10/10/2011

nouvelles d'Athènes ---> ce qui nous attend demain en Belgique?

La GRECE, c’ est aussi en EURO-DICTATURE grâce à qui les saucisses allaient pousser sur les arbres du capitalisme “social” et “à visage humain”...
Il y a loin de la coupe aux lèvres et des belles promesses de l’”Europe sociale”...
RoRo
 
Sent: Monday, October 10, 2011 9:16 AM
 
Subject: nouvelles d'Athènes ---> ce qui nous attend demain en Belgique?
 

 
Nouvelles de Grèce
Cécile Chams, depuis Athènes, dimanche 9 octobre 2011
Un vent de désespoir et de colère souffle sur la Grèce. C’est l’hécatombe dans les salaires et les prix explosent. Dans ce café populaire du Pirée où nous nous sommes arrêtés, le café est à 3,50 euros. « Et ce n’est pas encore cher, m’explique Christos. Ailleurs, il se vend jusqu’à 5 ou 6 euros. » Il y a du monde dans le café situé face à la mer, mais les gens restent des heures avec une seule consommation. Les serveurs sont compréhensifs.
Sur le mur de l’école primaire publique du quartier, une affiche annonce une réunion de parents pour protester contre l’absence de manuels scolaires. Pour la première fois, les enfants sont rentrés à l’école sans manuels ni livres.
Nous attendons le bus pour rentrer à Athènes. Sur les vitres de l’arrêt de bus, il y a des petits annonces pour des cours privés : biologie, anglais, espagnol… Le ticket de bus ou métro est passé à 1,60 euros. Ici, il n’y a pas de carte de réduction de 5 ou 10 voyages. Nous attendons le bus pendant une heure. Des postes de chauffeurs ont été supprimés et les transports fortement réduits. Ce qui alimente les conversations aux arrêts de bus. Demain, l’ensemble des transports publics sera en grève générale dans la région d’Athènes, où vivent 5 millions de gens, près de la moitié des habitants de la Grèce. Les voyageurs sont résignés ; ils ont l’habitude de ces grèves. Des montagnes de poubelles remplissent les trottoirs, car les ouvriers en charge de l’enlèvement des immondices sont en grève depuis plusieurs jours.
Ici, la crise est le seul sujet de conversation entre les gens. Un vieil homme peste contre l’Etat et les voleurs qui le dirige. Une dame retraitée explique qu’elle ne peut plus payer le crédit de l’appartement qu’elle a acheté pour sa fille. Sa pension de fonctionnaire a été fortement réduite et sa fille est sans emploi. Et revendre l’appartement, n’est pas une option, car plus personne n’a les moyens d’acheter un logement. Une jeune fille explique qu’elle travaille dur pour un salaire de 600 euros. Beaucoup de travailleurs sont obligés de rester vivre avec leurs parents, jeunes ou moins jeunes, car ils ne peuvent plus payer un loyer.
Christos, enseignant, m’explique : « Heureusement, je n’ai pas acheté d’appartement. Les gens qui ont fait des crédits au logement connaissent de graves problèmes. C’est un risque que je n’ai pas voulu prendre. Mon salaire était de 1300 euros il y a 3 ans. Aujourd’hui, je ne touche plus que 940 euros par mois. Et j’ai dû payer 520 euros d’impôts. Les congés payés et la prime de Pâques ont été totalement supprimés. En principe, je vais toucher cette année une prime de 100 euros pour la fin d’année. On parle de réduire davantage les salaires. Qui sait, dans quelques années, je ne toucherais plus que 600 euros, juste de quoi payer mon loyer de 300 euros et manger. »
Le loyer de Christos pour un appartement de 45m2 à Athènes était de 350 euros l’an dernier. Mais son propriétaire a accepté de le baisser à 300 euros. Beaucoup d’autres propriétaires ont fait de même, préférant garder un locataire qui paye plutôt que de risquer de ne pas relouer leur logement. Il paye l’électricité environ 30 euros. Mais elle n’est pas encore privatisée. On parle d’une augmentation de 100% dans les mois à venir.
« On apprend à vivre au jour le jour, précise Christos. Et je peux m’estimer heureux d’avoir un emploi assuré. D’autres n’ont pas cette chance. Le gouvernement prétend que le taux de chômage est de 17%, mais c’est en mensonge. En réalité, il est de 25%. »
Nous regardons les nouvelles à la télé. Le ministre de l’Intérieur a voulu aller au cinéma ce dimanche à Thessalonique. Reconnu par des étudiants, il a été copieusement arrosé d’eau et de yaourt et a dû quitter la salle de cinéma sous les slogans militants des étudiants.
Des parts de l’aéroport international d’Athènes sont  en vente pour une somme de 350 millions d’euros. L’Allemagne et la Chine se disputent ce paquet, qui permettra le contrôle de l’aéroport jusqu’en 2046.
 
.

__,_._,___

22:38 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Capitalisme, Grèce, Politique, Romain, RoRo | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

15/09/2011

PTB: BELGIQUE: dans "SOLIDAIRE du 30 août 2011: Note Di Rupo :: Ça va (nous) faire mal (4)

Note Di Rupo :: Ça va (nous) faire mal

On a l’impression que même les journalistes habitués au 16 rue de la Loi sont lassés, après la énième tentative de négociations depuis juin 2010. La note Di Rupo est pourtant la base des négociations en cours. Même si cette fameuse note ne fait plus recette dans les médias, il est important de voir ce qui se cache dans ces 113 pages. Car il y a de quoi s’inquiéter. Il suffit de voir les chantiers proposés dans ce texte pour comprendre les réactions virulentes des syndicats. A l’ordre du jour : assainissement des finances publiques, autonomie fiscale et plus grande responsabilité des Régions, réforme de l’État avec transfert de compétences du fédéral vers les entités fédérées, etc. Et surtout, des réformes sociales et économiques qui vont toucher l’ensemble de la population. En langage européen, on dit « austérité » : tous les pays de l’Union sont ou vont être touchés. Et la Belgique n’échappe pas aux fausses solutions à la crise de la Commission européenne. Poussez pas, y en aura pour tout le monde.

 

Note salée de Di Rupo :: Travailler toujours plus longtemps (4)

Axel Bernard
 

Alors qu’il y a tant de chômeurs, Di Rupo s’inscrit dans la pensée unique néolibérale qui pousse à travailler plus longtemps. Il invoque la nécessité d’avoir plus de personnes au travail afin de pouvoir payer les pensions et l’assurance maladie d’une population vieillissante. Mais la politique suivie ne mènera pas à créer des emplois. Tout comme les mesures de contrôle et de sanction des chômeurs, cette politique d’activation des personnes âgées va encore plus augmenter la concurrence entre les travailleurs ce qui poussera vers le bas les salaires et les conditions de travail. 
    Concrètement, avec la note du formateur, il sera de plus en plus difficile de bénéficier de la prépension et d’une pension anticipée avant 65 ans et d’avoir droit à une pension complète. Le texte prévoit également de généraliser le deuxième pilier de pensions (assurance privée groupée par entreprise ou par secteur) au détriment de la pension légale.
    En matière de prépensions, si les mesures prévues par le Pacte de solidarité entre les générations ne s’avèrent pas suffisantes pour dissuader les départs en prépension, la note Di Rupo envisage une série de mesures « correctrices » :
• la carrière pour accéder à la prépension pour les carrières complètes sera rallongée (de 38 à 40 ans);
• l’âge d’accès à la prépension pour les carrières complètes sera relevé (de 58 ans à 60 ans).
    Les cotisations patronales dues sur les indemnités de prépension seront plus élevées en fonction de l’âge.
    Par ailleurs, toute une série de mesures sont prévues en vue d’empêcher le départ en pension anticipée. Ainsi, l’impôt sur les pensions du deuxième pilier sera plus élevé si on part en pension à 60 ans. La retraite anticipée à 60 ans ne restera possible que pour ceux qui, à cet âge-là, atteignent 40 ans de carrière. Pour les fonctionnaires, la durée minimum de carrière passera progressivement d’ici 2020 à 35 ans. A terme, on veut rendre ce mécanisme impossible. L’âge minimum de la retraite anticipée, actuellement de 60 ans, sera en effet augmenté de 2 mois par an jusqu’à ce que l’âge de la pension anticipée coïncide avec l’âge légal de la pension, c’est à dire 65 ans.

Exemple de l’application de la note Di Rupo dans la vie de tous les jours :

Pensions des fonctionnaires : jusqu’à 100 euros par mois en moins

Fabienne travaille à la poste. Elle y travaille depuis 40 ans, dans des conditions de plus en plus difficiles. Elle n’a jamais gagné beaucoup d’argent (1 600 euros net par mois à la fin de sa carrière), mais elle a droit à une bonne pension (environ 1 200 euros net par mois). Par la réforme de Di Rupo (calcul de la pension des fonctionnaires sur base des 10 dernières années et non plus des 5), sa pension sera diminuée à 1 100 euros/mois. C’est-à-dire une perte de 100 euros/mois.