29.10.2010
25/10/10: Arrestation et détention arbitraire dans le cadre d'une vaste opération policière au marché de Châtelineau...
Samedi 16 octobre. Nous nous trouvons avec quelques membres de la Plate-forme Charleroi-Palestine avec un stand au marché de Châtelineau. Tout se passe bien, nous avons de multiples discussions avec les gens, très réceptifs à nos arguments sur le boycott des produits israéliens.
Vers midi, un hélicoptère tourne sans arrêt au-dessus de la place. Nous nous demandons ce qui se passe. Un peu plus tard, une camionnette de la police se fraie un chemin le long du marché, passant à proximité de notre stand.
Puis un ami de la Plate-forme vient nous dire : « Ils sont en train d'arrêter plein de sans-papiers, là-bas. » Cela se passe dans une rue donnant sur le marché, tout près de notre emplacement.
Je décide d'aller voir. Là, derrière une camionnette de police, je vois quatre ou cinq personnes alignées contre une grille, les mains menottées dans le dos. Je m'en vais un peu plus loin, puis je reviens sur mes pas et je prends deux photos. Un policier me dit, calmement, que je dois laisser la police faire son travail et que je ne peux pas prendre de photos. Je demande pourquoi on arrête tous ces gens. Il me répond qu'ils vendent des produits de contrefaçon.
Je m'éloigne, je retourne au stand, la rage au coeur. Pourquoi s’en prend-on aux petits vendeurs, souvent des sans-papiers n'ayant pas la possibilité de faire un autre boulot, alors que ce ne sont pas eux qui font écouler la marchandise sur le marché.
On discute un peu au stand, et voilà qu'un commissaire de la police s'amène.
« Vous pouvez venir une minute avec moi ? » Je le suis, un membre de la Plate-forme le suit aussi. Le commissaire me dit : « Vous avez posé une question au policier. Vous n'avez pas le droit de poser des questions. » « Vous avez pris des photos aussi. On va vous entendre au commissariat. » Il appelle son « team d'arrestation ». Trois ou quatre policiers en civil s'amènent très rapidement. Ils me prennent de force, me soulèvent des deux côtés à la fois.
On me pousse dans la camionnette, on me prend mon GSM, mon appareil photo et on met tout cela dans un sac en plastic. Dans la camionnette, il y a trois personnes arrêtées, menottées. J'apprends que deux d'entre elles n'ont pas de papiers de séjour, le troisième n'a pas de permis de travail.
J'entends par la radio de la camionnette que l'opération d'arrestation se poursuit. Des policiers en civil passent régulièrement près de la camionnette.Mon GSM sonne tout le temps. Je demande de pouvoir répondre. « Vous n'en avez pas le droit, vous êtes en détention administrative. » On ne part toujours pas. En fait, le chauffeur attend du renfort...
Une des personnes arrêtées supplie : « S'il vous plaît, éloignez-nous d’ici : les gens du marché vont nous prendre pour des criminels... » Le policier du marché propose d'accompagner la camionnette pour qu'enfin celle-ci puisse partir.
Nous arrivons au commissariat de Châtelet. On nous amène dans un couloir. À gauche, il y a le bureau d'« accueil ». À droite, des cellules où des jeunes d'origine étrangère se trouvent par deux, les mains liées, derrière les barreaux. Il y a un va-et-vient impressionnant, dans ce couloir. De nouveaux « arrivages » de personnes arrêtées, de policiers en civil.
Un policier particulièrement excité et très autoritaire (et je reste polie) donne les ordres et décide qui va où.
Je suis « appelée » dans ce bureau. Le policier hyper-excité se met à m'aboyer dessus. Je lui réponds que je ne suis pas son chien. Vu que mon comportement n'est pas assez collaborant, il m'accuse de « trouble de l'ordre public », « rébellion », « outrage à policiers en fonction ». « Maintenant vous avez deux dossier judicaires et vous êtes en détention judiciaire." Le lendemain, un avocat me dira qu'ils m'ont dit n'importe quoi. Je ne pouvais pas être en arrestation judiciaire, parce que je n'avais pas vu un juge d'instruction.
Je dois enlever mon bonnet, mon manteau, mes châles, mes sacs... Le policier donne l’ordre à une collègue de me fouiller et envoie une deuxième policière pour l’accompagner car « elle (moi, en fait) se rebelle ».
Je laisse faire la fouille. (Je dois enlever les chaussures, les chaussettes, le jeans, le T-shirt, le pull. Me mettre de face, me mettre de dos. Soulever le soutien-gorge). Après, je dis aux policières qu'il n'est pas normal qu'on me traite ainsi, uniquement parce que je pose une question et que je prends des photos.
On m'amène dans un bureau pour que je fasse une déclaration. Je le refuse. C'est mon droit. Les policiers à qui j’ai affaire ne sont pas contraires. Je dis que je voudrais déposer plainte. Ils me disent que j'ai le droit de déposer plainte au comité P.
De retour à « l'accueil », le policier hyper-excité ordonne qu'on m'emmène dans une cellule en bas. Je vois de nouveaux visages de personnes arrêtées derrière les barreaux. Il y a de nouveau plein de monde dans le couloir.
On m'emmène dans les caves. Je dois enlever mes chaussures, on me fait entrer dans une cellule, je dois enlever mon soutien-gorge. Le froid me tombe dessus. Je demande d'avoir ma veste. « Vous n'avez pas le droit, il y a une couverture. »
Cette cellule ressemble plus à un cachot qu'à autre chose. Il n'y a pas de lumière de jour, elle est à demi éclairée par un spot placé au-dessus de la porte d'acier. Un banc, une toilette. 2 m sur 2 m 30. Il y fait très froid. Je ne peux pas mettre les pieds à terre car le carrelage est très froid lui aussi. Je mets la couverture autour de moi, des épaules jusqu'aux pieds et j'attends sur le banc.
A un certain moment, j'entends qu'un policier vient dans le couloir. Je tape avec mon coude contre la porte d'acier : « Je veux téléphoner à mon mari et à un avocat. » « Vous n'avez pas le droit, vous êtes en détention judiciaire. » Encore un qui dit n'importe quoi.
Je reste au moins deux heures dans cette cellule froide. Heureusement, en élevant la voix, je peux échanger quelques mots avec la personne qui se trouve à côté. J'apprends que c'est la personne qui était assise avec moi dans la camionnette. « Madame, vous êtes là ? »... « Oui. »... « Putain !... ».
Je lui demande s'il ne craint pas d'être expulsé. Il me dit que, la fois précédente, on l'a relâché après quelques heures. J'espère pour lui que ce sera pareil maintenant. « Patience, Madame, quelques heures... »
A nouveau, des pas dans le couloir. Le commissaire qui a ordonné la détention administrative ouvre la porte, accompagné de deux autres policiers. Il me dit que je peux sortir. Je récupère mes affaires à « l'accueil ».
Mais je suis encore amenée dans un autre bureau. Avec le commissaire, encore les deux mêmes policiers qui sont venus jusqu'à la cellule, et un nouveau, en civil.
Le commissaire précise qu'il m'a mise en détention administrative, mais que cela n'a rien à voir avec mes activités sur le marché. « Je ne vous ai pas non plus parlé de photos. » Ce qui est manifestement faux. « Il y a trois dossiers contre vous : celui du marché, rébellion, trouble de l'ordre public. »
Le « civil » dit que son rôle est de protéger les policiers en fonction. Il me demande de voir les photos pour constater s'il y a des policiers reconnaissables. Apparemment, il faut protéger les indics.
Il montre une photo que j'ai prise du stand de la Plate-forme. « Vous vendiez des objets à votre échoppe ? » Je lui réponds que je n'ai rien à dire là-dessus. « Moi, je suis passé à 8 h 35, vous vendiez de la marchandise. » « Alors cela, c'est votre quatrième dossier. » Je lui ai répondu que c'est un grossier mensonge. En réalité, nous étions sur place à 10 h 30. Il me rend l'appareil.
Les photos des arrestations ne sont pas enlevées. Il faut dire qu'elles n'étaient pas très réussies non plus.
Je m'adresse au commissaire. « Je voudrais connaître votre identité. Je vais déposer plainte contre vous. » Réponse : « Votre avocat n'a qu'à faire son travail. »
Je suis reconduite à la sortie. Il est 16 h 50. J'ai été arrêtée pendant 3 h 30.Je demande qu'on me reconduise à Châtelineau, ma voiture se trouve trois ou quatre kilomètres plus loin. Cela, c'est rêver, évidemment.
Ce n'est qu'une fois chez moi, que j'apprends que des amis ont averti un avocat, lequel a téléphoné au commissariat, et qu'un camarade est venu voir le commissaire pour connaître la raison de ma détention. Ce sont probablement ces interventions qui ont fait que j’ai été libérée plus tôt.
Tout au long de mon « séjour », j'ai pu constater que certains policiers, en particulier ceux qui sont responsables du marché, semblaient plus qu'embarrassés et n’étaient visiblement pas d'accord avec les méthodes utilisées.
J'estime que ces faits, me concernant, sont très graves, c’est une réelle atteinte aux droits démocratiques (au même moment se déroulait une manifestation à Bruxelles sur le même sujet) et je ne resterai pas les bras croisés.
Mais évidemment les personnes arrêtées et qui sont d'origine étrangères ont subi un sort bien plus dur que moi.
Je n'ai pas été menottée (alors qu'on m'a dit que c'était la procédure). Je n'ai pas dû m'inquiéter si j'allais être amenée dans un centre fermé et expulsée du pays. J'ai encore pu répliquer aux aboiements de certains policiers, sans qu'on me frappe. D'ailleurs, un policier m'a dit : « Vous avez vu qu'on a mis des gants, lorsqu'on vous a amenée à la camionette. « Je n'allais pas vous frapper, vous avez l'âge de ma mère. »
Il a oublié de dire aussi que je suis « blanche » et que j'ai la nationalité belge.
Myriam De Ly
22:25 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : romain, courcelles, histoire, politique, actualité, presse, silence, télévision, médias, belgique, répression, démocratie, liberté |
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15.09.2010
12/09/10: notre camarade Belkacem nous a quittés ...
In memoriam Belkacem Chilali
Belkacem Chilali nous a quittés ce samedi 4 septembre 2010. Son amie Myriam De Ly lui rend hommage.
Des hommes comme toi, il n'y en a pas deux
Tu étais un combattant, Belkacem, un homme de la solidarité, un homme de la masse. Tu es né en Algérie, près de Tizi Ouzou, près des montagnes de Djurdjura et tu avais en toi la force de ceux qui veulent déplacer des montagnes. Très jeune, tu as combattu le colonialisme français en Algérie dans les rangs du FLN. C'est une période qui t'a fortement marqué.
Tu as été mineur de fond dans la région de Charleroi et tu étais délégué de la FGTB. Et tu mobilisais tes troupes pour la grève quand il y avait des problèmes.
Un jour, tu es allé frapper à la porte de la Braise, de la FGTB et du MOC, lorsque ton beau-frère s’est retrouvé enfermé dans le centre fermé de Vottem. Lors d'une conférence de presse à Gosselies, tes amis belges ont témoigné leur estime pour toi, pour Mourad, pour la famille.
Tu parlais avec tout le monde, tu défendais tout le monde. Comme Annie, cette femme habitant ta rue, agressée de multiples fois par son ex-mari. Alors que tu étais déjà alité, tu m'as demandé d'aller voir une femme algérienne à qui on avait retiré ses papiers de séjour et sa pension de survie.
Tu étais dans les manifs des sans-papiers, dans les manifs des syndicats; avec ton casque FGTB, ton keffieh, tes drapeaux... Et évidemment tu étais toujours là pour la Palestine ou contre la guerre en Irak.
Depuis le début de l'année, ta maladie s'est aggravée, mais tu ne te plaignais pas. Tu continuais de venir aux activités de la Plate-forme Charleroi-Palestine. Comme à cette action symbolique au Colruyt où tu avais rempli ton caddy de patates israéliennes... Le 31 mai, le jour même de l'attaque israélienne contre la flottille pour Gaza, tu m’a téléphoné : « Myriam, si tu vas à Bruxelles pour une action, je viens avec toi », et nous sommes partis ensemble...
Je ne pourrais pas compter le nombre de manifs, de mobilisations que nous avons faites ensemble. Nous sommes allés plusieurs fois en Flandre aussi, comme lors de la visite de solidarité avec les travailleurs de Ford Genk.
Tu n'étais pas un triste non plus, Belkacem. Qu'est-ce que nous avons rigolé avec tes blagues ! Tu me disais : « Il fait plus propre en Flandre. On va demander aux Flamands de venir nettoyer les rues en Wallonie... »
Et toujours tu prenais la parole au micro, au mégaphone, à haute voix... Même devant de jeunes lycéens en grève contre la guerre en Irak. Et ce n'était pas toujours facile de t'arrêter... Toujours tu étais là avec un tract ou une pétition en main. Tu marchais beaucoup, de Gosselies à Marchienne, et sur la route, tu interpellais les gens. Tu as fait un travail gigantesque pour le PTB. Tu ne supportais pas le racisme, le colonialisme et tu avais des répliques toutes prêtes pour ceux qui parlaient en ce sens.
Tu as une famille formidable, Belkacem, avec ta doctoresse Menoune, ton infirmière Tassadith, tes fils, beau-fils et belles-filles et tes petits-enfants que tu adorais. Nous leur présentons nos sincères condoléances.
Belkacem, mon ami, un homme comme toi, on ne l'oublie pas. Car ce sont des hommes de ta trempe qui font changer le monde.
Myriam De Ly
12:06 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : romain, courcelles, histoire, actualité, algérie, charleroi, ptb, silence, politique, belgique, social, solidarite |
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21.07.2010
18/07/10: BELGIQUE: L' Amnistie pour les anciens Kollabos remise en avant ...
BELGIQUE: L' Amnistie pour les anciens Kollabos remise en avant ...
21:35 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : courcelles, romain, histoire, belgique, presse, silence, television, actualité, ps, nazisme, incivisme, gouvernement, europe |
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14.05.2010
04/05/2010: BELGIQUE: la burqa bientôt interdite ...
A part cela, je viens d' apprendre que le patron de Carrefour qui lui licencie 1.700 travailleurs belges (dont des centaines de femmes !) ne serait pas Français comme je l'imaginais, mais un Arabe-proche-d'Al Qaïda ...
Cela étant dit, mon autre avis personnel reste que TOUTES les religions constituent l'opium DES peuples ... Elles ne sont pas non plus à l'abri de toutes les saloperies (voir les récents événements qui touchent le Pape, le Vatican et son Eglise).
RoRo
18:10 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, courcelles, presse, television, france, romain, belgique, europe, euro-dictature, capitalisme, silence, medias, islam, repression, roro |
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07.04.2010
02/04/10: de Michel Collon, journaliste politique belge...
Nouveau sur michelcollon.info - Investig'Action USA : Chris Hedges - Le Hindenburg du système de santé a atterri Réforme d'Obama: un cadeau pour le peuple américain ou pour les assureurs du privé ? John Pilger - Passez une bonne guerre mondiale, brave gens Jamais deux sans trois... Merci Washington! AFRIQUE : Youssef Girard - « Malheur aux vaincus » : note pour une lecture politique d'Ibn Khaldoun Leçon de résistance pour tous les opprimés Funmi Feyde-John - La crise constitutionnelle du Nigeria et l'ingérence américaine Démocratie: régime politique où le pouvoir est contrôlé par le peuple... avec l'aval de Washington Lucile Daumas - Sommet UE/Maroc : construire des résistances et des alternatives à un projet d'inspiration coloniale On pille vos ressources et on vous renvoie vos pauvres en charter, d'accord ? AMERIQUE LATINE ET CARAIBES : Jean Ortiz - Honduras: la guerre sale Le nouveau gouvernement en pleine campagne de liquidation des résistants João Pedro Stédile - Victoire des peuples d'Amérique latine contre l'hégémonie du capital et du gouvernement US Amérique latine 33 - USA 0 Marc Maesschalck - Haïti : leçons pour l'avenir Mode d'emploi pour reprendre son destin en main ISRAEL : Serge Halimi - Coup de froid entre les Etats-Unis et Israël Le début de la fin d'un soutien inconditionnel ? James Petras - Le Mossad vient en Amérique: escadrons de la mort sur invitation Quelques astuces pour bafouer le droit international et la souveraineté des Etats Alain Gresh - Quand la France laisse entrer les produits des colonies et poursuit ceux qui s'y opposent La France téméraire s'oppose au droit international ! ATTENTION MEDIAS : Emrah Kaynak - Le rôle des dissidents dans la stratégie de subversion "Tout l'art de la guerre est fondé sur la duperie" Daniel Tencer - La CIA projette de manipuler l'opinion publique européenne sur l'Afghanistan Prêts pour une nouvelle affaire de burqa cet été ? Jean-Pierre Berlan - "Derrière les OGM, c'est un projet de mort qu'on impose." L'agriculture industrielle et ses armes de destruction massive LECON D'ECONOMIE : Gérard Filoche - Fitch Ratings et le pouvoir des agences de notation Les agences de notation font la pluie et le beau temps dans l'économie mondiale Charles Hoareau - Grèce: petite leçon de syndicalisme à l'intention des sceptiques Et si la Grèce tournait le dos à l'?uro ? LECON DE POLITIQUE : Jean-Marie Dermagne -Belgique : vite une République tranquille ! "Comme on l'enseigne depuis Platon, monarchie et démocratie sont antinomiques" VIDEO : Keny Arkana - Jeunesse du monde Clip illustré de la rappeuse marseillaise NOUVEAU LIVRE DE MICHEL COLLON : Israël, parlons-en ! |
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30.03.2010
05/03/10: CARREFOUR, PHILIPS, AB InBev: voilà pourquoi, "ils" sont dans les grrrands partis "démocratiques" ...
CARREFOUR, PHILIPS, AB InBev: voilà pourquoi, "ils" sont dans les grrrands partis "démocratiques" ...
Willy Claes (SP.a) reste au conseil d’administration de Carrefour
Dehaene (CD&V) chez AB InBev, Willy Claes chez Carrefour, Karel Van Miert chez Philips… bon nombre d’hommes politiques des grands partis ne rechignent pas à entamer une seconde carrière chez un tueur d’emplois.
« Nous ne pouvons tolérer ce bain de sang social », écrit Gennez sur le site du SP.a. « Ensemble, nous pouvons intervenir contre les grands patrons qui jouent avec nos emplois. » Mais un de ces grands patrons « jouant avec nos emplois » n’est autre que Willy Claes, gros ponte du SP.a « à la retraite » ; ancien ministre et ancien patron de l’Otan. Depuis deux ans, il siège au conseil d’administration de Carrefour Belgique. Après les 1 672 licenciements, il a fait savoir qu’il n’était « pas l’homme à s’enfuir quand il y avait le feu ». « Appelons les choses par leur nom », corrige le professeur Carl Devos. « Un siège au conseil d’administration, ça paie bien. »
Willy, l’amateur de planques
Chez le concurrent Delhaize, un administrateur se fait entre 80 000 et 90 000 euros par an. Pour assister en moyenne à 7 ou 8 assemblées. Pour gagner la même chose, une caissière de Carrefour doit travailler 7 ou 8 ans ! On présume que Claes touche également quelque 10 000 euros par assemblée… Pas étonnant qu’il s’accroche à sa planque.
En tant qu’administrateur chez AB InBev, Dehaene (CD&V) a droit, outre son fixe d’environ 80 000 euros par an, à un bonus annuel de 9 000 options d’actions (environ 130 000 euros). La présidente du CD&V Marianne Thyssen attache beaucoup d’importance aux postes dans les CA des grandes entreprises. « Une entreprise a également une fonction sociale – l’emploi, pour n’en citer qu’une – sur laquelle l’homme politique peut imprimer sa marque », a déclaré Thyssen le 23 janvier dans une interview accordée au Nieuwsblad
22:18 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, actualite, courcelles, presse, television, ps, romain, belgique, capitalisme, silence, multinationales, medias, carrefour |
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20.03.2010
19/03/10: Solidaire: Carrefour :: Bernard Arnault, l'homme qui se cache derrière les licenciements ...
Carrefour :: Bernard Arnault, l'homme qui se cache derrière les licenciements
Il y a deux ans, Bernard Arnault, la deuxième fortune de France, ami intime de Sarkozy, débarque dans l'actionnariat de Carrefour. Pour ce milliardaire, Carrefour doit rapporter plus. Quitte à sabrer dans l'emploi.
L'actionnaire principal de Carrefour, Bernard Arnault possède 14,5 milliards d'euros. C'est la deuxième fortune de France. Combien d'années doit travailler une caissière pour posséder autant ? Plus de 800 000 années de travail en laissant 1500 euros de côté chaque mois!
Dans la distribution, le rendement est en général faible mais stable. Autrement dit, si l'action rapporte peu, elle rapporte sûrement, car les gens devront toujours faire leurs achats de base (alimentation, vêtements,…). Cela intéresse donc beaucoup de petits actionnaires. Mais on rencontre aussi quelques requins de la finance chez Carrefour. Solidaire (25 février) vous a déjà présenté Robert Halley, 11e fortune de France et Jacques Badin, domicilié en Belgique pour échapper à l'impôt français sur la fortune. Depuis mars 2008, le premier actionnaire est le groupe de Bernard Arnault, qui, à travers les fonds Blue Capital et Colony Capital, détient 11 % des parts. Arnault c'est aussi, pour ceux qui ne le savent pas, le groupe LVMH, leader mondial de l'industrie du luxe (Luis Vuitton, champagne Moet et Chandon, parfums Christian Dior,…). Personnellement, il possède 14,5 milliards d'euros. D'après le magazine Challenges, il est la deuxième fortune de France, juste derrière les Mulliez, propriétaires du groupe Auchan (tiens, aussi la grande distribution). Le Monde diplomatique (août 2008) révèle que son salaire chez Carrefour est de 3 millions d'euros, et qu'il a touché 335 millions d'euros de dividendes en 2007. De plus, il a perçu en tant que dirigeant de LVMH 4 millions d'euros en 2008, ce qui fait de lui le deuxième patron le mieux payé de France.
Un investisseur comme Arnault espère un rendement beaucoup plus élevé et rapide. Ce qui explique la nouvelle stratégie de Carrefour, axée sur une diminution des coûts, d'une part, et une expansion là où ça rapporte le plus d'autre part. C'est pourquoi ils ont engagé comme PDG Lars Olofsson, ancien dirigeant du groupe agroalimentaire suisse Nestlé, le qualifiant de « professionnel ayant une connaissance intime du marketing, des produits de marques » (La Libre, 25 février).
Deuxième au monde, derrière Wal-Mart
« Malgré une grosse restructuration en 2007, Carrefour continue à perdre de l'argent », affirme la direction pour justifier la fermeture de 21 magasins. Mais le groupe Carrefour est-il si mal en point qu'il le prétend ?
En quarante ans, le groupe Carrefour est en fait devenu un leader de la distribution dans le monde. Il est le deuxième mondial, derrière le groupe nord-américain Wal-Mart, et premier en Europe. Actuellement, près de la moitié du chiffre d'affaire (44%) se fait en France, 37% en Europe (hors France), 12% en Amérique et 7% en Asie.
Il a fait 1,2 milliard d'euros de bénéfice net en 2008 et 327 millions d'euros en 2009. Même s'il diminue, le profit est toujours bien là. Le groupe est bien sûr coté en Bourse. Les comptes d'une multinationale (comme dans l'automobile) sont établis en fonction des objectifs du groupe. Les seuls chiffres qui sont « réels » sont ceux du groupe. Ce sont donc les chiffres de l'ensemble qu'il faut bien examiner pour pouvoir en tirer des conclusions. Car comme on l'a vu avec l'exemple du beurre (voir ci-dessus) il y a bien souvent des transferts de profits des filiales vers le groupe...
Dans le monde entier, presque 500 000 personnes travaillent pour Carrefour, ce qui fait du groupe le 7e employeur mondial. Dans notre pays, le groupe représente 15 000 emplois ce qui fait de Carrefour le 4e employeur belge, derrière La Poste, la SNCB et Randstad. Les 15 000 travailleurs de Belgique ont réalisé ensemble un chiffre d'affaires commercial de 5,2 milliards d'euros en 2008 et 66 millions de bénéfice. Mais le centre de coordination de Carrefour a fait 391 millions d'euros de profit.
Didier Reynders plus à gauche que la gauche ?
On avait peine à en croire ses oreilles le week-end dernier : Didier Reynders, l'homme qui parle à l'oreille des riches, a proposé que l'Etat refuse de financer les prépensions chez Carrefour, car « le groupe fait des bénéfices » et a donc les moyens de « supporter seul la restructuration ». Au point que Joëlle Milquet aurait dit au cabinet restreint « Je pars trois jours à Kinshasa et quand je reviens, Didier est passé au PTB » (la Libre, 7 mars 2010). Trêve de plaisanterie. Une première chose à retenir, c'est que le ministre des Finances admet publiquement que Carrefour fait des bénéfices. Cela contredit le discours de la direction qui dit que « ça va mal ». Ensuite, déclare Myriam Delmée (Setca-FGTB) « ce que Didier Reynders cherche à obtenir, ce n'est pas que Carrefour paye, c'est que le système des prépensions, qui constitue un élément de la protection sociale, soit démantelé1 ». La CSC de son côté suppose que Reynders « réclamera les impôts que Carrefour n'a pas payés grâce au système des intérêts notionnels défendus par le MR2 ».
1 Le Soir, 6 mars • 2 La Libre, 6 mars
21:03 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, actualite, courcelles, presse, television, romain, economie, silence, multinationales, medias, carrefour, crisencapitalisme |
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10.03.2010
07/03/10: Le Guide du Richard : Famille Janssen...
Le Guide du Richard : Famille Janssen
Un pouvoir allant de la Table ronde au… champ de bataille de Waterloo. Descendre à la fois des banquiers Janssen, des chimistes Solvay et des sidérurgistes Boël garantit une fortune certaine. Qui a permis au baron Daniel Janssen de siéger dans les plus puissants cercles patronaux.
Où dormir ?
Cher
● LA HULPE. Si vous avez déjà été à La Hulpe, en Brabant wallon, vous connaissez sans doute le château Solvay et son parc, ouvert au public. Juste en face, un parc privé, encore nettement plus beau, abrite les trois frères Janssen.
À une époque, ces deux parcs n'en faisaient qu'un. En 1893, le célèbre industriel Ernest Solvay achète parc et château au marquis de Roest, qui a lui-même acquis le domaine au comte de Béthune, administrateur de la Société générale. Cette dernière est en effet propriétaire de la forêt de Soignes depuis 1822 et en cède de grands morceaux, dont le futur parc Solvay, à des particuliers.
La partie formant l'actuel parc des Janssen sera léguée à Jeanne Solvay, fille d'Ernest Solvay et arrière-grand-
● LASNE. Au sud de La Hulpe, Imbra possède également 425 hectares sur diverses localités de Lasne, la commune la plus riche de Wallonie. Ce patrimoine comprend le Royal Waterloo Golf Club et une partie du champ de bataille de Waterloo.
● LOMBISE. Deux fils d'Eric Janssen, Marc-Eric et Cyril, sont propriétaires du château de Lombise (entre Mons et Ath) et de son vaste domaine, légués par leur défunte mère, la comtesse Michèle de la Boëssière-Thiennes. Notons que leur patronyme a été modifié en « Janssen de la Boëssière-Thiennes ». La classe… Sauf venues épisodiques de leur grand-mère, la baronne Renée Carton de Wiart (91 ans), le château est inoccupé.
Où trouver femme à marier ?
Les Janssen, famille de banquiers et d'industriels depuis le 19e siècle, ne sont pas les derniers pour tisser des liens matrimoniaux ayant de gros effets patrimoniaux. Le baron Emmanuel Janssen (1879-1955), fondateur de l'Union chimique belge (UCB), a épousé la fille de Jeanne Solvay, tandis que leur fils aîné, Charles Janssen (1907-1985), a marié Marie-Anne Boël. Les trois fils de ceux-ci – Paul-Emmanuel, Eric et Daniel – sont donc des descendants à la fois des Janssen, des Solvay et des Boël. Et actionnaires des sociétés contrôlées par ces familles : UCB, Solvay et Sofina, toutes trois cotées en Bourse.
A leurs tours, les trois fils et leurs enfants se sont alliés à de nobles et/ou riches familles : Bracht, de la Boëssières-Thiennes, van der Straten-Waillet, de Spoelberch, Goblet d'Alviella, etc.
Où rencontrer dirigeants politiques et gratin du patronat ?
Jusqu'à ce qu'il abandonne nombre de ses mandats en 2006, à ses 70 ans, le baron Daniel Janssen sera un des capitalistes belges les plus en vue. Il dirigera les deux multinationales familiales, Solvay et UCB, tout en étant administrateur de la Sofina, de la Générale de Banque, puis de Fortis qui rachète cette dernière (à cette occasion, il affronte son frère aîné Paul-Emmanuel, président de la Générale, qui s'oppose – en vain – à Fortis).
Mais il va également baigner dans d'importants cercles politico-patronaux. Alors que son père a été député libéral, il va lui-même commencer sa carrière en politique, comme secrétaire d'Albert-Edouard Janssen (1883-1996), cousin éloigné qui est à la fois ministre des Finances et… banquier.
En 1969, Daniel Janssen entre au Club de Rome (influent groupe de pression international) et au conseil d'administration de l'Université libre de Bruxelles (où il s'occupera de l'école de commerce… Solvay). En 1981, il accède à la présidence de la fédération patronale FEB. En 1991, il s'assoit à la Table ronde des industriels européens – qui dicte ses recommandations à l'Union européenne – où il présidera pendant dix ans l'incontournable « groupe de travail compétitivité ». Il sera aussi actif dans le groupe Bilderberg et à la Commission Trilatérale, autres cénacles internationaux.
Notons aussi qu'Armand de Decker (MR), président du Sénat et ancien ministre, est administrateur d'UCB. Et a eu comme collaborateur politique… Nicolas Janssen, un des fils de Daniel Janssen.
Où trouver un médicament pour perdre du poids ?
Depuis sa création en 1928, l'Union chimique belge (UCB) s'est muée en multinationale pharmaceutique présente dans plus de 40 pays. Propose-t-elle un médicament pour perdre du poids ? Seulement le poids de ses effectifs. Fin 2009, elle a annoncé la suppression de 174 emplois à Braine-l'Alleud (ramené à 135 après négociation) et 44 au Royaume-Uni. L'année précédente, le groupe avait déjà lancé un plan visant 2 000 emplois dans le monde, dont un quart en Belgique. « Le monde financier a des exigences de plus en plus grandes, explique le directeur du site brainois, nous voulons (…) regagner sa confiance. »
UCB a en tout cas toujours la confiance de la Région wallonne, qui l'a subsidiée dans le cadre du pôle « sciences du vivant » du plan Marschall. À moins que ce soit le pôle « emploi mort »…
Comment polluer pour un montant confidentiel ?
Quelle est la friche industrielle de Wallonie dont la dépollution est la plus chère ? L'ancienne usine UCB de Ville-sur-Haine (Le Roeulx), avec un coût de 24,4 millions d'euros. Active des années 1920 à 1985 dans le traitement du benzol et du goudron, elle a laissé 24 hectares de sous-sol et eaux souterraines chargés d'hydrocarbures, huiles minérales, métaux lourds, cyanures et phénols, dont une partie doit se perdre dans la Haine, la rivière qui longe le site et a donné son nom au Hainaut. Si les riverains sont allergiques à ces substances, ils peuvent toujours prendre du Zyrtec, médicament phare d'UCB.
A-t-on adressé la facture de 24,4 millions à UCB ? Les porte-parole du groupe et de la Spaque nous ont indiqué qu'en vertu d'un accord entre le ministre Lutgen et UCB, cette dernière interviendrait dans les travaux d'assainissement « pour un montant qui resterait confidentiel ». Le cabinet Lutgen s'est gardé de tout commentaire au motif que le ministre n'a plus l'environnement dans ses compétences.
La fortune des Janssen
● Fortune 2009 : 622 millions € (13e du top 100). Ce montant ne comprend pas l'immobilier.
● Evolution 2000-2009 : + 46 %.
● Taxe des millionnaires sur cette fortune : 18 597 700 €. De quoi augmenter de 100 € par mois la pension de 15 498 pensionnés.
20:24 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, courcelles, presse, television, romain, belgique, capitalisme, silence, medias, misere, exploitation, finance |
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08.03.2010
05/03/10: CARREFOUR, PHILIPS, AB InBev: voilà pourquoi, "ils" sont dans les grrrands partis "démocratiques" ...
CARREFOUR, PHILIPS, AB InBev: voilà pourquoi, "ils" sont dans les grrrands partis "démocratiques" ...
Willy Claes (SP.a) reste au conseil d’administration de Carrefour
Dehaene (CD&V) chez AB InBev, Willy Claes chez Carrefour, Karel Van Miert chez Philips… bon nombre d’hommes politiques des grands partis ne rechignent pas à entamer une seconde carrière chez un tueur d’emplois.
« Nous ne pouvons tolérer ce bain de sang social », écrit Gennez sur le site du SP.a. « Ensemble, nous pouvons intervenir contre les grands patrons qui jouent avec nos emplois. » Mais un de ces grands patrons « jouant avec nos emplois » n’est autre que Willy Claes, gros ponte du SP.a « à la retraite » ; ancien ministre et ancien patron de l’Otan. Depuis deux ans, il siège au conseil d’administration de Carrefour Belgique. Après les 1 672 licenciements, il a fait savoir qu’il n’était « pas l’homme à s’enfuir quand il y avait le feu ». « Appelons les choses par leur nom », corrige le professeur Carl Devos. « Un siège au conseil d’administration, ça paie bien. »
Willy, l’amateur de planques
Chez le concurrent Delhaize, un administrateur se fait entre 80 000 et 90 000 euros par an. Pour assister en moyenne à 7 ou 8 assemblées. Pour gagner la même chose, une caissière de Carrefour doit travailler 7 ou 8 ans ! On présume que Claes touche également quelque 10 000 euros par assemblée… Pas étonnant qu’il s’accroche à sa planque.
En tant qu’administrateur chez AB InBev, Dehaene (CD&V) a droit, outre son fixe d’environ 80 000 euros par an, à un bonus annuel de 9 000 options d’actions (environ 130 000 euros). La présidente du CD&V Marianne Thyssen attache beaucoup d’importance aux postes dans les CA des grandes entreprises. « Une entreprise a également une fonction sociale – l’emploi, pour n’en citer qu’une – sur laquelle l’homme politique peut imprimer sa marque », a déclaré Thyssen le 23 janvier dans une interview accordée au Nieuwsblad.
20:49 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, actualite, courcelles, presse, television, ps, romain, mr, capitalisme, silence, cdh, medias, carrefour, exploitation, crise, finance |
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07.03.2010
05/03/10: BELGIQUE: Double discours: la duplicité de la Feb...
Double discours
Pour le grand public, Leysen décrit le « cauchemar » des entrepreneurs, mais aux investisseurs, Leysen déclare que la Belgique est un paradis fiscal. C’est de la duplicité et de l’hypocrisie. La réalité montre que seule la version pour les investisseurs qui correspond aux faits.
« Le président de la Fédération des Entreprises de Belgique peut-il tenir deux discours totalement différentes sur le climat pour les entreprises en Belgique ? »
Cette question, c’est le magazine financier Trends qui se la pose cette semaine 1. Sans cacher sa source d’inspiration : « L’hebdomadaire Solidaire du PTB a placé dans son édition du 18 février les déclarations totalement opposées de Leysen : celles d’un pays difficile pour entreprendre avec un handicap salarial lourd et un marché du travail peu flexible et celles d’un pays disposant d’un climat d’investissement exceptionnel tel que décrit dans la nouvelle brochure de la Chambre de commerce belgo-japonaise. »
Trends a demandé à Rudi Thomaes, administrateur délégué de la FEB, son avis sur le grand écart de son président. Thomaes n’y voit « pas vraiment d’inconsistances »: « Le rapport du BJA apporte seulement d’autres accents. Sur base des mêmes faits et chiffres mais dépendant du contexte pour lesquels ils doivent servir, vous avez d’autres accents »
Pour l’opinion publique, Leysen décrit un cauchemar pour les entreprises et prévient que « toute hausse des charges affectera notre compétitivité et donc l’emploi». Pour les investisseurs, il annonce que la Belgique est un paradis fiscal : « La Belgique a l’impôt sur les sociétés le plus bas du monde.».
S’agit-il simplement « d’autres accents » ? Non c’est de la duplicité et de l’hypocrisie. La réalité montre que c’est la version destinée aux investisseurs qui correspond aux faits.
AB InBev, la filiale Cobrew du groupe n’a payé, via les intérêts notionnels, que 2,38 % d’impôts. Soit un cadeau fiscal de 70 millions d’euros. Chez Carrefour, le centre de coordination a fait 381 millions de profits sur lesquels il a payé 0,008 % d’impôts. Un cadeau fiscal de 129 millions. Pourtant, Rudi Thomaes prétend à Trends : « L’affirmation que les entreprises ne paieraient pas d’impôts ou recevraient de gros cadeaux, est absolument non fondée » Ah bon ?
Chez Carrefour c’est aujourd’hui 5 000 emplois qui sont menacés. Le secteur bancaire a supprimé 3 000 emplois l’an dernier mais BNP-Paribas vient d’annoncer 5,8 milliards de profit et Dexia 1 milliard.
Un salarié moyen de Carrefour paie pourtant proportionnellement 3 700 fois plus d’impôts que le centre de coordination de l’entreprise.
Et tout ceci n’empêche pas ces multinationales de licencier. Au contraire, chez Carrefour c’est aujourd’hui 5 000 emplois qui sont menacés. Le secteur bancaire a supprimé 3 000 emplois l’an dernier mais BNP-Paribas vient d’annoncer 5,8 milliards de profit et Dexia 1 milliard.
Pourtant nos ministres versent des larmes de crocodiles en se déclarant impuissants face à chaque restructuration. Pour reprendre ensuite ensemble la chansonnette de Leysen : « nos coûts salariaux sont trop élevés », « les cotisations patronales doivent baisser ».
Or, plus on donne de cadeaux au patronat, plus ils restructurent et licencient. Qui croit qu’un loup peut devenir végétarien ? Qu’il ne faut pas lui mettre une muselière ? L’État doit-il continuer à donner de l’argent à des entreprises qui croulent sous les dividendes ? Non, il doit leur interdire de licencier. Tout simplement.
1.Trends, 1er mars, http://trends.
15:07 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, politique, actualite, courcelles, presse, television, romain, belgique, euro-dictature, capitalisme, silence, medias, gouvernement, exploitation, crise, finance, feb |
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