29/11/2006

29/11/2006: CINQ AFGHANS PIEGES PAR LA PROTECTION SUBSIDIAIRE ET L'OFFICE DES ETRANGERS

C’ est en EURO-DICTATURE capitaliste …

RoRo

 

 

 

De : CRER Bxl [mailto:coordsanspapiersbxl@yahoo.fr]
Envoyé : mercredi 29 novembre 2006 10:07

Objet : CINQ AFGHANS PIEGES PAR LA PROTECTION SUBSIDIAIRE ET L'OFFICE DES ETRANGERS

 

CINQ AFGHANS PIEGES PAR LA PROTECTION SUBSIDIAIRE ET L'OFFICE DES ETRANGERS

 

Nous ne voulons plus soutenir cette politique d'état qui torture dans les centres fermés, enprisonne les enfants et viole les Droits de l'Homme !!

Exigeons la démission du Ministre de l’Intérieur Patrick Dewael !!


Beaucoup de langues se délient dans les centres fermés et à l’administration du Ministre de l'Intérieur, pour nous révéler les traitements barbares utilisés par ces « agents de l’office des  étrangers.

Beaucoup d’ONG et de Parlementaires ont réagit et ont interpellé Mr. Patrick Dewael sur ces violations aux droits de l'Homme.

Malgré les dénonciations de tortures physiques et psychologiques, Monsieur Dewael et Monsieur Roosemont (directeur de l’Office des Etrangers), continuent à emprisonner des demandeurs d’asile, en vue de leurs ’expulsions vers des pays oùils risquent gros.

En plus des 12 iraniens toujours enfermés,  5 Afghans se sont présentés de bonne foi et en toute confiance la semaine passée à l’Office des Etrangers pour demander la "nouvelle" protection subsidiaire, vu la situation dans leur pays et l’impossibilité actuelle d’y retourner.

Ils y ont été arrêtés sur-le-champ et sont enfermés dans les centres fermés de Bruges et de Merksplas !!

Sans oublier tous les enfermements et tentatives d’expulsion arbitraires et illégitimes, dont la dernière en date : la femme angolaise enceinte de 7 mois emprisonnée au centre fermé de l’aéroport de Bruxelles, dit INAD (pour « inadmissibles ») alors qu’elle était en possession d’un passeport et d’un visa valable ainsi que des moyens de subsistance nécessaires.

D’autres sont en grève de la faim depuis une semaine dans ces centres fermés : Vicente, membre de l'occupation de l'eglise St. Bernard a St. Gilles arrêté en juillet 2006 et enferme à Vottem et un membre Iranien de l'eglise des Minimes enferme à Merksplas.

Comble de tout dans notre état de droit, nous devons aller manifester ce 3 décembre pour la libération d’enfants dans des prisons !!!! .

Le Ministre de l'Intérieur et son obscure administration  (l’Office des Etrangers) ont-ils un pouvoir tel qu’ils peuvent arrêter, torturer, expulsés, terroriser des demandeurs d’asile comme bon leur semble, violant toutes les conventions et les droits internationaux ?

Malgré les appels de différentes ONG (Amnesty internationale, MSF, le MRAX, La Ligue des Droits de l’Homme….) , Monsieur Patrick Dewael continue à bafouer sans scrupule toutes les lois belges, Européennes et universelles.

Vu les évènements actuels des vies sont en danger et les responsables sont au pouvoir !!

 

Nous exigeons que le gouvernement prenne ces responsabilités.


Celui qui reçoit le pouvoir est dans l’obligation d’assumer les dérives de certains de leur «collègue».

 

C.R.E.R. – Bruxelles : INFO  -  http://regularisation.canalblog.com/

Tél : 0496 40 33 09 - 0473 62 87 33

 

Manifestation du 1 mai : http://1maimanif.canalblog.com/

 

Soutien a la CRER au N° Triodos  :  523 - 0801898 - 74

10:29 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, europe, euro-dictature, capitalisme, repression, oppression capitaliste, flicage, gangsterisme, fascisme, racisme, colonialisme, presse, silence, actualite, histoire, romain, courcelles, solidarite, immigres, sans-papiers, 127bis, democratie, liberte, politiq | |  Facebook | |  Imprimer | | |

22/10/2006

22/10/2006: Turquie: 122 cercueils devant le Parlement européen à Bruxelles

Faute de temps, l’ information est maintenant malheureusement dépassée : mais l’ action et le texte méritent toujours d’ être connus et rappelés.

RoRo

 

 

De : democrite [mailto:democrite@neuf.fr]
Envoyé : jeudi 19 octobre 2006 23:42
Objet : Fw: 122 cercueils devant le Parlement européen à Bruxelles

 

 

----- Original Message -----

From: Turquie Rebelle

 

Subject: 122 cercueils devant le Parlement européen à Bruxelles

 

Bruxelles, le 19 octobre 2000

 

 

122 cercueils devant le Parlement européen à Bruxelles.

 

Au 6e anniversaire de la grève de la faim des détenus politiques turcs, demain, 20 octobre, à 11h, un rassemblement sera organisé devant la commission européenne, au rond-point Schuman, pour rendre hommage aux 122 détenus et à leurs amis et proches décédés suite à leur jeûne, pour rappeler la responsabilité des instances européennes dans le calvaire des détenus politiques reclus dans les fameuses prisons de type F et appeler ces dernières à inciter leurs homologues turcs au dialogue avec les détenus grévistes.

 

Le 20 octobre 2000, 816 détenus politiques de trois formations de gauche, majoritairement du DHKP-C, entraient en grève de la faim dans une vingtaine de prisons-dortoir (prisons de type E) afin de bloquer le projet des prisons de haute sécurité, appelées « prisons de type F » et composées exclusivement de cellules individuelles et de cellule pour trois.

 

Ces détenus craignaient à juste titre d'être soumis, une fois confinés dans les cellules d'isolement, à la « privation sensorielle », une torture raffinée appelée également « torture blanche ».

 

Ils craignaient également d'être soumis aux mauvais traitements des matons, à l'abri des regards.

 

Dans les premières semaines de la grève de la faim des détenus politiques, toute la société civile turque était mobilisée autour des prisonniers grévistes au grand dam du gouvernement.

 

Des écrivains aussi éminents que Orhan Pamuk, Yasar Kemal, Oral Calislar et Can Dündar ainsi que le docteur Mehmet Bekaroglu, qui était un député membre de la commission des droits de l'homme du parlement, participaient alors à la médiation entre les détenus et le gouvernement.


On croyait encore au règlement du problème des prisons sans la moindre effusion de sang. C'était sous-estimer la nature militariste du régime d'Ankara.

 

Ainsi, le 13 décembre 2000, le Haut conseil de l'audiovisuel (RTÜK) imposa à la presse la censure concernant le jeûne des détenus politiques et les prisons de type F.

 

La nuit du 15 au 16 décembre 2000, soit au 57e jour de la grève de la faim, le gouvernement rompit le dialogue avec les détenus en congédiant la délégation des intellectuels.

Au 59e jour, de nombreux intellectuels turcs se postèrent devant la prison de Bayrampasa pour rencontrer les détenus mais en vain. Les autorités leurs refusèrent l'accès.

 

Et puis, vint le 19 décembre 2000…à 4h30 du matin, l'armée prit d'assaut 21 prisons et procéda à la déportation des détenus politiques vers les prisons de type F.

 

Au bout de quatre jours d'opération, cyniquement baptisée « Retour à la vie », 28 détenus sont assassinés et près d'un millier de détenus sont blessés et même violés.

 

En tout, 8 bataillons de la gendarmerie et 8 335 soldats furent mobilisés. La police et l'armée sortirent leurs panzers et leurs chars mais aussi des grues et des bulldozers. Vingt mille bombes furent lancées par les militaires dans les dortoirs. Rien qu'à la prison de Bayrampasa, six femmes prisonnières furent brûlées vives. Et plusieurs milliers de cartouches furent utilisées.

 

Ainsi, confinés dans des cellules individuelles, recouverts de boue et de sang, parfois criblés de balles et d'ecchymoses, à moitié nus dans le froid rigoureux de décembre (les radiateurs des prisons de type F qui étaient encore en chantier ne fonctionnaient pas encore) et livrés à eux-mêmes, les prisonniers politiques poursuivirent inexorablement leur grève de la faim.

 

Au dehors, les familles elles aussi  se mirent à jeûner.

 

Puis, le jeûne des détenus ayant été décrété « tabou national », les grévistes de la faim moururent en silence, les uns après les autres, tant en prison qu'au dehors, dans l'indifférence totale de la communauté internationale.

 

Aujourd'hui, le bilan macabre de ces grèves de la faim s'élève à 122 morts. Près de 600 autres grévistes de la faim ont contracté le syndrome de Wernicke-Korsakoff (amnésie et ataxie) après avoir été alimentés de force. Et ce bilan risque à tout moment de s'alourdir.

 

En effet, depuis le 5 avril dernier, un avocat dénommé Behiç Asçi du barreau d'Istanbul est entré lui aussi en grève de la faim. Il est relayé par deux jeunes femmes, Sevgi Saymaz détenue à la prison d'Usak (ouest de la Turquie) et Gülcan Görüroglu, une ex-détenue, mère de deux filles, qui jeûne dans son domicile dans le quartier modeste de Sakirpasa à Seyhan, dans la périphérie d'Adana (sud de la Turquie).

 

Tous trois n'ont qu'une seule exigence : l'entame d'un dialogue entre les prisonniers politiques et le gouvernement pour résoudre le problème de l'isolement carcéral. Ces grévistes de la faim n'imposent aucune contrainte quant au choix des interlocuteurs. Les barreaux d'avocats, de nombreuses chambres professionnelles telles l'Ordre des médecins (TTB) ou l'Union des chambres des ingénieurs et des architectes (TMOBB), des syndicats comme les Confédérations DISK et KESK ou encore des intellectuels de renommée internationale se sont proposés de jouer le rôle d'intercesseurs. Tout comme il y a 6 ans…

 

Pour le comité international de soutien aux familles des prisonniers politiques (Tayad Komite),

 

Bahar Kimyongür

 

e-mail : bahar_kimyongur@yahoo.fr

 

Tél : 0486 / 846 170

www.tayad-committee.info

20:57 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, presse, silence, turquie, fascisme, terrorisme, gangsterisme, europe, euro-dictature, liberte, democratie, romain, courcelles, histoire, solidarite, capitalisme, oppression capitaliste, otan, politique, resistance | |  Facebook | |  Imprimer | | |

10/10/2006

09/10/2006: Un livre extraordinaire : L'impérialisme humanitaire

Au service de la politique criminelle de George W Bush et de l’ impérialisme ricain …

RoRo

 

 

De : Antonio Artuso [mailto:pueblo@sympatico.ca]
Envoyé : lundi 9 octobre 2006 22:32

Objet : Un livre extraordinaire : L'impérialisme humanitaire

 


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QUARANTIÈME SOLDAT CANADIEN TUÉ EN AFGHANISTAN :

 

Le 40ème soldat canadien a été tué samedi en Afghanistan dans la guerre de Bush pour le pétrole et les profits de nos actionnaires.

 

Les collaborateurs de Bush,

- notre premier ministre Harper, du gouvernement conservateur minoritaire,

-  le bon monsieur Karzaï, qui a été reçu au Canada par un organisme de promotion des droits et de la démocratie (!!!)

- le brave general Mucharaf, qui a déclaré qu'il est dans cette guerre parce que Bush a menacé de bombarder le Pakistan s'il ne se rangeait pas du côté impérialiste;

tous ces braves gens disent que le peuple canadien doit être prêt à verser plus de sang,

à consacrer plus de milliards de dollars de nos taxes pour les désastreuses aventures impérialistes de Bush,

pour les transnationales du pétrole, pour la domination mondiale du monde par les États-Unis.

 

Verser le sang du peuple afghan?

Verser le sang de nos soldats?

Pourquoi?

 

Est-ce que le Canada est attaqué par l'Afghanistan?

Est-ce que les intérêts canadiens en Afghanistan sont menacé?

Il y a tellement de problèmes dans des tas de pays, pourquoi tant de soldats et tant d'argent pour l'Afghanistan?

Pour libérer une nation d'une dictature?  Mais les seigneurs de la guerre d'Afghanistan, alliés du Bush, sont aussi terribles que les talibans!

Pour libérer les femmes?  Les seigneurs de la guerre sont aussi oppresseurs et anti-démocratiques que les talibans et le Canada les appuie!

La culture de l'opium a atteint des records de production.

Pour justifier les guerres impérialistes modernes auprès des peuples, les impérialistes (US et canadiens) ont trouvé un moyen :

L'IMPÉRIALISME HUMANITAIRE (VOIR CI-DESSOUS).

Faire accepter les invasions, les occupations, les guerres, les conquêtes impérialistes.

 

Le Canada a oublié un principe : il ne faut pas s'engager dans un conflit qu'on ne contrôlera pas.

La guerre du Canada en Afghanistan est une catastrophe à tous les points de vue.

Le gouvernement Harper veut augmenter notre engagement dans une guerre pour nous lier à jamais à l'impérialisme US.

 

Nos pauvres soldats croient combattre pour la démocratie et la patrie canadienne.

Le nationalisme de Stephen Harper et de son gouvernement minoritaire est un nationalisme pro-états-unien!

Harper est en train de transformer notre pays en une république de banane pour servir les intérêts des transnationales.

 

Préparez-vous à la grande manifestation

POUR LE RETRAIT DES TROUPES MAINTENANT! CANADA HORS DE L'AFGHANISTAN

Samedi 28 octobre à Montréal, à Toronto, dans les grandes villes du Québec et du Canada anglophone.

 

Antonio Artuso


 

Jean Bricmont

L’Impérialisme humanitaire

Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ?

Préface de Normand Baillargeon

Toute idée, aussi légitime soit-elle, court le risque d’être transformée en idéologie et d’être utilisée par les pouvoirs en place à des fins qui leur sont propres. C’est ce qui arrive avec les idées de défense des droits de l’homme et de démocratie lorsqu’elles se transforment en légitimation de l’ingérence militaire unilatérale et qu’elles appuient le rejet du droit international. C’est à ce discours et à cette représentation qu’il faut s’attaquer si l’on veut construire une opposition radicale et sans complexe aux guerres actuelles et futures. Ce livre se propose de démêler un certain nombre de confusions idéologiques fort répandues sur les thèmes des droits de l’homme, de la démocratie et des rapports entre l’Occident et le reste du monde, confusions qui représentent le principal obstacle à la construction d’un réel mouvement d’opposition aux guerres impériales.

« Peut-on poser des principes humanitaires, invoquer les “droits de l’homme” en ex-Yougoslavie ou en Irak par exemple, et compter ensuite sur les moyens militaires des États-Unis pour les faire respecter, eux dont rien dans la pratique “n’indique la moindre préoccupation sincère pour les droits de l’homme et de la démocratie” ? La réponse de Jean Bricmont est franchement négative. »
Serge Halimi, Le Monde diplomatique

« L’ouvrage de Jean Bricmont exprime la révolte morale d’un homme de science concerné par les guerres contemporaines et par la manière dont elles sont légitimées. Il ose porter un autre regard sur le discours destiné à conquérir l’adhésion des peuples et des individus et fait oeuvre de démystification. »
François Houtart, Alternatives Sud

Jean Bricmont est professeur de physique théorique à l’Université de Louvain (Belgique). Il a notamment publié Impostures intellectuelles avec Alan Sokal (Odile Jacob, 1997).

12:07 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, afghanistan, amerique, belgique, canada, capitalisme, courcelles, crimes, colonialisme, democratie, euro-dictature, fascisme, gangsterisme, guerre, histoire, irak, imperialisme, liberte, oppression capitaliste, onu, otan, occupations, paix, politique, presse, romain, ra | |  Facebook | |  Imprimer | | |

24/09/2006

24/09/2006: Discours de Hugo Chávez, président du Venezuela, aux Nations Unies, le 20 septembre 2006


De : mannekenpeace@yahoogroupes.fr [mailto:mannekenpeace@yahoogroupes.fr] De la part de Roland Marounek
Envoyé : dimanche 24 septembre 2006 15:13
Objet : [mannekenpeace] Re: [siecle_de_combat] Discours de Chavez : entre réalité sociale et pouvoir des médias

 

pour ceux qui ne l'ont pas encore lu :

 

Discours de Hugo Chávez, président du Venezuela, aux Nations Unies, le 20 septembre 2006

http://questionscritiques.free.fr/discours/Hugo_Chavez_ON...

 

"Représentants des gouvernements du monde, bonjour à tous. Tout d'abord, je voudrais très respectueusement inviter ceux qui n'ont pas lu ce livre à le lire.

 

Noam Chomsky, l'un des Américains et des intellectuels du monde les plus prestigieux, Noam Chomsky, et ceci est l'un de ces tout derniers ouvrages, /'Hegemony or Survival: The Imperialist Strategy of the United States.'/ [L'hégémonie ou la survie : La stratégie impérialiste des Etats-Unis] [Chavez brandit le livre et l'agite en face de l'Assemblée Générale.] C'est un excellent livre qui nous aide à comprendre ce qui s'est passé dans le monde au cours du 20ème siècle, sur ce qui se passe aujourd'hui et sur la plus grande menace qui plane sur notre planète.

 

Les prétentions hégémoniques de l'Empire Américain mettent en danger la survie-même de l'espèce humaine. Nous continuons de vous alerter sur ce danger et nous en appelons au peuple des Etats-Unis et au monde à faire cesser cette menace, qui est une épée de Damoclès. J'avais pensé, un moment, vous faire la lecture de ce livre, mais pour des raisons de temps, [il fait tourner les pages du livre, qui sont nombreuses] je me contenterai de vous le recommander.

 

Il se lit facilement, c'est un très bon livre, et je suis sûr, Madame la Présidente, que vous le connaissez. Il a été publié en anglais, en russe, en arabe et en allemand. Je pense que les premiers qui devraient le lire sont nos frères et nos soeurs des Etats-Unis, parce que la menace se trouve exactement dans leurs propres foyers.

 

Le diable s'est introduit chez eux. Le diable, le diable lui-même, est dans leur maison.

 

Et Hier, le diable est venu ici. Ici, le diable est entré. Juste ici. [Il fait le signe de croix] Et ça sent encore le soufre aujourd'hui. Hier, Mesdames et Messieurs, de cette tribune, le président des Etats-Unis, le monsieur que j'appelle le Diable, est venu ici parler comme s'il possédait le monde entier. Vraiment. Comme s'il était le propriétaire du monde.

 

Je pense que nous pourrions appeler un psychiatre pour analyser la déclaration que le président des Etats-Unis a faite hier. En tant que porte-parole de l'impérialisme, il est venu pour faire partager ses remèdes de charlatan afin d'essayer de préserver le modèle actuel de domination, d'exploitation et de pillage des peuples du monde.

 

Alfred Hitchcock aurait pu utiliser [cette déclaration] comme scénario pour un de ses films. Je peux même proposer un titre : "La Recette du Diable".

 

Comme Chomsky le dit [dans son livre] de façon claire et détaillée, l'empire américain fait tout ce qu'il peut pour consolider son système de domination. Et nous ne pouvons pas lui permettre de faire cela. Nous ne pouvons autoriser que la dictature mondiale se consolide.

 

La déclaration du dépositaire du monde -- cynique, hypocrite, emplie de cette hypocrisie impérialiste provenant de leur besoin de tout contrôler.

 

Ils disent qu'ils veulent imposer un modèle démocratique. Mais c'est cela leur modèle démocratique ! C'est le modèle fallacieux des élites et, je dirais, une démocratie très originale qui s'impose par les armes, les bombes et l'artillerie.

 

Quelle étrange démocratie ! Aristote pourrait bien ne pas la reconnaître -- ou les autres qui sont aux racines de la démocratie. Quelle sorte de démocratie imposez-vous avec les Marines et les bombes ?

 

Hier, le président des Etats-Unis nous a dit, ici-même, dans cette salle, et je cite : "Partout où vous regardez, vous entendez des extrémistes vous dire que vous pouvez échapper à la pauvreté et retrouver votre dignité par la violence, la terreur et le martyre". Partout où il regarde, il voit des extrémistes. Et vous, mes frères -- il regarde la couleur de votre peau et il dit, oh ! il y a un extrémiste. Evo Morales, le valeureux président de Bolivie est, pour lui, un extrémiste.

 

Les impérialistes voient des extrémistes partout. Ce n'est pas que nous soyons des extrémistes. C'est que le monde se réveille. Il se réveille partout. Et les gens se lèvent.

 

J'ai le sentiment, cher dictateur du monde, que vous allez vivre le reste de votre vie comme un cauchemar, parce que le reste d'entre nous se lève, tous ceux qui se soulèvent contre l'impérialisme américain, qui réclament l'égalité, le respect, la souveraineté des nations.

 

Oui, vous pouvez nous appeler des extrémistes, mais nous sommes en train de nous soulever contre l'empire, contre ce modèle de domination.

 

Alors, le président a dit -- et c'est lui qui l'a dit -- : "Je suis venu parler directement aux populations du Moyen-Orient, pour leur dire que mon pays veut la paix".

 

C'est vrai. Si nous marchons dans les rues du Bronx, si nous nous promenons dans New York, Washington, San Diego, dans n'importe quelle ville, San Antonio, San Francisco et que nous demandons aux gens, aux citoyens des Etats-Unis, que veut ce pays ? Veut-il la paix ? Ils diront oui.

 

Mais ce gouvernement ne veut pas la paix. Le gouvernement des Etats-Unis ne veut pas la paix. Il veut exploiter son système d'exploitation, de pillage, d'hégémonie par la guerre.

 

Il veut la paix ? Mais que se passe-t-il en Irak ? Que se passe-t-il au Liban ? En Palestine ? Que se passe-t-il ? Que s'est-il passé ces 100 dernières années en Amérique Latine et dans le monde ? Et à présent il menace le Venezuela -- de nouvelles menaces contre le Venezuela, contre l'Iran ?

 

Il a parlé au peuple libanais. Beaucoup d'entre vous, leur a-t-il dit, ont vu comment leurs maisons et leurs communautés ont été prises dans les tirs croisés. Comment peut-on être cynique à ce point ? Quelle capacité à mentir d'un air penaud ! Les bombes sur Beyrouth d'une précision millimétrée ?

 

Ce sont des feux croisés ? Il pense à un western, lorsque les gens dégainent de la hanche et tirent et que quelqu'un se trouve pris dans les feux croisés.

 

Ceci est impérialiste, fasciste, assassin, génocide. L'empire et Israël qui tirent sur les Palestiniens et les Libanais. C'est ce qu'il s'est passé. Et à présent, nous entendons "Nous souffrons parce que nous voyons nos maisons détruites".

 

Le président des Etats-Unis est venu parler aux peuples -- aux peuples du monde. Il est venir leur parler -- J'ai apporté quelques documents avec moi, parce que ce matin je lisais quelques déclarations -- et je vois qu'il s'est adressé au peuple d'Afghanistan, au peuple du Liban, au peuple de l'Iran. Et il s'est adressé directement à ces peuples.

 

Et vous pouvez vous demander, alors que le président des Etats-Unis s'adresse à ces peuples du monde, ce que ces peuples du monde lui diraient si on leur donnait la parole ? Qu'auraient-ils à dire ?

 

Et je pense avoir une petite idée de ce que les peuples du Sud, les oppressés pensent. Ils diraient "Impérialiste yankee, rentre chez toi!" Je pense que c'est ce que ces peuples diraient si on leur donnait le micro et s'ils pouvaient parler d'une seule voix aux impérialistes américains.

 

Et voici pourquoi, Madame la Présidente, mes chers collègues, mes amis, l'année dernière nous sommes venus ici dans cette même salle, comme nous l'avons fait ces huit dernières années, et nous avons dit quelque chose qui s'est à présent confirmée -- entièrement, entièrement confirmée.

 

Je ne pense pas que quiconque dans cette pièce pourrait défendre ce système. Voyons les choses en face ! Soyons honnêtes ! Le système de l'O.N.U., né après la Deuxième Guerre Mondiale, a fait faillite. Il est inutile.

 

Oh, oui ! Il est bon de nous réunir tous ensemble une fois par an, de nous rencontrer, de faire des déclarations et de préparer toutes sortes de longs documents et d'écouter de bons discours, comme celui que de (inaudible), hier, celui du Président Lula. Oui c'est bon pour cela. Et il y a beaucoup de discours et nous en avons entendu beaucoup, du président du Sri Lanka, par exemple, et de la Présidente du Chili.

 

Mais nous, l'assemblée, avons été transformés en un organe à peine délibérant. Nous n'avons aucun pouvoir, aucun pouvoir d'avoir le moindre impact sur la terrible situation mondiale. Et c'est pourquoi le Venezuela propose une nouvelle fois, ici, aujourd'hui, le 20 septembre [2006] que nous ré-établissions les Nations-Unies.

 

L'année dernière, Madame, nous avons fait quatre propositions modestes que nous ressentions comme étant d'une importance cruciale. Nous devons en assumer la responsabilité, nos chefs d'Etats, nos ambassadeurs, nos représentants, et nous devons en discuter.

 

La première est l'extension [du Conseil de Sécurité], et Lula en parlé hier ici-même. Le Conseil de Sécurité comporte à la fois une catégorie permanente et une catégorie non-permanente, (inaudible) les pays en développement et les pays sous-développés doivent accéder à des sièges de membres permanents. C'est la première étape.

 

Deuxièmement, des méthodes efficaces pour s'occuper et résoudre les conflits mondiaux, des décisions transparentes. Point trois, la suppression immédiate -- et c'est une chose à laquelle tout le monde appelle -- du mécanisme antidémocratique connu sous le nom de veto, le veto sur les décisions du Conseil de Sécurité.

 

Permettez-moi de vous donner un exemple récent. Le veto immoral des Etats-Unis qui a permis aux Israéliens, en toute impunité, de détruire le Liban. Exactement devant nous tous alors que nous étions debout à regarder, une résolution du conseil fut empêchée.

 

Quatrièmement, nous devons renforcer, comme nous l'avons toujours dit, le rôle et les pouvoirs du secrétaire général des Nations-Unies.

 

Hier, le secrétaire général nous a pratiquement livré son discours d'adieu. Et il a reconnu que pendant ces dix dernières années, les choses sont tout simplement devenues plus compliquées ; la faim, la pauvreté, la violence, les violations des droits de l'homme se sont aggravées. C'est la conséquence extrême de l'effondrement du système des Nations Unies et des prétentions hégémoniques des Etats-Unis.

 

Madame, le Venezuela, il y a quelques années, a décidé de livrer cette bataille au sein des Nations-Unies en reconnaissant l'ONU. En tant que membres, et nous prêtons nos voix, nos réflexions. Notre voix est une voix indépendante pour représenter la dignité et la recherche de la paix et ré-élaborer le système international ; pour dénoncer la persécution et l'agression par les forces hégémoniques de la planète.

 

Voici comment le Venezuela s'est présenté. La patrie de Bolivar a cherché à obtenir un siège permanent au Conseil de Sécurité. Voyons ! Bon, il y a eu une attaque en règle par le gouvernement étasunien, une attaque immorale, pour essayer d'empêcher le Venezuela d'être élu librement à un poste au Conseil de Sécurité.

 

L'imperium a peur de la vérité, il a peur des voix indépendantes. Il nous appelle extrémistes, mais ce sont eux les extrémistes. Et j'aimerais remercier tous les pays qui ont aimablement annoncé leur soutien au Venezuela, même si le scrutin est secret et qu'il n'est pas nécessaire d'annoncer ces choses.

 

Mais étant donné que l'imperium a attaqué, ouvertement, ils ont renforcé les convictions de nombreux pays. Et leur soutien nous renforce. Le Mercosur, en tant que bloc, a exprimé son soutien. Nos frères du Mercosur. Le Venezuela, avec le Brésil, l'Argentine, le Paraguay, l'Uruguay, est un membre à part entière du Mercosur.

 

Et de nombreux autres pays d'Amérique Latine, *CARICOM* et la Bolivie ont exprimé leur soutien au Venezuela. La Ligue Arabe, l'ensemble de la Ligue Arabe a exprimé son soutien, nos frères des Caraïbes, l'Union Africaine. Presque toute l'Afrique a exprimé son soutien pour le Venezuela et des pays comme la Russie et la Chine et beaucoup d'autres.

 

Je vous remercie chaleureusement de la part du Venezuela, de la part de notre peuple et de la part de la vérité, parce que le Venezuela, avec un siège au Conseil de Sécurité, n'exprimera pas seulement la pensée du Venezuela, mais il sera aussi la voix de tous les peuples du monde et nous défendrons la dignité et la vérité.

 

Au-delà et au-dessus de tout cela, Madame la Présidente, je pense que nous avons des raisons d'être optimistes. Un poète aurait dit "désespérément optimistes", parce qu'au-dessus et au-delà des guerres et des bombes et de la guerre agressive et préventive et la destruction de peuples entiers, on peut voir qu'une nouvelle ère se dessine.

 

Ainsi que Silvio Rodriguez le dit, cette ère donne naissance à un coeur. Il y a des moyens alternatifs de penser. Il y a des jeunes gens qui pensent différemment. Et ceci s'est déjà vu en l'espace d'une simple décennie. Il a été démontré que la fin de l'histoire était une affirmation totalement fausse et la même chose a été démontrée à propos de la /Pax Americana/ et de l'établissement du monde capitaliste néolibéral. Il a été démontré que ce système engendre la pauvreté. Qui le croit maintenant ?

 

Ce que nous avons à faire maintenant est de définir le futur du monde. L'aube se lève partout. Vous pouvez vous en rendre compte en Afrique et en Europe et en Amérique Latine et en Océanie. Je veux insister sur cette vision optimiste.

 

Nous devons nous renforcer, notre volonté de livrer bataille, notre conscience. Nous devons construire un monde nouveau et meilleur. Le Venezuela se joint à cette lutte et c'est pourquoi nous sommes menacés. Les Etats-Unis ont déjà planifié, financé et mis en place un coup d'Etat au Venezuela et ils continuent de soutenir les tentatives de coup d'Etat au Venezuela et ailleurs.

 

La Président Michelle Bachelet nous a rappelé, il y a juste un instant, l'assassinat horrible de l'ancien ministre des Affaires Etrangères, Orlando Letelier.

 

Et je voudrais ajouter une chose : Ceux qui ont perpétré ce crime sont libres. Et cet autre événement où un citoyen américain est mort, tué par les Américains eux-mêmes. Ils étaient des tueurs de la CIA, des terroristes.

 

Et nous devons rappeler dans cette pièce que dans exactement trois jours il y aura un autre anniversaire. Trente ans auront passé depuis cette attaque terroriste horrible contre l'avion cubain de la ligne /Cubana de Aviacion/, où 73 innocents ont trouvé la mort.

 

Et où se trouve le plus grand terroriste de ce continent qui a pris la responsabilité de faire sauter cet avion ? Il a passé quelques années en prison au Venezuela. Mais grâce à la CIA et aux responsables du gouvernement [vénézuélien] de l'époque, il fut autorisé à s'échapper et il vit dans ce pays, protégé par le gouvernement [des Etats-Unis].

 

Mais il a été condamné. Il avait avoué son crime. Mais les normes du gouvernement étasunien sont à géométrie variable. Il protège les terroristes lorsqu'il le veut.

 

Et ceci, pour dire que le Venezuela est entièrement engagé à combattre le terrorisme et la violence. Et nous sommes l'un des peuples qui combattent pour la paix.

 

Luis Posada Carriles est le nom de ce terroriste qui est protégé ici. Et d'autres personnes extrêmement corrompues qui se sont échappées du Venezuela vivent aussi ici sous protection : un groupe qui a posé des bombes dans diverses ambassades, qui a assassiné des gens pendant le coup d'Etat. Ils m'ont kidnappé et ils allaient me tuer, mais je pense que Dieu est descendu et notre peuple est sorti dans les rues et l'armée y était aussi et ainsi je suis ici devant vous, aujourd'hui.

 

Mais ces personnes qui ont dirigé ce coup d'Etat sont ici, aujourd'hui, dans ce pays, protégés par le gouvernement américain. Et j'accuse le gouvernement américain de protéger ces terroristes et d'avoir un discours complètement cynique.

 

Nous avons mentionné Cuba. Oui, nous y étions, il y a encore quelques jours. Nous sommes revenus de là-bas très heureux. Et là-bas, vous voyez qu'une nouvelle ère est née. Le Sommet des 15, le Sommet des non-alignés, ont adopté une résolution historique. Ceci est le document qui en a résulté. Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous le lire.

 

Mais vous avez toute une série de résolutions ici qui ont été adoptées d'une façon transparente après un débat ouvert -- par plus de 50 chefs d'Etats. Pendant quelques semaines, La Havane était la capitale du Sud et nous avons donné, une fois encore, un nouvel élan au groupe des non-alignés.

 

Et s'il y a quelque chose que j'aimerais vous demander à tous ici, mes compagnons, mes frères et mes soeurs, c'est de bien vouloir prêter votre bonne volonté pour permettre un nouvel élan au Mouvement des Non-Alignés afin de donner naissance à une nouvelle ère, pour empêcher l'hégémonie et empêcher de nouvelles avancées de l'impérialisme.

 

Et comme vous le savez, Fidel Castro est le président des non-alignés pour les trois prochaines années et nous pouvons lui faire confiance pour qu'il dirige cette charge efficacement. Malheureusement, ils ont pensé "Oh ! Fidel est en train de mourir." Mais ils vont être déçus parce qu'il n'est pas mort. Et non seulement il est en vie, il est de retour dans son uniforme vert et il préside désormais les non-alignés.

 

Donc, mes chers collègues, Madame la Présidente, un nouveau mouvement, fort, est né, un mouvement du Sud. Nous sommes des hommes et des femmes du Sud. Avec ce document, avec ces idées, avec ces critiques. Je referme à présent mon dossier. Je prends le livre avec moi. Et, n'oubliez pas, je le recommande très fortement et très humblement à vous tous.

 

Nous voulons des idées pour sauver notre planète, pour sauver la planète de la menace impérialiste. Et espérons que dans ce siècle-même, dans pas trop longtemps, nous verrons cette, nous verrons cette nouvelle ère. Et pour nos enfants et nos petits-enfants, un monde de paix basé sur les principes fondamentaux des Nations-Unies, mais de Nations-Unies rénovées.

 

Et peut-être devrons-nous déménager leur siège. Peut-être devons nous le mettre ailleurs ; peut-être dans une ville du Sud. Nous avons proposé le Venezuela.

 

Vous savez que mon médecin personnel a dû rester dans l'avion. Le chef de la sécurité a dû rester enfermé dans un avion verrouillé. Aucuns de ces deux messieurs n'ont été autorisés à venir assister à la réunion de l'Onu. Ceci est un autre abus et un autre abus de pouvoir de la part du Diable. Cela sent le soufre ici, mais Dieu est avec nous et je vous embrasse tous.

 

Que Dieu nous bénisse tous ! Bonne journée à vous.

----- Original Message -----

From: Yves Wangneur

To: Albert ; Jean Bricmont ; Thierry Delforge ; Patsy ; radioairlibre ; thierry thomas ; Siecle ; Manneken Peace

Sent: Saturday, September 23, 2006 6:35 PM

Subject: [siecle_de_combat] Discours de Chavez : entre réalité sociale et pouvoir des médias

 


Suite au discours de Chavez à l'ONU, il y a eu beaucoup de réactions, essentiellement de la part de l'élite. Et puisque certains croient encore en l'angélisme de Clinton, le type qui se faisait tailler des pipes (par une moche en plus) au lieu de bosser, je vous propose de noter la réaction de cette personne : "Le discours de Chavez porte préjudice à son pays". Qui a dit que les Démocrates étaient le 2°parti servant l'impérialisme ?
Les différents journaux américains ont vivement critiqué les déclarations de Chavez, estimant que c'était "de la folie gauchiste". "El Comercio" (de Lima) a parlé d'insulte, La Libre Belgique parle d'injures.
Cela, c'est le discours des médias, des gens qui sont censés nous représenter.
Les représentés, donc nous, ont une réaction un peu différente. Comme vous le savez, Chavez fait référence à un des derniers bouquins de Chomsky : "Hégémonie ou survie". Sur Amazon, les commandes pour ce livre sont passés en 2 jours de la 160.772° place à la septième !!!
Ce qui tend à démontrer 2 choses : 1) Les gens écoutent Chavez, l'approuvent et suivent ses conseils, 2) Ils sont interessés par la pensée de Chomsky.

Ca doit être ça le populisme ...

20:07 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, amerique, afrique, belgique, courcelles, cuba, crimes, cia, colonialisme, chili, fascisme, gangsterisme, guerre, histoire, iran, irak, imperialisme, israel, liban, liberte, democratie, oppression capitaliste, onu, palestine, politique, presse, romain, resistance, silence | |  Facebook | |  Imprimer | | |

20/09/2006

20/09/2006: Plaidoirie de Bahar Kimyongur sur fond de complot d'Etat

 

De : Turquie Rebelle [mailto:turquie.rebelle@gmail.com]
Envoyé : mercredi 20 septembre 2006 14:25
À : sre@rtbf.be
Objet :
Plaidoirie de Bahar Kimyongur sur fond de complot d'Etat

 

Une réunion secrète du gouvernement Verhofstadt a organisé la livraison d'un ressortissant belge à la Turquie.
Article du quotidien "Le Soir", 19 septembre 2006


Le gouvernement Verhofstadt aurait sciemment organisé la « livraison » le 28 avril dernier du ressortissant belge Bahar Kimyongur aux Pays- Bas en vue de son extradition vers la Turquie.

Selon la version constante des autorités belges, mise en doute par des révélations du Soir en mai et juin derniers, le porte-parole (ce qu'il nie) de l'organisation turque d'extrême gauche DHKP-C, actuellement jugé devant la cour d'appel de Gand, aurait été arrêté « fortuitement » aux Pays-Bas dans la nuit du 27 au 28 avril alors qu'il se rendait à un concert à 's Hertogenbosch.

Cette version, régulièrement avancée par la ministre de la Justice Laurette Onkelinx (PS), tant à la Chambre qu'au Sénat en réponse à des questions des parlementaires Ecolo Marie Nagy (députée) et Josy Dubié (sénateur), est démentie par un procès-verbal d'une réunion classifiée « confidentielle », tenue au centre de crise du ministère de l'Intérieur deux jours avant l'arrestation de Kimyongur.

Cette réunion, dont nous avons pu consulter le procès-verbal, s'est ouverte à 17 heures. Elle rassemblait 25 personnes, sous la présidence de Pascale Vandernacht, chef de cabinet adjoint de la ministre de la Justice, en charge des dossiers de terrorisme. Y assistaient un conseiller de Guy Verhofstadt (Premier ministre, VLD), Eugène Dimmock ; le directeur de la sécurité publique (Intérieur), Alain Lefebvre ; la conseillère juridique de Laurette Onkelinx, Pascale Petry ; l'administrateur général ff de la Sûreté de l'Etat, André Demoulin ; le procureur fédéral Daniel Bernard et ses adjoints, Johan Delmulle et Leen Nuyts (qui requièrent contre le DHKP-C) ; des représentants de la police locale et d'autres directeurs de la Sûreté ou de la police fédérale antiterroriste dont nous tairons les noms.

Le directeur général du centre de crise Jaak Raes, rédacteur du procès-verbal de la réunion, précise à l'entame des débats : « Cette réunion a lieu à l'initiative du cabinet Justice. Le centre de crise met sa structure à disposition. La présidence de la réunion est assurée par Mme Pascale Vandernacht. »

Les débats vont se poursuivre jusqu'à 20h02. Chaque service prend la parole. Vandernacht précise d'emblée que la ministre de la Justice « ne veut pas forcer les règles juridiques » dans le cadre de la préoccupation en débat : l'arrestation prioritaire de Bahar Kimyongur. L'assemblée discute sur le thème « de quelles possibilités dispose la justice belge ? ». Et analyse tous les cas de figure : « Arrêter ou interpeller la personne ; arrêter la personne s'il quitte le territoire et se réfugie à l'étranger ». Vers 18h, les représentants de la Sûreté de l'Etat interviennent. Kimyongur n'aurait pas l'intention de se présenter au procès de Gand (NDLR : en appel contre sa condamnation à 4 ans ferme en première instance à Bruges). Ils annoncent que le soir même à 19h30 une surveillance sur le suspect est organisée à l'occasion d'une conférence donnée par le militant à l'ULB. Ils précisent encore que, selon leurs informations, Kimyongur a peur de se retrouver en prison. Les représentants du parquet fédéral indiquent ensuite aux participants qu'en droit belge « il n'y a actuellement aucune possibilité d'arrêter Kimyongur », ce qu'acte la représentante de Laurette Onkelinx.

Les représentants de la police et du gouvernement décident alors qu'une observation des déplacements du militant sera opérée. Et, surtout, que le « parquet fédéral prendra contact avec son homologue néerlandais dans la perspective d'arrêter Kimyongur aux Pays-Bas (…) sur base du signalement Interpol en vue de la livraison à la Turquie ». La décision de livrer le ressortissant belge est ainsi approuvée. Il est décidé que le parquet fédéral prendra les contacts avec son homologue néerlandais, le Landelijk Parket. LaDSU(opérations spéciales de la police fédérale belge) est invitée à participer aux opérations de surveillance de Kimyongur. Le parquet fédéral demande aux services policiers de lui fournir des « sitrep » (rapports) le jeudi 27 à 08h, le vendredi 28 à 12h et à 18h. Une nouvelle réunion d'évaluation est fixée au 3 mai, après l'arrestation.

Le chef de la zone de police locale, impliquée dans l'opération de surveillance, s'inquiète toutefois : «Ne devons-nous pas prévenir le Comité P (police des polices) et le Comité R (surveillance des services de renseignement)? » Pascale Vandernacht répond que ces instances de contrôle ne dépendent pas des ministères de la Justice ou de l'Intérieur. La ministre de la Justice, que nous avons interrogée, confirme la matérialité de cette réunion du 26 avril. Elle nous déclare que le procès-verbal dont nous faisons état ne serait pas le « procès-verbal officiel » de cette réunion. Nous lui avons demandé de nous transmettre ce qu'elle considère être « le procès-verbal définitif » ; une demande qui n'a pu être rencontrée en raison, selon la ministre, du caractère « classifié » et « confidentiel » de ce document.

L'échange au Sénat entre le sénateur Josy Dubié et la ministre Onkelinx

Voici l'échange entre Laurette Onkelinx et Josy Dubié (Ecolo), en commission de la Justice du Sénat, le 18 mai.

o Josy Dubié : « M. Kimyongur, sur écoute, et surveillé par la Sûreté belge, a donc, selon moi, été livré aux Néerlandais, qui l'ont incarcéré sur la base du mandat international turc. »

– Laurette Onkelinx : « Ce genre d'affirmation est grave. »

o Josy Dubié : « Je relate des faits. (…) Je constate que M. Kimyongur a passé la frontière et qu'il a été arrêté par des policiers en civil, qui étaient là, selon vous, par pur hasard. Ce ne serait donc pas la Sûreté belge qui a communiqué des informations… (…) Je trouve simplement qu'un faisceau de présomptions permet de penser que M. Kimyongur a bel et bien été "livré", je ne dis pas par vous, mais par la Sûreté belge. »

– Laurette Onkelinx : « Vous dites n'importe quoi. »

Voici l'échange entre Laurette Onkelinx et Josy Dubié en commission de la Justice du Sénat, le 22 juin.

o Josy Dubié (intervenant suite aux révélations parues dans Le Soir) : « Il ressort donc, Madame la ministre de la Justice, du témoignage du procureur du Roi néerlandais que vous n'avez pas dit la vérité lors de votre réponse à ma question orale du 18 mai et que M. Bahar Kimyongur a bel et bien été "livré" à un pays étranger d'où il risque d'être extradé vers la Turquie. »

– Laurette Onkelinx : « J'ai pris connaissance, comme vous, via la presse, des informations suivant lesquelles les autorités judiciaires belges auraient communiqué aux autorités judiciaires hollandaises le fait que M. Kimyongur pourrait se rendre aux Pays-Bas. (…) Une nouvelle fois, je ne partage absolument pas votre analyse selon laquelle la Belgique aurait livré M. Kimyongur aux Pays-Bas afin de faciliter son extradition vers la Turquie. »

Le commentaire de Marc Metdepenningen: "Des mensonges nécessaires ?"

Le sort judiciaire de Bahar Kimyongur et de ses amis de l'organisation turque d'extrême gauche, qualifiée de terroriste, DHKP-C, qui a (étonnamment) pignon sur rue à Bruxelles, nous est indifférent. Leur procès en appel devant la cour d'appel de Gand, qui se poursuit actuellement, devrait déboucher dans un mois sur des condamnations - ou des acquittements - conformes à l'engagement personnel de chacun d'entre eux dans leurs activités terroristes, menées en Turquie et préparées en Belgique.

Ce qui nous importe est cette longue suite de mensonges gouvernementaux, qui ont été formulés tant en réponse aux médias qu'aux députés et aux sénateurs depuis l'échappée rocambolesque de Fehryie Erdal et l'arrestation aux Pays-Bas de Bahar Kimyongur, ressortissant belge et porte-parole du DHKP-C.

Depuis le 28 avril, date de l'arrestation de Kimyongur aux Pays-Bas, le gouvernement prétendait n'être jamais intervenu dans la remise d'un ressortissant belge à la Turquie, par Pays-Bas interposés. Le contenu de la réunion gouvernementale, que nous révélons, démontre qu'il aurait bel et bien organisé l'arrestation d'un ressortissant belge en vue de le livrer à une puissance étrangère.

Ce constat, s'il se confirme, est inquiétant. La lutte antiterroriste est certes une priorité. Et le gouvernement serait en droit d'invoquer la « raison d'Etat » pour esquiver les questions médiatiques ou parlementaires. Eviter le débat ou se réfugier honnêtement derrière le secret n'équivaut cependant pas à un permis de travestir la vérité. A accepter cet écart du gouvernement dans une affaire somme toute banale, on en arriverait à consentir que le mensonge puisse être accepté comme paravent du pouvoir dans toutes les affaires dont il a la charge, y compris les plus essentielles.

Les parlementaires, comme l'opinion ou la presse, peuvent légitimement se sentir floués par les « mensonges nécessaires » de l'équipe Verhofstadt. A elle de s'expliquer publiquement sur les véritables raisons qui l'ont conduite à proclamer le blanc pour le noir.

(Le Soir, 19 septembre 2006)

 

 

 

 

 

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Gand, le 19 septembre 2006

 

A l'attention de la Présidence de la Cour d'appel de Gand

Bahar Kimyongür

 

 

Messieurs les juges,

 

Ce serait un euphémisme que de dire que ce procès auquel nous assistons depuis quelques jours dans votre palais de justice est historique.

Et pour cause, ce sera l'une des premières fois que l'on appliquera en Belgique une loi qui apparaît comme étant l'une des plus liberticides que notre code pénal n'ait jamais connu.

Cette loi permet en effet au procureur fédéral de me poursuivre alors que je n'ai jamais commis le moindre crime ou délit, ni n'ai jamais eu l'intention d'en commettre. En fait, ce qui est fondamentalement attaqué dans cette affaire, c'est ma qualité de citoyen.

Je suis un citoyen belge qui entend jouir de ses droits, à savoir la liberté d'avoir des opinions et de les exprimer et ce, même si ces idées ne sont pas partagées par les autorités turques comme c'est le cas quand je dénonce les tortures subies par les prisonniers politiques et ce, même si je les exprime via le bureau d'information du DHKC.

La responsabilité qui pèse sur vos épaules est donc indiscutablement lourde.

En vous demandant de me condamner, le Parquet vous demande aussi de condamner la démocratie.

Aussi, j'espère, au nom des principes d'impartialité qui caractérise votre Cour, que votre verdict respectera les libertés individuelles et collectives dont se targue notre pays.

D'après la description du DHKP-C faite par le procureur fédéral Johan Delmulle et l'avocat de la partie civile Kris Vincke, ce mouvement politique est présenté comme étant dangereux, sectaire, extrémiste, fanatique, criminel, terroriste, etc.

A l'inverse, ils présentent le régime turc comme une démocratie et un Etat de droit.

Je souhaiterais commencer par épater messieurs Delmulle et Vincke : Oui, messieurs, l'Etat turc est une démocratie ! Elle est même LA démocratie de vos rêves. Une démocratie flamboyante dont vous jetez les bases en Belgique de manière chevronnée.

Une démocratie qui pratique la torture.

Une démocratie qui maltraite les prisonniers politiques par l'isolement carcéral, par des mesures coercitives et des châtiments disciplinaires, qui kidnappe et exécute ses opposants, qui tire sur des enfants, notamment kurdes, qui tabasse les ouvriers, les employés, les étudiants, les retraités, les chômeurs et les militants des droits humains, qui protège les assassins militaires et policiers, qui décore les bourreaux, comme par exemple le chef des prisons Ali Suat Ertosun, pour leurs loyaux services, qui impose la censure, qui saisit les organes de presse et emprisonne les journalistes, qui interdit des concerts de musique et des manifestations, qui suspend des émissions radio, qui uniformise la pensée et criminalise les idées alternatives, qui nie l'indéniable génocide arménien, qui arme des organisations paramilitaires commettant des attentats terroristes, qui décide « au nom de la nation » et ce, au mépris total de l'avis de la nation, qui affame la population en bradant les ressources du pays aux multinationales, qui organise le trafic de drogue avec des convois entiers escortés par la police, qui introduit la drogue là où règne la pauvreté, qui organise des attentats à l'étranger, notamment en Belgique [1] [1]

 

Une démocratie oui, mais une « panzer démocratie »  ! Monsieur le Procureur.

Et ignorer cette réalité scandaleuse, c'est plus que de la malhonnêteté intellectuelle, plus que de l'apologie du terrorisme d'Etat, c'est du négationnisme pur et dur.

Vous révisez l'histoire odieusement Monsieur le Procureur. Et votre parti pris n'illustre que trop bien le caractère politique du procès que vous nous intentez.

 

Oui, une PANZER DEMOCRATIE ! Messieurs les juges.

 

Vous devez certainement le savoir, l'armée turque est une des armées les plus spécialisées dans la guerre contre son propre peuple :

Ainsi, le 12 mars 1971, l'armée a pris de pouvoir et entamé une campagne d'extermination de toutes les forces de gauche, des plus radicales aux plus modérées. Les salles de torture tournèrent à plein rendement…

Le 12 septembre 1980, une junte dirigée par Kenan Evren a parachevé ce processus d'extermination.

 

Aujourd'hui, l'état d'exception est encore imposé dans plusieurs provinces où la rébellion nationaliste kurde est active.

Le couvre-feu est encore et toujours imposé dans les zones urbaines sous influence du DHKP-C comme à Armutlu, Gazi, Okmeydani, Nurtepe et autres quartiers stambouliotes.

Les panzers sèment littéralement la terreur durant les manifestations.

En août dernier, à l'appel de sympathisants du DHKP-C, des milliers de commerçants ont participé à une action de fermeture de leur échoppe qui dura plusieurs heures. Cette action était destinée à condamner les bombardements israéliens sur le Liban et la Palestine.

Le 28 août dernier, les forces de police menèrent plusieurs rafles à Istanbul et Ankara pour arrêter les instigateurs de cette action pourtant démocratique. Les commerçants ont été eux aussi terrorisés et les « agitateurs » jetés en prison de type F !

En voyant les déploiements policiers et leur brutalité, certains ont cru à un retour au coup d'état de 1980 et à l'état d'urgence.

Autre exemple, aujourd'hui, si vous déclarez que « l'objection de conscience » est un droit de l'homme, vous vous retrouvez sur le banc des accusés pour « insulte à l'armée ».

C'est ce qui est arrivé à cette malheureuse journaliste Perihan Magden…

Vous avez dit « Etat de droit » Monsieur le Procureur?

 

Suis-je un dirigeant du DHKP-C ?

 

Dans son réquisitoire, Monsieur le Procureur m'accuse d'être un leader du DHKP-C. Il explique en même temps que cette organisation croit posséder la vérité absolue et ne respecte aucune autre idée que la sienne.

Or, j'entretiens un contact régulier, avec diverses personnalités politiques, académiques, artistiques et scientifiques de Belgique et d'ailleurs, qui prônent des idées parfois diamétralement opposées aux miennes et collabore avec ces personnalités dans le respect total de leurs opinions.

Depuis 6 ans, je me consacre tout particulièrement à défendre le droit des prisonniers de Turquie à vivre dignement et décemment.

J'ai participé à l'envoi de missions d'observation en Turquie. Dans ce cadre, j'ai arrangé de nombreux rendez-vous entre des institutions turques et des observateurs européens.

J'ai traduit et rédigé des dizaines de milliers de pages de rapports sur les violations des droits de l'homme, d'articles de la presse gouvernementale, de témoignages de détenus et de leurs familles, de pétitions, de communiqués de presse d'ONG ou de lettres personnalisées notamment à des parlementaires belges et européens.

En ce moment même, je contribue activement au dialogue entre les détenus et le gouvernement pour la cessation du conflit dans les prisons et pour l'amélioration de leurs conditions de détention.

Alors de deux choses l'une : soit le DHKP-C n'est pas une organisation fanatique et sectaire comme le prétend le Procureur Delmulle. Soit, je ne suis pas membre de l'organisation.

Messieurs les Juges, l'Etat turc assène ses citoyens depuis le berceau jusqu'au tombeau, à l'école, au travail, à l'armée, de la devise que « chaque turc naît soldat », que « la plus grande joie est de se dire Turc » ou encore que « le Turc n'a d'autre ami que le Turc ».

Pour le DHKP-C, à l'inverse, chaque communauté du pays a le droit de clamer son identité nationale, ethnique, philosophique ou religieuse.

Musa Asoglu est Abkhaze.

Dursun Karatas et Fehriye Erdal sont Kurdes.

Sükriye Akar est Laze.

Zerrin Sari et Kaya Saz sont Turcs.

Et moi-même, je suis Arabe. Et dans les milieux proches du DHKP-C, j'ai toujours pu le revendiquer haut et fort.

Tandis que l'Etat turc, lui, crachait sur mes origines, mes amis du DHKP-C, les ont respectées et ont défendu mon droit de les revendiquer.

Je n'ai vu l'intolérance, le fanatisme et la cruauté que le procureur fédéral impute au DHKP-C que dans les agissements de l'Etat turc.

Regardez les premières pages du plus grand quotidien turc « Hürriyet » et vous verrez qu'il y est indiqué en en-tête que « la Turquie est aux Turcs ».

Lors de cérémonies militaires organisées le 30 août dernier, quatre étudiants ont été violemment molestés par une foule haineuse. Le crime de ses quatre étudiants qui entendaient protester contre l'envoi de troupes turques dans le sud Liban était d'avoir déployé un calicot arborant une devise qui n'a pourtant rien d'anti-militariste: « Nous ne serons pas des soldats d'Israël » disait la pancarte.

Savez-vous ce que Celalettin Cerrah le chef de la police d'Istanbul a déclaré suite à ce lynchage ? « Je félicite la population. Elle a bien réagi ».

C'est pas un appel à la haine et au meurtre ça ?

Vous avez dit « Etat de droit » et « démocratie » Monsieur le Procureur ?

 

Sympathie et empathie

 

Tout au long des années 90, les télévisions privées turques émettant par satellite nous montraient les images de militants, pour la plupart du DHKP-C, capturés et parqués dans une salle de la section anti-terroriste de la police après qu'ils aient disparu pendant plusieurs jours. Ces militants physiquement détruits par plusieurs jours de tortures, « noirs de barbes, hirsutes, menaçants » comme disait Louis Aragon dans son célèbre poème « l'Affiche rouge », se dressaient, le poing levé, fiers, sereins et stoïques.

En montrant ces images, l'Etat turc cherchait un effet de peur sur la population.

Chez moi comme chez de centaines de milliers de citoyens turcs, ces images suscitaient le respect.

Pour être plus précis, messieurs les juges : j'éprouve de l'admiration pour le courage, l'abnégation, la sagesse, l'humilité et l'altruisme des militants du DHKP-C.

Cela peut vous paraître invraisemblable mais c'est grâce au DHKP-C que j'ai commencé à aimer la Turquie, ce pays que j'ai longtemps détesté en raison du racisme, du chauvinisme et de la répression bestiale, qui y règnent. Oui, c'est grâce au DHKP-C que j'ai commencé à véritablement aimer la Turquie, au-delà d'une simple destination de vacances. C'est le DHKP-C qui m'a permis de refaire confiance en l'Homme, en ses espoirs et en ses capacités créatrices.

Sachez, Messieurs les juges que je n'ai jamais été membre du DHKP-C et que, par ailleurs, je ne m'étais jamais posé la question jusqu'au jour où l'on me traîne devant vous.

Pour moi, la question de mes sensibilités politiques relève de la liberté d'opinion et d'expression. Cette question est complètement accessoire.

J'étais d'ailleurs marxiste avant d'avoir rencontré le DHKC. J'ai découvert que son projet de société coïncidait avec mon idéal social. C'est ainsi que j'ai sympathisé avec ce mouvement populaire à travers mon engagement au sein du bureau d'information de Bruxelles en tant que traducteur et coordinateur de campagnes de soutien aux prisonniers politiques de Turquie. 

Messieurs les juges, je tiens à souligner qu'il faille ne pas confondre un bureau d'information avec l'ensemble du mouvement DHKC et de ses formes d'action. Dois-je rappeler que même Madame la ministre Onkelinx a reconnu en 2004 que ce bureau agissait selon des droits qui lui étaient garantis par notre Constitution ?

Je demande à la Cour, de faire la distinction entre mon sentiment d'appartenance que je clame sans réserve et une prétendue appartenance politique proclamée par des organes de presse sur lequel je n'ai jamais eu le moindre contrôle. L'empathie et l'appartenance officielle sont deux choses bien distinctes de même que le DHKC et le bureau d'information du DHKC.  Je n'ai jamais été coopté, nommé, adoubé, hissé, muté, ni gradé par les dirigeants du DHKP. Je ne connais d'ailleurs aucun dirigeant de ce mouvement et c'est bien la dernière de mes préoccupations.

La seule chose qui compte pour moi est de vivre en harmonie avec mes idéaux et de soutenir des prisonniers politiques dont j'estime le combat indispensable pour le progrès social en Turquie. Et rien ne m'en empêchera, ni la privation de liberté, ni la mort civique ni même la mort physique.

D'autre part, je m'indigne de la légèreté avec laquelle les autorités belges et turques se sont comportées dans le dossier d'extradition de l'assassin fasciste du journaliste turc Abdi Ipekçi, aussi ancien que ce crime puisse être. Le « Loup Gris » impliqué dans cet assassinat datant de 1979 se nomme Yalçin Özbey. Le journaliste qu'il assassina en Turquie n'était pourtant pas révolutionnaire et s'opposait ouvertement à la lutte armée. Mais qu'importe, pour l'extrême droite turque, ceux qui ne pensent pas comme eux sont des ennemis à exterminer… Grâce à ses liens avec les services secrets turcs de la MIT, Yalçin Özbey a pu s'en sortir à bon compte en Turquie et a été très vite relaxé en Belgique. Les autorités judiciaires turques auraient en effet commis une erreur formelle dans leur demande d'extradition de ce malfrat…

Je constate que le Parquet qui prétend que ce procès n'est pas politique, demande à la justice de ce faire plus répressive lorsque ce sont des communistes qui sont incriminés. Pour ma part, je fais simplement confiance en la justice de mon pays pour ne pas répondre à ces injonctions qui visent à limiter la liberté d'expression.

Permettez-moi de répondre une à une, aux accusations proférées par le procureur Delmulle et tout d'abord, à l'accusation d'avoir « grandi dans l'organisation ».

Dans son scénario loufoque, il y a :

 

1. L'accusation de « dirigeant d'un camp de jeunes du DHKP-C».

 

D'abord, les activités estivales et hivernales auxquelles j'ai participé ne sont pas des camps de formation militaire mais des camps de vacances tout à fait légaux, familiaux et ouverts, destinés à faire vivre « l'amitié, la solidarité et la culture populaire anatolienne ».

Les familles étaient hautement satisfaites de ce genre de rencontres. Elles se réjouissaient en effet, de voir leur fille ou leur fils être plus serviables à la maison, plus respectueux, plus humbles.

D'après une vidéo saisie à Amsterdam montrant un camp de vacances organisé à Spa, on me verrait aux côtés de Nuri Eryüksel, le « responsable du DHKP-C pour l'Europe ».

Permettez-moi de dire, messieurs les juges, que, quand bien même cette information serait vraie, le fait de côtoyer Nuri Eryüksel ne constitue aucunement un délit. Et quand bien même cela aurait été le cas, c'est un honneur pour moi d'avoir faire connaissance avec un homme d'une intelligence, d'une sagesse et d'un humour exceptionnels, malgré les souffrances qu'il doit endurer en raison de son handicap physique et de son long passé carcéral en Turquie. Cet homme qui est non-voyant et que le procureur dépeint comme un démon est en effet un homme de culture et de raffinement, qualités qui, manifestement, manquent beaucoup chez ceux qui le stigmatisent.

Ce dernier affirme que j'aurais organisé le camp de Spa et ce, alors que je déclare dans la même vidéo que c'était la première fois que j'y participais et que j'avais raté les premiers jours du camp.

Messieurs les Juges, permettez-moi de rappeler qu'en tant qu'arabophone n'ayant jamais fait d'études en langue turque, en 1997, année où le fameux camp fut organisé, je ne parlais qu'un Turc approximatif et donc, n'aurait aucunement pu assumer un rôle dirigeant dans ce camp.

A l'époque, ce qui m'intéressait, c'était la chanson engagée et si vous visionnez les images, vous verrez que je chante dans la chorale du camp. Vous ne pouvez pas ne pas le reconnaître Messieurs les Juges : la thèse du « dirigeant du camp » est pour le moins tirée par les cheveux.

 

2. L'interprétation de la phrase : « Les polices belge et turque collaborent contre le DHKP-C. Nous devons faire une action ».

 

Tout d'abord, cette collaboration existait bel et bien ! A ce propos, je tiens à préciser que cela fait dix ans déjà que j'organise des manifestations démocratiques et légales dans le cadre de mon engagement pour la démocratisation de la Turquie.

En tant que citoyen belge, je pense que ma Constitution m'autorise à mener des actions dénonçant ce genre de collaborations déplorables.

Le procureur me dénonce par un procédé malhonnête et provocateur tout en sachant que « l'action » dont j'aurais parlé n'avait aucune connotation violente ou illégale.

 

3. La découverte de mes papiers à Knokke

 

Permettez-moi d'expliquer les circonstances de cette découverte.

Un jour, quelqu'un est venu me retrouver et m'a confié qu'il me fallait prêter mon identité pour sauver une personne en danger.

Bien entendu, j'ai accepté sans la moindre hésitation. J'ai effectivement remis un croquis de ma signature avec les indications permettant de la falsifier.

Ma motivation était de participer à une cause noble, celle de sauver la vie d'un être humain.

Il y eut un temps en Belgique où il était illégal d'héberger des Juifs chez soi. Et pourtant, nombreuses sont les familles dont l'éthique et la conscience ont outrepassé les lois de l'époque, aussi dangereuses furent-elles.

Si j'ai pu sauver une vie humaine, je ne regrette absolument rien…

Petite précision : aucun des documents originaux évoqués par le Procureur fédéral n'a été retrouvé à Knokke. Je n'ai remis à la personne susmentionnée que les photocopies de mes pièces d'identité et de ma carte bancaire.

J'en tiens pour preuve le passeport que mon conseil Carl Alexander a exhibé devant la Cour la semaine dernière.

Encore une fois, il apparaît que le Procureur joue sur la manipulation, la contrevérité et la surenchère pour obtenir mon châtiment lourd, objectif qui semble devenir pour lui une véritable cause.

 

4. L'émission « Au nom de la loi » de janvier 2001

 

Sur les images de cette édition de l'émission « Au nom de la loi » consacrée à « l'affaire Erdal », j'ai effectivement parlé de l'attentat qui a visé le Sabanci Center ainsi que le jet de cocktails molotov sur des intérêts commerciaux turcs à Bruxelles. J'ai en effet justifié ces actes mais il serait abusif de déduire de cela que j'aurais joué un rôle dans son organisation.

De plus, mon état physique et émotionnel était frappé par une terrible nouvelle.

Lorsque je fus interrogé par le journaliste de la RTBF dénommé Michel Hucorne, c'était le 19 décembre 2000, précisément le fameux jour du massacre des prisonniers par l'armée turque. C'était un jour d'apocalypse. Je venais de sortir de 46 jours de grève de la faim, de deux heures de sommeil et venais d'apprendre le décès de plusieurs détenus dont certains, que je connaissais personnellement.

J'avais cru en une solution pacifique à la tragédie des prisons mais comme des millions de gens en Turquie, je m'étais trompé : le gouvernement préféra en effet gazer et achever au lance-flamme des prisonniers affaiblis par leur grève de la faim plutôt que d'entendre leurs souffrances et leurs griefs.

Une victime directe de cette tragédie aurait, par ailleurs, pu témoigner devant cette Cour si ses autorités n'avaient pas rejeté son témoignage.

Mes affirmations infondées et sans doute maladroites, diffusées dans l'émission précitée, sont manifestement à mettre sur le compte de mon affliction par rapport à ce qui venait de se produire sous nos yeux dans les prisons turques. Il a ainsi été très facile pour le journaliste de la RTBF de me piéger par ses questions inquisitrices.

Suite à cette interview, j'ai écrit plusieurs fois à Monsieur Michel Hucorne le conviant à retirer cette interview controversée.

Le journaliste m'a répondu par courrier et par téléphone par la négative, arguant que s'il retirait mon interview, tout son scénario s'écroulerait.

Il lui fallait du sensationnel. Tout comme à vous Monsieur le Procureur : sans cette interview, votre scénario s'écroule.

Soit dit en passant, comme l'a rappelé mon avocat , cette interview ne peut en aucun cas être retenue contre moi dans ce procès, vu son caractère obsolète.

 

5. La conférence de presse du 28 juin 2004

D'emblée, je tiens à souligner que durant cette conférence de presse organisée par une coalition du nom de « Resistanbul 2004 » et ce, en marge du sommet de l'OTAN qui se déroulait à Istanbul, il n'a jamais été question de parler de l'explosion accidentelle déclenchée par la combattante dénommée Semiran Polat.

La conférence portait strictement sur la militarisation abusive de la ville d'Istanbul en raison de la venue de Georges W. Bush et d'autres chefs d'état.

Certains provocateurs de la presse turque ont beau essayé de piéger Musa Asoglu en tirant le débat sur ce sujet, ce dernier a aimablement éludé la question pour recentrer le débat sur le véritable sujet de la conférence de presse. Si Monsieur Delmulle souhaite avoir une copie de la conférence de presse, il n'a qu'à contacter l'agence de presse turque Ihlas Haber Ajansi (IHA). Les images qui ont démenti la version du procureur fédéral proviennent précisément de cette agence de presse.

Par ailleurs, une correspondante de l'agence italienne ADN Kronos a également assisté à cette conférence de presse. Si une telle revendication avait été proférée, croyez-vous vraiment qu'une agence de presse internationale aurait ignoré cette information ?

Il est plus que navrant que nous nous retrouvions aujourd'hui à polémiquer sur de tels infantilismes. Pour dissiper les soupçons, voici un extrait du seul communiqué lu et distribué au cours de la conférence de presse que j'ai organisé au New Hotel Charlemagne :

 

« Depuis des mois déjà, la Turquie est sous occupation. C'est devenu un pays où se pavanent allègrement les agents de la sûreté de dizaines de pays, CIA et Cie. L'endroit où se tient le sommet a été baptisé la "vallée de l'OTAN". Dans cette zone de sécurité qui est la propriété de l'OTAN, aucune loi n'est d'application. Dans une métropole de 15 millions d'habitants, pas moins de 15.000 policiers, 500 tireurs d'élite et des troupes militaires déployés par terre, par mer et dans les airs.

Plusieurs associations ont été perquisitionnées et mises sous scellés sans l'avis d'un procureur, avec le prétexte de "préparatifs pour le sommet de l'OTAN". Des centaines de personnes ont été raflées chez eux ou au cours des démonstrations.

Dans cette "vallée", près de 300.000 personnes et 50.000 véhicules ont été fichés. Dans la galerie commerciale historique de Kapalý Çarþý, 15.000 commerçants et ouvriers ont été interrogés et fichés. Les personnes qui n'ont pas pu obtenir un certificat de "sécurité" ont vu leur magasin fermé obligatoirement. Ils ne pourront regagner leur boutique que sur présentation de leur carte de "sécurité". Cette galerie commerciale sera ainsi réservée à 800 délégués de l'OTAN. Les universités seront fermées pendant deux jours. » Fin de citation.

 

6. Mon interview pour le journal télévisé RTL du 28 juin 2004

 

J'ai beau lire et relire le procès-verbal relatif à mon intervention télévisée, je n'ai toujours pas reconnu de revendication dans mes propos.

Je m'excuse de devoir dire à nouveau que Monsieur le procureur se livre au plus odieux des mensonges et ne recule devant aucun artifice.

On voit très bien dans l'interview que je parle à la troisième personne du pluriel et l orsque l'on parle à la troisième personne du singulier, il n'est pas question d'une quelconque implication de l'orateur. De plus, pour qu'il y ait revendication d'attentat, il aurait fallu que j'en aie l'intention. Or, non seulement, ce n'est pas le cas, mais en plus, ce n'est pas moi qui ai été retrouver le journaliste ; c'est lui qui est venu vers moi. D'autre part, dans cette interview, je n'ai nullement appelé à la violence ni la haine.

C'est pourquoi je pense que cette nouvelle manipulation du Procureur Delmulle ne peut qu'être balayée d'un revers de la main.

 

Conclusion 

 

 

Force est de constater que les faits énumérés à mon encontre par le procureur Delmulle n'ont rien de subversif et encore moins de répréhensibles.

Les allégations de « dirigeant d'organisation terroriste » que je serais devenu après « avoir grandi dans l'organisation » sont manifestement un pur produit de son imagination malveillante et de son attitude partisane évidente.

En effet, en dix ans d'activisme politique et social, j'ai toujours utilisé les mêmes moyens d'expression légaux et démocratiques.

Plus qu'un qualificatif juridique, l'accusation de terroriste est une insulte visant ma personne mais également toutes celles et ceux qui ont consacré leur vie à faire de la Turquie et le monde un havre de paix et de fraternité.

Que le Procureur Delmulle haïsse mes opinions ne me dérange pas le moins du monde. Mais qu'il se mette à m'insulter en me traitant de « terroriste » : je trouve cela inacceptable.

Ces dernières années, j'ai eu l'occasion de côtoyer Sükriye Akar au bureau d'information du DHKC à Bruxelles. Sükriye y a consacré le plus fort de son temps aux détenus politiques, parmi lesquels Fikret Akar, son mari.

Elle passa des mois entiers à scanner les lettres, les dessins et les revues envoyés à notre bureau par les prisonniers politiques de Turquie. Elle organisait la connexion entre les prisonniers politiques de tous les continents en traduisant les lettres des uns et des autres.

A travers son incarcération, des centaines de détenus se retrouvent un peu plus réduits et condamnés, tant en Turquie que dans le monde.

En la châtiant, ce sont les prisonniers politiques victimes de terrorisme de l'Etat turc que l'on punirait.  

Je me souviens que Musa Asoglu et moi-même avions été reçus le 10 octobre 2002 par le directeur général du Parlement européen, Monsieur Bo Manderup Jensen, à qui nous avions remis 155.000 signatures collectées lors d'une campagne contre les mauvais traitements et le régime d'isolement dans les prisons de type F.

Ces deux faits indiquent bien que l'activité de Musa Asoglu et de Sükriye Akar dans le cadre du bureau d'information de Bruxelles, ont été de nature parfaitement légale et démocratique.

Tout au long de mes dix années d'engagement politique et social, je n'ai jamais appelé à la haine mais bien à la résistance à l'oppression, tel que me le permet l'article 2 de la Déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Ce n'est pas moi qui l'invente.

Or, quand je parle de résistance à l'oppression, M. Delmulle parle de terrorisme contre la démocratie. Ce sont là des points de vue politiques qui sont exprimés.

Vous m'accorderez donc, messieurs les juges, mon « médiactivisme »  est une pratique indiscutablement garantie par l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 qui prévoit que : « Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit ».

Messieurs les Juges, c'est par idéal démocratique, par amour des libertés publiques et privées que je vous demande de ne pas céder aux attaques que le Procureur portées contre la démocratie et la liberté d'expression. Son réquisitoire digne des pires périodes du MacCarthysme, dresse un portrait diabolique de ma personne en mettant bout à bout des éléments non seulement indépendants les uns des autres, mais en plus parfaitement anodins et relevant du stricte droit d'expression. C'est pourquoi messieurs les juges, je vous demande de m'acquitter et de me permettre de continuer mon travail d'information et de solidarité, pour que la Turquie que j'aime devienne un jour réellement un pays démocratique.



[1] [1] Le 17 novembre 1998, l'institut kurde de Bruxelles situé rue Bonneels ainsi que d'autres associations kurdes, furent la proie de l'hystérie fasciste et furent incendiés suite au refus des autorités italiennes d'extrader le dirigeant du PKK Abdullah Öcalan vers la Turquie A l'époque, le premier ministre turc de l'époque Mesut Yilmaz avait clairement appelé aux représailles anti-kurdes en ces termes : « la Turquie ne laissera pas cela sans réponse ».

16:50 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, belgique, capitalisme, courcelles, democratie, europe, euro-dictature, fascisme, gangsterisme, histoire, liberte, oppression capitaliste, politique, presse, propagande, romain, resistance, silence, solidarite, terrorisme, turquie, usa | |  Facebook | |  Imprimer | | |

15/09/2006

14/09/2006: ISRAEL : La culture du mépris des Palestiniens

The Holocaust and Palestine - L' holocauste et la Palestine occupée     08/11/2001

 

 

 

 

De : Transfer_info@yahoogroupes.fr [mailto:Transfer_info@yahoogroupes.fr] De la part de adac association
Envoyé : jeudi 14 septembre 2006 14:13
À : Transfer info
Objet : [Transfer_info] ISRAEL : La culture du mépris des Palestiniens

 

BERNARD NOEL(POETE)...LA CULTURE DU MEPRIS EN ISRAEL

(Bernard Noel, Grand Prix national de Poésie 1992 EST né le 19 novembre 1930.

Il est écrivain et poète,

« Poète, dit-on de Bernard Noël (l'un des plus grands, ne dit-on pas moins). Oui, mais à la condition qu'on dise que la poésie serait alors : tamis, râpe, laminoir de la langue. Supplice de la pensée au sens de Kafka dans La Colonie pénitentiaire (où le texte s'écrit à même la chair) »)

 

INCURSIONS, IRRUPTIONS. CULTURE DU MEPRIS EN ISRAEL BERNARD NOEL POETE ECRIVAIN

 

INCURSIONS

 

Le mot « incursion » sert à désigner, dans les derniers bulletins d'information de France-Culture, les opérations militaires israëliennes au Liban. Ce mot saisit parce qu'il est original par rapport au vocabulaire des autres chaînes. D'après Littré, « l'incursion est une course ; par conséquent celui qui la fait passe seulement sur le terrain qu'il ravage ». Bien que vieille d'un siècle et demi, cette définition décrit assez bien l'action d'Israël, sauf que la « course » viole cette fois l'espace aérien et que le « ravage » tombe ainsi principalement du ciel.

 

Littré renvoie au mot latin « incursio » qu'il traduit par « invasion ». La consultation du Gaffiot donne « choc , attaque » pour « incursio », puis « se jeter sur » pour « incursito » et « fondre sur, attaquer » pour « incurso ». Il ne faut pas, dit le Dictionnaire analogique, confondre « incursion » , qui est le fait de pénétrer momentanément dans un domaine qui n'est pas le sien, avec « irruption », qui consiste à pénétrer de vive force et à s'installer…

L'aviation, est l'instrument parfait de « l'incursion » puisqu'elle « se jette sur » son objectif et retourne aussitôt vers sa base. Les chars , les commandos, l'infanterie, par contre, sont obligés de faire « irruption » même si, officiellement, leur commandement n'a pas l'intention de s'installer. L'armée israëlienne, dénommée Tsahal, combine de toute évidence depuis un demi-siècle « incursion » et « irruption » pour le plus grand dommage de ses voisins.

 

L'histoire de cette période prouve en effet que l'existence et le comportement de Tsahal font de l'incursion et de l'irruption une méthode d'intimidation brutale dont l'exercice est sans cesse nourri d'actions violentes. Cela va du « bouclage » toujours arbitraire à la confiscation des terres, de la destruction des oliveraies et des maisons à l'assassinat ciblé, du bombardement des infrastructures civiles au bombardement des civils, de l'enlèvement et de la séquestration des responsables politiques à l'emprisonnement et à la torture de quiconque a l'infortune d'être au mauvais endroit au mauvais moment. Tout cela au nom d'un droit à l'autodéfense et à la sécurité dont le résultat est de créer une insécurité générale, non seulement autour d'Israël mais dans tout le Moyen Orient.

 

Devant tant de violences, dont le seul succès est d'en appeler et d'en rappeler d'autres aux références totalitaires fâcheuses, il semble que le simple bon sens aurait dû conduire à demander à la paix ce que ne peut obtenir par la guerre. Mais non, l'Etat d'Israël s'obstine à entretenir l'oppression, la peur, la menace quand il ne passe pas à des actes qui visent à terroriser l'ennemi qu'en réalité ils fabriquent. Pourtant, ces jours-ci, les actes en question atteignent un degré où l'injustifiable le dispute à la sauvagerie. Une sauvagerie masquée par la technologie guerrière qui métamorphose les tueries en une affaire inhumaine que les communiqués qualifient de « dégâts collatéraux ».

 

L'humanité a sans doute besoin du contact, de la vision directe ou du face à face pour que le tueur ait conscience du droit de mort dont il dispose. On peut croire que tel n'est pas le cas de l'artilleur ou de l'aviateur qui tirent sur un « objectif », mais comment accorder cette circonstance atténuante aux généraux, ministres et chef de gouvernement dont le moins qu'on puisse attendre d'eux est qu'ils sachent ce qu'ils font ? Quand on compare l'importance des « dégâts » et la justification qu'en donnent les responsables israéliens, on se demande ce qui l'emporte chez eux du mensonge ou du racisme dans leur empressement à pousser au crime.

 

Bien sûr, une bonne partie de leur arrogance dans le déni des faits tient à l'aide constante et à la conduite exemplaire de leur soutien américain, qui a si brillamment réussi la démocratisation de l'Irak et de l'Afghanistan. Les crimes de guerre, la torture des prisonniers, les massacres changent de nature dès lors qu'on les qualifie de lutte contre le terrorisme : ils tirent même de cette qualité une sanctification. Et puis, de toute évidence, les victimes de cette lutte n'ont pas droit à ce statut : il suffit de vous étiqueter « terroriste » pour que vous cessiez d'être un humain.

 

Depuis des années, et les témoignages abondent à ce propos, on assiste en Israël à un entraînement au mépris. Au mépris du Palestinien, jour après jour humilié aux check-points, privé de travail, privé d'eau, d'électricité, de nourriture, malmené pour un oui pour un non, emprisonné sans jugement… Encore n'est-ce là que les formes les plus douces d'une oppression qui n'hésite pas à recourir aux obus, aux bombes, aux fusillades à Gaza ou au fameux « Mur » qui est en train de transformer la Cisjordanie en camp de concentration.

 

La gravité de la situation ainsi créée s'accompagne de dizaines de morts avec un fort pourcentage de femmes et d'enfants. Tout cela a été dénoncé en vain par des articles, des documentaires, des livres, mais rien ne dénonce la dégradation morale qu'entraîne chez les Israéliens l'exercice régulier de l'oppression. Si l'artilleur et l'aviateur ne voient peut-être pas ce qu'ils font, l'oppresseur le voit fort bien quand il laisse des malheureux attendre des heures durant un passage, quand il enfonce les portes, casse les meubles, quand il écrase une maison avec son tank ou son bulldozer, quand il tire sur des enfants. Pour supporter ce face à face, il faut avoir pratiqué longuement le mépris et même en avoir fait sa culture. On sait à quel point il faut déshumaniser l'Autre pour le traiter comme un être inférieur.

Le gouvernement israélien organise cette déshumanisation et le mépris raciste qui en découle. Il s'étonne de la résistance qu'il rencontre dans le temps même où il s'efforce d'en finir avec elle. D'où ce redoublement de violence, qui prouve un désir de génocide latent, et la rage de ne pas oser l'accomplir. Cette rage aveugle monsieur Olmert et sa clique puisqu'elle les fait agir à l'inverse de l'intérêt de leur peuple également aveuglé par leur propagande. Ainsi au quinzième jour de la destruction du Liban avec des bombes américaines dans le but de provoquer le rejet du Hezbollah cause, soit disant, de tout ce malheur, un sondage révèle aujourd'hui que 87% des Libanais voient dans le Hezbollah un mouvement de résistance qui les honore.

 

La bêtise politique est criminelle : on le voyait en Irak, en Afghanistan, on le voit hélas en Palestine et au Liban. Le plus accablant est que cette bêtise ne rencontre aucune opposition dans un Occident qui se déshonore en lui trouvant des motifs respectables. Les pays arabes ne font pas mieux mais ils ont l'excuse, grâce encore à l'Amérique, d'avoir des gouvernements qui sont étrangers aux aspirations de leurs peuples. Il n'est pas nouveau de traiter de terroristes des mouvements de résistance, mais les utilisateurs de cette rhétorique apparemment inusable devraient savoir qu'il est dangereux de précipiter la résistance dans le désespoir.

 

L'honneur n'a jamais été le fort des diplomates et des commerçants, mais il fut longtemps la règle du jeu des militaires. Quel honneur pourrait-il y avoir à bombarder une usine de lait, les pistes d'un aéroport civil ou les immeubles de l'autorité palestinienne ? Il est dommage que Tsahal et ses généraux n'aient jamais eu à méditer ce vers classique devenu proverbial : « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». L'honneur d'Israël ne tient plus qu'aux quelques « refuzniks » qui refusent de massacrer des innocents, mais pour Tsahal, il est trop tard, cette armée d'élite n'est entraînée qu'à écraser plus faible qu'elle, aussi doit-on la considérer désormais comme la plus lâche du monde.

 

Bernard Noël, écrit le 2/08/06.

 

http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=65869

 

Sites à visiter :

http://www.minorites.org/

http://www.palestine-vivra.org/

http://fr.groups.yahoo.com/group/assawra/

http://fr.groups.yahoo.com/group/islam_jeunesse_internati...


Pour consulter votre groupe en ligne, accédez à :
http://fr.groups.yahoo.com/group/Transfer_info/

09:57 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, belgique, barbarie, courcelles, crimes, colonialisme, democratie, fascisme, guerre, gangsterisme, histoire, irak, afghanistan, imperialisme, israel, liban, liberte, onu, otan, ocupations, palestine, politique, presse, romain, racisme, resistance, sionisme, silence, solida | |  Facebook | |  Imprimer | | |

09/09/2006

12/09/2006: Bruxelles: action de protestation devant l’ambassade des Etats-Unis

Mardi 12 septembre 2006 à 17h le comité belge pour la libération des Cinq prisonniers cubains aux Etats-Unis organise une action de protestation devant l’ambassade des Etats-Unis à Bruxelles (boulevard du Régent, 27, entre la rue de la Loi et la rue Belliard – métro Arts-Loi)
Le 12 septembre 2006, cela fera déjà 8 ans, que les Cinq ont été arrêtés et emprisonnés. Ensemble ils ont déjà perdu 40 ans en prison, injustement.
 
Cette action fait partie de la campagne mondiale pour la libération des Cinq, du 12 septembre à 6 octobre
 

Soutiennent cette action :
InitiativeCuba Socialista, Amis de Cuba asbl, Kurt De Loor (Parlement Flamand Spa), Eloi Glorieux (Parlement Flamand, Groen!), Sven Gatz (Parlement Flamand VLD), le secrétariat fédéral de la Centrale Générale de l’FGTB, Johnny Goethals (ACOD militant UZ Gent), Frank Stappaerts (président Humanistisch Verbond Antwerpen), Dirk De Zutter (COC), Eddy Boutmans (ancien secrétaire d’Etat de la Coopération au développement), Christenen voor het Socialisme, Carola Van Hove (gewestelijk vormingswerker ABVV M + K regio Kempen), Luthiers Sans frontières (LSF), SEDIF (service d'information et de formation sur l'AL), Vrede vzw, Prof. François Houtart (CETRI)

Nous invitons aux organisations et personnalités à soutenir cette action de protestation, s.v.p. contactez free-the-five@cubanismo.net , 02 209 23 50 ou 0476 810 413

Le 12 septembre à 19.15h nous vous invitons à participer au soirée d'info:
Cuba, Fidel et les Cinq
sur la relation entre les agressions terroristes des USA contre Cuba, le ‘Plan Bush’, la maladie de Fidel, la maffia cubaine à Miami et les Cinq cubains emprisonnés injustement aux USA..
 
avec Eduardo Perera, nouveau conseiller de l’ambassade de Cuba et Marc Vandepitte, auteur, présent à Cuba au moment que la maladie de Fidel à été communiqué.
 
à intal, 53 Chaussée de Haecht, 1210 Bruxelles (à 5 minutes du métro Botanique)


Plus d’info : www.cubanismo.net
Katrien Demuynck
Comité pour la Libération des Cinq - Belgique / Coordination européenne de la campagne
53 chaussée de Haecht
1210 Bruxelles
02 209 23 50

06:57 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, merique, belgique, courcelles, cuba, democratie, gangsterisme, histoire, imperialisme, liberte, politique, presse, romain, resistance, silence, solidarite, usa | |  Facebook | |  Imprimer | | |

04/09/2006

06/09/2006: Soirée télé ce mercredi 6 septembre à 21h10 sur RTL-TVI: FARENHEIT 9/11

Soirée télé ce mercredi 6 septembre à 21h10 sur RTL-TVI: FARENHEIT 9/11

 

 

 

 

-----Message d'origine-----
De : André Despontin [mailto:andna@skynet.be]
Envoyé : lundi 4 septembre 2006 13:16

Objet : Soirée télé.

 

À ne pas manquer:

 

            Ce mercredi 6 septembre à 21h10

            sur RTL-TVI

 

            un documentaire du réalisateur américain Michael Moore :

 

                    FARENHEIT 9/11

                    Palme d'Or au festival de Cannes 2004

 

Avec parfois une pointe d'humour, le film dénonce les dérives de

l'administration Bush depuis les attentats du 11 septembre jusqu'au

déclenchement de la guerre en Irak.

La critique reproche souvent la partialité de M. Moore. Personnellement,

je crois qu'on ne peut taxer de "partial" un documentaire entièrement

basé sur des faits réels mais qui risque effectivement de heurter ceux

qui croient encore à une Amérique salvatrice volant au secours des

peuples opprimés par les méchants.

Si je devais risquer un reproche à ce film, c'est de donner l'impression

que G.W. Bush et son entourage sont seuls responsables de la situation

actuelle, alors que les États-Unis n'ont cessé de mener une politique

extérieure expansionniste depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Actuellement, on dénombre sur la planète près de 700 bases militaires

US, hors États-Unis ...

 

    André Despontin

18:49 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : television, actualite, belgique, fascisme, flicage, gangsterisme, histoire, politique, presse, propagande, romain, silence, terrorisme, usa, imperialisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |