10/03/2010

07/03/10: Le Guide du Richard : Famille Janssen...

Le Guide du Richard : Famille Janssen

Un pouvoir allant de la Table ronde au… champ de bataille de Waterloo. Descendre à la fois des banquiers Janssen, des chimistes Solvay et des sidérurgistes Boël garantit une fortune certaine. Qui a permis au baron Daniel Janssen de siéger dans les plus puissants cercles patronaux.

Marco Van Hees, avec « Robert »

 

Où dormir ?

Cher

● LA HULPE. Si vous avez déjà été à La Hulpe, en Brabant wallon, vous connaissez sans doute le château Solvay et son parc, ouvert au public. Juste en face, un parc privé, encore nettement plus beau, abrite les trois frères Janssen.

À une époque, ces deux parcs n'en faisaient qu'un. En 1893, le célèbre industriel Ernest Solvay achète parc et château au marquis de Roest, qui a lui-même acquis le domaine au comte de Béthune, administrateur de la Société générale. Cette dernière est en effet propriétaire de la forêt de Soignes depuis 1822 et en cède de grands morceaux, dont le futur parc Solvay, à des particuliers.

La partie formant l'actuel parc des Janssen sera léguée à Jeanne Solvay, fille d'Ernest Solvay et arrière-grand-mère de Paul, Eric et Daniel Janssen, la génération actuelle. Propriété d'Imbra, la société familiale, ce domaine compte trois châteaux et autres demeures de prestige, des étangs, jardins, collines, vergers, vallées de rhododendrons et d'azalées, le tout sur 205 hectares. Sachant que le m2 tourne autour de 250 € à La Hulpe, cela valorise le terrain à un demi-milliard d'euros, bâtiments non compris.

● LASNE. Au sud de La Hulpe, Imbra possède également 425 hectares sur diverses localités de Lasne, la commune la plus riche de Wallonie. Ce patrimoine comprend le Royal Waterloo Golf Club et une partie du champ de bataille de Waterloo.

● LOMBISE. Deux fils d'Eric Janssen, Marc-Eric et Cyril, sont propriétaires du château de Lombise (entre Mons et Ath) et de son vaste domaine, légués par leur défunte mère, la comtesse Michèle de la Boëssière-Thiennes. Notons que leur patronyme a été modifié en « Janssen de la Boëssière-Thiennes ». La classe… Sauf venues épisodiques de leur grand-mère, la baronne Renée Carton de Wiart (91 ans), le château est inoccupé.

Où trouver femme à marier ?

Les Janssen, famille de banquiers et d'industriels depuis le 19e siècle, ne sont pas les derniers pour tisser des liens matrimoniaux ayant de gros effets patrimoniaux. Le baron Emmanuel Janssen (1879-1955), fondateur de l'Union chimique belge (UCB), a épousé la fille de Jeanne Solvay, tandis que leur fils aîné, Charles Janssen (1907-1985), a marié Marie-Anne Boël. Les trois fils de ceux-ci – Paul-Emmanuel, Eric et Daniel – sont donc des descendants à la fois des Janssen, des Solvay et des Boël. Et actionnaires des sociétés contrôlées par ces familles : UCB, Solvay et Sofina, toutes trois cotées en Bourse.

A leurs tours, les trois fils et leurs enfants se sont alliés à de nobles et/ou riches familles : Bracht, de la Boëssières-Thiennes, van der Straten-Waillet, de Spoelberch, Goblet d'Alviella, etc.

Où rencontrer dirigeants politiques et gratin du patronat ?

Jusqu'à ce qu'il abandonne nombre de ses mandats en 2006, à ses 70 ans, le baron Daniel Janssen sera un des capitalistes belges les plus en vue. Il dirigera les deux multinationales familiales, Solvay et UCB, tout en étant administrateur de la Sofina, de la Générale de Banque, puis de Fortis qui rachète cette dernière (à cette occasion, il affronte son frère aîné Paul-Emmanuel, président de la Générale, qui s'oppose – en vain – à Fortis).

Mais il va également baigner dans d'importants cercles politico-patronaux. Alors que son père a été député libéral, il va lui-même commencer sa carrière en politique, comme secrétaire d'Albert-Edouard Janssen (1883-1996), cousin éloigné qui est à la fois ministre des Finances et… banquier.

En 1969, Daniel Janssen entre au Club de Rome (influent groupe de pression international) et au conseil d'administration de l'Université libre de Bruxelles (où il s'occupera de l'école de commerce… Solvay). En 1981, il accède à la présidence de la fédération patronale FEB. En 1991, il s'assoit à la Table ronde des industriels européens – qui dicte ses recommandations à l'Union européenne – où il présidera pendant dix ans l'incontournable « groupe de travail compétitivité ». Il sera aussi actif dans le groupe Bilderberg et à la Commission Trilatérale, autres cénacles internationaux.

Notons aussi qu'Armand de Decker (MR), président du Sénat et ancien ministre, est administrateur d'UCB. Et a eu comme collaborateur politique… Nicolas Janssen, un des fils de Daniel Janssen.

Où trouver un médicament pour perdre du poids ?

Depuis sa création en 1928, l'Union chimique belge (UCB) s'est muée en multinationale pharmaceutique présente dans plus de 40 pays. Propose-t-elle un médicament pour perdre du poids ? Seulement le poids de ses effectifs. Fin 2009, elle a annoncé la suppression de 174 emplois à Braine-l'Alleud (ramené à 135 après négociation) et 44 au Royaume-Uni. L'année précédente, le groupe avait déjà lancé un plan visant 2 000 emplois dans le monde, dont un quart en Belgique. « Le monde financier a des exigences de plus en plus grandes, explique le directeur du site brainois, nous voulons (…) regagner sa confiance. »

UCB a en tout cas toujours la confiance de la Région wallonne, qui l'a subsidiée dans le cadre du pôle « sciences du vivant » du plan Marschall. À moins que ce soit le pôle « emploi mort »…

Comment polluer pour un montant confidentiel ?

Quelle est la friche industrielle de Wallonie dont la dépollution est la plus chère ? L'ancienne usine UCB de Ville-sur-Haine (Le Roeulx), avec un coût de 24,4 millions d'euros. Active des années 1920 à 1985 dans le traitement du benzol et du goudron, elle a laissé 24 hectares de sous-sol et eaux souterraines chargés d'hydrocarbures, huiles minérales, métaux lourds, cyanures et phénols, dont une partie doit se perdre dans la Haine, la rivière qui longe le site et a donné son nom au Hainaut. Si les riverains sont allergiques à ces substances, ils peuvent toujours prendre du Zyrtec, médicament phare d'UCB.

A-t-on adressé la facture de 24,4 millions à UCB ? Les porte-parole du groupe et de la Spaque nous ont indiqué qu'en vertu d'un accord entre le ministre Lutgen et UCB, cette dernière interviendrait dans les travaux d'assainissement « pour un montant qui resterait confidentiel ». Le cabinet Lutgen s'est gardé de tout commentaire au motif que le ministre n'a plus l'environnement dans ses compétences.

La fortune des Janssen

● Fortune 2009 : 622 millions € (13e du top 100). Ce montant ne comprend pas l'immobilier.
● Evolution 2000-2009 : + 46 %.
● Taxe des millionnaires sur cette fortune : 18 597 700 €. De quoi augmenter de 100 € par mois la pension de 15 498 pensionnés.

20:24 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, presse, television, romain, belgique, capitalisme, silence, medias, misere, exploitation, finance | |  Imprimer | | |

08/03/2010

05/03/10: CARREFOUR, PHILIPS, AB InBev: voilà pourquoi, "ils" sont dans les grrrands partis "démocratiques" ...

 

CARREFOUR, PHILIPS, AB InBev: voilà pourquoi, "ils" sont dans les grrrands partis "démocratiques" ...

RoRo
 

Willy Claes (SP.a) reste au conseil d’administration de Carrefour

Dehaene (CD&V) chez AB InBev, Willy Claes chez Carrefour, Karel Van Miert chez Philips… bon nombre d’hommes politiques des grands partis ne rechignent pas à entamer une seconde carrière chez un tueur d’emplois.

Tom De Meester

« Nous ne pouvons tolérer ce bain de sang social », écrit Gennez sur le site du SP.a. « Ensemble, nous pouvons intervenir contre les grands patrons qui jouent avec nos emplois. » Mais un de ces grands patrons « jouant avec nos emplois » n’est autre que Willy Claes, gros ponte du SP.a « à la retraite » ; ancien ministre et ancien patron de l’Otan. Depuis deux ans, il siège au conseil d’administration de Carrefour Belgique. Après les 1 672 licenciements, il a fait savoir qu’il n’était « pas l’homme à s’enfuir quand il y avait le feu ». « Appelons les choses par leur nom », corrige le professeur Carl Devos. « Un siège au conseil d’administration, ça paie bien. »

Willy, l’amateur de planques

Chez le concurrent Delhaize, un administrateur se fait entre 80 000 et 90 000 euros par an. Pour assister en moyenne à 7 ou 8 assemblées. Pour gagner la même chose, une caissière de Carrefour doit travailler 7 ou 8 ans ! On présume que Claes touche également quelque 10 000 euros par assemblée… Pas étonnant qu’il s’accroche à sa planque.

En tant qu’administrateur chez AB InBev, Dehaene (CD&V) a droit, outre son fixe d’environ 80 000 euros par an, à un bonus annuel de 9 000 options d’actions (environ 130 000 euros). La présidente du CD&V Marianne Thyssen attache beaucoup d’importance aux postes dans les CA des grandes entreprises. « Une entreprise a également une fonction sociale – l’emploi, pour n’en citer qu’une – sur laquelle l’homme politique peut imprimer sa marque », a déclaré Thyssen le 23 janvier dans une interview accordée au Nieuwsblad.

20:49 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, actualite, courcelles, presse, television, ps, romain, mr, capitalisme, silence, cdh, medias, carrefour, exploitation, crise, finance | |  Imprimer | | |

07/03/2010

05/03/10: BELGIQUE: Double discours: la duplicité de la Feb...

BELGIQUE: la duplicité de la Feb

 

 


 

 

 

Double discours

David Pestieau

 

Pour le grand public, Leysen décrit le « cauchemar » des entrepreneurs, mais aux investisseurs, Leysen déclare que la Belgique est un paradis fiscal. C’est de la duplicité et de l’hypocrisie. La réalité montre que seule la version pour les investisseurs qui correspond aux faits.

« Le président de la Fédération des Entreprises de Belgique peut-il tenir deux discours totalement différentes sur le climat pour les entreprises en Belgique ? »

Cette question, c’est le magazine financier Trends qui se la pose cette semaine 1. Sans cacher sa source d’inspiration : « L’hebdomadaire Solidaire du PTB a placé dans son édition du 18 février les déclarations totalement opposées de Leysen : celles d’un pays difficile pour entreprendre avec un handicap salarial lourd et un marché du travail peu flexible et celles d’un pays disposant d’un climat d’investissement exceptionnel tel que décrit dans la nouvelle brochure de la Chambre de commerce belgo-japonaise. »

Trends a demandé à Rudi Thomaes, administrateur délégué de la FEB, son avis sur le grand écart de son président. Thomaes n’y voit « pas vraiment d’inconsistances »: « Le rapport du BJA apporte seulement d’autres accents. Sur base des mêmes faits et chiffres mais dépendant du contexte pour lesquels ils doivent servir, vous avez d’autres accents »

Pour l’opinion publique, Leysen décrit un cauchemar pour les entreprises et prévient que « toute hausse des charges  affectera notre compétitivité et donc l’emploi». Pour les investisseurs, il annonce que la Belgique est un paradis fiscal : « La Belgique a l’impôt sur les sociétés le plus bas du monde.».

S’agit-il simplement « d’autres accents » ?  Non c’est de la duplicité et de l’hypocrisie. La réalité montre que c’est la version destinée aux investisseurs qui correspond aux faits.

 

AB InBev, la filiale Cobrew du groupe n’a payé, via les intérêts notionnels, que 2,38 % d’impôts. Soit un cadeau fiscal de 70 millions d’euros. Chez Carrefour, le centre de coordination a fait 381 millions de profits sur lesquels il a payé 0,008 % d’impôts. Un cadeau fiscal de 129 millions. Pourtant, Rudi Thomaes prétend à Trends : « L’affirmation que les entreprises ne paieraient pas d’impôts ou recevraient de gros cadeaux, est absolument non fondée » Ah bon ?

Chez Carrefour c’est aujourd’hui 5 000 emplois qui sont menacés. Le secteur bancaire a supprimé 3 000 emplois l’an dernier mais BNP-Paribas vient d’annoncer 5,8 milliards de profit et Dexia 1 milliard.

Un salarié moyen de Carrefour paie pourtant proportionnellement 3 700 fois plus d’impôts que le centre de coordination de l’entreprise.

Et tout ceci n’empêche pas ces multinationales de licencier. Au contraire, chez Carrefour c’est aujourd’hui 5 000 emplois qui sont menacés. Le secteur bancaire a supprimé 3 000 emplois l’an dernier mais BNP-Paribas vient d’annoncer 5,8 milliards de profit et Dexia 1 milliard.

Pourtant nos ministres versent des larmes de crocodiles en se déclarant impuissants face à chaque restructuration. Pour reprendre ensuite ensemble la chansonnette de Leysen : « nos coûts salariaux sont trop élevés », « les cotisations patronales doivent baisser ».

Or, plus on donne de cadeaux au patronat, plus ils restructurent et licencient. Qui croit qu’un loup peut devenir végétarien ? Qu’il ne faut pas lui mettre une muselière ? L’État doit-il continuer à donner de l’argent à des entreprises qui croulent sous les dividendes ? Non, il doit leur interdire de licencier. Tout simplement.

1.Trends, 1er mars, http://trends.rnews.be

15:07 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, actualite, courcelles, presse, television, romain, belgique, euro-dictature, capitalisme, silence, medias, gouvernement, exploitation, crise, finance, feb | |  Imprimer | | |