16/01/2010

16/01/10: COURCELLES: souvenirs d' "Èl Catula", vî militant communiste ...

Sent: Saturday, January 16, 2010 5:06 PM
Subject: [romainroger]

 

Cher Roger,
 
Connaissant le respect que tu avais de mon grand-père, tu trouveras un texte en "copie jointe" , extrait d'un mémoire que j'ai fait sur ma famille.
Peut-être que certain de tes amis et sympathisants seraient heureux de découvrir qui était "El Catula" dont tu parles quelques fois avec beaucoup d'amiration.
 
Bien à toi et surtout porte-toi bien.
 
Claudy



Èl Catula « Pa’ Bastin » comme toute la famille l’appelait, était un homme moyennement grand, au caractère calme mais obstiné, sa vie s’est déroulée entre la mine, sa famille, l’entretien de son jardin et de ses cultures de tabac , récolté pour son usage personnel, mais qu’il vendait aussi aux amis et voisins ( les accisiens étaient plus laxistes à l’époque et ne repartaient jamais les mains ni les poches vides . . . de tabac !). Il était taiseux, très peu expansif, mais tous les ans, fin automne , il se faisait une joie d’organiser une grande fête réunissant toute sa famille (que personne n’eut osé manquer !), à l’occasion de l’abatage du cochon, qu’il élevait et soignait avec une attention que certains parmi sa descendance auraient pu envier ! Il s’évertuait à découper le lascar avec beaucoup de précaution pour ne pas abîmer les morceaux, qu’ils distribuaient le plus équitablement possible entre ses cinq enfants, devenus chefs de famille. Mis a part un petit rôti et 2 ou 3 petites côtes, il ne gardait pour lui que quelques bas-morceaux en disant « C’èst bén assèz come çà, pou s’què dju mind’je co !» (1). Il habitait seul « ô fond dèl coumèn’» (2), impasse située en haut de la rue Bayet à Courcelles, et passant tous les jours en face de chez lui pour me rendre à l’école, je lui rendais presque quotidiennement visite pour lui dire bonjour et lui ramener du Trieu, quelques menues courses plus ou moins urgentes et cela malgré l’indifférence et la froideur qu’il manifestait à mon égard. Cette attitude qui me peinait un peu, lui était dictée par ses convictions politiques (nous y reviendrons) car en ces temps, les flamands étaient toujours un peu considérés comme des étrangers et des slogans tel que «1 flamind = 1 chômeû wallon »(3) , était toujours dans les mémoires, et n’étais-je pas à ses yeux ; « èl djoûne dèl flamindje !»(4). Son habitation située à l’écart de tout charroi lui permettait, lorsque le temps s’y prêtait, de se reposer en « trônant » sur son trottoir, semblable à ces figurines de plâtre qui représentent « les vieux du temps passé », sauf que lui il ne portait plus le sarrau bleu. Il pouvait rester des heures assis sur sa chaise à fond de paille, méditant dans le calme qu’offrait le fond de son impasse, en fumant «son» tabac dans une grande pipe de bruyère en forme d’esse, qui lui descendait jusqu’au nombril et qu’il tenait d’une main aux doigts bruns et recuits par le fourneau de sa pipe. Cette sérénité contrastait terriblement avec l’homme aux convictions bien définies, qu’il avait défendues et propagées avec exaltation et détermination, lors de réunions ou de meetings souvent houleux. N’avait-il pas été à la base de l’instauration de la première cellule courcelloise du Parti communiste, dans les rangs duquel il avait milité toute sa vie d’ouvrier (bien soutenu dans son action par ma grand-mère !). Il avait épousé ma grand-mère Alphonsine Dehon, d’origine boraine . Ils avaient eu 5 enfants, dont mon père René. Ma grand-mère était politiquement aussi engagée (sinon plus) que lui . Après sa retraite, il recevait toujours régulièrement ses amis partisans, qui plus jeunes, continuaient « La Lutte », je me rappelle bien de ces visites qui devenaient vite très animées et dont l’ambiance m’attirait. Ces débats animés me tétanisaient et ont probablement été le ferment de mon attirance pour la vie associative et politique et c’est peut-être une des rares bonne chose que je doive à « Pa Bastin ». Quelques jours avant sa mort, sa compagne lui demanda « René, s’ i vos –arivoû n’saqwès, qwés qui dju d’vreû fé avoû l’drapia ? »(5). Sachant sa fin proche ; il lui répondit : « vos l’mètrèz d’ssus m’bwèss’, eyèt s’is vèneûs a l’ètermint vos l’yeû don’rèz »(6). Le 1er. drapeau du P.C. local avait été confectionné et brodé par ma grand-mère Alphonsine, c’était un beau drapeau, rouge bien sûr, et brodé de lettre or. Il recouvrit le cercueil, accompagna « Pa Bastin » jusqu’à sa dernière demeure et fut remis à Mer. Georges Glineur, chef de file d’une importante délégation représentante du P.C. et composée d’une vingtaine d’ex-compagnons, qui avaient tenus à lui rendre les honneurs. Et paradoxe, le Curé de la Motte (l’abbé Suys), qui avait voulu témoigner par sa présence aux funérailles, du respect qu’il portait à « René du Catula » fut la cible d’une «pique» du genre « eh curè, vos n’avèz nén peû qu’i n’ vène vos satchî les ôrtias dè l’ nût »(7), lancée grossièrement par un ultra anti-clérical. Le foudroyant d’un regard d’acier et avec beaucoup de sang-froid, notre Mer. le Curé lui rétorqua : « Non, car lui (en insistant sur le –lui-), c’était un brave homme, un vrai ! » Longtemps après sa mort les anciens qui parlaient de lui le surnommait encore ; « René du Catula, èl comuniss’ »(8). Malgré que cet homme n’aie jamais eu envers moi le moindre geste gentil, ni manifesté à mon égard le moindre sentiment de filiation, je le respectai car pour moi, il incarnait le chef de clan, le « Patriarche ». Maintenant encore il représente pour moi l’homme courageux qui a su, sans se voiler la face, combattre et défendre ses convictions en œuvrant pour la défense des droits des travailleurs. N’ayant reçu de sa part le moindre signe de bon accueil et de semblant d’amitié, je ne m’y suis jamais vraiment attaché, il n’a jamais été pour moi un « pèpère », mais tout simplement « Pa Bastin » pour lequel j’éprouve surtout et toujours beaucoup d’admiration et une certaine fierté d’avoir reçu de lui (a son insu !), quelques uns de ses chromosomes qui m’ont orienté vers l’engagement politique. Heureusement, nous n’avons pas vécu notre vie d’adulte à la même époque, car nos différences de convictions auraient été j’en suis persuadé ; source et projections d’ « Etincelles »( 9). NOTES : 1- C’est bien assez comme cela ; pour ce que je mange encore. 2- Au fond de la « Coumène », lieu-dit attribué à cette impasse. 3- 1 flamand = 1 chômeur wallon !. 4- L’enfant de la flamande. 5- René, s’il vous arrivait quelque chose (la mort !), que devrai-je faire avec le drapeau ? 6- Vous le mettrez sur ma boite (cercueil !) et si ils viennent a l’enterrement (ces amis du Parti), vous leurs donnerez. 7- Eh Curé, vous n’avez pas peur qu’il (le mort) vienne vous tirer les orteils de la nuit. 8- Le Communiste. 9- l’ « Etincelle » hebdomadaire édité par le Parti Communiste.

20:13 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : charleroi, histoire, politique, courcelles, communisme, hainaut, romain, belgique, wallonie, pc, communes | |  Imprimer | | |

04/09/2009

06/08/2009: COURCELLES: encore une triste nouvelle: ma mère Yvonne MESSE, a/militante communiste, s'est éteinte à son tour ce mardi 04 août 2009, après une longue hospitalisation de 65 jours...

 
COURCELLES: encore une triste nouvelle: ma mère Yvonne MESSE, a/militante communiste, s'est  éteinte à son tour ce mardi 04 août  2009, après une longue hospitalisation de 65 jours...
 
Ma mère, en compagnie de mon père, ne connut pas non plus une existence toujours facile ...
Elle est née à Pont-à-Celles le 09 novembre 1919, dans une famille nombreuse, d'un père belge (Oscar MESSE) et d'une mère française (Marie-Rose FAUCHART, née à Caudry, dans le Nord). D'un première mariage, son père avait déjà 2 filles: Madeleine et Alice. De son second mariage, il eut 4 filles: Yvonne, Renée, Raymonde et Fernande.
Ainée, elle, ma mère dut très tôt s'occuper de ses soeurs, plus jeunes.
C'était encore l'époque où l'on n'avait pas toujours l'occasion de terminer son cycle de 6 années d'école primaire. Les enfants des grosses familles pauvres se rendaient encore en classe en sabots et encore enfants, ils partaient "à briques" ... Ma mère en compagnie de ses parents dut y aller également dans le Nord de la France et ensuite elle fut "mise en service" dans une famille bourgeoise, menée par une femme arrogante et avare... 
Fin des années '30, elle décide de partager son existence avec mon père Roger ROMAIN avec qui elle se marie le 23 septembre 1939. Mon futur père était mobilisé pour la guerre depuis le 1er septembre 1939...
Pour pouvoir se marier, il dut obtenir l' accord de son commandant de régiment et obtint ... 1 jour de congé.
Dès lors, elle s'installe chez ses beaux-parents, une famille de chiffonniers, de pères en fils. C' est chez eux que je naquis le 02 avril 1940.
10 mai 1940, c'est la guerre et mon père est au front. Mes grands-parents, ma mère et moi, âgé d'à peine 6 semaines, évidemment, nous embarquons bien inutilement dans le flot des réfugiés fuyant les Allemands en évacuant vers la France, jusqu'au-delà de Valenciennes, au milieu des combats et des bombardements, au travers de communes en ruines et de maisons détruites et abandonnées...
Le 2 mai 1940, à la fin de la campagne des 18 jours, mon père est prisonnier des Allemands dans les Flandres et s'évadent, avec un compagnon, d'une colonne pédestre de prisonniers de guerre en route pour 4 ans vers les stalags de l'Allemagne nazie. De braves flamands leur donnent des vêtements civils et ils peuvent ainsi regagner leurs domiciles en Wallonie.
Dès ce moment, mon père devint réfractaire au travail en Allemagne et doit donc se cacher pendant une bonne partie de la guerre. Pour vivre, en cachant aussi des Juifs, ils fabriquent des savonnettes qu'ils vont revendre au porte à porte dans d'autres régions du pays, y compris Bruxelles
1943, encouragés par ses parents, mon père suit leur voie et devint membre du Parti communiste clandestin...
Dès la fin de la guerre, il trouve enfin un peu de travail: comme garde de nuit des convois militaires Us à la douane de Charleroi, il descend par la suite dans les égouts pour les nettoyer, s'engage ensuite comme mineur du fond au Charbonnage de Mariemont-Bascoup où périrent en 1950, lors d'un coup de grisou, 38 de ses ex-compagnons de travail, dont ses 2 beaux-frères, Pierre STANSON et Henri CHIRAC.
Août 1945 naît ma soeur Marie-Claire qui décèdera malheureusement en décembre 1945 des suites d'une infection pulmonaire. Ma mère fut très affectée par son dècès et ne s'en remettra jamais complètement ...
Vers 1946-1945, mon père parvint à quitter le charbonnage et entre aux Acec comme planeur de toles à la chaudronnerie, jusqu'à la prise de sa pré-pension en 1975... Il prend part aux luttes ouvrières aux côtés de ses compagnons de travail, grâce à une puissante FGTB, poussée par une très forte section d'entreprise du Parti communiste. Mon père devient délégué syndical jusqu'à son départ...
A la même époque, mon père succède à Gustave DUBOIS, en tant que secrétaire politique de la puissante section communiste de COURCELLES. Dès lors, ma mère partage toutes ses activités militantes aux Parti et au sein du Rassemblement des Femmes pour la Paix. Elle devint aussi une ardent militante et fait souvent équipe lors des campagnes du Parti et du RFP avec Lucienne GLINEUR-DECHAMP, l'épouse du député communiste courcellois.
Ce sont de très nombreuses réunions en soirée et tous nos dimanches sacrifiés pendant des années (on travaille encore à ce moment 6 jours sur 7 dans les entreprises).
Tout gosse, je vis dans ce milieu militant, j'y grandis et j'y prend gout également. Mais c' est encore une autre histoire à écrire ...
Dans le quartier de la Réguignies, Hamal et des Fonds de Corbeaux, mon père recrute 80 nouveaux membres cotisants au Parti et reçoit les félicitations nationales comme l'un des meilleurs recruteurs... Dans ce quartier, avec ma mère, il diffuse chaque dimanche plus de 60 "Drapeau Rouge", journal du Parti.
C'est le début de la Guerre Froide, de la campagne anti-soviétique et anti-communiste acharnée et la Révolution chinoise et le Parti y perd malheureusement des plumes en influence et en militants...
Mon père reprend une tournée de diffeur militant dans le quartier du Trieu des Agneaux et ma mère une autre dans le quartier de Forrière et de Sart lez Moulin où elle recueille énormément de sympathie et chaque mois mes parents diffusent en plus jusqu'à 80 exemplaires de la revue soviétique "L'Urss en reconstruction" devenue ensuite "L'Union soviétique".
Pour parvenir à cela, "j'hérite" tout gosse de la tournée dominicale de mes parents dans les quartiers Hamal, Fonds de Corbeaux. Je la garderai, jus'en 1990, époque où je suis "suspendu" (sic) anti-statutairement du Parti pour mes divergences politiques au plan international et mes sympathies ptbistes...
Chaque soir, ma mère et moi, à l'écoute de Radio Moscou, Radio Prague, Radio Budapest, Ce Soir en France, nous nous tenons informés des événements internationaux.
Ma mère restera une militante très active jusqu'au début des années '50.
Elle sera encore présente en participant encore activement à la campagne électorale de 1961 qui connut une importante avancée électorale grâce l' excellent travail des militants communistes lors de la grande grève du Million qui dura plus de 6 semaines contre la fameuse Loi unique du Psc Gaston EYSKENS. Déclenchée à Charleroi par les communistes, elle s'étendra à tout le pays...
Le début et la décennie '50 ne furent pas faciles pour les communistes: après la "Crise de Berlin", viennent la campagne mondiale de signatures au bas de l' Appel de Stockholm contre la bombe atomique, la grande grève contre Léopold III, la guerre de Corée, Suez, Budapest et en Belgique la grève des métallos, la grève des mineurs, le soutien au Fln lors de la guerre d' Algérie, le soutien aux indépendantistes du Congo, etc...
C' est aussi en 1952, que mon père est élu est élu au Conseil communal de Courcelles et y rejoint Goeorges GLINEUR jusqu'en 1958... 1952, mes parents font construire leur propre maison, rue de Gouy, là où je suis né et où j'habite encore aujourd'hui.
Malheureusement, de santé fragile, ma mère abandonna l'action politique au lendemain de ma démobilisation du service militaire fin septembre 1961. Mais elle n' en restera pas moins profondément communiste jusqu'au bout de sa vie.
Le 6 octobre 1972, je me marie à mon tour à l' âge de 32 ans et le 02 mai 1973, naît mon fils Stéphane ROMAIN.
En 1974, j'agrandi la maison de mes parents afin d'y avoir mon propre appartement et je divorce. J'élève mon fils, avec l'aide de mes parents.
1975, mon père devient pré - pensionné des Acec et mes parents peuvent enfin espérer vivre une vie plus ou moins tranquille. 
Hélas, fin 1995, ma mère subit plusieurs opérations chirurgicales à la colonne vertébrale et au bassin et en deviendra handicapée.
Et le plus grand de nos malheurs arrive: mon fils Stéphane périt tragiquement le 1er mai 1998, en gare de Forest, après avoir célébré la veille de ses 25 ans, avec ses collègues de la Poste locale où il était facteur.
Dès lors, ma mère ne cessera plus de diminuer physiquement et moralement de chagrin.
De 2001 à 2005, ma mère perd successivement ses trois soeurs plus jeunes et restera la dernière en vie.
Septembre 2002, c' est mon père qui a un accident cérébral qui le rend handicapé à son tour.
Une des dernières conséquences: il entre de nouveau à l'hôpital le 11 mars 2009, y reste 35 jours et rentre pour un mois de convalescence à la maison où il fêtera ses 94 ans en famille. Hélas, il retourne de nouveau à l'hôpital et décède le lundi 1er juin 2009, après une véritable agonie de 10 jours...
Ma mère est donc veuve à 89 ans, ce qu'elle ne saura jamais. En effet, entrée à l'hôpital de 27 mai 2009, elle décède à son tour ce mardi 04 août 2009, au bout de 69 jours.
Ses derniers 48 heures, elle mourra en rappelant sans cesse le nom de son petit fils qui n' est jamais sorti de sa mémoire.
Et voilà donc la fin de mes deux parents.
Ce vendredi midi, l'on assistera donc à sa crémation et vers 14,30 heures, ses centres seront enterrées dans le nouveau cimetière de Courcelles...
 
RoRo
(Roger ROMAIN fils)
 
écrit en souvenir de mes deux parents et plus particulièrement
en hommage à ma mère à l'occasion de son décès et de ses funérailles.
 
 

05:41 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, communisme, romain, belgique, ptb, pc | |  Imprimer | | |

29/08/2009

17/08/2009: COURCELLES: encore une disparition brutale: celle de Richard HENNE, militant communiste courcellois de longue date ...

COURCELLES: encore une disparition brutale: celle de Richard HENNE, militant communiste courcellois de longue date ...
 
C' est incidemment, ce samedi 15 août 2009, en me rendant au funérarium Jonckers, avenue Jean Jaurès, pour rendre un dernier hommage à Ernest GLINNE, que j' ai appris avec surprise la mort brutale elle aussi de Richard HENNE, militant de longue date de la section courcelloise du Parti communiste, a/conseiller communal de 1982 à 1988, aux côtés de Georges GLINEUR et de moi-même.
Nous nous sommes connus et avons milité ENSEMBLE pendant une quarantaine d' années au sein de la section courcelloise du Parti communiste.
Richard était un ancien mineur, ancien délégué syndical Fgtb, un ardent défenseur de la Paix.
Je me suis toujours souvenu de son arrivée au Parti. C' était en 1949-1950 ... J' avais 9-10 ans et nous habitions mes parents et moi rue Eliaers à COURCELLES.
Les communistes courcellois avaient tenu un stand lors du marché hebdomadaire du mercredi-matin sur la place de COURCELLES-Trieu et recueillait des signatures au bas de l' appel de Stockholm, lancé par le Conseil mondial de la Paix, pour l'interdiction de la bombe atomique ...
Richard était apparu et avait signé sans hésiter, prenant ainsi son premier contact avec les communistes ... Il n' avait que le mot "Paix" en bouche, se souvenant des années de guerre difficiles et des privations au sein de sa famille nombreuse...
Quelques jours après, Henri WATILLON, militant communiste à COURCELLES-Coupe venait nous le présenter pour adhérer et MILITER au Parti, mon père étant à l' époque le secrétaire politique de la section du Parti.
A partir de ce moment, Richard n' a plus jamais cessé de lutter, participant à toutes les actions, mobilisations, manifestations du Parti, depuis la base de la section courcelloise jusqu' aux plus haut niveaux de responsabilités de la Fédération communiste de Charleroi: secrétaire politique de la section de Courcelles pendant une certaine période, membre du Comité fédéral, membre du Bureau, membre du Secrétariat fédéral, pour devenir pendant quelque 20 années permanent à mi-temps. C' est en 1965, que je suis entré à mon tour à la Fédé de Charleroi comme permanent ... administratif, rejoignant ainsi le camarade Félicien NIESON et Richard au sein du cadre permanent.
Nous avions chacun notre caractère, notre manière de voir les choses, d' analyser les événements, de travailler, mais j' ai côtoyé Richard, pratiquement chaque jour, de 1965 jusqu'à mon écartement du Parti en 1990, au sein de la Fédération de Charleroi, de la section de Courcelles, et même depuis les années '50. On ne saurait compter le nombre de réunions, d' activités que nous avons menées ensemble, avec les autres militants de la section et de la Fédé carolorégienne.
Les dernières images que je garde de lui sont celles de son passage sur TéléSambre à l'occasion de la célébration ce 8 août 2009 de la terrible catastrophe minière du Bois du Cazier à Marcinelle en 1956, cérémonie au cours de laquelle il fut encore interviewé par les journalistes de service...
Il serait tout simplement tombé lui aussi quelques jours plus tard à la sortie d'une dernière réunion...
Aujourd'hui, malgré nos "accrochages" de travail (selon nos sensibilités), je lui rends un hommage mérité, car il fut un ardent militant, un communiste de combat et convaincu, sur lequel le Parti communiste pouvait compter sans défaillance ...
Ses funérailles et sa crémation auront lieu ce mardi 18 août 2009, le jour d'une autre célébration tragique: celle du Rognac à Courcelles qui a vu l' assassinat d'une vingtaine d'otages en 1944 par les rexistes, au service des nazis, à la suite de l'exécution commandée par la Résistance armée du Bourgmestre Kollabo du Gross-Charleroi.
Aujourd ' hui, je rends un sincère hommage à Richard et à ses proches...
Roger ROMAIN
(RoRo)
a/conseiller communal.
 
Commentaires de la photo (en cliquant sur le lien ci-dessous) :
 
 
Roger ROMAIN a écrit :
COURCELLES: nous sommes en mars 1954: les communistes belges - et courcellois- réagissent au coup d' État pro-ricain au Guatémala
Pour l’ Histoire :
GUATEMALA : Le colonel Jacobo Arbenz Gúzman, élu en 1951, poursuit la politique progressiste de son prédécesseur, en particulier une réforme agraire qui lèse un grand nombre d’intérêts nord-américains (une partie des terres incultes de l’United Fruit doit revenir à l’État). Bientôt les États-Unis accusent Gúzman de sympathies communistes, et son gouvernement est renversé le 07 mars 1954 par une armée d’exilés politiques dirigée par le colonel Carlos Castillo Armas et appuyée par la CIA qui rentre sur la capitale Guatemala après avoir étouffé un soulèvement de l'armée régulière du président Jacobo Arbenz Guzmán. Ce dernier est finalement renversé par la junte du colonel. Il est nommé, puis élu, la même année. Après son assassinat, en 1957, le général Ydígora Fuentes lui succède.
1954 : c’ était donc l’ époque où les colonialistes, impérialistes, terroristes, ricains instauraient déjà partout des dictatures et des despotes à leur solde, à la tête de tous les États d’ Amérique latine. Un coup d’ État en remplaçait un autre … pour assoir leur politique colonialiste, impérialiste, dominatrice, terroriste et … fasciste. Derrière : Ia United Fruit Company, Itt, et autres … sociétés de rapaces …
Les communistes, les progressistes, les démocrates, les antifacistes, les anticolonialistes, n’ étaient pas dupes.
Le dimanche qui suivit le coup d’ État au Guatemala, les communistes courcellois étaient dans la rue : au cours d’ une vente au porte à porte, du « Drapeau Rouge », dans les quartiers Hamal, Déportés, Viesville, Scaude, cité Confort, Fonds de Corbeau, …
Cette photo d’ une équipe de nos militants a été prise devant le mur de l’ école gardienne de Scaude-Réguignies..
Sur cette photo d’ époque, qui a été prise par ma mère, on reconnaît, debouts au second rang, en partant de gauche : Georges GLINEUR (député, conseiller communal), Roger ROMAIN père (conseiller communal), Henri WATILLON , René MALOTTEAU,?, Jules DURIEUX
Agenouillés au premier rang : ,?, votre serviteur Roger ROMAIN fils âgé de 13 ans, ?, Richard HENNE…
C’ était aussi l’ époque où les communistes étaient 100% internationalistes, vivaient dans nos quartiers, nos corons, au porte à porte, en contact direct avec la population, réagissant directement aux événements, popularisaient ainsi les positions et infos du Pcb …
 

21:54 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : charleroi, histoire, courcelles, communisme, romain, belgique, pc | |  Imprimer | | |

14/08/2009

14/08/2009: le décès et les funérailles d' Ernest GLINNE ...

NOTE DE SERVICE N° 21

 

 

 

            Nous apprenons le décès de Monsieur Ernest GLINNE, Conseiller communal.

 

            Les funérailles auront lieu le lundi 17 août 2009.

 

 

      Levée du corps au funérarium DEMIERBE/JONCKERS,  avenue Jean Jaurès, 50, à 10h10'

(Visites le samedi et dimanche de 16h à 18h)

 

Cérémonie d'hommage à la Posterie à 10h30'

 

Crématorium de Gilly à 12h30'

 

Dispersion des cendres à Gilly ou à Forchies la Marche.

 

  

 

                                                                   Courcelles, le 11 août 2009.

 

 

 

 

                                                                  Le Secrétaire communal,

 

 

 

                                                                  C. HENRY.

 

 

Note de RoRo:

j'ajoute qu'Ernest GLINNE fut

-député national

-ancien Ministre de l' Emploi et du Travail

-député socialiste européen, il fut président du groupe au P.E.

-bourgmestre de COURCELLES

-membre du Bureau national du Psb

-vice-président de la Fédération Ps de Charleroi

-présenté à diverses reprises comme homme de gauche et rebelle

au sein du Parti "socialiste". Je reviendrai sans doute sur le sujet

dès que possible, car il fut aussi à bien des égards un anti-soviétique et anti-communiste de combat.

Cela n' empêche, l'homme était très intelligent, très instruit, très combatif et travailleur. Il a droit à mon plus profond respect fraternel, car COURCELLES, perd, après Georges GLINEUR, député communiste qui siégea 50 ans, au sein du Conseil communal local, une de ses très grandes pointures politiques locales, régionales, nationales et même internationales.

Il laisse beaucoup de traces à Courcelles, certaines très à propos, d' autres sujettes à critique et à discussion, du moins de mon point de vue de communiste l' ayant connu depuis la fin de 1961, dès le lendemain de mon service militaire et l' ayant très souvent affronté pendant mes 24 années de présence au sein du Conseil communal de

Courcelles.

Sa vie politique et ses choix furent assez souvent chaotiques ...

Un de ses derniers choix un peu surprenant,  toutefois motivé par son attachement à la culture francophone et à la France, fut son récent ralliement électoral à RWF ...

Mes dernières rencontres avec Ernest remontent aux funérailles de mon père le 05 juin 2009, et lors de la séance d'hommage du Conseil communal de Courcelles qui suivit.

Comme tout le monde, adversaires et amis, je suis très troublé et peiné par un départ aussi inopiné.  

Ces derniers temps, nous nous étions cependant très rapprochés sur certains points de vue, actions et prises de position.

Pas mal de mandataires et ex-mandataires Ps courcellois lui doivent leur carrière, ce qui ne les a cependant pas empêché de le decevoir et de le lâcher ... au point de le pousser dehors.

 


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Envoyé par Romain dans Dans les pays de l' Euro-dictature capitaliste ... le 8/14/2009 11:23:00 AM

17:40 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : charleroi, histoire, politique, actualite, courcelles, france, hainaut, ps, romain, belgique, europe, wallonie, pc | |  Imprimer | | |

03/06/2009

03/06/2009: COURCELLES: Roger Romain père s'est éteint ce lundi Ier juin 2009 ...


COURCELLES: Roger Romain père s'est éteint ce lundi  Ier juin 2009 ...


Début mars, je vous avais informé du ralentissement de mes activités Internet en raison de l'hospitalisation d'un de mes parents.
Finalement après 2 hospitalisations en un mois de convalescence difficile, mon père s' est finalement éteint, à l'âge de 94ans, ce lundi-soir 1er juin 2009, à l'Hôpital Vésale de Montigny-le-Tilleul, à l'issue d'une pénible agonie. Et ma mère Yvonne MESSE, 89 ans, y est hospitalisée à son tour.
 
Brièvement que fut mon père.
 
Roger ROMAIN père est né le 25 avril 1915, dans le quartier de La Docherie à Marchienne-au-Pont, au sein d'une famille de chiffonniers de père en fils ...
En 1923, la famille vient s' établir à COURCELLES dans le quartier des Fonds de Corbeau (l'ex-rue de Gouy) où elle s' est définitivement ancrée.
Outre celle d'un modeste ouvrier d'usine et comme ouvrier mineur de fond à la Libération, la vie de mon père fut aussi une longue période de militant syndicaliste et communiste, pendant plus de
30 ans.
 
Dans son enfance, ses parents le mirent en pension chez les frères à Manage.
Son adolescence pendant les années "30 fut difficile: la crise, le chômage, la recherche d' emplois toujours précaires (Beaume-Arpent, les Ateliers Pélerin, Jouret, Montagne, etc, etc...), l' arrivée de la guerre...
 
Le 1er septembre 1939, il est mobilisé. Sous les drapeaux, il se marie le même mois et le 02 avril 1940, je nais à Courcelles. Le 10 mai 1940, mes grands-parents, ma mère et moi-même, nous nous retrouvons sur le chemin de l' évacuation vers la France, sous les bombes allemandes et au milieu des combats.
 
Le 29 mai 1940, mon père est prisonnier des Allemands jusqu'au 06 juin 1940. Il s' évade d'un convoi de prisonniers en route vers l' Allemagne et échappera ainsi à 4 années de stalag...
 
1943, comme ses parents, il devient membre du Parti communiste clandestin. La famille et dans le quartier, on cache des Juifs et leur procure du ravitaillement. Le quartier à la limite de Courcelles-Trazegnies est propice à l'organisation de la Résistance (les PA et l' AS que rejoint mon oncle Fernand, avant de partir pour l'Irlande et participer au débarquement).
Mon père se cache pratiquement toute la guerre car il est réfractaire au travail obligatoire en Allemagne au service de l' économie nazie.
 
A la Libération, il trouve du travail comme gardien de nuit à la Douane de Charleroi pour surveiller les convois militaires Us en partance pour l' Allemagne. Il descend ensuite avec un de ses beaux-frères nettoyer les égoûts... Il s' engage aussi comme mineur de fond. Il parvient à se faire démobiliser du charbonnage en 1947 grâce à sa carte de membre du Pcb. Il sauvera ainsi sa vie, car le 11 mai 1950, deux de ses beaux-frères, Henri Chirac et Pierre Stanson sont tués en compagnie de 36 autres mineurs dans son ex-taille, lors de la catastrophe de Mariemont-Bascoup.
 
En 1947, il succède à Gustave Dubois, comme secrétaire politique de l'importante section communiste de Courcelles. Entré aux Acec de Charleroi, il deviendra délégué syndical Fgtb à la Chaudronnerie.
 
Commence toute la période de guerre-froide et d'anti-communisme forcené. Les communistes y font face avec beaucoup d'intransigeance, d' acharnement, d' attachement aux principes et
d' internationalisme. Ce seront la création de l'Otan, la Révolution chinoise, les événements  de Berlin, le réarmement de l'Allemagne, la grève contre Léopold III et l'assassinat de Julien Lahaut président du Parti communiste, la guerre de Corée, la contre-révolution hongroise et bien d' autres événements.
 
1952, il est élu au Conseil communal de Courcelles et y siège aux côtés du député communiste Georges Glineur.
 
1960-61, éclate en décembre la grande grève du million pendant plus d'un mois contre la Loi unique du Psc Gaston Eyskens. Chaque jour, mon père manifeste en moto pour ouvrir la manifestation
journalière des travailleurs des Acec au travers des rues de Charleroi. Au service militaire, je suis aussi à ses côtés avec ma moto pendant toute ma semaine de congés de Noël. Nous y vendons Le Drapeau Rouge et mon père revient à Courcelles pour participer aux piquets locaux. Il est arrêté par un de nos gendarmes bien connus. Emmené à la caserne de Charleroi, il est relâche aussitôt grâce à l'intervention du bourgmestre socialiste dissident Robert Sampos qui était solidaire dans la grève. Le 1er janvier 1961, je suis muté pour achever mon service militaire en Allemagne et y perdre inutilement 9 mois supplémentaires de ma propre existence. Quant à ma famille elle est finalement recherchée par la gendarmerie et doit se terrer par précautions jusqu'à la fin de la grève sur instructions du Parti.
 
1963, son père Fernand Baude, surnommé Moustache, est assassiné dans la maison où je suis né par un voleur.
 
1964, Roger Romain père est de nouveau élu au Conseil communal, en compagnie de Georges Glineur et Marcel Leduc. Le député Glineur devient échevin des travaux au sein de la nouvelle majorité socialiste-communiste. C' est le député Ps Ernest Glinne qui deviendra bourgmestre. Des 15 mandataires communaux de cette époque, seul Ernest Glinne, toujours conseiller communal actuellement, et mon père étaient les derniers survivants.
 
Fin des années '60, RRP deviendra aussi membre du Comité fédéral de Charleroi du Parti communiste.
 
1974, en raison de problèmes familiaux mon père quitte la vie active de militant à Courcelles.  30 années de militantisme auront passé.
 
1975, il part en prépension à 60 ans et s' efforcera de vivre tranquillement.
 
Hélas, le 1er Mai 1998, mon fils Stéphane décède lors d'un accident (???) en gare de BRUXELLES-Forest, la veille de ses 25 ans, après avoir célébré son anniversaire avec ses camarades de la Poste de Forest.
 
Les années qui suivront suite à ce décès ne seront plus des plus joyeuses évidemment.
 
2002, mon père est hospitalisé à la suite d'une trombose cérébrale et est finalement décédé ce lundi 1er juin 2009 en soirée ...
 
Roger Romain (fils)
en souvenir de mon père

12:31 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : charleroi, histoire, courcelles, communisme, presse, hainaut, romain, belgique, ptb, wallonie, pc, syndicalisme | |  Imprimer | | |