22/01/2008

Valkeniers :: L’ancien patron portuaire devient patron du Vlaams Belang ...

Le Vlaams Belang a un nouveau président. Après avoir longuement joué des coudes et intrigué, Bruno Valkeniers s’est présenté comme seul candidat.

Gaston Van Dyck
16-01-2008

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Il a beau se donner du « parti de l’homme de la rue », le Vlaams Belang rassemble surtout des fils et des filles de « l’élite flamande » tous en course vers les hauteurs absolues du parti. Il y a d’abord eu Marie-Rose Morel, fille de l’un des gros directeurs de la firme américaine Alcatel. Ainsi que Freddy Van Gaever, patron, entre autres, de la Société flamande des transports aériens, désireux de supprimer les indemnités de chômage et qui, en très peu de temps, est devenu député du VB. Et, en mars, ce sera au tour de l’ancien patron portuaire Bruno Valkeniers de devenir président du VB.

Valkeniers a déjà derrière lui un long parcours dans le monde des affaires. Après un bref stage à la Thyssen Stahlunion à Duisburg (Allemagne), il devient en 1980 patron de la SA Hessenatie. Par la vente de Hessenatie à la CMB et la fusion de Hessenatie et Noordnatie, il se retrouve en février 2002 à Hesse Noord Natie. Deux ans plus tard, il est directeur de la division conteneurs, après avoir dirigé la section RoRo. En janvier 2006, il quitte Hesse Noord Natie pour se concentrer sur son bureau de consultance Falconsult. En tant que président du VB, dit-il, il fera profiter le parti des nombreux contacts qu’il a noués ces 28 dernières années dans le monde des entreprises.

Officiellement, ce n’est qu’en 2006 qu’il a franchi le pas vers le VB mais, en fait, il y avait déjà longtemps qu’il marchait sur les traces nationalistes flamandes de son oncle Jef Valkeniers, le député – d’abord pour la VU, ensuite pour le VLD –, qui était surtout un fan de l’apartheid sud-africain. En 1977, son neveu Bruno – 22 ans ! – était l’un des cofondateurs de la NSV, l’Association des étudiants nationalistes, ouvertement fasciste. Pour les célébrations des 30 ans de la NSV, quand on lui a demandé de prononcer un discours, il a très volontiers parlé de « l’élite flamande ». « Nos anciens membres (de la NSV, NdlR) sont actifs dans le monde des entreprises, et aux plus hauts des niveaux », s’est-il écrié. Car c’est là qu’est leur place, « dans le monde d’aujourd’hui, où la misère la plus noire est repoussée grâce – et non malgré – notre économie occidentale libre-échangiste. » Claironner les louanges du libre marché, c’est bien le cheval de bataille de Valkeniers. Après des drames sociaux comme la fermeture de Renault, VW ou Ford, il juge nécessaire d’encore insister sur son site Internet pour dire que « le libre marché est la meilleure garantie pour nous de partager la prospérité avec beaucoup de monde. La concurrence est une bonne chose. »

Maintenant que Bruno Valkeniers est officiellement le candidat à la présidence, le seul autre candidat, l’actuel président Frank Vanhecke, peut se retirer avec un peu plus de certitude que l’élection présidentielle de mars ne deviendra pas une lutte fratricide entre les clans Vanhecke-Morel et De Winter-Annemans. Car tout le monde se rangera derrière le nouveau président. Tout le gratin du parti affirme que Valkeniers a le profil parfait pour diriger le parti. Valkeniers lui-même se pose en « jeteur de ponts ». Au sein du parti, mais surtout en dehors. Depuis des années, il est membre du groupe de pression séparatiste de la Warande et, à l’approche des élections parlementaires, il a travaillé avec des patrons comme Freddy Van Gaever et des libéraux comme Hugo Coveliers et Jean-Marie Dedecker à une Forza Flandria. Dans l’espoir de mettre sur pied un large front libéral, antisocial et nationaliste flamand.

20:27 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, belgique, romain, politique, social, presse, politque, democratie, capitalisme, histoire, silence | |  Facebook | |  Imprimer | | |