On le sait : le gouvernement fédéral a décidé de renforcer la dégressivité des allocations de chômage et de l’étendre à toutes les catégories de demandeurs d’emploi : chefs de ménage, isolés et cohabitants seront touchés demain par ce dispositif d’austérité, à l’exception de quelques catégories, comme les plus de 55 ans, les chômeurs à temps partiel ou victimes d’une incapacité d’au moins 33 %.

À partir du premier novembre prochain 2012, on peut considérer que plus de 7 000 bénéficiaires vont faire les frais de l’opération dans la zone Charleroi Sud Hainaut. La régionale FGTB a fait ses comptes : son secrétaire Daniel Piron, en charge de la gestion de la caisse de chômage et responsable politique de l’animation interprofessionnelle, estime à 3 200 le nombre de membres qui vont voir leurs revenus se réduire.

Il faut y ajouter ceux des autres syndicats (CSC et CGSLB) ainsi que les chômeurs dépendant directement de l’organe indépendant de paiement, la CAPAC. Ce qui porte le compte entre 7 000 et 8 000 hommes et femmes.

Daniel Piron l’annonce sans détour : «Pour chacun d’eux, la perte financière sera sèche. Elle pourra représenter jusqu’à plusieurs centaines d’euros. Dans un souci d’information, nous avons donc programmé une vingtaine d’assemblées collectives. Les demandeurs d’emplois affiliés à l’une de nos centrales y sont invités par vague de 150.»

Cette campagne orchestrée par la FGTB qui vient de démarrer à Charleroi et Mons va s’étaler sur plusieurs semaines jusqu’à la fin août.

Motiver les troupes

En même temps, il s’agira de motiver un maximum de monde pour la grande manif de la rentrée, le 14 septembre à Bruxelles. Au plus nous défilerons dans les rues de la capitale, au mieux notre message sera reçu par l’exécutif fédéral que préside Elio Di Rupo», poursuit Daniel Piron. Qui espère encore pouvoir infléchir cette décision aux relents ultralibéralistes qui va précipiter en dessous du seuil de pauvreté des centaines d’ayant droit qui parviennent juste à survivre aujourd’hui.

Le secrétaire est formel : «S’imaginer que ce dispositif va favoriser le retour au travail de l’ensemble des chômeurs, c’est méconnaître la réalité de la situation locale. À Charleroi, il y a un emploi à pourvoir pour 40 demandeurs. C’est donc dans cette proportion dramatique de 97 % que ces derniers vont subir une perte de leur pouvoir d’achat, dans un contexte de dérégulation totale des salaires sur le marché du travail.»

On ne peut pas parler de succès de mobilisation pour la première AG : «Nous y avons reçu 20 % des chômeurs invités», remarque Nadia Verley, permanente FGTB en charge de l’animation du service «travailleurs sans emplois». Une AG qui, d’ailleurs, s’est déroulée dans une ambiance tendue (lire ci-dessous).

 

Pour (me) donner votre avis: http://www.facebook.com/RomainRogerdeCourcelles