14/06/2012

BELGIQUE: le 14 octobre 2012, on vote pour les communales: Rue-Conseil-Rue (1) : GENK, un seul élu, de grandes réalisations

BELGIQUE: le 14 octobre 2012, on vote pour les communales: Rue-Conseil-Rue (1) : GENK, un seul élu, de grandes réalisations
 

Rue-Conseil-Rue : Genk, un seul élu, de grandes réalisations

En quelques années, la concentration en métaux lourds dans l’atmosphère de Genk a diminué de 70 %. Plus de mille logements sociaux ont été rénovés ou reconstruits. Le budget de l’enseignement a été multiplié par quatre… Sans le PTB, rien de tout cela n’aurait été accompli...

Nick Dobbelaere

 

Harrie Dewitte, conseiller communal PTB à Genk. (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

Rue-Conseil-Rue
Une voix pour le PTB fait la différence. Un élu PTB défend réellement et concrètement la population, puis l’informe des résultats. « Rue-Conseil-rue », tel est le principe de base des conseillers communaux PTB. Ils se mobilisent avec les habitants de la commune (d’un quartier, d’une rue...) pour porter leurs questions, thèmes et revendications au conseil communal. Et ils reviennent ensuite vers les habitants pour communiquer les résultats, rendre compte de la situation et repartir à l'action.
    Dans cette série, nous abordons des communes où, chaque jour, les élus PTB prouvent qu’un vote pour notre parti est un vote utile. Cette semaine : Genk.

« Nous nous en occupons depuis 2002. » Telle est invariablement la réponse de Wim Dries, le bourgmestre de Genk (CD&V-le Psc-Cdh flamand), lorsque la question de la pollution industrielle à Genk arrive sur le tapis. « S’en occuper » signifie pour le bourgmestre : avoir reçu, en 2002, lorsqu’il était qu’échevin de l’Environnement, un dossier détaillé de la Vlaamse Milieumaatschappij (association flamande de l’environnement), dossier qui a pris la poussière des années durant dans un tiroir ; accorder entre-temps des licences environnementales aux industries polluantes ; et passer à l’action uniquement lorsque le PTB a sorti des chiffres démontrant, dans une petite école d’un quartier proche de la zone de ces industries, une présence de métaux lourds 1 000 fois supérieure à celle d’une école plus éloignée.
    Genk, dans le Limbourg, compte 65 000 habitants. Depuis la Deuxième Guerre mondiale, les démocrates-chrétiens règnent. Après Anvers et Gand, Genk est la troisième zone industrielle de Flandre, mais c’est aussi une des communes les plus pauvres du Nord du pays. Plus de la moitié de ses habitants doivent se débrouiller avec un revenu de moins de 1 500 euros par mois. La politique du bourgmestre n’est cependant pas centrée sur le soutien aux plus pauvres, mais a pour objectif d’attirer davantage de plus nantis. « C’est intolérable, lance Harrie Dewitte, conseiller communal PTB. Le besoin en logements à Genk est considérable. Mais les autorités communales ont décidé de ne plus autoriser de nouvelles habitations sociales. Pour elles, mieux vaut chasser les pauvres que les riches. Selon la Région flamande, chaque extension de zone d’habitat doit comporter 10 % de logements sociaux. À Genk, c’est 0 %. »

Où est Chokri ?

Le bourgmestre veut gérer la ville comme une entreprise. Et une entreprise est destinée à faire du profit et non à se soucier des problèmes de ses « clients », selon le jargon du bourgmestre. 
    Le plus grand parti de l’opposition à Genk est le sp.a (-“socialiste” flamand: la liste s’appelle Pro Genk). Mais on ne l’a pas surpris en flagrant délit d’opposition. Le président du groupe sp.a, Angelo Bruno, a obtenu des autorités communales une ordonnance de police taillée à sa mesure. Depuis peu, les poids lourds ne peuvent plus stationner sur le territoire de Genk. Bonne nouvelle pour Bruno, qui possède une centrale de camions juste aux abords de la ville où les chauffeurs peuvent disposer d’un emplacement. Pour 3 000 euros par an.
    Pour contester la politique du bourgmestre, les habitants de Genk ne doivent pas non plus compter sur Chokri Mahassine. L’organisateur du festival Pukkelpop a été catapulté en 2006 par le sp.a pour tirer sa liste afin de briser la majorité CD&V. Lorsque ce plan a échoué, Mahassine a disparu encore plus rapidement qu’il n’était venu. Il n’a pas siégé une seule minute au conseil communal de Genk.

Pression électorale

Le Dr Harrie Dewitte, lui, est un véritable opposant. S’il est le premier et l’unique – jusqu’à présent du moins – élu PTB, il est cependant loin d’être isolé. « J’ai toujours tant de gens autour de moi que je ne me sens jamais seul », sourit Harrie. Lors de son premier mandat, le médecin de Médecine pour le Peuple a prouvé qu’un élu PTB peut peser sur la politique communale.
    Concernant le problème environnemental, par exemple. Lorsque, en 2005, le PTB a pris connaissance d’un document sur les métaux lourds présents dans l’air de Genk, le parti est immédiatement entré en action. Et, dès le début, la population locale a été impliquée : plus de mille personnes – la moitié du quartier populaire de Sledderlo – ont participé à une enquête scientifique pour détecter les métaux lourds dans le quartier. Les résultats étaient atterrants.
    À Genk, les bébés jusqu’à l’âge de 2 ans prennent deux fois plus de médicaments contre l’asthme qu’ailleurs.
Il y a deux fois plus de maladies pulmonaires que dans le reste de la Flandre. Et le lien entre l’émission de métaux lourds et leur taux constaté dans le sang et les urines des enfants est incontestable. Les effets sont également biologiques : retard de puberté, problèmes de thyroïde, difficultés de concentration chez les enfants… Toutes ces conséquences néfastes ont été révélées par le PTB.
    Le problème que les gens avaient tendance à minimiser est, en deux ans, devenu une énorme question politique. Lorsque le point était à l’ordre du jour du conseil communal, les bancs de la salle étaient remplis. « Si les autorités communales interviennent désormais de manière drastique, c’est simplement sous la contrainte de la pression électorale », précise Harrie Dewitte. Désormais, il ressort des derniers résultats des analyses de l’air que les taux de métaux lourds ont diminué de 70 % par rapport à 2005.

120 antennes

Autre lutte pour Dewitte : le logement, question non prioritaire pour le bourgmestre. Pour lui, « seulement trois personnes se sont plaintes de moisissure dans leur habitation ». « Cela en dit long sur son attitude, constate Dewitte. Seules trois personnes ont pris l’initiative de se plaindre à la commune. » Le PTB s’y est pris autrement, en allant examiner les logements du quartier de Sledderlo, pour constater qu’un tiers de ceux-ci étaient envahis par des moisissures. « Avec les habitants, nous avons protesté par des pétitions et en nous rendant au conseil communal, relate Harrie Dewitte. À une occasion, les gens de Sledderlo ont même occupé la salle du conseil communal. Et cela a payé : les autorités ont alors décidé d’abattre et reconstruire ou entièrement rénover les 800 logements sociaux de Sledderlo. Certes, ces actions ne sont pas toujours de grandes manifestations, mais elles montrent à quel point la population s’implique et se sent concernée. Elles font en sorte de mettre le problème sur la table afin de l’analyser et d’y trouver des solutions. »
   Le PTB a par ailleurs fait multiplier par quatre le budget de l’enseignement. Et fait réaménager un carrefour dangereux… Comment un seul conseiller communal arrive-t-il à réaliser cela ? « Mais je ne suis pas seul, insiste Harrie Dewitte. Par exemple, avec la section locale du parti, nous avons créé un réseau de contacts de 120 personnes. Elles sont des “antennes” et peuvent rapidement se mobiliser pour distribuer des lettres ouvertes ou faire circuler des pétitions. » Dewitte reconnaît cependant qu’un – ou plusieurs – conseiller communal PTB ne seraient pas de trop.
    Quant au 14 octobre, impossible de faire un pronostic. « C’est la population qui décide, conclut Harrie Dewitte.

17:26 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

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