15/06/2015

Nos femmes sous la menace: COURCELLES innove, ...

Nos femmes sous la menace: COURCELLES innove, ...
 
SOS urgent: RTL-TVI lors de son Journal télé de 19 heures, ce 14 juin 2015,  vient de nous informer que la Commune de Courcelles passe à la paranoïa: Caroline TAQUIN (bourgmestre Mr) offre des séances de selfs-défense pour les femmes, donnés par un instructeur qui forme des agents du Fbi, de la CiA et GIGN français, pour les combats de rue notamment. La Caroline est-elle déjà passée à la Nv-A ? Pour du changement, ça c' est du changement qui lui donne même une occasion de passer  à la télé, ... Il nous reste à espérer que ces séances ne sont pas prises en charge par les Finances de la Commune et que ces séances relèvent bien des compétences communales... Le Cdh et Ecolo (qui sont dans la coalition de droite) avalisent-ils cette "innovation" et ce genre de collaboration ??? Heureusement, Caroline TAQUIN n' a pas choisi un instructeur djiadiste... On imagine le scandale !

http://www.rtl.be/info/regions/hainaut/a-courcelles-les-femmes-apprennent-a-se-defendre-avec-un-instructeur-qui-forme-des-agents-du-fbi-731250.aspx

 

Voici les 3 notes que m’ adresse une camarade liégeoise à la suite de cette information courcelloise:

Bonjour camarade Roro,

J'ai été également époustouflée quand j'ai vu cette info à la télé dimanche, tout comme toi, on veut nous faire croire que les femmes sont en danger? La droite et son extrême créent un sentiment de paranoïa pour détourner les citoyens des vrais problèmes économiques et sociaux qu'elles créent de toute pièce. Nous sommes au bout d'une civilisation, Roro, il faut d'autres bases, celles de la vraie gauche, mais le peuple est ignorant, excuse-moi d'utiliser ce terme, je pense que la pauvreté culturelle est plus grave que la pauvreté matérielle. Je me permets de joindre un texte que tu as peut-être déjà lu à propos de la comparaison que j'ai faite des mouvements sociaux de l'automne 2014 et de la grève de 40-45. Si tu ne l'as pas lu, je t'en livre ci-après lecture. Amitiés communistes. Marina

(aussi une anecdote de la grève 60-61) qui concerne mon vieux papa, combattant gréviste)

 

LA GREVE DE 60-61 et LES MOUVEMENTS SOCIAUX DE L’AUTOMNE 2014.

Ce texte est issu de mon expérience et de ma réflexion personnelles dont je vous relate lecture.

J’avais 8ans et demi en 60-61. Le mouvement a perduré pendant les « fêtes » de fin d’année. Nous avons vécu un Noël à la bougie et notre énergie de chauffage et de cuisson des aliments était le charbon. Cependant, pour économiser ce dernier, nous allions les après-midi avec maman chercher des fagots dans les forêts avoisinantes, après avoir été au piquet le matin à la brasserie Piedboeuf (plus tard Jupiler, plus tard Inbev). Ceux qui ne faisaient pas grève étaient des « jaunes » et on ne parlait pas du « droit au travail » comme c’est le cas maintenant, facteur de division orchestrée par la droite.

Le mouvement consistait à dire NON à la loi unique du gouvernement Gaston Eyskens de l’époque, gouvernement de droite. Tout comme aujourd’hui il s’agit de dire NON aux mesures programmées par le gouvernement Michel qui applique à la dure les mesures suggérées par le précédent gouvernement au pouvoir.

Aujourd’hui, le pays dans sa globalité est conscient de ces restrictions actuelles : chasse aux chômeurs et non au chômage, saut d’index, pension à 67 ans, restrictions des moyens pour les services publics privatisés au maximum,…

Une autre différence essentielle consiste dans l’âge et l’expérience des combattants de 60-61, il y avait à peine 15 ans qu’ils sortaient de la résistance et leur âge moyen avoisinait les 40 ans. C’est l’âge de la force et de la maturité, et du souvenir des situations douloureuses réelles de la guerre.

Aujourd’hui notre jeunesse est sans repères, ses parents ont été envahis par le capitalisme à outrance, par la société de consommation, par les crédits, nous ne sommes plus maîtres de l’énergie, des aliments (voir traité économique transatlantique), nous ne connaissons plus le patron (devenu multinationale anonyme de la production et/ou de la finance, l’un ne va pas sans l’autre de toute façon), nous dépendons des médias qui déforment les réalités ou ne s’attardent que sur ce qui est « émotionnel » en bâclant la vraie vérité, nous sommes accrochés aux réseaux sociaux qui ont pris le dessus sur la communication et les rencontres réelles et ont permis ainsi la division des travailleurs. Les gosses sont accros à leur ipad, ipod, … il y a bien un bon ipaid quelque part ! Le tout est d’en être conscient.

La preuve est qu’en 2014, le combat a été interrompu pour les « fêtes de fin d’année » !, civilisation en déclin quand le festif, les jeux, l’amusement prend le pas sur la vie sociale ! C’est ainsi. Peut-on changer ? Qui le veut ?

Marina

La grande grève de l’hiver 60-61.

Je vais relater ici une anecdote familiale à propos de la grève de l’hiver 60-61.

Mon papa, communiste et syndicaliste, était dans les premiers rangs, impliqué au sein de cette grève générale. Pour ma part, j’avais 8 ans, j’étais en troisième primaire et le combat des travailleurs wallons, je l’ai vécu en direct grâce à mon papa.

En résumé, vous vous souviendrez qu’il s’agissait de s’opposer à la loi unique du gouvernement Eyskens. Des émeutes très importantes ont eu lieu et tout était bloqué : entreprises, poste, enseignement, … C’était presque pour les (autres) écoliers des vacances d’hiver prolongées.

Mes parents allaient tous les matins à la maison du peuple de Jupille-chez Gilles. Nous habitions Bellaire mais nos contacts avec la commune voisine étaient bien plus intenses. Les camarades de la brasserie Jupiler (Piedboeuf à l’époque) se réunissaient en « piquets » devant l’entrée de l’usine et j’y accompagnais ma maman. La gare des Guillemins fût prise d’assaut au cours d’une émeute et je sais qu’une rafle avait eu lieu à la maison du peuple de Jupille.

Pendant une semaine, j’ai eu très peur, je l’avoue pour mon papa. La maison où nous habitions donnait sur une place en face de laquelle des prairies appartenaient à des fermiers locaux. Plusieurs matins, nous avons aperçu des soldats (miliciens) flamands (oui, pour surveiller les travailleurs wallons, le gouvernement postait des soldats flamands ! Etonnant ?) en garde dans la prairie d’en face. Maman disait à papa qu’il devrait arrêter momentanément ses activités de gréviste – autant prêcher dans le désert – car nous avions, ma mère et moi, l’intime conviction que les soldats surveillaient mon père ! Un matin, celui-ci n’y tint plus et pour en avoir le cœur net, vers 6 heures, mon papa nous dit « Rien à faire, ce sont des travailleurs comme nous - même s’ils sont flamands – ils vont vivre la même chose que nous et leurs familles, même si elles n’ ont pas encore conscience de la situation, cela finira par arriver ! Le bassin wallon a été touché et plus tard les mines de Campine ont subi le même sort ! Tout ceci pour expliquer que mon papa accordait une grande importance à la communication, à la prise de conscience d’événements, source inéluctable de progrès. Il est sorti et est allé trouver les miliciens flamands, il les invita à venir se réchauffer devant une tasse de café dans l’unique pièce de notre petite maison qui était chauffée par une cuisinière en fonte. C’était l’hiver, les soldats postés pendant une partie de la nuit ont accepté et mon père leur a expliqué, comme il pouvait, la situation sociale. Ils ont compris, sont revenus chaque matin et papa n’était plus inquiété de ses nouveaux camarades convertis à la cause wallonne !

Je pense souvent à cet épisode de notre vie familiale et je suis convaincue qu’un travailleur flamand est plus un ami, un camarade, qu’un bourgeois wallon. Pourquoi se déchirer entre flamands et wallons ?

Marina, fille de François Heukmes, un grand petit homme, qui connaissait la camaraderie…

 

10:22 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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