de Gand.
 
Des juristes et des médias dénoncent de manière alarmante les conditions carcérales dans lesquelles se trouvent ces prisonniers politiques dans les prisons belges.
 
L'histoire montre que les pratiques répressives lancées contre une catégorie de citoyens ne restent jamais dans ces limites. Les lois liberticides pourront s'appliquer demain à n'importe qui sous l'accusation d'avoir commis un délit d'appartenance ou d'opinion.
 
C'est la raison pour laquelle, nos organisations appellent tous les démocrates à protester contre ces lois et pratiques anti-démocratiques de l'axe Ankara-Bruxelles et à se solidariser avec les victimes de cette répression interétatique.

L'Asociation des Arméniens Démocrates de Belgique
aadb.asbl@hotmail.com
 

Les Associations des Assyriens de Belgique
nahro.beth-kinne@scarlet.be
 

L'Institut Kurde de Burxelles
kib@skynet.be
 

La Fondation Info-Turk
http://www.info-turk.be

22:30 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, turquie, usa, terrorisme, fascisme, mccarthysme, repression, capitalisme, oppression capitaliste, europe, euro-dictature, actualite, histoire, romain, courcelles, presse, silence, democratie, liberte, resistance, solidarite, politique | |  Imprimer | | |

27/11/2006

27/11/2006: Belgique - premier prisonnier d'opinion - disparition de la liberté d'expression et d'association

C’ est en Euro-dictature capitaliste et McCarthyste …

RoRo

 

 

 

De : Antonio Artuso [mailto:pueblo@sympatico.ca]
Envoyé : lundi 27 novembre 2006 19:49

Objet : Belgique - premier prisonnier d'opinion - disparition de la liberté d'expression et d'association - CLEA - Lettre du 27-06

 


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LA BELGIQUE ET LA LIBERTÉ D'EXPRESSION ET D'ASSOCIATION :

 

Premier prisonnier d'opinion belge

Le cas de Bahar Kimyongur

Grève de la faim de prisonniers politiques en Belgique

Comité pour la liberté d'expression et d'association (CLEA)

Lettre du 27-06

 

Les soi-disant "lois anti-terroristes" sont très utiles pour les gouvernements :

- ils visent en vérité la suppression de la liberté d'association et d'association;

- ils donnent aux gouvernements toute la liberté de recourir au terrorisme d'État.

 

Aux États-Unis, Bush a officialisé la torture, a enlevé le droit à l'Habeas Corpus.

Bush appuie des gouvernements (Colombie, Haïti, Liban, Mexique, Palestine, Philippines, Salvador, etc.) qui utilisent la torture, assassinent des leaders politiques, syndicaux, de droits humains, journalistes, bombardent des populations civiles, terrorisent les populations qui se révoltent contre des conditions de travail et de vie infra-humaines.

 

Soulignons qu'au Canada, le gouvernement Harper appuie toutes les mesures du gouvernement Bush.

Le gouvernement Harper adopte des politiques inacceptables à l'étranger (Palestine, Liban, etc.) et au pays même (Autochtones, coupures, militarisatioin du Canada).

 

Ci-dessous, le communiqué du Comité pour la liberté d'expression et d'association (CLEA).

Visitez le site du CLEA : www.leclea.be 

Salutations solidaires,

 

Antonio Artuso - Montréal

 


----- Original Message -----

From: <clea@leclea.be>

To: <clea@leclea.be>

Sent: Monday, November 27, 2006 12:16 PM

Subject: [Clea] lettre du 27-06

 

Le 7 novembre dernier Bahar Kimyongur, un citoyen belge de 32 ans, a été
condamné à 5 ans de prison ferme dans notre pays sur base de la nouvelle loi
antiterroriste et arrêté sur-le-champ. C'est le premier prisonnier d'opinion
belge depuis la seconde guerre mondiale. Son cas nous concerne tous car il
illustre les menaces qui pèsent sur nos libertés.

Chaque semaine, le Clea entend informer ses contacts. Vous pouvez retrouver
plus de détails ainsi que toutes les possibilités d'aide concrète à ce propos
sur notre site
www.leclea.be

**Nos prochains rendez-vous sont :

-Le 29 novembre, le Clea organise sa réunion hebdomadaire au BEA
(campus du Solbosh de l'ULB) à 18 heures. Tout le monde y est le bienvenu
pour organiser nos actions concrètes.

-Le 2 décembre, comme chaque samedi depuis le verdict, rendez-vous sur
les marches de la Bourse dès 16 heures

-Le 10 décembre, le Clea organise un grand rassemblement à 14 heures à
la Porte de Hal à Bruxelles afin d'exiger la libération de Bahar Kimyongur et
la fin des traitements inhumains et dégradants pour les prisonniers
politiques en Belgique.

**Les actions de la semaine passée :

-Le Clea a envoyé une demande officielle à la ministre Onkelinx pour qu'elle
reçoive des membres du comité afin de discuter du cas de Bahar Kimyongur et
des conditions de détention des condamnés dans l'affaire DHKP-C. Musa Asoglu
et Sukriye Akar mènent une grève de la faim depuis 28 jours pour protester
contre leurs conditions de détention.
En dépit de quatre jugements en référé
exigeant la fin de l'isolement de ces détenus, d'interpellations
parlementaires, Madame Onkelinx, en personne, refuse toujours d'y mettre fin.
Même les gardiens et le directeur de la prison de Bruges sont choqués par les
traitements infligés aux prisonniers.
La une du journal turc
pro-gouvernemental Hurriyet se moquait d'ailleurs récemment de la Belgique «
où les conditions de détention sont pires qu'en Turquie ».

-Le 23 novembre, une vingtaine de sympathisants du Clea ont participé à la
conférence sur les législations antiterroristes organisée par le cercle du
Libre examen à l'ULB ; Laurette Onkelinx y était attendue.
Mais celle-ci, malgré plusieurs confirmations de sa présence, n'était
finalement pas présente. Commentaire du représentant de la Ligue des droits
de l'homme face à l'assemblée : « Les silences de la ministre en disent plus
que ses longs discours ». « Tout le pouvoir à la police, aux procureurs, à
l'exécutif de l'Etat ; le retour à l'arbitraire de l'Ancien régime, voilà ce
qu'il se cache derrière les nouvelles législations antiterroristes » a résumé
Denis Bosquet, un avocat intervenant au débat.


-Le 24 novembre, suite au verdict en appel du 7 novembre concernant l'affaire
DHKP-C, les avocats des condamnés ont décidé d'introduire un pourvoi en
cassation.
Cette juridiction ne traite pas du fond du dossier mais de la forme du procès.
Les défenseurs avancent notamment comme arguments les atteintes portées par
le tribunal d'appel à la liberté d'expression, la présence d'un représentant
de l'Etat turc « comme second procureur au procès ». Ce jugement est, en
effet, entaché d'une série d'irrégularités manifestes : le juge de première
instance a été spécialement déplacé pour mener ce procès (nous avons affaire
à la constitution d'une cour spéciale) ; le procureur au procès Delmulle a
participé à la réunion secrète du 26 avril 2006 visant à organiser la
livraison de Bahar Kimyongur, citoyen belge, via les Pays-Bas à la
Turquie (le défenseur des intérêts de l'Etat belge au procès participe donc
à la commission d'un acte illégal car la Belgique ne peut extrader l'un de
ses ressortissants) ; des faits assurément politiques ont été
correctionnalisés afin de faire passer des opposants politiques au régime
d'Ankara pour de vulgaires bandits grâce à la loi antiterroriste de 2003, en
posant comme une évidence le caractère éminemment démocratique du régime
turc?

-Le 25, quelques 80 sympathisants du Clea se sont à nouveau rassemblés sur
les marches de la Bourse à Bruxelles pour exiger notamment la libération de
Bahar Kimyongur.
Bahar purge, depuis le 7 novembre dernier, une peine de 5 ans de prison ferme
car le tribunal de Gand le considère comme « le chef d'une organisation
terroriste ». Bahar Kimyongur n'a commis aucun délit en Belgique, en Turquie
ou ailleurs mais pour le tribunal, le fait d'avoir traduit un communiqué du
DHKP-C et le fait d'informer la population belge à propos de la situation des
droits de l'homme en Turquie à partir du bureau d'information du DHKC à
Bruxelles démontre son appartenance à l'organisation communiste. Raisonnement
limpide de la cour : cette organisation étant étiquetée « terroriste » par
les USA et l'UE, Bahar est un terroriste. Les nombreuses marques de soutien
exprimées à son égard lors des audiences du procès prouvent pour le juge
Loghe son caractère dirigeant (l'idée développée par le tribunal : Bahar est
le chef, les personnes présentes sont ses complices). Or la plupart des
personnes assistant au procès étaient des membres de la famille Kimyongur et
des citoyens belges interpellés par les risques d'atteintes à la liberté
d'expression qui revêt ce type de procès. Selon notre comité, ces
raisonnements démontrent que la « lutte contre le terrorisme » risque de
toucher tous les citoyens critiques dans notre pays.

-
Le Clea
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Pour nous écrire :
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23:41 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, europe, euro-dictature, mccarthysme, capitalisme, oppression capitaliste, repression, justice, injustice, fascisme, terrorisme, presse, silence, actualite, histoire, romain, courcelles, democratie, liberte, solidarite, resistance, turquie, usa, politique, ps | |  Imprimer | | |

16/11/2006

16/11/2006: La fin de la démocratie

 

Tous ceux qui me connaissent, savent que depuis plusieurs années, je mets les mots Démocratie, Liberté, Droits de l’ Homme, Justice, entre « guillemets »…

La suite : la fascisation progressive de l’ Euro-dictature capitaliste et l’ instauration du McCarthysme européen, y compris en Belgique, me donneront raison. Il suffit d’ ailleurs de voir qu’ électoralement parlant l’ Euro-dictature vire de plus en plus à droite, voire à l’ extrême-droite de plus en plus au pouvoir.

Ca devient grave, très grave … !

La « démocratie » capitaliste n’ est qu’ une illusion savamment entretenue. Et tout cela, avec des « socialistes » présents dans divers gouvernements …

Sur le problème des cartes d’ identité électronique, je vais d’ ailleurs aussi donner une suite sur Internet …

RoRo

 

De : Vandormael Raymond [mailto:raymond.vandormael@skynet.be]
Envoyé : jeudi 16 novembre 2006 0:40

Objet : Fw: [Clea-liege] La fin de la démocratie

 

 

----- Original Message -----

From: Vincent Robeyns

Sent: Wednesday, November 15, 2006 9:46 PM

Subject: [Clea-liege]          La fin de la démocratie

 

Dans le box des accusés d’un procès politique et d’exception un homme qui n’a commis aucun délit. La sentence tombe : cinq ans ferme et arrestation immédiate du dangereux terroriste. Une mère crie : « mon fils n’a rien fait ! », aussitôt le juge ordonne l’évacuation musclée de la mère. La sœur présente n’a pas le temps d’oser un « ne touchez pas ma mère » qu’elle est frappée au visage, projetée au sol et menottée !(1) Scène d’une ancienne dictature sud-américaine ou stalinienne ? Non, cela se passe aujourd’hui...En Belgique !

La suite :

http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2662&artsuite=0


_______________________________________________
Clea-liege mailing list
Clea-liege@listes.agora.eu.org
http://listes.agora.eu.org/listinfo/clea-liege

 

Dans le box des accusés d’un procès politique et d’exception un homme qui n’a commis aucun délit. La sentence tombe : cinq ans ferme et arrestation immédiate du dangereux terroriste. Une mère crie : « mon fils n’a rien fait ! », aussitôt le juge ordonne l’évacuation musclée de la mère. La sœur présente n’a pas le temps d’oser un « ne touchez pas ma mère » qu’elle est frappée au visage, projetée au sol et menottée !(1) Scène d’une ancienne dictature sud-américaine ou stalinienne ? Non, cela se passe aujourd’hui...En Belgique !

1 2 3 >>

Alors que le plat pays qui est le mien s’était illustré, parfois malgré lui, par une attitude courageuse et à contre-courant des dictats impériaux(2), voilà qu’il vient de commettre une jurisprudence que George W. lui-même n’eut espérée.
Pour comprendre l’importance de l’enjeu, la gravité de la situation et pour ceux qui n’ont pas suivi, petit résumé de cette sombre affaire qui nous concerne tous, car elle engage l’avenir de nos libertés fondamentales. Ou- quand la vague sécuritaire post onze septembre vire au cauchemardesque tsunami Orwellien.

Il y a quelques temps Bahar Kimyongür, faisait une première fois la une des médias. Ankara demandait l’extradition de ce jeune Belge d’origine turque comme son nom l’indique, mais n’ayant pourtant jamais vécu en Turquie...Un procureur belge avait tendu la perche en prononçant une première inculpation pour appartenance à une organisation qualifiée de terroriste. La défense ira en appel visant l’acquittement. Qu’à cela ne tienne, la courageuse justice belge profitera d’un voyage de Bahar en Hollande pour alerter les services de l’autre majesté de la présence en son royaume d’un dangereux terroriste. Espérant ainsi confier aux voisins du Nord la sale besogne qu’est l’extradition -car tel était le projet- d’un innocent vers un pays ou il serait enfermé une quinzaine d’années et plus que probablement torturé. La manœuvre sera déjouée grâce à l’indépendance de la justice néerlandaise, qui ne voit dans les actes de Bahar qu’un exercice normal de la liberté d’opinion, l’acquitte et le libère. (3)
Un véritable complot manqué suivit d’un second procès arbitraire mené par un procureur partisan* et une ministre de la justice qui ira jusqu’à faire voter une loi rétroactive (vous lisez bien) afin de faire condamner l’un des huit autres prévenus (Coup de force qui sera finalement arrêté par la Cour d’Arbitrage et qui est loin d’être la seule irrégularité de ce jugement commandité). Rappelons pour les touristes que cette sinistre ministre prétendument socialiste se présentait récemment aux élections dans une commune où vit une importante communauté d’origine turque très conservatrice, entendez que la seule évocation du mot communiste et/ou Kurde insupporte.
Quoiqu’il en soit l’essai des néo-cons locaux est à présent transformé : le jugement rendu en appel ce 7 novembre -qui était fort attendu des organisations de défense des droits de l’homme- est plus injuste et sévère qu’en première instance. Les hérauts de la guerre au terrorisme gagneraient-ils ici l’influence qu’ils semblent perdre outre-atlantique ?

Innocent en Hollande, terroriste en Belgique ?
C’est ici que vous êtes sensés (vous) demander comment il est possible d’être à la fois considéré comme innocent par la justice de La Haye et coupable de terrorisme en Belgique, pays voisins. Un paradoxe kafkaïen typiquement flamand ? Bien pire : une avancée indéniable du non-droit et de la répression de la liberté d’expression et d’association.
Quels sont donc ses torts, de quoi est-il accusé en fait ? D’être un sympathisant belge du DHKP-C selon la défense ou -selon les dires du procureur*- membre de ce parti communiste listé terroriste par Ankara et par l’UE depuis un certain septembre 2001. Il participait à l’organisation des évènements culturels, traduisait les communiqués, militait pour le respect des droits de l’homme et -pire que tout- défend la cause kurde ! Pour situer, ayez une pensée émue pour les Israéliens (communistes) soutenant la cause palestinienne. Un résistant est souvent le terroriste de quelqu’un, vos (arrières) grands-parents confirmeront. Mais évitons provisoirement ce débat certes fondamental mais qui risque de nous éloigner du sujet principal.

En effet il n’est pas nécessaire d’adhérer aux projets et encore moins aux méthodes en Turquie du DHKP-C pour saisir le danger que représente le nouvel arsenal judiciaire anti-terroriste qui permet une telle parodie de procès. Comme le communiquaient des professeurs universitaires en droits et philosophie : Au-delà du cas de M. Bahar Kimyongür, nous éprouvons un net malaise à ce que des individus puissent être extradés vers des Etats n’appartenant pas à l’Union européenne sur la base d’une simple appartenance à une des organisations listées « terroristes » au terme d’une négociation intergouvernementale qui ne peut en aucun cas être assimilée à une procédure judiciaire respectueuse des droits de la défense. Pour être condamné comme terroriste, il n’est plus nécessaire de prendre part à des actes qualifiés de « terroristes ».(4) Le soupçon suffisait à justifier légalement surveillance et arrestation, la sympathie ou l’appartenance à un groupement arbitrairement listé suffit maintenant à faire condamner !

Big Brother is watching you, une fois !
Le 19 septembre 2001 la Belgique adopte de nouvelles lois dites anti-terroristes controversées mais sans débats, circonstances obligent. Pourtant tout initié vous le confirmera : de tels textes demandent bien plus de huit jours pour être conçus, rédigés sans oublier les traductions trilingues. Ce qu’il fallait démontrer ? L’antériorité des textes sur le remake hollywoodien de l’attaque de la radio de Gleiwitz(5). Lois qui seront à nouveau renforcées en 2003.
S’il peut sembler légitime de légiférer afin de faire face à de nouvelles menaces, il est alarmant de constater le caractère liberticide et anti-constitutionnel de ces lois, tristes copies des directives sécuritaires Européennes, inspirées par nos amis étasuniens. Elles sont depuis dénoncées par plusieurs associations belges d’avocats, de magistrats, de défense des droits de l’homme ou de la liberté d’expression et attaquées en Cour de Justice Constitutionnelle.
Le caractère vague de plusieurs paragraphes, l’absence de réelles définitions, permettent de jeter sur tout et n’importe qui l’anathème du terrorisme, de l’association de malfaiteurs ou mafieuse...Assimilant de nombreuses pratiques sociales ou politiques à des actes terroristes : organisez une grève, rédigez ou traduisez un texte contestataire, endommagez un champ d’OGM, n’amenez pas vos enfants à votre ex-conjoint et vous voilà sur les pas de Ben Landen, sous le coup de la loi anti-terroriste ! Bon pour le trou avec tribunaux et conditions d’exceptions, excusez du peu ! Exagération ? Que nenni, constatez par vous-même (6) et découvrez entre-autre que ces lois légalisent des méthodes d’enquête ont pour caractériqtique l’immixtion secrète de l’autorité dans la vie privée, et l’usage de la ruse (...) l’observation, l’infiltration et le recours aux indicateurs. Les comptes et coffres bancaires des suspects pourront également être observés, à la simple demande du parquet. Mieux, le parquet peut autoriser les services de police à pénétrer, à l’insu des intéressés, dans les locaux professionnels, dont ceux des journalistes, des syndicats ou des partis politiques, pour y effectuer des fouilles ou le placement de micros et caméras de surveillance.(7)

Ajoutez que les Belges, précédent le reste de l’Europe, seront bientôt tous munis de leur carte d’identité électronique et reprenez en chœurs : « La guerre c’est la paix », « La liberté c’est l’esclavage », « L’ignorance c’est la force » et n’oubliez pas : « Grand Frère vous regarde ! »

Et si j’écris « Ami entends-tu ? C’est l’alarme ! »(8), je suis bon pour Guantanamo ? !

www.activista.be

19:26 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, oppression capitaliste, capitalisme, democratie, liberte, fascisme, europe, euro-dictature, turquie, terrorisme, actualite, presse, politique, silence, solidarite, usa, histoire, romain, courcelles, repression, flicage | |  Imprimer | | |

13/11/2006

10/11/2006: Bahar Kimyongür condamné à 5 ans pour traduction !

Belgique : Démocratie ? Liberté ? Justice ?  Droits de l’ Homme ?

C’ est le McCarthysme qui s’ installe dans toute l’ Euro-dictature capitaliste : inacceptable !

RoRo

 

 

 

-----Message d'origine-----
De : Anti-imperialist Camp [mailto:camp@antiimperialista.org]
Envoyé : vendredi 10 novembre 2006 14:50

Objet :
Bahar Kimyongür condamné à 5 ans pour traduction !

 

Une législation d'exception, un tribunal d'exception, une instruction d'exception: un verdict d'exception

 

 

Avec le verdict de la Cour d’Appel de Gand rendu seulement vers 21h30 ce 7

novembre, la Justice belge et la Ministre Onkelinx seront finalement arrivés

aux résultats judiciaires exigés par la Turquie: faire définitivement taire

un de ses opposants, Bahar Kimyongür, et criminaliser un mouvement

révolutionnaire d’opposition au régime d’Ankara. Parallèlement, ce jugement

très partial et partisan aura donc atteint son objectif majeur : établir une

jurisprudence d’exception ayant pour Nord la criminalisation des mouvements

sociaux et de la contestation politique.

 

C’est peu de le souligner: initié le 26 septembre 1999, avec l’arrestation à

Knokke de Fehriye Erdal, le procès intenté contre 9 membres présumés du

DHKP-C s’est terminé à Gand sur un véritable naufrage judiciaire. La justice

de notre pays y aura accepté, du début à la fin, d’être soumise à une

instruction d’exception, à une législation d’exception, à un tribunal

d’exception –le tout afin d’aboutir à un verdict d’exception. Car, dans

cette affaire exemplaire, s’est exercée une véritable coalition d’intérêts

décidée à tout faire pour mettre la réalité à genoux –la légalité dut-elle

en souffrir.

 

C’est pourquoi, le Clea appelle :

—À dénoncer ce jugement inique et à appuyer, par leurs mobilisations, toutes

les voies de recours aptes à contester un jugement de pure complaisance,

prononcé coup sur coup par deux tribunaux belges «sous pression!

—À contester les lois sécuritaires qui, dans notre pays comme dans

l’ensemble de l’Union européenne, sont en train de défaire les libertés

démocratiques obtenues par un siècle et demi de luttes sociales!

—À marquer leur solidarité avec les forces politiques, syndicales et

associatives qui combattent l’autoritarisme, le despotisme et la violence

d’État dont le régime d’Ankara a fait sa nature ordinaire!

 

Sept années après avoir débuté, «l’affaire Erdal» –à laquelle est venue se

surajouter «l’affaire Kimyongür»– vient donc de connaître un épilogue…

provisoire.

 

Ce mardi 7 novembre, la Cour d’Appel de Gand a en effet condamné sept des

prévenus à de lourdes peines d’emprisonnement –les charges et accusations

retenues ayant été manifestement dopées afin de justifier la sévérité du

verdict :

 

- Sukriye Akar: 4 ans (4 en première instance);

- Musa Asoglu: 7 ans (6 en première instance);

- Fehriye Erdal: 4 ans (4 en première instance);

- Dursun Karatas: 7 ans (5 en première instance);

- Bahar Kimyongür: 5 ans (4 en première instance);

- Zerrin Sari: 4 ans (4 en première instance);

- Kaya Saz: 4 ans (4 en première instance).

 

Ce jugement confirme et amplifie donc les condamnations prononcées en

première instance par le tribunal de Bruges le 28 février dernier –alors

que, dans le dossier, ne figure aucun élément d’aucune sorte relatif à des

actes violents qu’aurait commis ou qu’aurait voulu commettre, ensemble ou

seul, quelque prévenu que ce soit… En Belgique, en Turquie ou dans un

quelconque autre pays.

 

C’est peu de le souligner: initié le 26 septembre 1999, avec l’arrestation à

Knokke de Fehriye Erdal, le procès intenté contre 9 membres présumés du

DHKP-C s’est terminé à Gand sur un véritable naufrage judiciaire. La justice

de notre pays y aura accepté, du début à la fin, d’être soumise à une

instruction d’exception, à une législation d’exception, à un tribunal

d’exception –le tout afin d’aboutir à un verdict d’exception. Car, dans

cette affaire exemplaire, s’est exercée une véritable coalition d’intérêts

décidée à tout faire pour mettre la réalité à genoux –la légalité dut-elle

en souffrir.

 

continuez à lire:

www.leclea.be/pages/page_communiques.html#Comm9

 

Comité pour la Liberté d'Expression et d'Association (Clea)

 

Camp Anti-impérialiste

www.antiimperialista.org

 

 

15:48 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : oppression capitaliste, mccarthysme, fascisme, democratie, liberte, injustice, usa, turquie, politique, otan, solidarite, resistance, repression, belgique, europe, euro-dictature, terrorisme, presse, actualite, silence, capitalisme | |  Imprimer | | |

02/11/2006

07/11/2006: La fameuse « démocratie » en danger une fois de plus !

La fameuse « démocratie »  en danger une fois de plus  !

RoRo

 

 

_____________________________________________
De : difpol_mbietlot-bounces@pimentsrouges.be [mailto:difpol_mbietlot-bounces@pimentsrouges.be] De la part de Mathieu Bietlot
Envoyé : jeudi 2 novembre 2006 19:12

 : [Difpol_mbietlot] Verdict du procès, Bahar et ses camarades riquent 7 ans prison - Tous à Gand le 7 novembre

 

RESISTER N’EST PAS UN CRIME

 

Mardi 7 novembre : prononcé du jugement en Appel dans le procès intenté contre neuf

membres présumés du DHKC, dont Bahar Kimyongür qui, cette fois, risque gros : sept ans de

prison ferme pour un citoyen belge qui n’a jamais commis le moindre délit matériel ni eu

l’intention d’en commettre !

 

Soyons donc fermes, nous aussi, pour exiger :

-Acquittement pour Bahar !

-Non aux législations antiterroristes qui menacent nos libertés !

-Non à la criminalisation de la contestation !

 

Et rendons-nous à Gand par solidarité avec le combat démocratique que Bahar n'a jamais

cessé de mener contre les violations des droits de l’Homme en Turquie.

Prenez donc congé dès maintenant !

 

Départ pour Gand : Train de 7 heures 20 du matin. Rendez-vous : à 7 heures à la gare du

Midi, côté Fonsny, devant l'accès au quai dix-sept. Rassemblement devant la Cour de

Gand dès 8h30. L'adresse de la Cour d'appel de Gand : Hof van Beroep te Gent,

Koophandelsplein 23, 9000 Gent. [Renseignements : 0487 174 851]

Tous à Gand le 7 novembre !

 

Bahar Kimyongür : la dernière ligne droite

 

Le mardi 7 novembre tombera le verdict du procès intenté contre 9 membres présumés du DHKP-C. Le procureur Delmulle y requiert notamment 7 années d'emprisonnement ferme à l'encontre de Bahar Kimyongur.

 

Depuis des mois, le CLEA essaye d'alerter la population à propos des dangers de ce procès d'exception, conduit par un tribunal d'exception, où sont appliquées des législations d'exception au nom de la lutte «antiterroriste».

L'arsenal répressif adopté par les autorités belges, dans la foulée du 11 septembre et utilisé à Gand contre un parti communiste turc, vise en réalité à assimiler la contestation sociale à du banditisme. Bahar Kimyongur condamné? Cela signifiera que la liberté d'expression et d'association, pour ceux qui remettent en question l'ordre établi, sera désormais à la merci de la loi antiterroriste belge de 2003.

 

C'est donc maintenant qu'il faut réagir. Chacun peut soutenir notre action à sa façon :

 

- Le Clea organise un grand rassemblement à Gand le 7 novembre lors du verdict. Toutes les informations à ce sujet (RDV précis, mots d'ordre) sont disponibles sur www.leclea.be ou au 0487 174 851.

 

- Vous pouvez soutenir financièrement notre action en achetant les autocollants «Liberté pour Bahar» à 2 euros et en versant l'argent sur le compte 363-0054263-80

 

- Vous pouvez vous tenir informer des dernières évolutions de la situation en allant sur notre site www.leclea.be ou en achetant notre nouvelle brochure «Kimyongur Bahar : le dossier à charge».

 

Nous comptons sur vous, nous espérons vous voir nombreux le 7 à Gand car cette affaire concerne tous les citoyens en Belgique.

 

Départ pour Gand : Train de 7 heures 20 du matin.
Rendez-vous : le SEPT novembre à SEPT heures à la gare du Midi, côté Fonsny, devant l'accès au quai dix-SEPT.

Rassemblement devant la Cour de Gand
dès 8h30. L'adresse de la Cour d'appel de Gand : Hof van Beroep te Gent, Koophandelsplein 23, 9000 Gent.[Renseignements : 0487 174 851]

 

 

20:54 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, belgique, capitalisme, charleroi, courcelles, democratie, euro-dictature, fascisme, flicage, histoire, injustice, liberte, oppression capitaliste, otan, politique, presse, romain, resistance, silence, solidarite, terrorisme, turquie, usa | |  Imprimer | | |

24/10/2006

25/10/2006: Peut-on encore penser ?

 

De : difpol_mbietlot-bounces@pimentsrouges.be [mailto:difpol_mbietlot-bounces@pimentsrouges.be] De la part de Mathieu Bietlot
Envoyé : mardi 24 octobre 2006 0:41
Objet : [Difpol_mbietlot] TR: Très urgent- à diffuser- pour Bahar : Peut-on encore penser ? Débat Bxl 25/10

 

Oxfam-ULB organise mercredi 25 octobre
une conférence-débat sur le thème de l'anti-terrorisme.
En espérant  vous y voir nombreux...

Peut-on encore penser ?
Les lois anti-terroristes et leurs conséquences

Avril 2006, Bahar Kimyongür est arrêté pour avoir manifesté son soutien au DHKPC (front révolutionnaire de libération du peuple turc). C'est donc un « terroriste ».

Avril 2008, sera-ce à votre tour, pour vous être inquiété du sort de ce « terroriste » ?

Les lois antiterroristes ouvrent-elles la porte à toutes les dérives possibles ?

Que sont ces lois ? Sur quoi portent-elles ? Qui visent-elles ?

Laissent-elles encore la place à des actions politiques collectives ? Ne sont-elles pas elles-mêmes « terroristes », créant une atmosphère de peur et de suspicion, où personne ne sait ce qu'il peut ou ne peut pas dire ou faire, et où chacun peut-être accusé non pas pour des actes, mais des sympathies ?

Bahar Kimyongür, Daniel Flinker (membre du comité pour la liberté d'expression et d'association), Dan Van Raemdonck et Anne Morelli tenteront de répondre à ces questions, à l'invitation d'Oxfam-ULB.

A l'ULB, 50 Avenue F. Roosevelt (au coin de l'avenue P. Héger),
Auditoire H1302, mercredi 25 octobre à 19h30.

13:27 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : turquie, democratie, liberte, terrorisme, presse, silence, solidarite, fascisme, romain, actualite, histoire, courcelles, usa, politique, belgique | |  Imprimer | | |

22/10/2006

22/10/2006: Turquie: 122 cercueils devant le Parlement européen à Bruxelles

Faute de temps, l’ information est maintenant malheureusement dépassée : mais l’ action et le texte méritent toujours d’ être connus et rappelés.

RoRo

 

 

De : democrite [mailto:democrite@neuf.fr]
Envoyé : jeudi 19 octobre 2006 23:42
Objet : Fw: 122 cercueils devant le Parlement européen à Bruxelles

 

 

----- Original Message -----

From: Turquie Rebelle

 

Subject: 122 cercueils devant le Parlement européen à Bruxelles

 

Bruxelles, le 19 octobre 2000

 

 

122 cercueils devant le Parlement européen à Bruxelles.

 

Au 6e anniversaire de la grève de la faim des détenus politiques turcs, demain, 20 octobre, à 11h, un rassemblement sera organisé devant la commission européenne, au rond-point Schuman, pour rendre hommage aux 122 détenus et à leurs amis et proches décédés suite à leur jeûne, pour rappeler la responsabilité des instances européennes dans le calvaire des détenus politiques reclus dans les fameuses prisons de type F et appeler ces dernières à inciter leurs homologues turcs au dialogue avec les détenus grévistes.

 

Le 20 octobre 2000, 816 détenus politiques de trois formations de gauche, majoritairement du DHKP-C, entraient en grève de la faim dans une vingtaine de prisons-dortoir (prisons de type E) afin de bloquer le projet des prisons de haute sécurité, appelées « prisons de type F » et composées exclusivement de cellules individuelles et de cellule pour trois.

 

Ces détenus craignaient à juste titre d'être soumis, une fois confinés dans les cellules d'isolement, à la « privation sensorielle », une torture raffinée appelée également « torture blanche ».

 

Ils craignaient également d'être soumis aux mauvais traitements des matons, à l'abri des regards.

 

Dans les premières semaines de la grève de la faim des détenus politiques, toute la société civile turque était mobilisée autour des prisonniers grévistes au grand dam du gouvernement.

 

Des écrivains aussi éminents que Orhan Pamuk, Yasar Kemal, Oral Calislar et Can Dündar ainsi que le docteur Mehmet Bekaroglu, qui était un député membre de la commission des droits de l'homme du parlement, participaient alors à la médiation entre les détenus et le gouvernement.


On croyait encore au règlement du problème des prisons sans la moindre effusion de sang. C'était sous-estimer la nature militariste du régime d'Ankara.

 

Ainsi, le 13 décembre 2000, le Haut conseil de l'audiovisuel (RTÜK) imposa à la presse la censure concernant le jeûne des détenus politiques et les prisons de type F.

 

La nuit du 15 au 16 décembre 2000, soit au 57e jour de la grève de la faim, le gouvernement rompit le dialogue avec les détenus en congédiant la délégation des intellectuels.

Au 59e jour, de nombreux intellectuels turcs se postèrent devant la prison de Bayrampasa pour rencontrer les détenus mais en vain. Les autorités leurs refusèrent l'accès.

 

Et puis, vint le 19 décembre 2000…à 4h30 du matin, l'armée prit d'assaut 21 prisons et procéda à la déportation des détenus politiques vers les prisons de type F.

 

Au bout de quatre jours d'opération, cyniquement baptisée « Retour à la vie », 28 détenus sont assassinés et près d'un millier de détenus sont blessés et même violés.

 

En tout, 8 bataillons de la gendarmerie et 8 335 soldats furent mobilisés. La police et l'armée sortirent leurs panzers et leurs chars mais aussi des grues et des bulldozers. Vingt mille bombes furent lancées par les militaires dans les dortoirs. Rien qu'à la prison de Bayrampasa, six femmes prisonnières furent brûlées vives. Et plusieurs milliers de cartouches furent utilisées.

 

Ainsi, confinés dans des cellules individuelles, recouverts de boue et de sang, parfois criblés de balles et d'ecchymoses, à moitié nus dans le froid rigoureux de décembre (les radiateurs des prisons de type F qui étaient encore en chantier ne fonctionnaient pas encore) et livrés à eux-mêmes, les prisonniers politiques poursuivirent inexorablement leur grève de la faim.

 

Au dehors, les familles elles aussi  se mirent à jeûner.

 

Puis, le jeûne des détenus ayant été décrété « tabou national », les grévistes de la faim moururent en silence, les uns après les autres, tant en prison qu'au dehors, dans l'indifférence totale de la communauté internationale.

 

Aujourd'hui, le bilan macabre de ces grèves de la faim s'élève à 122 morts. Près de 600 autres grévistes de la faim ont contracté le syndrome de Wernicke-Korsakoff (amnésie et ataxie) après avoir été alimentés de force. Et ce bilan risque à tout moment de s'alourdir.

 

En effet, depuis le 5 avril dernier, un avocat dénommé Behiç Asçi du barreau d'Istanbul est entré lui aussi en grève de la faim. Il est relayé par deux jeunes femmes, Sevgi Saymaz détenue à la prison d'Usak (ouest de la Turquie) et Gülcan Görüroglu, une ex-détenue, mère de deux filles, qui jeûne dans son domicile dans le quartier modeste de Sakirpasa à Seyhan, dans la périphérie d'Adana (sud de la Turquie).

 

Tous trois n'ont qu'une seule exigence : l'entame d'un dialogue entre les prisonniers politiques et le gouvernement pour résoudre le problème de l'isolement carcéral. Ces grévistes de la faim n'imposent aucune contrainte quant au choix des interlocuteurs. Les barreaux d'avocats, de nombreuses chambres professionnelles telles l'Ordre des médecins (TTB) ou l'Union des chambres des ingénieurs et des architectes (TMOBB), des syndicats comme les Confédérations DISK et KESK ou encore des intellectuels de renommée internationale se sont proposés de jouer le rôle d'intercesseurs. Tout comme il y a 6 ans…

 

Pour le comité international de soutien aux familles des prisonniers politiques (Tayad Komite),

 

Bahar Kimyongür

 

e-mail : bahar_kimyongur@yahoo.fr

 

Tél : 0486 / 846 170

www.tayad-committee.info

20:57 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, presse, silence, turquie, fascisme, terrorisme, gangsterisme, europe, euro-dictature, liberte, democratie, romain, courcelles, histoire, solidarite, capitalisme, oppression capitaliste, otan, politique, resistance | |  Imprimer | | |

14/10/2006

23/10/2006: Le militantisme criminalisé ?

De : Marc van Campen [mailto:marc_vancampen@skynet.be]
Envoyé : samedi 14 octobre 2006 8:37

Objet : Fw: Café politique

 

 

 

 

Egalement en fichier joint

 

La Braise culture asbl

 

 

Lundi 23 octobre

 

 

Café politique

 

 

 

Le militantisme criminalisé ?

 

 

Avec Raoul Hedebouw, altermondialiste inculpé

et Bahar Kymiongur, militant récemment emprisonné

 

 

Dans Le Soir du 23 août, un journaliste se demandait : « Les altermondialistes sont-ils des hors-la-loi ? ». A l’époque du sommet européen de Laeken en 2001, plusieurs manifs avaient été organisées à Bruxelles (D14), mais également à Liège (S22). Les forces de l’ordre de cette dernière ville avaient été autorisées à surveiller les animateurs de l’association « S22 vers D14 ». Ecoutes téléphoniques, interceptions de SMS, etc. Déjà inculpés en 2003, les altermondialistes bénéficiaient d’un non-lieu, aussi bien de la part de la chambre du conseil, que du ministère public. Or, Raoul Hedebouw, l’un de ces altermondialistes, apprend qu’ils sont à nouveau inculpés, le parquet ayant fait appel.

Bahar Kymiongur, lui, est ce militant de nationalité belge récemment condamné pour avoir traduit un document du DHKPC, organisation de militants turcs. Ayant fait appel et étant donc libre, il avait voulu se rendre aux Pays-Bas pour assister à un concert. Dès la frontière franchie, il fut arrêté par la police néerlandaise, sous prétexte d’un mandat d’arrêt international lancé par la Turquie. Un mouvement de protestation a été lancé, ce qui a sans doute permis sa libération par la justice néerlandaise.

La présence de ces deux témoins nous permettra une réflexion sur l’état des libertés en Europe et en Belgique.

 

 

La Braise Rue Zénobe Gramme 21 Charleroi

 

Paf : 2,50 €  (chômeurs, étudiants, ...1,50 €)

 

 

Ed. resp. : Marc van Campen, rue Zénobe Gramme, 21 6000 Charleroi

18:13 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, romain, histoire, belgique, hainaut, charleroi, ptb, presse, silence, actualite, liberte, democratie, turquie | |  Imprimer | | |

30/09/2006

29/09/2006: Une honte pour la Belgique ! ...


De : Turquie Rebelle [mailto:turquie.rebelle@gmail.com]
Envoyé : vendredi 29 septembre 2006 16:26

Objet : Re: L'interview du JDM avec Özgüden sur l'affaire Kimyongür

 

"..Le comportement de la ministre de la Justice témoigne d'une adhésion irraisonnée au régime turc. Ses ambitions politiques y jouent un rôle prépondérant. Elle se présente aux élections communales de Schaerbeek, et je ne vois pas de grande différence entre le bourgmestre en place Bernard Clairfayt (MR) et elle. Sur les listes de tous les partis politiques, on retrouve des candidats d'origine turque qui se permettent de tenir des propos négationnistes. Quand je vois Madame Onkelinx accompagnée de ces mêmes candidats, dans les marchés aux puces, ou dans les rues de cette commune, car je suis aussi schaerbeekois, cela me fait mal !"


 Dogan Özgüden, rédacteur en chef d'"Info-Turk":
«L'affaire Kimyongür? Une honte pour la Belgique!»


par Faouzia Bensalem  

Monday, 25 September 2006

Rédacteur en chef du journal en ligne «Info-Turk» (*), et opposant de longue date au régime d'Ankara, Dogan Özgüden connaît bien le jeune Bahar Kimyongür, dont le procès défraye la chronique, depuis sa condamnation pour "terrorisme", devant le tribunal de première instance de Brugge, en février, jusqu'à son procès en appel, qui a débuté à Gand, le 11 septembre, en passant par son arrestation rocambolesque puis sa libération aux Pays-Bas, fin avril. «Tout cela s'inscrit dans le cadre des opérations répressives lancées contre les opposants au régime d'Ankara», estime l'auteur de «Turquie, fascisme et résistance» (**).

Comment réagissez-vous à la manière dont le gouvernement belge s'est comporté depuis la fuite de la militante du mouvement d'extrême gauche DHKP-C, Ferhiye Erdal jusqu'à l'arrestation aux Pays-Bas du sympathisant de ce même DHKP-C Bahar Kimyongür ?


Tout ce qui s'est passé autour du DHKP-C, qu'il s'agisse de la fuite de Ferhiye Erdal ou de l'arrestation arbitraire de Bahar Kimyongür, s'inscrit dans le cadre des opérations répressives lancées contre les opposants au régime turc. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, perpétrés aux Etats-Unis, il existe une sorte de consensus international pour écraser les opposants aux régimes favorables aux Etats-Unis. La Turquie était déjà elle-même dans une logique de répression à l'encontre de ses opposants. J'en suis le témoin vivant puisque je suis journaliste depuis plus de 53 ans. J'ai vécu tous les événements répressifs du fait du gouvernement turc, mais aussi les emprisonnements, et la torture qui y étaient et qui y sont encore monnaie courante.

La Turquie n'a pas attendu l'après 11 septembre pour perpétrer des violations aux droits de l'homme…

Avant le 11 septembre, les pays occidentaux témoignaient d'un sens des responsabilités et d'une fidélité à leur histoire en tant que défenseurs des libertés individuelles, et des droits de l'homme. Ils adoptaient une attitude de sympathie, voire de neutralité vis-à-vis des opposants aux régimes dictatoriaux, comme le régime turc. Mais après le11 septembre, la donne a changé, et la Turquie s'est engouffrée dans la brèche pour s'attirer les faveurs des puissances occidentales, dans la lutte contre le terrorisme.

Le DHKP-C serait une organisation terroriste. Vous contestez ?

Le DHKC-P est évidemment une organisation terroriste pour la Turquie. Pour moi, il s'agit plutôt d'une organisation révolutionnaire. Ses méthodes de lutte restent discutables, mais j'ai vécu la naissance des organisations contestataires, ou de gauche, comme le DHKP-C, dans les années 60. La fin des années 60, la Turquie a connu la montée du fascisme. En 1971, un coup d'Etat militaire plonge le pays dans le chaos. A cette époque, les syndicalistes, les leaders de la Jeunesse progressiste étaient périodiquement visés par la répression étatique, et trois leaders furent exécutés par pendaison.

C'est après ce coup d'Etat militaire que vous avez fui la Turquie avec votre épouse. Vous avez vécu dans la clandestinité avant d'obtenir le statut de réfugiés politiques. Vous avez alors écrit «Turquie, fascisme et résistance»(*), un ouvrage sur ce putsch militaire…

Je l'avais écrit en 1973, juste après le coup d'Etat militaire, mais à l'occasion de la trente-cinquième année de l'anniversaire de ce putsch, j'ai publié une deuxième édition. Pour en revenir à ces associations, dont je parle aussi dans le livre, elles sont organisées pour contrer les attaques des forces fascistes, et parfois fondamentalistes. Et, le coup d'Etat militaire a écrasé tous ces mouvements-là. Les militaires ont effectué des centaines de milliers d'arrestations, ils ont perpétré des tortures sur les prisonniers, et des tribunaux d'exception ont condamné tous les leaders. Ces organisations ont alors choisi la clandestinité, jusqu'à maintenant.

Pourtant dans les années 70, ces organisations ont tenté de rentrer dans la légalité…

Ces associations ont effectivement essayé de se légaliser, sous différentes appellations, mais un autre coup d'Etat a frappé la Turquie, en 1980. Dès cet instant, la clandestinité est devenue la seule manière de combattre la répression. Nombre des militants et dirigeants de ces associations ont souffert dans les prisons turques, et ceux qui ont pu fuir essayent d'organiser la résistance contre le régime turc, de différentes manières. A cette époque, ces associations étaient acceptées par les gouvernements européens, sans problème. On ne les considérait pas comme terroristes.

Vous connaissez bien Bahar Kimyongür ?

Lorsque j'ai rencontré Bahar pour la première fois, c'était un jeune étudiant soucieux de la défense des droits de l'homme. Il vient souvent nous rendre visite pour nous apporter des informations très pointues sur le sort des prisonniers politiques, en Turquie. Plus de 120 d'entre eux sont morts, des suites de leur grève de la faim. Nous avons maintes fois publié des informations apportées par Bahar Kimyongür qui dispose d'un fameux carnet d'adresses. Il entretient des relations très privilégiées avec les associations turques de défense des droits de l'homme, mais aussi avec les avocats des prisonniers politiques. Notamment avec Tayad qui est une association de solidarité avec les prisonniers politiques, et qui possède un système personnel de diffusion d'informations.

Fin février, devant le tribunal de première instance de Brugge, Kimyongür a pourtant écopé de quatre ans de prison pour terrorisme, et appartenance au DHKP-C…

Quand j'ai appris que Bahar Kimyongür était condamné pour appartenance au DHKP-C, sans connaître ses accointances avec cette organisation, j'ai été abasourdi. Etant un journaliste contestataire et démocrate, je ne fais aucune différence entre les multiples organisations qui mènent une opposition déterminée contre le régime d'Ankara. Le DHKP-C ne représente que quelques milliers de militants engagés, mais le PKK, parti des travailleurs kurdes du Kurdistan et organisation de guérilla, est beaucoup plus important, et ses actions sont bien plus violentes. Toutefois, il représente une véritable résistance et un mécontentement de la population kurde par rapport au régime. Aujourd'hui, comment est-il encore possible pour la Turquie de nier l'existence de toutes ces forces politiques qui mènent un combat contre le régime en place, par n'importe quel moyen ? (ironiquement) Les terroristes seraient donc si nombreux en Turquie ? La semaine passée encore, les associations kurdes ont déposé, au Parlement européen, près de trois millions de signatures réclamant la légitimité du PKK, et de son leader Abdullah Oçalan. Les Etats-Unis et ses alliés voient en le PKK une organisation terroriste. Va-t-on poursuivre et condamner tous ces Kurdes signataires en tant que «terroristes» comme Kimyongür ?
 
Que pensez-vous des poursuites contre lui devant les tribunaux belges?

J'ai lu l'acte d'accusation contre Kimyongür devant la Cour d'appel. Pour moi, il s'agit d'une vaste mascarade, car les accusations formulées contre lui ne sont pas suffisamment tangibles. Je me souviens que, lors du vote pour l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, la plupart des parlementaires européens ont ouvert des calicots, en signe d'acceptation. Pourquoi pas? Je mène un combat sur les plans médiatique, diplomatique, et politique contre le régime turc. J'ai souvent été présent lors des réunions internationales, mais quand je me trouve en face d'un représentant de ce régime répressif, je ne l'épargne pas. Et, ce n'est pas violence que de publier le résultat d'une interview à titre d'information. Il ne s'agit pas de terrorisme. Mais pour les alliés du régime turc, Bahar Kimyongür représente autre chose.

Serait-il plus dangereux que le résistant que vous êtes pour Ankara et ses alliés ?

Mon histoire est différente puisque je suis arrivé ici, il y a plus de trente ans. J'ai d'abord été réfugié politique avant de devenir citoyen belge. Mais l'histoire de Bahar Kimyongür est autre. Il est surtout né en Belgique ! Sa langue maternelle n'est pas le turc, et il est d'origine arabe. Sa famille fait donc partie d'une des nombreuses minorités vivant en Turquie. Au cours de ses études universitaires à l'ULB (ndlr : il est archéologue et historien de l'art), Bahar a pris conscience que la Turquie est incompatible avec les valeurs démocratiques. Dès cet instant, il a pris position pour la défense de toutes les minorités et pour l'émancipation sociale, en Turquie. Mais Kimyongür est une pure production de la société belge ! Il est né ici, il a grandi ici, il a été éduqué ici, et il a une formation extraordinaire puisqu'il a suivi ses études dans plusieurs disciplines. Kimyongür maîtrise plusieurs langues, et il jongle de l'une à l'autre avec facilité.

C'est incroyable de voir ce jeune homme attirer à lui autant de sympathie…

Kimyongür est talentueux, il est un produit de la société belge. C'est une personnalité que pourtant la Belgique veut étouffer. C'est scandaleux ! Tout cela parce que le 11 septembre a changé la donne, et que la Turquie est entrée dans l'antichambre de l'Union européenne, en devenant un candidat acceptable après l'abolition de la peine de mort, en 2002, malgré la poursuite des violations des droits de l'homme dans plusieurs domaines. La force de la Turquie se trouve dans les relations commerciales et économiques très lucratives qu'elle entretient notamment avec la Belgique. Donc, la position des dirigeants belges par rapport à la Turquie a consisté à satisfaire ces grands partenaires commerciaux, économiques, et même les militaires.

Et la population d'origine turque dans tout cela ?

Malheureusement, la population venue pour travailler dans les charbonnages a été bien récupérée par le régime en place pour constituer un véritable lobby afin de défendre les intérêts du régime d'Ankara. Depuis que la grande majorité des ressortissants turcs sont devenus des électeurs déterminants dans certains quartiers, comme Schaerbeek et Saint-Josse, nos hommes politiques se sont mis à lancer des déclarations favorables au régime turc.

Nos élus fermeraient donc les yeux sur les violations aux droits de l'homme de la Turquie pour des raisons économiques et électoralistes…

C'est évident ! Par exemple, on a tout à coup changé d'attitude par rapport à la négation du génocide perpétré par l'Empire ottoman contre le peuple arménien. Les hommes politiques progressistes belges ont d'abord mis un point d'honneur à mettre l'accent sur cette tragédie humaine, et tout à coup, sous la menace du lobby turc, de l'électorat turc, ou manipulé par l'ambassade de Turquie, ils ont changé de langage. Ils ne parlent plus de cette question.

En quoi Bahar constitue-t-il à lui seul un problème, si les lobbies turcs sont si puissants en Belgique ?
 
La lutte de Bahar consiste à offrir une voix aux prisonniers politiques maltraités et torturés dans les geôles de Turquie. Quelle que soit la couleur politique des élus belges, ils se plient aux exigences d'Ankara. Les pressions sur la Belgique sont devenues plus oppressantes après la fuite de Ferhiye Erdal. Les autorités et médias turcs ont alors mené une campagne très agressive contre la Belgique. C'est en tout cas, mon sentiment. Et, pour faire plaisir aux médias turcs, assujettis au pouvoir, qui réalisent un lavage de cerveau quotidien de leurs téléspectateurs, ils ont probablement fait un geste en conspirant sur l'arrestation et la possible extradition de Kimyongür. J'ai été atterré de lire les interventions des avocats de la partie civile qui font des éloges au régime d'Ankara.
 
Condamnée en même temps que Kimyongür et consors, à Brugge, Ferhiye Erdal a pris la fuite avant que le procès en appel n'ait eu lieu. Avez-vous connu cette jeune femme ?

Je ne l'ai jamais rencontrée parce qu'elle était toujours en clandestinité, ou sous la stricte protection de l'Etat belge. Si un jour, cette jeune femme venait frapper à ma porte, je ne la repousserais pas. Elle appartient à mon peuple, et j'ai envie de savoir ce qu'elle pense. Mais, pour des raisons de sécurité, sans doute, elle n'a jamais tenté d'établir le contact. J'ai suivi le procès par les médias, ou par les communiqués de presse.

Vous pensez qu'elle est vraiment à l'origine du meurtre de Özdemir Sabanci, ce riche industriel turc pour lequel elle travaillait, en Turquie ?

Selon les accusations portées sur elle, Ferhiye serait impliquée dans ce meurtre, mais il n'y a pas de certitude qu'il en soit ainsi. Si on en avait la preuve, la justice belge serait compétente pour la condamner.

Elle est ressortissante turque. Si elle est condamnée, elle risque d'être extradée. Puisque la Turquie est à nouveau en odeur de sainteté, chez nous…

Je suis contre toute extradition ! La justice hollandaise a heureusement réagi de manière correcte en n'extradant pas Kimyongür, après son arrestation le 28 avril dernier. Il y a quinze jours, la Cour suprême hollandaise a aussi annulé l'extradition d'une dirigeante du PKK, recherchée par la Turquie, et qui était réfugiée aux Pays-Bas. Parce qu'il est de notoriété publique que la torture est toujours d'application à Ankara.

Pourtant, une procédure d'extradition pèse-t-elle toujours comme une épée de Damoclès sur la tête de Kimyongür ?

Dernièrement, une journaliste d'opinion kurde a été arrêtée au Luxembourg, et malgré la volonté d'Ankara de la voir extradée, la justice luxembourgeoise lui a rendu sa liberté. Aux Pays-Bas, et au Luxembourg, la décision a été prise suite à une procédure judiciaire, mais en ce qui concerne Kimyongür et ses camarades, je crains que la justice belge ne soit «téléguidée». Tant que Madame Onkelinx (PS) reste à la tête de la justice belge, je n'espère pas que des décisions justes soient prises.

Notre constitution prévoit pourtant la séparation des pouvoirs, et l'indépendance des juges…

Bien sûr, mais certaines procédures juridiques se déroulent sous l'instruction du ministère de la Justice, comme on a pu le constater dans le dernier scandale politico-juridique. Pour ces raisons, je n'ai pas confiance en la manière dont les décisions pourraient être prises.

Vous n'avez pas confiance parce que c'est Laurette Onkelinx ?

Parce que le comportement de la ministre de la Justice témoigne d'une adhésion irraisonnée au régime turc. Ses ambitions politiques y jouent un rôle prépondérant. Elle se présente aux élections communales de Schaerbeek, et je ne vois pas de grande différence entre le bourgmestre en place Bernard Clairfayt (MR) et elle. Sur les listes de tous les partis politiques, on retrouve des candidats d'origine turque qui se permettent de tenir des propos négationnistes. Quand je vois Madame Onkelinx accompagnée de ces mêmes candidats, dans les marchés aux puces, ou dans les rues de cette commune, car je suis aussi schaerbeekois, cela me fait mal !

Quelle est votre réaction face à ces réunions «secrètes» où des hommes politiques, des agents de la police et de la Sûreté de l'Etat, et des magistrats se concertent sur la manière de remettre Kimyongür à la Turquie en passant par la Hollande ?


Bahar disait qu'il comparait ce qui lui arrivait au complot du Quai d'Orsay contre l'opposant marocain Ahmed Ben Barka, dans les années 60. Je pense effectivement que tous les opposants au régime turc se trouvent au centre d'un tel complot. Puisque Bahar Kimyongür est devenu une personne dérangeante pour la Turquie, il n'est pas étonnant que son nom se retrouve sur la liste rouge d'Interpol. Pour Ankara, Bahar est un terroriste qui se trouve à la tête d'une organisation terroriste.

La manière dont Kimyongür milite est à vos yeux pacifique ?

Je ne l'ai jamais vu, ni entendu impliqué dans une action violente. Il est injuste de le traiter de terroriste. Depuis l'adoption de la loi anti-terrorisme en Belgique, la Turquie a adopté juste après une loi similaire, c'est la porte ouverte à toutes les dérives. La définition même du terme «terrorisme» est très vague. Juste parce que l'on remet en cause un régime, on peut être accusé de terrorisme, et l'on peut traîner pendant des années dans les prisons. Depuis le coup d'Etat militaire de 1980, le procès de Dev-Sol, l'ancienne appellation du DHKP-C, se poursuit encore.

Les défenseurs de la théorie d'une Turquie démocratique avancent l'argument que le DHKP-C possède un journal qui est librement distribué en Turquie…

Ce journal «Yuruyus» existe, mais il est constamment sous la menace de poursuites judiciaires. D'ailleurs, les journaux d'opposition appartenant à des groupes radicaux ont souvent dû arrêter, ou changer de titre. Actuellement, 17 journalistes appartenant à ces médias contestataires se trouvent dans les prisons turques.
 
(*) www.info-turk.be
(**) Dogan Özgüden, Turquie, fascisme et résistance, 2e éd., Bruxelles 2006, Fondation Info-Turk

 

11:18 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, imperialisme, liberte, otan, politique, presse, ps, romain, resistance, silence, solidarite, terrorisme, euro-dictature, injustice, oppression capitaliste, actualite, belgique, courcelles, democratie, europe, fascisme, turquie, usa | |  Imprimer | | |

20/09/2006

20/09/2006: Plaidoirie de Bahar Kimyongur sur fond de complot d'Etat

 

De : Turquie Rebelle [mailto:turquie.rebelle@gmail.com]
Envoyé : mercredi 20 septembre 2006 14:25
À : sre@rtbf.be
Objet :
Plaidoirie de Bahar Kimyongur sur fond de complot d'Etat

 

Une réunion secrète du gouvernement Verhofstadt a organisé la livraison d'un ressortissant belge à la Turquie.
Article du quotidien "Le Soir", 19 septembre 2006


Le gouvernement Verhofstadt aurait sciemment organisé la « livraison » le 28 avril dernier du ressortissant belge Bahar Kimyongur aux Pays- Bas en vue de son extradition vers la Turquie.

Selon la version constante des autorités belges, mise en doute par des révélations du Soir en mai et juin derniers, le porte-parole (ce qu'il nie) de l'organisation turque d'extrême gauche DHKP-C, actuellement jugé devant la cour d'appel de Gand, aurait été arrêté « fortuitement » aux Pays-Bas dans la nuit du 27 au 28 avril alors qu'il se rendait à un concert à 's Hertogenbosch.

Cette version, régulièrement avancée par la ministre de la Justice Laurette Onkelinx (PS), tant à la Chambre qu'au Sénat en réponse à des questions des parlementaires Ecolo Marie Nagy (députée) et Josy Dubié (sénateur), est démentie par un procès-verbal d'une réunion classifiée « confidentielle », tenue au centre de crise du ministère de l'Intérieur deux jours avant l'arrestation de Kimyongur.

Cette réunion, dont nous avons pu consulter le procès-verbal, s'est ouverte à 17 heures. Elle rassemblait 25 personnes, sous la présidence de Pascale Vandernacht, chef de cabinet adjoint de la ministre de la Justice, en charge des dossiers de terrorisme. Y assistaient un conseiller de Guy Verhofstadt (Premier ministre, VLD), Eugène Dimmock ; le directeur de la sécurité publique (Intérieur), Alain Lefebvre ; la conseillère juridique de Laurette Onkelinx, Pascale Petry ; l'administrateur général ff de la Sûreté de l'Etat, André Demoulin ; le procureur fédéral Daniel Bernard et ses adjoints, Johan Delmulle et Leen Nuyts (qui requièrent contre le DHKP-C) ; des représentants de la police locale et d'autres directeurs de la Sûreté ou de la police fédérale antiterroriste dont nous tairons les noms.

Le directeur général du centre de crise Jaak Raes, rédacteur du procès-verbal de la réunion, précise à l'entame des débats : « Cette réunion a lieu à l'initiative du cabinet Justice. Le centre de crise met sa structure à disposition. La présidence de la réunion est assurée par Mme Pascale Vandernacht. »

Les débats vont se poursuivre jusqu'à 20h02. Chaque service prend la parole. Vandernacht précise d'emblée que la ministre de la Justice « ne veut pas forcer les règles juridiques » dans le cadre de la préoccupation en débat : l'arrestation prioritaire de Bahar Kimyongur. L'assemblée discute sur le thème « de quelles possibilités dispose la justice belge ? ». Et analyse tous les cas de figure : « Arrêter ou interpeller la personne ; arrêter la personne s'il quitte le territoire et se réfugie à l'étranger ». Vers 18h, les représentants de la Sûreté de l'Etat interviennent. Kimyongur n'aurait pas l'intention de se présenter au procès de Gand (NDLR : en appel contre sa condamnation à 4 ans ferme en première instance à Bruges). Ils annoncent que le soir même à 19h30 une surveillance sur le suspect est organisée à l'occasion d'une conférence donnée par le militant à l'ULB. Ils précisent encore que, selon leurs informations, Kimyongur a peur de se retrouver en prison. Les représentants du parquet fédéral indiquent ensuite aux participants qu'en droit belge « il n'y a actuellement aucune possibilité d'arrêter Kimyongur », ce qu'acte la représentante de Laurette Onkelinx.

Les représentants de la police et du gouvernement décident alors qu'une observation des déplacements du militant sera opérée. Et, surtout, que le « parquet fédéral prendra contact avec son homologue néerlandais dans la perspective d'arrêter Kimyongur aux Pays-Bas (…) sur base du signalement Interpol en vue de la livraison à la Turquie ». La décision de livrer le ressortissant belge est ainsi approuvée. Il est décidé que le parquet fédéral prendra les contacts avec son homologue néerlandais, le Landelijk Parket. LaDSU(opérations spéciales de la police fédérale belge) est invitée à participer aux opérations de surveillance de Kimyongur. Le parquet fédéral demande aux services policiers de lui fournir des « sitrep » (rapports) le jeudi 27 à 08h, le vendredi 28 à 12h et à 18h. Une nouvelle réunion d'évaluation est fixée au 3 mai, après l'arrestation.

Le chef de la zone de police locale, impliquée dans l'opération de surveillance, s'inquiète toutefois : «Ne devons-nous pas prévenir le Comité P (police des polices) et le Comité R (surveillance des services de renseignement)? » Pascale Vandernacht répond que ces instances de contrôle ne dépendent pas des ministères de la Justice ou de l'Intérieur. La ministre de la Justice, que nous avons interrogée, confirme la matérialité de cette réunion du 26 avril. Elle nous déclare que le procès-verbal dont nous faisons état ne serait pas le « procès-verbal officiel » de cette réunion. Nous lui avons demandé de nous transmettre ce qu'elle considère être « le procès-verbal définitif » ; une demande qui n'a pu être rencontrée en raison, selon la ministre, du caractère « classifié » et « confidentiel » de ce document.

L'échange au Sénat entre le sénateur Josy Dubié et la ministre Onkelinx

Voici l'échange entre Laurette Onkelinx et Josy Dubié (Ecolo), en commission de la Justice du Sénat, le 18 mai.

o Josy Dubié : « M. Kimyongur, sur écoute, et surveillé par la Sûreté belge, a donc, selon moi, été livré aux Néerlandais, qui l'ont incarcéré sur la base du mandat international turc. »

– Laurette Onkelinx : « Ce genre d'affirmation est grave. »

o Josy Dubié : « Je relate des faits. (…) Je constate que M. Kimyongur a passé la frontière et qu'il a été arrêté par des policiers en civil, qui étaient là, selon vous, par pur hasard. Ce ne serait donc pas la Sûreté belge qui a communiqué des informations… (…) Je trouve simplement qu'un faisceau de présomptions permet de penser que M. Kimyongur a bel et bien été "livré", je ne dis pas par vous, mais par la Sûreté belge. »

– Laurette Onkelinx : « Vous dites n'importe quoi. »

Voici l'échange entre Laurette Onkelinx et Josy Dubié en commission de la Justice du Sénat, le 22 juin.

o Josy Dubié (intervenant suite aux révélations parues dans Le Soir) : « Il ressort donc, Madame la ministre de la Justice, du témoignage du procureur du Roi néerlandais que vous n'avez pas dit la vérité lors de votre réponse à ma question orale du 18 mai et que M. Bahar Kimyongur a bel et bien été "livré" à un pays étranger d'où il risque d'être extradé vers la Turquie. »

– Laurette Onkelinx : « J'ai pris connaissance, comme vous, via la presse, des informations suivant lesquelles les autorités judiciaires belges auraient communiqué aux autorités judiciaires hollandaises le fait que M. Kimyongur pourrait se rendre aux Pays-Bas. (…) Une nouvelle fois, je ne partage absolument pas votre analyse selon laquelle la Belgique aurait livré M. Kimyongur aux Pays-Bas afin de faciliter son extradition vers la Turquie. »

Le commentaire de Marc Metdepenningen: "Des mensonges nécessaires ?"

Le sort judiciaire de Bahar Kimyongur et de ses amis de l'organisation turque d'extrême gauche, qualifiée de terroriste, DHKP-C, qui a (étonnamment) pignon sur rue à Bruxelles, nous est indifférent. Leur procès en appel devant la cour d'appel de Gand, qui se poursuit actuellement, devrait déboucher dans un mois sur des condamnations - ou des acquittements - conformes à l'engagement personnel de chacun d'entre eux dans leurs activités terroristes, menées en Turquie et préparées en Belgique.

Ce qui nous importe est cette longue suite de mensonges gouvernementaux, qui ont été formulés tant en réponse aux médias qu'aux députés et aux sénateurs depuis l'échappée rocambolesque de Fehryie Erdal et l'arrestation aux Pays-Bas de Bahar Kimyongur, ressortissant belge et porte-parole du DHKP-C.

Depuis le 28 avril, date de l'arrestation de Kimyongur aux Pays-Bas, le gouvernement prétendait n'être jamais intervenu dans la remise d'un ressortissant belge à la Turquie, par Pays-Bas interposés. Le contenu de la réunion gouvernementale, que nous révélons, démontre qu'il aurait bel et bien organisé l'arrestation d'un ressortissant belge en vue de le livrer à une puissance étrangère.

Ce constat, s'il se confirme, est inquiétant. La lutte antiterroriste est certes une priorité. Et le gouvernement serait en droit d'invoquer la « raison d'Etat » pour esquiver les questions médiatiques ou parlementaires. Eviter le débat ou se réfugier honnêtement derrière le secret n'équivaut cependant pas à un permis de travestir la vérité. A accepter cet écart du gouvernement dans une affaire somme toute banale, on en arriverait à consentir que le mensonge puisse être accepté comme paravent du pouvoir dans toutes les affaires dont il a la charge, y compris les plus essentielles.

Les parlementaires, comme l'opinion ou la presse, peuvent légitimement se sentir floués par les « mensonges nécessaires » de l'équipe Verhofstadt. A elle de s'expliquer publiquement sur les véritables raisons qui l'ont conduite à proclamer le blanc pour le noir.

(Le Soir, 19 septembre 2006)

 

 

 

 

 

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Gand, le 19 septembre 2006

 

A l'attention de la Présidence de la Cour d'appel de Gand

Bahar Kimyongür

 

 

Messieurs les juges,

 

Ce serait un euphémisme que de dire que ce procès auquel nous assistons depuis quelques jours dans votre palais de justice est historique.

Et pour cause, ce sera l'une des premières fois que l'on appliquera en Belgique une loi qui apparaît comme étant l'une des plus liberticides que notre code pénal n'ait jamais connu.

Cette loi permet en effet au procureur fédéral de me poursuivre alors que je n'ai jamais commis le moindre crime ou délit, ni n'ai jamais eu l'intention d'en commettre. En fait, ce qui est fondamentalement attaqué dans cette affaire, c'est ma qualité de citoyen.

Je suis un citoyen belge qui entend jouir de ses droits, à savoir la liberté d'avoir des opinions et de les exprimer et ce, même si ces idées ne sont pas partagées par les autorités turques comme c'est le cas quand je dénonce les tortures subies par les prisonniers politiques et ce, même si je les exprime via le bureau d'information du DHKC.

La responsabilité qui pèse sur vos épaules est donc indiscutablement lourde.

En vous demandant de me condamner, le Parquet vous demande aussi de condamner la démocratie.

Aussi, j'espère, au nom des principes d'impartialité qui caractérise votre Cour, que votre verdict respectera les libertés individuelles et collectives dont se targue notre pays.

D'après la description du DHKP-C faite par le procureur fédéral Johan Delmulle et l'avocat de la partie civile Kris Vincke, ce mouvement politique est présenté comme étant dangereux, sectaire, extrémiste, fanatique, criminel, terroriste, etc.

A l'inverse, ils présentent le régime turc comme une démocratie et un Etat de droit.

Je souhaiterais commencer par épater messieurs Delmulle et Vincke : Oui, messieurs, l'Etat turc est une démocratie ! Elle est même LA démocratie de vos rêves. Une démocratie flamboyante dont vous jetez les bases en Belgique de manière chevronnée.

Une démocratie qui pratique la torture.

Une démocratie qui maltraite les prisonniers politiques par l'isolement carcéral, par des mesures coercitives et des châtiments disciplinaires, qui kidnappe et exécute ses opposants, qui tire sur des enfants, notamment kurdes, qui tabasse les ouvriers, les employés, les étudiants, les retraités, les chômeurs et les militants des droits humains, qui protège les assassins militaires et policiers, qui décore les bourreaux, comme par exemple le chef des prisons Ali Suat Ertosun, pour leurs loyaux services, qui impose la censure, qui saisit les organes de presse et emprisonne les journalistes, qui interdit des concerts de musique et des manifestations, qui suspend des émissions radio, qui uniformise la pensée et criminalise les idées alternatives, qui nie l'indéniable génocide arménien, qui arme des organisations paramilitaires commettant des attentats terroristes, qui décide « au nom de la nation » et ce, au mépris total de l'avis de la nation, qui affame la population en bradant les ressources du pays aux multinationales, qui organise le trafic de drogue avec des convois entiers escortés par la police, qui introduit la drogue là où règne la pauvreté, qui organise des attentats à l'étranger, notamment en Belgique [1] [1]

 

Une démocratie oui, mais une « panzer démocratie »  ! Monsieur le Procureur.

Et ignorer cette réalité scandaleuse, c'est plus que de la malhonnêteté intellectuelle, plus que de l'apologie du terrorisme d'Etat, c'est du négationnisme pur et dur.

Vous révisez l'histoire odieusement Monsieur le Procureur. Et votre parti pris n'illustre que trop bien le caractère politique du procès que vous nous intentez.

 

Oui, une PANZER DEMOCRATIE ! Messieurs les juges.

 

Vous devez certainement le savoir, l'armée turque est une des armées les plus spécialisées dans la guerre contre son propre peuple :

Ainsi, le 12 mars 1971, l'armée a pris de pouvoir et entamé une campagne d'extermination de toutes les forces de gauche, des plus radicales aux plus modérées. Les salles de torture tournèrent à plein rendement…

Le 12 septembre 1980, une junte dirigée par Kenan Evren a parachevé ce processus d'extermination.

 

Aujourd'hui, l'état d'exception est encore imposé dans plusieurs provinces où la rébellion nationaliste kurde est active.

Le couvre-feu est encore et toujours imposé dans les zones urbaines sous influence du DHKP-C comme à Armutlu, Gazi, Okmeydani, Nurtepe et autres quartiers stambouliotes.

Les panzers sèment littéralement la terreur durant les manifestations.

En août dernier, à l'appel de sympathisants du DHKP-C, des milliers de commerçants ont participé à une action de fermeture de leur échoppe qui dura plusieurs heures. Cette action était destinée à condamner les bombardements israéliens sur le Liban et la Palestine.

Le 28 août dernier, les forces de police menèrent plusieurs rafles à Istanbul et Ankara pour arrêter les instigateurs de cette action pourtant démocratique. Les commerçants ont été eux aussi terrorisés et les « agitateurs » jetés en prison de type F !

En voyant les déploiements policiers et leur brutalité, certains ont cru à un retour au coup d'état de 1980 et à l'état d'urgence.

Autre exemple, aujourd'hui, si vous déclarez que « l'objection de conscience » est un droit de l'homme, vous vous retrouvez sur le banc des accusés pour « insulte à l'armée ».

C'est ce qui est arrivé à cette malheureuse journaliste Perihan Magden…

Vous avez dit « Etat de droit » Monsieur le Procureur?

 

Suis-je un dirigeant du DHKP-C ?

 

Dans son réquisitoire, Monsieur le Procureur m'accuse d'être un leader du DHKP-C. Il explique en même temps que cette organisation croit posséder la vérité absolue et ne respecte aucune autre idée que la sienne.

Or, j'entretiens un contact régulier, avec diverses personnalités politiques, académiques, artistiques et scientifiques de Belgique et d'ailleurs, qui prônent des idées parfois diamétralement opposées aux miennes et collabore avec ces personnalités dans le respect total de leurs opinions.

Depuis 6 ans, je me consacre tout particulièrement à défendre le droit des prisonniers de Turquie à vivre dignement et décemment.

J'ai participé à l'envoi de missions d'observation en Turquie. Dans ce cadre, j'ai arrangé de nombreux rendez-vous entre des institutions turques et des observateurs européens.

J'ai traduit et rédigé des dizaines de milliers de pages de rapports sur les violations des droits de l'homme, d'articles de la presse gouvernementale, de témoignages de détenus et de leurs familles, de pétitions, de communiqués de presse d'ONG ou de lettres personnalisées notamment à des parlementaires belges et européens.

En ce moment même, je contribue activement au dialogue entre les détenus et le gouvernement pour la cessation du conflit dans les prisons et pour l'amélioration de leurs conditions de détention.

Alors de deux choses l'une : soit le DHKP-C n'est pas une organisation fanatique et sectaire comme le prétend le Procureur Delmulle. Soit, je ne suis pas membre de l'organisation.

Messieurs les Juges, l'Etat turc assène ses citoyens depuis le berceau jusqu'au tombeau, à l'école, au travail, à l'armée, de la devise que « chaque turc naît soldat », que « la plus grande joie est de se dire Turc » ou encore que « le Turc n'a d'autre ami que le Turc ».

Pour le DHKP-C, à l'inverse, chaque communauté du pays a le droit de clamer son identité nationale, ethnique, philosophique ou religieuse.

Musa Asoglu est Abkhaze.

Dursun Karatas et Fehriye Erdal sont Kurdes.

Sükriye Akar est Laze.

Zerrin Sari et Kaya Saz sont Turcs.

Et moi-même, je suis Arabe. Et dans les milieux proches du DHKP-C, j'ai toujours pu le revendiquer haut et fort.

Tandis que l'Etat turc, lui, crachait sur mes origines, mes amis du DHKP-C, les ont respectées et ont défendu mon droit de les revendiquer.

Je n'ai vu l'intolérance, le fanatisme et la cruauté que le procureur fédéral impute au DHKP-C que dans les agissements de l'Etat turc.

Regardez les premières pages du plus grand quotidien turc « Hürriyet » et vous verrez qu'il y est indiqué en en-tête que « la Turquie est aux Turcs ».

Lors de cérémonies militaires organisées le 30 août dernier, quatre étudiants ont été violemment molestés par une foule haineuse. Le crime de ses quatre étudiants qui entendaient protester contre l'envoi de troupes turques dans le sud Liban était d'avoir déployé un calicot arborant une devise qui n'a pourtant rien d'anti-militariste: « Nous ne serons pas des soldats d'Israël » disait la pancarte.

Savez-vous ce que Celalettin Cerrah le chef de la police d'Istanbul a déclaré suite à ce lynchage ? « Je félicite la population. Elle a bien réagi ».

C'est pas un appel à la haine et au meurtre ça ?

Vous avez dit « Etat de droit » et « démocratie » Monsieur le Procureur ?

 

Sympathie et empathie

 

Tout au long des années 90, les télévisions privées turques émettant par satellite nous montraient les images de militants, pour la plupart du DHKP-C, capturés et parqués dans une salle de la section anti-terroriste de la police après qu'ils aient disparu pendant plusieurs jours. Ces militants physiquement détruits par plusieurs jours de tortures, « noirs de barbes, hirsutes, menaçants » comme disait Louis Aragon dans son célèbre poème « l'Affiche rouge », se dressaient, le poing levé, fiers, sereins et stoïques.

En montrant ces images, l'Etat turc cherchait un effet de peur sur la population.

Chez moi comme chez de centaines de milliers de citoyens turcs, ces images suscitaient le respect.

Pour être plus précis, messieurs les juges : j'éprouve de l'admiration pour le courage, l'abnégation, la sagesse, l'humilité et l'altruisme des militants du DHKP-C.

Cela peut vous paraître invraisemblable mais c'est grâce au DHKP-C que j'ai commencé à aimer la Turquie, ce pays que j'ai longtemps détesté en raison du racisme, du chauvinisme et de la répression bestiale, qui y règnent. Oui, c'est grâce au DHKP-C que j'ai commencé à véritablement aimer la Turquie, au-delà d'une simple destination de vacances. C'est le DHKP-C qui m'a permis de refaire confiance en l'Homme, en ses espoirs et en ses capacités créatrices.

Sachez, Messieurs les juges que je n'ai jamais été membre du DHKP-C et que, par ailleurs, je ne m'étais jamais posé la question jusqu'au jour où l'on me traîne devant vous.

Pour moi, la question de mes sensibilités politiques relève de la liberté d'opinion et d'expression. Cette question est complètement accessoire.

J'étais d'ailleurs marxiste avant d'avoir rencontré le DHKC. J'ai découvert que son projet de société coïncidait avec mon idéal social. C'est ainsi que j'ai sympathisé avec ce mouvement populaire à travers mon engagement au sein du bureau d'information de Bruxelles en tant que traducteur et coordinateur de campagnes de soutien aux prisonniers politiques de Turquie. 

Messieurs les juges, je tiens à souligner qu'il faille ne pas confondre un bureau d'information avec l'ensemble du mouvement DHKC et de ses formes d'action. Dois-je rappeler que même Madame la ministre Onkelinx a reconnu en 2004 que ce bureau agissait selon des droits qui lui étaient garantis par notre Constitution ?

Je demande à la Cour, de faire la distinction entre mon sentiment d'appartenance que je clame sans réserve et une prétendue appartenance politique proclamée par des organes de presse sur lequel je n'ai jamais eu le moindre contrôle. L'empathie et l'appartenance officielle sont deux choses bien distinctes de même que le DHKC et le bureau d'information du DHKC.  Je n'ai jamais été coopté, nommé, adoubé, hissé, muté, ni gradé par les dirigeants du DHKP. Je ne connais d'ailleurs aucun dirigeant de ce mouvement et c'est bien la dernière de mes préoccupations.

La seule chose qui compte pour moi est de vivre en harmonie avec mes idéaux et de soutenir des prisonniers politiques dont j'estime le combat indispensable pour le progrès social en Turquie. Et rien ne m'en empêchera, ni la privation de liberté, ni la mort civique ni même la mort physique.

D'autre part, je m'indigne de la légèreté avec laquelle les autorités belges et turques se sont comportées dans le dossier d'extradition de l'assassin fasciste du journaliste turc Abdi Ipekçi, aussi ancien que ce crime puisse être. Le « Loup Gris » impliqué dans cet assassinat datant de 1979 se nomme Yalçin Özbey. Le journaliste qu'il assassina en Turquie n'était pourtant pas révolutionnaire et s'opposait ouvertement à la lutte armée. Mais qu'importe, pour l'extrême droite turque, ceux qui ne pensent pas comme eux sont des ennemis à exterminer… Grâce à ses liens avec les services secrets turcs de la MIT, Yalçin Özbey a pu s'en sortir à bon compte en Turquie et a été très vite relaxé en Belgique. Les autorités judiciaires turques auraient en effet commis une erreur formelle dans leur demande d'extradition de ce malfrat…

Je constate que le Parquet qui prétend que ce procès n'est pas politique, demande à la justice de ce faire plus répressive lorsque ce sont des communistes qui sont incriminés. Pour ma part, je fais simplement confiance en la justice de mon pays pour ne pas répondre à ces injonctions qui visent à limiter la liberté d'expression.

Permettez-moi de répondre une à une, aux accusations proférées par le procureur Delmulle et tout d'abord, à l'accusation d'avoir « grandi dans l'organisation ».

Dans son scénario loufoque, il y a :

 

1. L'accusation de « dirigeant d'un camp de jeunes du DHKP-C».

 

D'abord, les activités estivales et hivernales auxquelles j'ai participé ne sont pas des camps de formation militaire mais des camps de vacances tout à fait légaux, familiaux et ouverts, destinés à faire vivre « l'amitié, la solidarité et la culture populaire anatolienne ».

Les familles étaient hautement satisfaites de ce genre de rencontres. Elles se réjouissaient en effet, de voir leur fille ou leur fils être plus serviables à la maison, plus respectueux, plus humbles.

D'après une vidéo saisie à Amsterdam montrant un camp de vacances organisé à Spa, on me verrait aux côtés de Nuri Eryüksel, le « responsable du DHKP-C pour l'Europe ».

Permettez-moi de dire, messieurs les juges, que, quand bien même cette information serait vraie, le fait de côtoyer Nuri Eryüksel ne constitue aucunement un délit. Et quand bien même cela aurait été le cas, c'est un honneur pour moi d'avoir faire connaissance avec un homme d'une intelligence, d'une sagesse et d'un humour exceptionnels, malgré les souffrances qu'il doit endurer en raison de son handicap physique et de son long passé carcéral en Turquie. Cet homme qui est non-voyant et que le procureur dépeint comme un démon est en effet un homme de culture et de raffinement, qualités qui, manifestement, manquent beaucoup chez ceux qui le stigmatisent.

Ce dernier affirme que j'aurais organisé le camp de Spa et ce, alors que je déclare dans la même vidéo que c'était la première fois que j'y participais et que j'avais raté les premiers jours du camp.

Messieurs les Juges, permettez-moi de rappeler qu'en tant qu'arabophone n'ayant jamais fait d'études en langue turque, en 1997, année où le fameux camp fut organisé, je ne parlais qu'un Turc approximatif et donc, n'aurait aucunement pu assumer un rôle dirigeant dans ce camp.

A l'époque, ce qui m'intéressait, c'était la chanson engagée et si vous visionnez les images, vous verrez que je chante dans la chorale du camp. Vous ne pouvez pas ne pas le reconnaître Messieurs les Juges : la thèse du « dirigeant du camp » est pour le moins tirée par les cheveux.

 

2. L'interprétation de la phrase : « Les polices belge et turque collaborent contre le DHKP-C. Nous devons faire une action ».

 

Tout d'abord, cette collaboration existait bel et bien ! A ce propos, je tiens à préciser que cela fait dix ans déjà que j'organise des manifestations démocratiques et légales dans le cadre de mon engagement pour la démocratisation de la Turquie.

En tant que citoyen belge, je pense que ma Constitution m'autorise à mener des actions dénonçant ce genre de collaborations déplorables.

Le procureur me dénonce par un procédé malhonnête et provocateur tout en sachant que « l'action » dont j'aurais parlé n'avait aucune connotation violente ou illégale.

 

3. La découverte de mes papiers à Knokke

 

Permettez-moi d'expliquer les circonstances de cette découverte.

Un jour, quelqu'un est venu me retrouver et m'a confié qu'il me fallait prêter mon identité pour sauver une personne en danger.

Bien entendu, j'ai accepté sans la moindre hésitation. J'ai effectivement remis un croquis de ma signature avec les indications permettant de la falsifier.

Ma motivation était de participer à une cause noble, celle de sauver la vie d'un être humain.

Il y eut un temps en Belgique où il était illégal d'héberger des Juifs chez soi. Et pourtant, nombreuses sont les familles dont l'éthique et la conscience ont outrepassé les lois de l'époque, aussi dangereuses furent-elles.

Si j'ai pu sauver une vie humaine, je ne regrette absolument rien…

Petite précision : aucun des documents originaux évoqués par le Procureur fédéral n'a été retrouvé à Knokke. Je n'ai remis à la personne susmentionnée que les photocopies de mes pièces d'identité et de ma carte bancaire.

J'en tiens pour preuve le passeport que mon conseil Carl Alexander a exhibé devant la Cour la semaine dernière.

Encore une fois, il apparaît que le Procureur joue sur la manipulation, la contrevérité et la surenchère pour obtenir mon châtiment lourd, objectif qui semble devenir pour lui une véritable cause.

 

4. L'émission « Au nom de la loi » de janvier 2001

 

Sur les images de cette édition de l'émission « Au nom de la loi » consacrée à « l'affaire Erdal », j'ai effectivement parlé de l'attentat qui a visé le Sabanci Center ainsi que le jet de cocktails molotov sur des intérêts commerciaux turcs à Bruxelles. J'ai en effet justifié ces actes mais il serait abusif de déduire de cela que j'aurais joué un rôle dans son organisation.

De plus, mon état physique et émotionnel était frappé par une terrible nouvelle.

Lorsque je fus interrogé par le journaliste de la RTBF dénommé Michel Hucorne, c'était le 19 décembre 2000, précisément le fameux jour du massacre des prisonniers par l'armée turque. C'était un jour d'apocalypse. Je venais de sortir de 46 jours de grève de la faim, de deux heures de sommeil et venais d'apprendre le décès de plusieurs détenus dont certains, que je connaissais personnellement.

J'avais cru en une solution pacifique à la tragédie des prisons mais comme des millions de gens en Turquie, je m'étais trompé : le gouvernement préféra en effet gazer et achever au lance-flamme des prisonniers affaiblis par leur grève de la faim plutôt que d'entendre leurs souffrances et leurs griefs.

Une victime directe de cette tragédie aurait, par ailleurs, pu témoigner devant cette Cour si ses autorités n'avaient pas rejeté son témoignage.

Mes affirmations infondées et sans doute maladroites, diffusées dans l'émission précitée, sont manifestement à mettre sur le compte de mon affliction par rapport à ce qui venait de se produire sous nos yeux dans les prisons turques. Il a ainsi été très facile pour le journaliste de la RTBF de me piéger par ses questions inquisitrices.

Suite à cette interview, j'ai écrit plusieurs fois à Monsieur Michel Hucorne le conviant à retirer cette interview controversée.

Le journaliste m'a répondu par courrier et par téléphone par la négative, arguant que s'il retirait mon interview, tout son scénario s'écroulerait.

Il lui fallait du sensationnel. Tout comme à vous Monsieur le Procureur : sans cette interview, votre scénario s'écroule.

Soit dit en passant, comme l'a rappelé mon avocat , cette interview ne peut en aucun cas être retenue contre moi dans ce procès, vu son caractère obsolète.

 

5. La conférence de presse du 28 juin 2004

D'emblée, je tiens à souligner que durant cette conférence de presse organisée par une coalition du nom de « Resistanbul 2004 » et ce, en marge du sommet de l'OTAN qui se déroulait à Istanbul, il n'a jamais été question de parler de l'explosion accidentelle déclenchée par la combattante dénommée Semiran Polat.

La conférence portait strictement sur la militarisation abusive de la ville d'Istanbul en raison de la venue de Georges W. Bush et d'autres chefs d'état.

Certains provocateurs de la presse turque ont beau essayé de piéger Musa Asoglu en tirant le débat sur ce sujet, ce dernier a aimablement éludé la question pour recentrer le débat sur le véritable sujet de la conférence de presse. Si Monsieur Delmulle souhaite avoir une copie de la conférence de presse, il n'a qu'à contacter l'agence de presse turque Ihlas Haber Ajansi (IHA). Les images qui ont démenti la version du procureur fédéral proviennent précisément de cette agence de presse.

Par ailleurs, une correspondante de l'agence italienne ADN Kronos a également assisté à cette conférence de presse. Si une telle revendication avait été proférée, croyez-vous vraiment qu'une agence de presse internationale aurait ignoré cette information ?

Il est plus que navrant que nous nous retrouvions aujourd'hui à polémiquer sur de tels infantilismes. Pour dissiper les soupçons, voici un extrait du seul communiqué lu et distribué au cours de la conférence de presse que j'ai organisé au New Hotel Charlemagne :

 

« Depuis des mois déjà, la Turquie est sous occupation. C'est devenu un pays où se pavanent allègrement les agents de la sûreté de dizaines de pays, CIA et Cie. L'endroit où se tient le sommet a été baptisé la "vallée de l'OTAN". Dans cette zone de sécurité qui est la propriété de l'OTAN, aucune loi n'est d'application. Dans une métropole de 15 millions d'habitants, pas moins de 15.000 policiers, 500 tireurs d'élite et des troupes militaires déployés par terre, par mer et dans les airs.

Plusieurs associations ont été perquisitionnées et mises sous scellés sans l'avis d'un procureur, avec le prétexte de "préparatifs pour le sommet de l'OTAN". Des centaines de personnes ont été raflées chez eux ou au cours des démonstrations.

Dans cette "vallée", près de 300.000 personnes et 50.000 véhicules ont été fichés. Dans la galerie commerciale historique de Kapalý Çarþý, 15.000 commerçants et ouvriers ont été interrogés et fichés. Les personnes qui n'ont pas pu obtenir un certificat de "sécurité" ont vu leur magasin fermé obligatoirement. Ils ne pourront regagner leur boutique que sur présentation de leur carte de "sécurité". Cette galerie commerciale sera ainsi réservée à 800 délégués de l'OTAN. Les universités seront fermées pendant deux jours. » Fin de citation.

 

6. Mon interview pour le journal télévisé RTL du 28 juin 2004

 

J'ai beau lire et relire le procès-verbal relatif à mon intervention télévisée, je n'ai toujours pas reconnu de revendication dans mes propos.

Je m'excuse de devoir dire à nouveau que Monsieur le procureur se livre au plus odieux des mensonges et ne recule devant aucun artifice.

On voit très bien dans l'interview que je parle à la troisième personne du pluriel et l orsque l'on parle à la troisième personne du singulier, il n'est pas question d'une quelconque implication de l'orateur. De plus, pour qu'il y ait revendication d'attentat, il aurait fallu que j'en aie l'intention. Or, non seulement, ce n'est pas le cas, mais en plus, ce n'est pas moi qui ai été retrouver le journaliste ; c'est lui qui est venu vers moi. D'autre part, dans cette interview, je n'ai nullement appelé à la violence ni la haine.

C'est pourquoi je pense que cette nouvelle manipulation du Procureur Delmulle ne peut qu'être balayée d'un revers de la main.

 

Conclusion 

 

 

Force est de constater que les faits énumérés à mon encontre par le procureur Delmulle n'ont rien de subversif et encore moins de répréhensibles.

Les allégations de « dirigeant d'organisation terroriste » que je serais devenu après « avoir grandi dans l'organisation » sont manifestement un pur produit de son imagination malveillante et de son attitude partisane évidente.

En effet, en dix ans d'activisme politique et social, j'ai toujours utilisé les mêmes moyens d'expression légaux et démocratiques.

Plus qu'un qualificatif juridique, l'accusation de terroriste est une insulte visant ma personne mais également toutes celles et ceux qui ont consacré leur vie à faire de la Turquie et le monde un havre de paix et de fraternité.

Que le Procureur Delmulle haïsse mes opinions ne me dérange pas le moins du monde. Mais qu'il se mette à m'insulter en me traitant de « terroriste » : je trouve cela inacceptable.

Ces dernières années, j'ai eu l'occasion de côtoyer Sükriye Akar au bureau d'information du DHKC à Bruxelles. Sükriye y a consacré le plus fort de son temps aux détenus politiques, parmi lesquels Fikret Akar, son mari.

Elle passa des mois entiers à scanner les lettres, les dessins et les revues envoyés à notre bureau par les prisonniers politiques de Turquie. Elle organisait la connexion entre les prisonniers politiques de tous les continents en traduisant les lettres des uns et des autres.

A travers son incarcération, des centaines de détenus se retrouvent un peu plus réduits et condamnés, tant en Turquie que dans le monde.

En la châtiant, ce sont les prisonniers politiques victimes de terrorisme de l'Etat turc que l'on punirait.  

Je me souviens que Musa Asoglu et moi-même avions été reçus le 10 octobre 2002 par le directeur général du Parlement européen, Monsieur Bo Manderup Jensen, à qui nous avions remis 155.000 signatures collectées lors d'une campagne contre les mauvais traitements et le régime d'isolement dans les prisons de type F.

Ces deux faits indiquent bien que l'activité de Musa Asoglu et de Sükriye Akar dans le cadre du bureau d'information de Bruxelles, ont été de nature parfaitement légale et démocratique.

Tout au long de mes dix années d'engagement politique et social, je n'ai jamais appelé à la haine mais bien à la résistance à l'oppression, tel que me le permet l'article 2 de la Déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Ce n'est pas moi qui l'invente.

Or, quand je parle de résistance à l'oppression, M. Delmulle parle de terrorisme contre la démocratie. Ce sont là des points de vue politiques qui sont exprimés.

Vous m'accorderez donc, messieurs les juges, mon « médiactivisme »  est une pratique indiscutablement garantie par l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 qui prévoit que : « Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit ».

Messieurs les Juges, c'est par idéal démocratique, par amour des libertés publiques et privées que je vous demande de ne pas céder aux attaques que le Procureur portées contre la démocratie et la liberté d'expression. Son réquisitoire digne des pires périodes du MacCarthysme, dresse un portrait diabolique de ma personne en mettant bout à bout des éléments non seulement indépendants les uns des autres, mais en plus parfaitement anodins et relevant du stricte droit d'expression. C'est pourquoi messieurs les juges, je vous demande de m'acquitter et de me permettre de continuer mon travail d'information et de solidarité, pour que la Turquie que j'aime devienne un jour réellement un pays démocratique.



[1] [1] Le 17 novembre 1998, l'institut kurde de Bruxelles situé rue Bonneels ainsi que d'autres associations kurdes, furent la proie de l'hystérie fasciste et furent incendiés suite au refus des autorités italiennes d'extrader le dirigeant du PKK Abdullah Öcalan vers la Turquie A l'époque, le premier ministre turc de l'époque Mesut Yilmaz avait clairement appelé aux représailles anti-kurdes en ces termes : « la Turquie ne laissera pas cela sans réponse ».

16:50 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, belgique, capitalisme, courcelles, democratie, europe, euro-dictature, fascisme, gangsterisme, histoire, liberte, oppression capitaliste, politique, presse, propagande, romain, resistance, silence, solidarite, terrorisme, turquie, usa | |  Imprimer | | |

04/09/2006

09/09/2006: IXELLES: SIX HEURES POUR NOS LIBERTES

En EURO-DICTATURE capitaliste ...
RoRo

De : fondation@info-turk.be [mailto:fondation@info-turk.be]
Envoyé : lundi 4 septembre 2006 9:51
Objet : Le 9 septembre: SIX HEURES POUR NOS LIBERTES

 

 

Guerre contre le terrorisme ou atteinte au droit légitime à la contestation? Ces cinq dernières années, une série de lois spéciales ont été adoptées en Belgique, sous le couvert de la lutte « antiterreur ». Or, au lieu de «sécuriser les droits» des citoyens comme le prétendent les autorités, ces lois liberticides auront pour effet de les restreindre, de les suspendre, voire de les supprimer.
 
C’est pourquoi, à l’occasion du procès en Appel de 9 membres présumés du DHKP-C  à Gand, le 11 septembre, le Comité pour la Liberté d’Expression et d’Association (le CLEA) organise un meeting pour la défense des libertés:

Le samedi 9 septembre 2006
 
"SIX HEURES POUR NOS LIBERTES"

organisées par le Comité pour la Liberté d’Expression et d’Association (le CLEA)
 
 de 15 heures 30 à 23 heures
à l’ULB, Salle Dupréel (Institut de Sociologie)
44, avenue Jeanne à Ixelles

Un événement mobilisateur qui mêlera les témoignages et les exposés
de personnalités politiques, culturelles, syndicales, associatives,universitaires, journalistiques,
ainsi que des prestations artistiques exceptionnelles…
 
Avec notamment :
 
 Tomas ARMAS (délégué CGSP), Laurent ARNAUTS (rédacteur en chef du Journal du Mardi), Jean BRICMONT (professeur à l’UCL), Didier BRISSA (membre d'A contre courant), Céline DELFORGE (parlementaire), Jean-Michel D’HOOP (artiste),  Josy DUBIÉ (parlementaire), Paul-Emile DUPRET (secrétaire du groupe GUEN au PE), Jan FERMON (avocat), Ozkan GUZEL (ex-détenu turc), Daniel HÉLIN (chanteur), François HOUTART (Président du Centre Tricontinental de Louvain-la-Neuve), Bahar KIMYONGUR (porte-parole du Breau d’Information du DHKC à Bruxelles), Silvio MARRA (ex-délégué FGTB des Forges de Clabecq), Anne MORELLI (professeur à l’ULB),
Dogan OZGUDEN (Président d’Info-Turk), Jean-Claude PAYE (membre du Comité T), Nadine ROSA-ROSSO (membre de Pour une autre gauche), Taylan TANAY (avocat turc), Benoît VAN DER MEERSCHEN (Président de la Ligue des droits de l’Homme), Guy VAN SINOY (militant FGTB)  

   

Et des prestations artistiques, avec, entre autres,
Groupe YORUM, Daniel HÉLIN, le Duo "Carine et Céline"...

En Belgique comme partout dans le monde, on assiste à une attaque frontale contre les libertés privées et publiques. Dès la fin des années 90, bien avant les attentats du 11 septembre 2001 à New York, notre pays avait déjà décidé d’inscrire de profonds changements dans le Droit, notamment à travers «la loi sur les organisations criminelles». Avec cette législation, en effet, s’est mis en place un «délit d'appartenance» permettant à la Justice de poursuivre des personnes qui n’ont commis aucun délit matériel, au seul prétexte qu’elles feraient partie d’une organisation ainsi définie. Or ce nouveau concept a déjà été utilisé pour tenter de condamner, abusivement, des membres du mouvement altermondialiste à Liège, fin 2001.


Toutefois, au nom de la lutte antiterroriste, les choses se sont depuis lors fortement accélérées. La Belgique a intégré, dans sa panoplie pénale, deux décisions-cadre européennes particulièrement liberticides : la loi relative aux organisations terroristes et la législation concernant le mandat d’arrêt européen. La loi antiterroriste, comme la loi relative aux organisations criminelles, ne crée pas seulement un délit d’appartenance ; elle permet en outre de s’attaquer directement aux mouvements sociaux. Est désormais qualifiée d’acte «terroriste» toute action commise dans l’intention de faire pression sur un gouvernement ou sur une organisation internationale. Que des grévistes fassent le siège d’une administration ou que des manifestants empêchent des trams de circuler est donc, aujourd’hui, considéré comme une forme de terrorisme, et lourdement punissable.
 
De surcroît, depuis le vote de «la loi sur les organisations criminelles», les tribunaux ont la possibilité de généraliser des procédures d’exception à tous les stades de la procédure pénale, de l’enquête policière à la détention : c’est ce qu’autorise «la loi sur les méthodes particulières de recherche» de 2003, laquelle légalise les techniques les plus intrusives. Au demeurant, les droits de la défense n’existent plus : une personne soupçonnée d’un éventuel délit n’a plus le pouvoir d’en contester les «preuves» puisque celles-ci peuvent désormais rester secrètes. Des dispositions tellement liberticides qu’elles ont été remises en cause par la Cour d’Arbitrage, si bien que le gouvernement a dû les remanier (légèrement) en les faisant revoter fin 2005, sous le couvert de la lutte «contre la terreur».
 
Or les lois antiterroristes sont totalement pernicieuses. Elles autorisent tous les abus, la mise en place de tribunaux d’exception et les jugements d’opportunité. Elles confondent volontairement les combats syndicaux radicaux avec des actes de pure criminalité ou de banditisme. Elles s’attribuent indûment des pouvoirs de compétence universelle en délégitimant, dans des pays tiers, toute lutte politique qui userait de moyens violents pour se défendre de la violence d’États dictatoriaux.
 
Aussi, l’enjeu fondamental du procès qui débutera en appel, le lundi 11 septembre à Gand (contre neuf membres présumés de l’organisation révolutionnaire turque DHKPC), est de toute première importance. Car «l’affaire Erdal» a pour but de créer une jurisprudence criminalisant toute solidarité envers une organisation désignée comme «terroriste». En outre, cette labellisation justifie, dès à présent, la violation de règles de droit élémentaires et l’application de sanctions anticipées avant même que le jugement d’appel ne soit venu confirmer le premier verdict. En effet, sous l’autorité de l’administration pénitentiaire et avec l’aval de la Ministre, sont imposées –à trois des militants du DHKP-C emprisonnés– des conditions de détention exceptionnelles (comme le régime de l’isolement ; les lumières allumées chaque demi-heure y compris de nuit, ce qui empêche de dormir ; les fouilles anales systématiques…).
 
Autant donc l’affirmer solennellement : ce procès nous concerne tous.
 
Il engage l’avenir de nos libertés.
   

PROGRAMME

De 16 à 19 heures      

— Des lois « sécuritaires »…, contre les libertés ?
— Les altermondialistes dans le collimateur… (Didier Brissa)
— Multiplication des attaques contre le mouvement ouvrier (Tomas Armas, Thierry Delforge, Silvio Marra, Guy Van Sinoy)
— Concert du duo Carine et Céline
— Menacé d’extradition… (Bahar Kimyongür)
— Avec la complicité de la Belgique ? (Josy Dubié)
— «Je suis un ex-détenu politique» (témoignage de prison par Özkan Güzel)
— Projection d'un petit film
— Concert du groupe YORUM

De 20 heures 15 à 23 heures 30     

— Le procès "Erdal": une affaire qui nous concerne tous
— Sur le procès (Jan Fermon)
— Les droits de l'Homme en Turquie (Dogan Özgüden)
— Sur la situation des détenus politiques (Taylan Tanay)
— Sous les lois antiterroristes (Benoît Van der Meerschen, Jean Bricmont, Jean-Claude Paye)
— Journalistes et avocats: la police aurait-elle tous les droits ? (Laurent Arnauts et un membre du Syndicat des Avocats pour la Démocratie)
— Concert  de Daniel  HÉLIN


BAR ET RESTAURATION DURANT TOUTE LA SOIREE
PAF: 2 euros
Renseignements : http://www.leclea.be; contact@leclea.be    tél. : 0487 / 174 851
 
 
************************************
 
http://www.info-turk.be
 
INFO-TURK
53, rue de Pavie
1000 BRUXELLES
 
Tel: (32-2) 215 35 76
Fax: (32-2) 215 58 60
 
E-mail:
editor@info-turk.be

12:48 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, belgique, courcelles, ixelles, democratie, europe, euro-dictature, fascisme, histoire, flicage, liberte, politique, presse, romain, resistance, solidarite, syndicats, turquie, terrorisme, usa | |  Imprimer | | |

22/07/2006

21/07/2006: Belgique et Euro-dictature capitaliste: la honte !


De : assawra@yahoogroupes.fr [mailto:assawra@yahoogroupes.fr] De la part de Waroquiez Dominique
Envoyé : vendredi 21 juillet 2006 17:29
À : assawra
Objet : [assawra] Ce pays me fait honte , l'UE aussi !

 

Dominique Waroquiez
  30 allée de la frénaie
  B1300 Wavre
  dominicwa@yahoo.fr                                        Jour de la fête nationale de Belgique, 2006
  
  
  Monsieur le Premier Ministre,
  
  Excusez-moi, mais je tiens à vous dire en ce jour de fête nationale belge ma colère , mon dégoût, ma honte , d’être citoyenne de Belgique et de l’Union Européenne .Les avions militaires de Belgique survolent ma maison en guise de « fête nationale » pendant que le Liban meurt sous les attaques d’Israël , qui non content d’occuper ,de coloniser, de démolir la Palestine et le Golan syrien depuis des dizaines d’années avec notre complicité, celle de l’ONU  et le soutien des USA  , s’en  prend  une nouvelle fois au peuple libanais .Cela me donne la nausée … de savoir que pendant ce temps des milliers de familles se terrent , fuient tout près de chez moi le terrorisme israélien …au Liban, dans les restes de la Palestine arrosés par « Les pluies d’été » programmées par Monsieur Ehud Olmert (comme c’est joli, « les pluies d’été » !).

  Combien  de Jénine faut-il encore ???? Combien ????? Et on nous demandera ensuite d’aller pleurer devant des bougies quand ce sera fait, c’est cela , monsieur le Premier ministre ? Nous paierons  une fois encore  les dégâts faits par Israël qui jusqu’à présent n’a jamais eu à ce soucier de cela. Mais enfin ? où va-t-on ? Prend-t-on dans ce pays les citoyens pour des bénêts ?
  
  Israël à le droit de se défendre , dites-vous, ah bon , mais que faites-vous , que font les dirigeants de mon pays et de l’Union Européenne  du droit à la défense des peuples Palestiniens et Libanais ? Considèrent-ils que des paroles suffisent pour protéger les populations des attaques d’une des plus puissantes armées au monde ? Allons donc ! Considèrent-ils comme un « détail » le fait que les frontières d’Israël sont aussi extensibles qu’un élastique et qu’il y a des milliers de prisonniers palestiniens et libanais dans les geôles israéliennes, dont des femmes et leurs bébés, des enfants , des élus, considèrent-ils qu’Israël a tous les droits , comme s’il s’agissait d’un état divin ?

  Nous répéter sans cesse les mêmes « excuses » ou « explications » , cela ne marche pas face à la réalité que nous allons continuer à faire connaître au peuple belge et européen, confiant du fait que celui-ci comprendra  …  

  Si réellement, Monsieur le Premier Ministre, la sécurité des peuples palestiniens et libanais comptait , il y a belle lurette que les violations commises par l’Etat d’Israël auraient donné lieu à des sanctions , mais c’est tout le contraire que nous observons : Israël a droit à l’impunité totale et juste quelques avertissements bien significatifs de notre complicité, et ce quelque soient le nombre de crimes de guerre commis par ses dirigeants dans les territoires occupés et maintenant une fois encore au Liban  . L’Union Européenne ou pardon, son parlement avait voté la suspension de l’Accord d’Association en avril 2002, jamais cela n’a été appliqué … Et on va avoir le culot de me demander de venir voter et encore voter …Pour les responsables de la situation , celles et ceux qui auparavant nous bassinaient les oreilles avec l’équidistance ???? 

  Excusez-moi, je suis épuisée de vous écrire, d’écrire aux dirigeants ,de leur demander jusque quand ils vont laisser faire Israël ? Je suis dégoûtée d’avoir des réponses sibyllines , des phrases toute faites dont certaines mensongères du style : l’UE ne peut rien faire ou que sais-je. Cela ne marche plus : quand le peuple palestinien a été appelé à voter et qu’il a vôté majoritairement Hamas , en un rien de temps la décision de l’UE est tombée ,injuste, honteuse : coupons les vivres au Palestiniens (mais si mais si !) , on va « leur faire comprendre » qui dirige en ce monde  et on a fait fi de l’occupation et la colonisation croissante dont souffre le peuple … Notre pays, l’UE, ne vont quand même pas s’en prendre au terrorisme d’Etat israélien … dont l’armée est presque devenue « notre » alliée dans le cadre de l’OTAN ….

  Soyons francs, Monsieur le Premier Ministre , les droits humains (boire, être soigné, se nourrir …) , les résolutions de l’ONU ,  lorsque c’est Israël qui est  responsable de violations , deviennent aussi futiles  que du vent . Vous vous discréditez et vous rendez complices de l’aggravation de la situation , je dis bien vous car je refuse, vous l’aurez compris , que pareille politique , que tant d’injustices soient faites en mon nom et s'ajoutent à la construction du mur de l'apartheid . Faire partie de cet Occident prêt à mettre en place  un « Choc des civilisations », un monde « pacifié » tel que c’est voulu par les Faucons des USA , je le refuse et je m’y opposerai et  nous serons nombreux .
  
  En espérant que vous comprendrez à quel point j’ai honte d’être de ce pays et de cette Union Européenne , je vous informe que je vais également m’adresser à Monsieur Solana et au Ministre André Flahaut entre autres pour leur dire :  Niet in mijn naam ! Voor me te veel, is te veel . Vous n’êtes pas mes représentants politiques.
  
Dank u, Monsieur Verhofstadt, 
Dominique Waroquiez
  


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11:00 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, belgique, barbarie, crimes, colonialisme, democratie, europe, euro-dictature, fascisme, guerre, histoire, imperialisme, israel, liban, occupations, palestine, politique, romain, racisme, resistance, sionisme, solidarite, terrorisme, turquie, usa | |  Imprimer | | |

05/07/2006

05/07/2006: Giffle au visage du régime d'Ankara: Bahar Kimyongür libéré

Libéré ?   Oui, mais c' est grâce à la protestations des milieux vraiment démocratiques. Ce n' est pas grâce aux pouvoirs mis en place en Belgique, en Hollande, en Euro-dictature capitaliste et en Turquie.
Plus que jamais, nous sommes tous "terroristes".   La vigilance et la mobilisation s' imposent sans arrêt.
RoRo

De : fondation@info-turk.be [mailto:fondation@info-turk.be]
Envoyé : mercredi 5 juillet 2006 8:43
À : flash@info-turk.be
Objet : Giffle au visage du régime d'Ankara: Kimyongür libéré


Giffle au visage du régime d'Ankara: Bahar Kimyongür libéré

Bahar Kimyongür, condamné en février dernier en Belgique pour son appartenance à l'organisation de gauche DHKP-C et interpellé fin avril aux Pays-Bas dans le cadre d'un mandat d'arrêt international délivré par la Turquie, a été libéré mardi par la justice néerlandaise.

On se souvient que Bahar, citoyen belge, a été arrêté le 28 avril alors que, parti en voiture de Bruxelles, il venait d’entrer aux Pays-Bas pour participer à l’organisation d’une activité culturelle. Son arrestation était motivée par une demande d’extradition introduite par les autorités turques qui le qualifient de « terroriste».

Le sociologue Jean-Paul Paye explique: « l’ ‘enlèvement’ de Bahar Kimyongür montre une collaboration étroite entre appareils policiers et judiciaires de différents pays, la Belgique et les Pays-Bas, qui violent leur propre légalité afin de satisfaire les exigences d’un Etat (la Turquie) qui pratique la torture et l’assassinat politique. Les documents déposés par le procureur au Tribunal de La Haye montreraient que la Belgique a effectivement livré son ressortissant. »

Les autorités belges ne pouvant extrader un de ses ressortissants, elles auraient laissé le sale boulot aux Pays-Bas ! Le mandat international se fonde sur la notion d’appartenance à une organisation terroriste : Bahar ferait partie du DHKP-C, organisation révolutionnaire turque reprise sur la liste des organisations terroristes établie par le Conseil de l’Union européenne.

C’est pour cette raison que, fondamentalement, Bahar avait été condamné à quatre ans de prison – en première instance - en février 2006 par la Justice belge.

Face à une telle situation, un large front s’est constitué pour défendre les droits démocratiques en général et ceux de Bahar en particulier. Sa cheville ouvrière est le ‘Comité liberté d’expression et d’association’ (CLEA) qui a mobilisé une large frange de l’opinion publique en Belgique à travers un travail remarquable dont témoigne le site http://perso.orange.fr/clea.be/index.htm .

Ce 4 juillet, le juge du Tribunal de La Haye a rejeté la thèse du Parquet néerlandais qui réclamait l’extradition de Bahar vers la Turquie sur base de ses opinions opposées à celles des autorités répressives turques.

Il a suivi l’argumentation de la défense de Bahar qui a mis en avant qu’on ne pouvait l’extrader sur base de ses opinions telles que : manifester dans l’hémicycle du Parlement européen à Bruxelles contre la présence d’un ministre turc ; être présent au procès de la militante révolutionnaire turque, Ferhye Erdal, lorsqu’elle était jugée en Belgique ; exprimer ses opinions sur la répression en Turquie et en diffusant les points de vue du DHKC ; etc. Bahar a été alors libéré.

Le 11 septembre 2006, se tiendra le procès en appel de Bahar qui conteste sa condamnation (à 4 ans de prison ferme) de février 2006. Quelle sera l’attitude de la Cour d’appel belge ? S’aligner sur le jugement de La Haye ou s’obstiner à nourrir l’appareil de répression turque ?

A La Haye, un coup d’arrêt a été mis au démantèlement de ce qu’on appelle l’Etat de droit. C’est un encouragement pour toutes les luttes de défense des droits démocratiques comme ceux des sans papiers. (Avec Belga  et anti-imperialism.net/lai, Jean Pestieau , 4 juillet 2006)

Autres informations d'Info-Türk sur l'affaire Kimyongür

Juin 2006 <http://www.info-turk.be/334.htm>

  • Mobilisation pour libérer Bahar Kimyongur : dernières nouvelles
  • La gestion contradictoire des dossiers d'extradition par Mme Onkelinkx
  • Appel du CLEA au rassemblement aujourd'hui pour Bahar !
  • Une conférence de presse sur l'arrestation controversée de Kimyongür
  • Le débat  au Sénat belge sur l'arrestation de Bahar  Kimyongür
  • Scandale: La Belgique a donné Kimyongür
  • La candidate Onkelinx sacrifie Bahar Kimyongür
  • La campagne de la candidate Onkelinx dans une mosquée turque
  • Carte blanche du Clea pour la libération de Bahar Kimyongür
  • Débat au Sénat belge sur le danger d'extradition de Bahar Kimyongür
  • CLEA: Bahar continue à dénonçer, à informer, à traduire!

Mai 2006 <http://www.info-turk.be/333.htm>

  • Démarche des parlementaires belges pour Bahar Kimyongür
  • Carte blanche: Kimyongür piégé, nos libertés en danger
  • Une conférence de presse au Parlement Européen sur l'affaire Kimyongür
  • Josy Dubié critique le comportement de la police belge et de la ministre de la Justice
  • Le procès DHKP-C ajourné en absence de Kimyongür
  • Lettre de Bahar Kimyongür à ses juges
  • Appel du CLEA à un nouveau rassemblement  pour Kimyongür
  • L'opinion des professeurs de l'ULB sur "L'affaire Kimyongür"
  • Le communiqué de quatre organisations en provenance de Turquie
  • Protestation contre l'arrestation de Bahar Kimyongur aux Pays-Bas


http://www.info-turk.be

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10:49 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, actualite, belgique, democratie, fascisme, politique, romain, turquie, solidarite | |  Imprimer | | |