30/03/2012

BELGIQUE-région de CHARLEROI: Carsid tuée par les quotas CO2 ?: communiqué ptb dans le vif

 
BELGIQUE-région de CHARLEROI: Carsid tuée par les quotas CO2 ?: communiqué ptb dans le vif
 
 
 
Sent: Friday, March 30, 2012 1:36 PM
 
Subject: communiqué ptb dans le vif
 
 
 
 
 

Communiqué du PTB repris par Le Vif

Carsid tuée par les quotas CO2 ?

jeudi 29 mars 2012 à 10h03

Les quotas CO2 obtenus gratuitement par Duferco étaient revendus pour payer les compléments de chômage des travailleurs de Carsid. Problème : «Ces quotas ont perdu près de 50 % de leur valeur en quelques semaines et Duferco ne veut pas suppléer au manque à gagner», dénonce le PTB. D’où l’annonce de la fermeture définitive.



Carsid avait demandé des quotas gratuits de CO2 pour la période 2013-2020
 
Carsid, dont la direction de Duferco a annoncé mercredi la fermeture définitive, avait introduit une demande de quotas d'émissions de CO2 (droit à polluer) à titre gratuit pour la période 2013-2020 à l'Agence wallonne de l'air et du climat (Awac). Ces quotas gratuits peuvent être éventuellement revendus et donc rapporter de l'argent.
 
Pour la période 2008-2012, Carsid a reçu une allocation de près de 15 millions de quotas, soit près de 3 millions par an, alors que le site était à l'arrêt depuis 2008, a-t-on appris mercredi auprès de Philippe Henry, ministre wallon de l'Environnement. «Il est de notoriété publique que ces quotas ont été utilisés pour payer les compléments de chômage des travailleurs durant cette période», reconnaît le ministre Henry.
 
L'allocation de quotas CO2 à titre gratuit à Carsid pour les périodes 2008-2012 et 2013-2020 n'a pas d'impact sur le budget wallon, défend le ministre.
 
Antonio Gozzi, patron de Duferco Belgium, a lui-même déclaré mercredi, lors d'une conférence de presse, que toutes les mesures d'accompagnement des travailleurs ont été mises en place (soit plus de 3 millions d'euros de complément au chômage) par la vente de paquets de quotas de CO2 dont disposait Duferco pour ses activités. «Aujourd'hui, cependant, la situation devient difficile, prévient-il. Fin 2011, la valeur des quotas de CO2 avait perdu 50 % par rapport à la moyenne des années précédentes.»
 
Pour la période 2008-2012, il est possible, selon un article du décret Kyoto de 2004, de retirer des quotas aux sites à l'arrêt, souligne le ministre wallon de l'Environnement. Ce fut le cas notamment pour l'entreprise Gruppo Cordenons à Malmedy, pour laquelle il n'y avait pas d'espoir de redémarrage.
 
Le gouvernement wallon n'a toutefois jamais voulu appliquer cette mesure pour Carsid «pour préserver toutes les chances (de trouver) un repreneur». Le site, en outre, n'était pas totalement à l'arrêt puisqu'une maintenance était notamment assurée, ajoute le ministre. L'activation par des entreprises sidérurgiques de la procédure de demande de quotas gratuits «peut laisser présager un certain espoir par rapport à leur reprise d'activité», avait tout récemment indiqué le ministre Henry dans un communiqué.
 
Pour la période 2013-2020, l'Awac a procédé au calcul des allocations provisoires de Carsid sur base des données historiques de production. Une liste provisoire des allocations a été adoptée par le gouvernement wallon le 8 mars 2012. Les données seront envoyées pour vérification à la Commission européenne.
 
Les quotas ne seront attribués que lorsque l'ensemble du processus sera terminé. En cas de fermeture, l'allocation 2013-2020 pourra être retirée. Et en cas de reprise, l'entreprise pourra bénéficier d'une allocation de quotas via la réserve européenne.
 
Carsid : le PTB dénonce le «comportement de vautour» de Duferco
 
L’effondrement récent du cours des quotas de CO2 a déterminé cette décision de fermer définitivement Carsid, estime de son côté Germain Mugemangango, président du Parti du travail de Belgique à Charleroi, dans une réaction publiée sur son site Internet : «La Région wallonne accorde des quotas CO2 aux entreprises sidérurgiques (elle vient d’ailleurs d’allouer à Carsid 2,85 millions de tonnes de quota CO2 jusque 2020). Y compris aux entreprises fermées. Revendus, ces quotas peuvent générer pas mal d’argent. ArcelorMitttal a, par exemple, généré 93 millions de dollars de cash en 2011 (69 millions d’euros).»
 
C’est ainsi que Duferco a payé l’allocation complémentaire des travailleurs mis en chômage économique pendant près de quatre ans, continue-t-il : «Comme l’allocation de chômage économique est payée par la collectivité, c’est une opération blanche pour la direction de Duferco. »
 
Problème : ces quotas ont perdu près de 50 % de leur valeur en quelques semaines et Duferco ne veut pas suppléer financièrement au manque à gagner.
 
«C’est un comportement de vautour, selon le président carolo du PTB. Duferco fonctionne depuis des années à coups de subsides de toutes sortes. Ils limitent les investissements réels au maximum et, dès qu’il faut payer un peu, menacent de s’en aller. Ils ont attendu un retournement de la conjoncture économique avec une usine et du personnel soutenu par la collectivité et maintenant que cette issue heureuse se fait attendre, ils s’en vont. La direction de Duferco fait ça depuis des années et le personnel politique wallon, dans sa majorité, regarde cela avec bienveillance.»
 
Le processus Duferco est «révélateur de la politique économique wallonne», selon le PTB
 
Le processus Duferco est révélateur de la politique économique wallonne, déplore encore le parti de gauche : «On laisse les coudées franches aux multinationales. On soutient l’entreprise à fond avec de l’argent publique et on attend que le miracle se produise.» Mais il ne se produit pas, poursuit Germain Mugemangango, «et il ne se produira pas. Cette vision économique issue du gouvernement wallon et des partis qui y sont présents ne fonctionne pas. Et maintenant, ce groupe qui a fait un bénéfice moyen de 280 millions de dollars (210 millions d’euros selon le bilan annuel 2010) ces trois dernières années, est sur le point de mettre des centaines de personnes sur le carreau.»
 
Supprimer cette activité économique provoquera cependant 1.000 pertes d’emplois directs et probablement 3.000 pertes d’emplois indirects, chiffre le patron carolo du PTB. «La moitié de ces travailleurs ont plus de 50 ans. Pour eux, les perspectives de trouver un autre travail seront très difficiles. Est-ce que Monsieur Gozzi sait qu’un actif sur quatre est au chômage dans notre région ? C’est pour toutes ces raisons que nous sommes totalement opposés à la fermeture de Carsid et que nous mettrons tout en œuvre pour soutenir ceux qui devront monter au créneau pour soutenir ces travailleurs.»
 
Trends.be
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19:42 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

25/03/2012

BELGIQUE: 800 personnes à la présentation de Comment osent-ils ?

 
 
 
 
Sent: Saturday, March 24, 2012 3:46 PM
 
Subject: 800 personnes à la présentation de Comment osent-ils ?
 
 
 
 
 
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Newsletter du PTB :: 23 mars 2012
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800 personnes à la présentation de Comment osent-ils ?

La version française de Comment osent-ils?, l'ouvrage de Peter Mertens, président du PTB, a été présentée au Théâtre national à Bruxelles. Près de 800 personnes étaient présentes lors d'une soirée chaleureuse, riche et festive.


Jean-Luc Mélenchon :: « Une révolution démarre quand un système est à bout de souffle »

100 000 personnes ont symboliquement repris la Bastille à Paris, ce dimanche 18 mars, à l’appel du Front de Gauche (FdG) et de son candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon. Créditée de 11 %, sa candidature redonne des couleurs à la gauche. Quelques jours plus tôt, à l’invitation de l’hebdomadaire français L’Humanité Dimanche, Solidaire a pu participer à une entrevue de deux heures avec le nouveau porte-drapeau de l’autre gauche en France. Extraits d’une rencontre très riche.


Grèce :: Le PTB lance une récolte de fonds

Les travailleurs grecs mènent un âpre combat pour sauvegarder l’emploi et les salaires, massacrés par les mesures d’austérité. Le PTB lance une campagne de soutien financier pour deux luttes.


Energie :: « Jusqu’où pousser l’absurdité ? »

Tom De Meester, spécialiste PTB de l’énergie, rentre dans le débat sur l’énergie (2e partie)


Avortement :: « Les femmes décident »

Samedi 24 mars, la Plateforme pour le droit à l’avortement organise un rassemblement à Bruxelles. Si en Belgique l’avortement est dépénalisé depuis 1990, des voix s’élèvent encore pour remettre son droit en cause.


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22:56 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

19/03/2012

BELGIQUE: COURCELLES-Glacerie: en hommage à Julienne NIHOUL-WAEY TENS, a/militante en PCB ...

BELGIQUE: COURCELLES: en hommage à Julienne NIHOUL-WAEYTENS, a/militante en PCB ...
 
J’ai appris par pur hasard, en lisant la rubrique nécrologique d’un bulletin paroissial courcellois, le décès de notre camarade Julienne WAEYTENS.
 
Au temps, où j’ assumais la responsabilité de secrétaire politique de la section courcelloise du Parti communiste, Julienne était membre du Comité du Parti.
 
Elle avait notamment en charge la cellule de La Glacerie où elle percevait les cotisations de nos membres, dans les années ‘70 – ‘80.
 
Julienne fut longtemps aussi femme de charge et concierge de l’ Ecole communale de la Motte, avant d’ acheter sa petite maison, juste en face au 64 rue de La Glacerie.
 
C’est là qu’elle perdit son époux Joseph NIHOUL, sa belle-fille Huguette VAN BOST, suivie très rapidement du décès de son fils Serge NIHOUL, avant d’ aller terminer sa vie Boulevard Tirou à Charleroi, sans doute pour se rapprocher de sa fille.
 
Je l’ avais encore rencontrée à COURCELLES-Trieu en compagnie de sa fille, il y a une bonne année et m’ était apparue en bonne santé, ce qui m’étonne de sa brusque disparition...
 
Elle fut aussi la soeur de notre ami Victor WAEYTENS, lui aussi longtemps militant du Parti au Trieu des Agneaux et a/conseiller communal communiste.
 
Tous mes hommages à cette ancienne camarade du Parti communiste de Belgique. Je m’incline fraternellement devant sa mémoire et son dévouement ....
 
Roger ROMAIN
a/conseiller communal
militant communiste et du Ptb
B6180 COURCELLES
le 19 mars 2012
 
 

22:48 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

14/03/2012

La BELGIQUE connaît donc depuis hier-soir un nouveau drame national

 
La BELGIQUE connaît donc depuis hier-soir un nouveau drame national: 28 Belges (22 enfants qui rentraient de classe de neige et 6 adultes) morts, tués dans cet imprévisible accident de la route en SUISSE.
 
Les images du car détruit sont impressionnantes quant au terrible choc subi à grande vitesse, ce qui m’incite à la réflexion suivante que l’on appréciera comme l’on veut dans un sens ou dans l’ autre.
 
Eté 1980, je séjournais pour repos pendant 15 jours dans cette “sinistre” “dictature” “communiste””stalinienne” qu’était la Rda (DDR), l’ Allemagne de l’ Est, la République démocratique allemande.
 
A cette époque, la vitesse maximale autorisée SUR AUTOROUTE pour le transport des personnes en bus/car était de .... 50 kms/heure.
 
Je vois bien sûr les objections: c’était en 1980 et en Rda, il n’y a avait pas beaucoup de circulation, de voitures personnelles, par rapport aux pays capitalistes.
 
Et c’ est vrai mais en Rda, on ne proclamait pas le slogan “Ma voiture, c’ est ma liberté !” et pour le transport des personnes le régime privilégiait les transports en commun, les transports publics, développés. Les tarifs étaient pour une croute de pain et ces transports entre les mains d’une société nationale publique uniquement.
 
Si l’on se rendait de BERLIN-Est, par autoroute, en direction de BAABE (par exemple) sur la Mer Baltique, sur l’île de Rügen, pas loin du grand (à l’époque) Port de Rostock, vous en preniez pour 10 heures pour parcourir quelque 525 kms. Mais, vous arriviez à bon port.
 
Ici, c’ est l’encombrement, la course contre la montre, et la voiture personnelle est devenue pratiquement indispensable tant les transports publics sont rentabilisés et de plus en plus chers quand ils ne sont pas privatisés...
 
Je viens d’ apprendre que si vous montez dans un bus des Tec à la gare de COURCELLES-Motte pour parcourir un trajet de quelque 2,5 kms vers la place de COURCELLES-Trieu, il nous en coûte 1,70 euro (bref, 69 FBelges).
 
Deux régimes, deux systèmes différents, avec des conséquences différentes évidemment, où il n’ aurait rien à revoir  ... ???  Le “progrès” (sic) ne peut connaître aucun coup de frein, aucun retour (même petit) en arrière évidemment ... Il n’ est même plus évidemment question de se rendre en classe de neige en SUISSE ... tout simplement en train...
 
RoRo
 
 

19:12 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

13/03/2012

Triste nouvelle: la famille Marcl BERGEN perd son fils ...

 
 
Sent: Tuesday, March 13, 2012 1:27 PM
Subject: Triste nouvelle: la famille Marcl BERGEN perd son fils ...
 
Cher Camarade Marcel,
C’est avec tristesse que j’ apprends le deuil cruel qui vous frappe.
Perdre un enfant, je le sais par expérience, est ce qu’il y a de pire.
C’est pourquoi, ma compagne et moi, nous te présentons nos condoléances fraternelles et vous souhaitons énormément de courage.
Quel âge avait ton fils ?
 
Roger ROMAIN
a/conseiller communal
a/permanent du Pcb-Charleroi
militant communiste et du Ptb
6180 Courcelles
 
 
Sent: Tuesday, March 13, 2012 11:13 AM
 
Subject: FW: Triste nouvelle
 



 
Nous avons la douleur de vous informer d'une bien triste nouvelle.
Notre fils Patrick atteint d'une longue et pénible maladie est décédé.
Les visites au funérarium auront lieu à partir dès ce mardi 13 mars,mercredi 14
et jeudi 15 de 16 à 19 h, au funérarium T'JEAN rue Antonin Delville à Jemeppe.
La levée du corps, à 11h le vendredi 16 mars.
La cérémonie de crémation et dispertion des cendres à Robermont lundi 19 mars à 13h45.
 
Vittoria et Marcel







21:46 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

10/03/2012

Des ministres belges ont aussi (eu) un poste dans la finance ou l'industrie ...

Des ministres belges ont aussi (eu) un poste dans la finance ou l'industrie ...
 
C’était dans “Solidaire”, hebdomadaire du Ptb+
 

La finance imaginaire :: Interview de Geoffrey Geuens

Il y a quelques semaines, Philippe Moureaux déclarait sur un plateau de télévision qu’« on a malheureusement des forces extérieures non maîtrisées (la finance, NdlR) qui ont réussi à imposer leur vision à tout le monde politique ». Geoffrey Geuens, lui, déconstruit ce mythe : non, le politique n’est ni impuissant ni indépendant face à ce « monde de la finance » qu’on présente comme intouchable.

Lizz Printz
 

Non, les « marchés » ou « agences de notations » ne sont pas des entités abstraites. Les spéculateurs ont des noms. Et d’ailleurs, selon Geuens, ils ne se trouvent pas bien loin de nous. (Photo archives)

Geoffrey Geuens est chargé de cours au département des Arts et Sciences de la Communication de l’Université de Liège depuis 2007. Il est également spécialiste de la relation entre le capital, le pouvoir et les médias. À l’occasion de la sortie de son troisième livre La finance imaginaire, nous l’avons rencontré.

Le monde politique est-il indépendant du monde économique et financier ?

Geoffrey Geuens. Non. Le marché n’est pas quelque chose de naturel qui a toujours été là. C’est le résultat de politiques. Par exemple, aux États-Unis, c’est même le résultat d’une politique des démocrates américains. Clinton, président démocrate, a fait voter des mesures mettant fin, à l’époque, aux dispositifs antitrust opérant jusqu’alors une claire et nette distinction entre les banques de dépôt, les banques d’investissement et les compagnies d’assurance. On voit d’ailleurs une très belle photo de Clinton serrant la pince à des banquiers, sourire jusqu’aux oreilles, en Une du New York Times de l’époque. (Dit-il en me montrant cette Une encadrée dans son bureau, NdlR).

Et on retrouve de tels exemples à l’échelle internationale, mais aussi européenne ou belge. Ce sont des mesures politiques qui nous ont menés là où nous en sommes. On entend souvent dire que « c’est la faute de l’Europe », notamment de la part de sociaux-démocrates. Pourtant, depuis 30 ans, ils ont été présents à tous les niveaux de pouvoirs, y compris au niveau européen. Ils ont donc une responsabilité écrasante dans la situation actuelle.

Mais les hommes politiques et les dirigeants de la haute finance ne sont quand même pas les mêmes personnes…

Geoffrey Geuens. Dans les conseils d’administration des grands groupes, qu’ils soient européens, nord-américains ou asiatiques, on retrouve presque systématiquement des représentants de la social-démocratie et de la droite au pouvoir. Dans les conseils d’administration des grandes banques, et même des hedge funds les plus agressifs – ceux qui parient sur la faillite des États et font du business sur l’austérité –, on retrouve aussi bien des démocrates comme des républicains aux États-Unis ; des travaillistes comme des conservateurs en Grande-Bretagne ; des socialistes comme des membres de l’UMP en France ; des socialistes libéraux comme de droite conservatrice aussi dans d’autres pays d’Europe.

Avec ce caractère bipartisan présent dans ces groupes, on observe que le but est évidemment de conserver, en dépit même des alternances ou d’un changement de majorité, des relais du monde économique dans le pouvoir politique.

Pouvez-vous donner des exemples de cette proximité en Belgique ?

Geoffrey Geuens. Plusieurs ministres des Finances ou des Premiers ministres sont passés, avant ou après leur mandat, dans la grande industrie ou dans la finance. Luc Van den Bossche (sp.a) a quitté la politique après environ 20 ans de carrière pour rejoindre d’abord la présidence de Brussels Airport et, récemment, le groupe financier Optima Financial Planners, sans compter les mandats de VdB chez Arinso International (informatique) ou encore au groupe de construction et d’immobilier Maes. Didier Reynders (Mr), est passé par le Centre de coordination de Carmeuse (famille Collinet), par la Record Bank, etc.

Jean-Luc Dehaene  (CDenV)(outre les divers mandats politiques qu’il a ou a exercés au niveau belge ou européen, est ou a été administrateur chez AB Inbev, Umicore, Lotus, Thrombogenics, a récemment quitté la présidence du conseil d’administration de Dexia.

Et notre nouveau ministre « socialiste » Johan Vande Lanotte a été, entre 2007 et 2010, administrateur d’Electrawinds. Créé en 1998 par les frères Luc et Paul Desender, Electrawinds est devenu le plus important acteur privé en Belgique sur le plan de l’énergie renouvelable et est en pleine internationalisation. En 2010, son chiffre d’affaires était de 110 millions d’euros. Vande Lanotte est aussi passé par DLA Piper, « le » cabinet d’avocats d’affaires américain. La Belgique n’échappe donc pas à la règle.

Dans le contexte de la crise économique, depuis 2008, de nombreux politiciens font appel à plus de régulation du monde financier. Est-ce une solution ?

Geoffrey Geuens. On veut réguler, au sens de limiter les excès. Mais, avec cela, on est dans une critique limitée : on reconnaît un minimum de choses qui ne vont pas bien pour éviter de remettre en cause plus fondamentalement le système tel qu’il est. C’est en fait un vieux classique de l’argumentation politique : concéder un petit peu pour préserver l’essentiel.

On peut installer autant de commissions de régulation qu’on veut, aux niveaux belge, de la Banque centrale européenne ou de la Banque mondiale. Mais ça ne changera rien si les forces politiques qui sont représentées au sein de ces instances sont celles qui ont construit l’Europe, le marché transatlantique, le marché international. Il n’y a alors aucune raison que cela change.

Dans votre livre, vous dites à ce sujet qu’on a transformé les pyromanes en pompiers.

Geoffrey Geuens. Oui, j’utilise cette expression pour dire qu’on est allé rechercher les mêmes. Car qui, les responsables politiques de droite comme de gauche, ont-ils choisi à la tête de ces commissions de régulation ? Des responsables qui venaient du secteur de la finance, et qui parfois y siégeaient au même moment.

Par exemple, l’Union européenne s’est donné comme président d’une des principales commissions de surveillance et de rédaction de nouvelles normes, un Français qui s’appelle Jacques de Larosière. Il avait tous les titres symboliques qui le rattachent à l’État, à la fonction publique : il est un ancien responsable du FMI, de la Banque de France. Sauf qu’au moment où il rédigeait son rapport, de Larosière était conseiller privé du président de la BNP Paribas, et siégeait aussi dans un groupe financier lié à des intérêts royaux au Brunéi (BMB group), et il était un ancien conseiller international d’AIG, le grand assureur américain qui a fait faillite. Là, on voit qu’on est dans un jeu de dupes. Et, à chaque échelon, on a rejoué cette comédie.

La crise aurait, selon vous, renforcé la concentration du capital et les liens entre les mondes politiques et économiques.

Geoffrey Geuens. En période de crise, il y a deux options possibles : soit mener des politiques d’austérité dures qui vont dans le sens que l’État soutient les banques, soit remettre en cause carrément le fonctionnement de ce système. Et c’est la première qui a été choisie. On renforce même les traits de ce système : on assiste à un renforcement de l’État au service des banques. Par exemple en France, où Sarkozy a nommé des proches ou anciens de son cabinet à la tête de la Banque populaire - Caisse d’épargne, donc dans les grands groupes. Même chose aux États-Unis, où ceux qui sont devenus les membres de l’administration Obama venaient de Wall Street. Et certains d’entre eux ont d’ailleurs déjà quitté Obama et sont repassés à la tête de la multinationale Citigroup.

L’Union européenne s’est renforcée, il y a quelques mois, avec un pacte de gouvernance. On organise le sauvetage de la zone euro : le politique reprend le contrôle sur les marchés ?

Geoffrey Geuens. L’objectif, en s’appuyant sur le projet européen, c’est d’imposer à tous les pays les mêmes normes d’austérité. Derrière le contrôle des déficits publics, on veut en réalité imposer des politiques d’austérité dans une série de pays, jusque là récalcitrants. Sans jamais entrer dans la théorie du complot – car c’est le système lui-même qui génère des crises –, ces crises deviennent une opportunité. D’ailleurs, les rapports des agences de notations sont aussi utilisés comme des opportunités pour faire passer ces plans d’austérité. On répète sans cesse qu’il faut « rassurer les marchés », « rassurer les agences de notations ». Mais ce discours abstrait est en réalité démobilisant : les hommes politiques seraient limités dans leur action, et on ne peut rien faire, car tout se joue à l’échelle mondiale.

L’Europe qu’on nous prépare, c’est une Europe qui va décider les mesures à prendre dans chaque pays. Évidemment, les forces politiques traditionnelles vont accepter ce nouveau compromis. Dans quelques années, elles diront : « Que voulez-vous ? C’est l’Europe qui le recommande, nous sommes obligés de le faire. » Entre-temps, elles auront voté ces nouveaux règlements. Il faudra se le rappeler.

Pourtant, la dette des États est bien une réalité, non ?

Geoffrey Geuens. Le discours sur la dette est un jeu de dupes. Jacques Généreux, un économiste français et responsable du Parti de Gauche de Mélenchon (candidat à la présidentielle 2012, NdlR) est intervenu récemment dans l’émission Mots Croisés à ce sujet. Il disait que l’explosion de la dette est liée à la crise économique et au sauvetage des banques. Mais des politiciens défendent maintenant qu’il ne s’agit pas que de ça, mais aussi surtout d’une dette structurelle, appelant à des solutions structurelles.

On les voit venir : il faut couper dans les dépenses sociales. Pourtant, certains pays sont endettés depuis des dizaines d’années. Et, à l’époque, ça ne posait pas tant de problèmes que ça. Après avoir utilisé l’Europe comme alibi, on utilise maintenant la menace des agences de notations.

Existe-t-il un bon et un mauvais capitalisme, l’industriel et le financier ?

Geoffrey Geuens. C’est à la mode effectivement, dans la crise actuelle. Mais il n’y a pas d’opposition réelle entre l’industrie et la haute finance. Les dirigeants de l'une siègent aussi dans l'autre.

La finance, ce n’est rien d’autre que la fusion des intérêts de la haute industrie et de la haute banque. Banque et industrie fusionnent dans le capitalisme financier. Aux États-Unis, par exemple, bien malin est celui qui pourrait faire la différence entre un représentant de la haute finance et un représentant des groupes industriels, puisqu’ils siègent alternativement dans l’un et dans l’autre.

Prenons Mittal. Il y a eu des dénonciations très outrées du vilain méchant capitaliste. Mais qu’est-ce qu’on critique ? Le comportement spéculatif et l’appât du gain d’un industriel international de la métallurgie ? Il n’y avait rien d’autre à attendre de M. Mittal. Eh bien oui, c’est un capitaliste. Par contre, rappeler qui a vendu Cockerill au privé, une entreprise qui se portait bien à l’époque, et avec quels arguments, cela demande un peu plus de courage politique et journalistique.

Geoffrey Geuens, La finance imaginaire, Anatomie du capitalisme : des « marchés financiers » à l’oligarchie, 2011, éditions Aden, Bruxelles, 368 p., 25 euros. À commander sur www.ptbshop.be 


Les experts : indépendants ?

Dans la plupart des pays, on fait de plus en plus appel à divers experts pour analyser la crise et y proposer des pistes de sortie et, parfois même, intégrer les gouvernements. Certains d’entre eux semblent d’ailleurs très critiques, très radicaux par rapport à la crise ou la globalisation. Examinons.


En Belgique
« On a choisi, en 2009, le baron Alexandre Lamfalussy pour diriger le “Haut comité pour une nouvelle architecture financière”. Il a une très longue carrière dans le monde de la banque privée. Ex-directeur exécutif de la Banque Bruxelles Lambert, de la BRI et président de l’Institut monétaire européen, le baron Lamfalussy pouvait, qui plus est, se targuer d’avoir présidé un comité des sages sur la régulation des marchés européens des valeurs mobilières (2000-2001), suivi dans ses propositions par le Conseil de l’Union, sans que cela n’empêche la survenue de la crise, sept ans plus tard.     

La Belgique venait de se doter d’une commission indépendante, dont voici certains membres : Lamfalussy – qui siégea aussi, par le passé, au comité international de Fortis, avec Davignon – et siégeait, depuis 2007, chez CNP Assurances ; Geert Noels, économiste en chef de Petercam, sera par la suite à l’origine de Crelan Fund EconoFuture, sicav fondée avec le Crédit agricole ; le directeur de la Banque nationale de Belgique, Peter Praet, avait été économiste en chef de Fortis ; et Daniel Gros présidait San Paolo IMI Asset Management SGR, tout en dirigeant le Centre for European Policy Studies (CEPS), think tank présidé par l’ex-n°2 de Citibank, Onno Ruding. »

En France
« Prenons l’économiste Jean-Paul Fitoussi. Il apparaît comme un sage au-dessus de la mêlée, et qui dénonce les excès du capitalisme financier : il siège dans des entreprises privées, en France et à l’étranger. Daniel Cohen, économiste qui n’hésite pas à critiquer Wall Street et la méchante finance, est conseiller du gouvernement français au sein d’une série de commissions et… conseiller financier de la Banque d’affaires Lazard.     

Le principal conseiller de François Hollande est Pierre Moscovici, qui a repris le poste de Strauss-Kahn, celui de vice-président du cercle de l’industrie. C’est le principal lobby des entreprises françaises du CAC 40. Dans la haute finance ou la grande industrie privée, il n’y a pas ou pratiquement pas de différence entre la social-démocratie et la droite conservatrice traditionnelle. »

En Italie
« On ne peut être qu’ interpelé par les termes utilisés par la presse pour rendre compte de la nomination de “Super Mario” au poste de Président du Conseil italien. Là encore, un travail journalistique un tant soit peu sérieux aurait permis de conclure à une forme de “coup d’État” plutôt qu’à la mise sur pied d’un gouvernement d’experts et de technocrates, sinon même, pour les plus audacieux, un gouvernement de la société civile. Prenons Mario Monti. Président du Conseil, ministre de l’Économie et des Finances, il est aussi conseiller international de Goldman Sachs, conseiller international de Coca-Cola, administrateur du Barilla Center for Food & Nutrition, ex-administrateur de Fiat, ex-administrateur d’Assicurazioni Generali, ex-administrateur de Banca Commerciale Italiana, ex-administrateur d’IBM Italia. »

Lire la suite sur : 
www.jolimai.org/?p=5 

Geoffrey Geuens, La finance imaginaire, Anatomie du capitalisme : des « marchés financiers » à l’oligarchie 

Septembre 2011, éditions Aden, Bruxelles, 368 p., 25 euros. À commander sur 
www.ptbshop.be  

20:12 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

09/03/2012

Ces compteurs électriques « intelligents » qui risquent de vous pourrir la vie

 
 
ALERTE: soyons sûrs que cette nouvelle saloperie arrivera aussi bientôt en BELGIQUE ...
RoRo
 
 
 
Ces compteurs électriques « intelligents » qui risquent de vous pourrir la vie

LINKY

Ces compteurs électriques « intelligents » qui risquent de vous pourrir la vie

PAR SOPHIE CHAPELLE (1ER MARS 2012)

L’installation des compteurs électriques dits « intelligents », comme le Linky en France, qu’Éric Besson veut généraliser, est loin de faire l’unanimité. Intrusion dans la vie privée et risque de piratage des données, multiplication des ondes électromagnétiques avec des effets néfastes sur la santé, « racket » des abonnés, suppression d’emplois chez les distributeurs d’électricité... De Paris à la Californie, en passant par le Québec, la contestation grandit. Tour d’horizon des résistances.

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La Ville de Paris ne veut pas du nouveau compteur électrique « intelligent » Linky. Bien qu’elle soit la première ville française à prendre une position aussi tranchée contre ce nouveau compteur, son vœu, adopté mi-octobre 2011, est passé assez inaperçu. Ce vœu fait suite à l’annonce d’Éric Besson, ministre en charge de l’Énergie, le 28 septembre dernier, d’installer 35 millions de compteurs électriques « intelligents » dans tous les logements à partir de 2013 [1], considérée par les élus verts parisiens comme une « décision ministérielle unilatérale ». Les élus du groupe Europe Écologie-Les Verts (EELV) regrettent« l’absence totale de concertation avec les collectivités locales propriétaires des réseaux ». « En tant que propriétaire du réseau électrique et des compteurs, la Ville de Paris doit avoir voix au chapitre », souligne le cabinet de Denis Baupin, maire-adjoint de Paris.

Les nouveaux compteurs électriques piratés

Autre point de friction entre la capitale et l’État, « les impératifs de préservation de la vie privée et de la liberté des citoyens ». Cette crainte est-elle justifiée vis-à-vis de compteurs jugés intrusifs ? Début janvier, en Allemagne, deux hackers ont démontré qu’il était possible d’intercepter les données transitant entre un compteur de nouvelle génération et la compagnie d’électricité [2]. Selon The Hacker News, les deux hackers étaient en mesure, après avoir analysé les données, de connaître le nombre d’ordinateurs ou de téléviseurs dans la maison, le programme de télévision regardé, et si le film DVD en cours de lecture était protégé ou non par un copyright !

Certes, ce piratage ne porte pas sur un compteur Linky, mais sur un compteur électrique intelligent d’origine allemande, rappelle le service de presse ERDF, qui gère le réseau électrique. Le protocole de communication utilisé par le Linky serait différent du modèle hacké par les pirates allemands. La Mairie de Paris souhaite néanmoins que le gouvernement réexamine le cahier des charges adopté. Et elle n’est pas la seule.

EDF vs collectivités locales

Autres oubliées de la concertation, les collectivités locales. Propriétaires des réseaux de distribution d’électricité (hors lignes à haute tension) et des compteurs électriques, elles en ont délégué l’exploitation à ERDF sur 95 % du territoire sous forme de concessions [3]. Dès novembre 2010, le Syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour l’électricité et les réseaux de communication (Sipperec), qui réunit 100 collectivités franciliennes, engage unrecours gracieux [4] auprès du Premier ministre. Le Sipperec n’accepte pas la généralisation du compteur « sans que le diagnostic ne soit partagé par tous les acteurs ». Le recours est aujourd’hui dans l’attente d’un jugement du Conseil d’État.

Les propos d’Henri Proglio, le 8 novembre dernier dans un entretien au Parisien, ont ravivé la polémique sur la propriété des compteurs. La réglementation doit être « revue afin de garantir pour mon entreprise un retour sur investissement , affirme le PDG d’EDF. Pour cela, il me semble normal de considérer que le nouveau compteur Linky m’appartient. » Une déclaration qui n’est pas du goût de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR).« ERDF est concessionnaire, exploitant d’un réseau appartenant aux collectivités locales, qui le lui "prêtent" dans le cadre de contrats de concession », rappelle la fédération. Quant au retour sur investissement, Henri Proglio n’a pas à s’inquiéter : le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité lui garantit une rémunération annuelle de 7,25 % !

Linky = 4 000 emplois supprimés ?

À la Fédération nationale des mines et de l’énergie (FNME CGT), on s’inquiète de l’impact de ce déploiement pour les salariés d’ERDF. « Le gouvernement confie le déploiement et le financement de Linky à ERDF, et affirme que le nouveau compteur sera gratuit pour l’usager, renvoyant son financement à des gains de productivité réalisés par le distributeur public, indique la FNME CGT.Cela ne doit pas se traduire par des suppressions d’emplois et la dégradation des conditions de travail pour les salariés de l’entreprise. » Or, plus de 4 000 emplois de techniciens clientèle pourraient être supprimés, rappelle le syndicat. « Le recours à la sous-traitance doit être exceptionnel, car il est reconnu par la direction d’ERDF elle-même que sous-traiter revient plus cher que de faire réaliser les travaux par ses propres équipes », avertit la CGT. Ici comme à SUD Énergie, on s’oppose d’ores et déjà aux utilisations anti-sociales qui pourraient être associées à la mise en œuvre du compteur. Ce dernier, désormais doté d’un moyen de coupure télécommandé, pourrait fortement simplifier la tâche pour les impayés… [5]

Le PDG d’EDF évalue le coût unitaire du compteur « entre 200 et 300 euros par foyer », largement au-delà de l’estimation qui avait été faite lors de l’annonce de la généralisation du dispositif (120 euros). « Le consommateur risque de payer deux fois s’il veut agir sur sa consommation », regrette Catherine Dumas, directrice générale adjointe du Sipperec. Le consommateur va d’abord payer le changement de compteur. « S’il veut pouvoir agir sur sa consommation et faire des économies, il faudra qu’il paye une deuxième fois, côté fournisseur, des services pour maîtriser sa consommation », relève le Sipperec. « Ce compteur va être certainement très utile à ERDF pour mieux gérer le réseau, mais nous relevons de nombreuses insuffisances dans [ses] fonctionnalités […] pour le consommateur », résume Catherine Dumas, qui aurait souhaité un peu moins de précipitation de la part du ministère de l’Énergie.

Une pollution électromagnétique supplémentaire ?

Il n’y a pas qu’en France que l’arrivée de compteurs « intelligents » est contestée. « C’est comme les gaz de schiste, ça va trop vite ! » Cette phrase lâchée par une manifestante le 5 février dans la ville de Québec résume bien la situation. Alors que la société d’État Hydro-Québec prévoit d’installer 3,8 millions de compteurs intelligents d’ici à 2017, les manifestations pour exiger un moratoire se multiplient. Des rassemblements se sont tenus le 5 février au Québec. L’enjeu : alerter sur les radiations électromagnétiques émises par ces compteurs nouvelle génération. « Elles constituent un risque qu’on ne sait pas encore mesurer, indique José Levesque, l’un des membres fondateurs de la Coalition québécoise de lutte contre la pollution électromagnétique (CQLPE).Nous imposer ça est une grave atteinte à notre liberté de choix. »

Dans le doute, la ville de Saint-Colomban (Québec) a adopté en novembre 2011 une résolution [6] exigeant un moratoire sur l’installation des compteurs intelligents. Elle s’est inspirée de la pétition déposée à l’Assemblée nationale qui a recueilli près de 10 000 signatures. Ses auteurs dénoncent la non-consultation des abonnés, le « coût exorbitant » du remplacement des compteurs électromécaniques actuels ainsi que l’absence d’évaluation des risques sanitaires.

En complément du moratoire, la coalition réclame une commission d’enquête publique et transparente qui évalue le projet dans son ensemble et fasse le point sur les risques liés à l’électropollution. Et la possibilité pour un abonné de faire retirer le nouveau compteur (20 000 appareils ont déjà été installés). De son côté, Hydro-Québec assure que les taux d’ondes émises répondent aux normes recommandées par Santé Canada.

« Plus de rayonnements que les téléphones mobiles »

Les compteurs pointés du doigt au Québec sont les mêmes que les deux millions installés par le distributeur d’électricité PG&E en Californie. Depuis l’installation des compteurs intelligents, de nombreux résidents se disent aux prises avec des problèmes de santé, dont des maux de tête, des bourdonnements d’oreille, des nausées, des acouphènes et des troubles cardiaques. Deux mille plaintes ont été déposées. Des collectifs Stop Smart Meters (Stop aux compteurs intelligents) se sont créés ces derniers mois en Californie et dans une vingtaine d’autres États, multipliant les manifestations et actions de blocage des véhicules de PG&E. « Les nouveaux compteurs dits intelligents émettent plus de rayonnements que les téléphones mobiles », témoigne une militante dans le New York Times. « Avec les téléphones mobiles, vous pouvez choisir de ne pas en avoir, ou de l’éteindre lorsque vous ne l’utilisez pas. Mais avec ce nouveau compteur, vous n’avez pas le choix, c’est de façon constante, on vous l’impose, vous ne pouvez pas l’éteindre. »

Bombardement électromagnétique

Le comté de Santa Cruz, en Californie, a fini par décréter fin janvier un moratoire sur l’implantation de ces compteurs. Cette décision s’appuie sur un rapport [7] commandé en décembre 2011 au médecin Poki Stewart Namkung, l’officier de la santé publique du comté. L’exposition aux radiofréquences serait cumulative, notamment en raison du bombardement croissant auquel toute personne en milieu urbain est désormais la victime involontaire.

Le rapport relève, entre autres effets biologiques reconnus des radiofréquences,« une perméabilité accrue de la barrière hémato-encéphalique du cerveau (Eberhardt, 2008), des effets négatifs sur la qualité du sperme, des lésions de la double échelle de l’ADN qui peuvent déclencher un cancer (Phillips, 2011), l’activation du gène de stress comme s’il réagissait à une toxine (Blank, 2011), ainsi qu’une altération du métabolisme du glucose dans le cerveau (Volkow, 2011) ». Autant d’effets potentiels sérieux qui ont conduit le Dr Namkung à recommander l’application du principe de précaution.

Interdictions d’installation et sanctions financières

Le moratoire adopté par le comté de Santa Cruz s’inscrit dans un mouvement de contestation beaucoup plus large. On compte à ce jour 9 autres comtés et 38 villes en Californie ayant adopté des résolutions qui considèrent illégale l’installation des compteurs intelligents au sein de leur juridiction [8]. Début février, la Commission des services publics de Californie a ainsi autorisé les clients de la société PG&E à refuser l’installation dans leur résidence des compteurs intelligents. Ces clients pourront soit conserver leur ancien compteur analogique, soit accepter l’installation d’un compteur électronique multifonctions dont on aura désactivé l’émetteur qui permet de transférer les données.

Cette décision est néanmoins assortie d’une sanction financière. Alors que le relevé de consommation ne coûtait rien jusque-là, la Commission autorise désormais le distributeur à imposer des frais initiaux de 75 $ et des frais mensuels de 10 $ – respectivement 10 $ et 5 $ pour les personnes à faibles revenus. Le combat est loin d’être terminé puisque de nombreux abonnés sont catégoriquement opposés à payer ces frais qui, disent-ils, reviennent à de l’extorsion de fonds. Environ 90 000 abonnés ont déjà indiqué à la société PG&E qu’ils refusaient l’installation des compteurs intelligents chez eux.

« Aux Pays-Bas, on est davantage en avance dans le dossier car les citoyens peuvent, sur une base volontaire et sans pénalité, conserver les compteurs mécaniques », rapporte la Coalition québécoise de lutte contre la pollution électromagnétique. Selon The Telegraph, la Grande-Bretagne songerait, elle aussi, à permettre aux usagers de se retirer de son programme de modernisation des compteurs. Bien que le gouvernement britannique projette l’installation de 53 millions de compteurs intelligents entre 2014 et 2019, le mouvement ralentit du fait des craintes des usagers relatives aux radiofréquences. Le ministre de l’Énergie, Charles Hendry, a ainsi récemmentdéclaré que le gouvernement « ne rendrait pas les compteurs intelligents obligatoires ».

Une technologie en France non exempte de risques sanitaires

En France, des associations comme Robin des toits et Next-Up s’inquiètent des effets potentiellement nocifs sur la santé en raison des ondes émises par les nouveaux compteurs électriques. Certes, les technologies utilisées aux États-Unis et au Canada pour permettre la communication du compteur sont différentes de celles utilisées en France. « Aux États-Unis, précise Étienne Cendrier, porte-parole de Robin des toits, les nouveaux compteurs ne fonctionnent qu’avec des radiofréquences. En France, on va essentiellement passer par du CPL, c’est-à-dire du courant porteur en ligne. » Les données émises par le compteur seront donc transportées via les lignes électriques existantes.

Mais la technologie CPL, qui superpose au courant électrique alternatif de 50 Hz (hertz) un signal à plus haute fréquence, n’est pas exempte de risques sanitaires car les câbles électriques actuels ne seraient pas aux normes CPL. « Les câbles du réseau électrique n’ont pas été conçus à l’origine pour transporter des signaux hautes fréquences, précise l’association Next-Up. Si ERDF veut déployer le Linky, elle doit installer des câbles blindés qui n’irradient pas de hautes fréquences. » Autre solution alternative préconisée par Robin des toits : le raccordement du parc de compteurs actuels en filaire ou en fibre optique.

Totale absence d’études…

Une fois rassemblées dans un concentrateur, les données sont ensuite envoyées à un centre de traitement par la norme GPRS, la même que celle utilisée dans la téléphonie mobile. Or, les ondes électromagnétiques viennent d’être classées par l’Organisation mondiale de la santé dans la catégorie 2B, c’est-à-dire « des agents peut-être cancérigènes pour l’homme ». « À l’occasion de l’expérimentation menée par ERDF en Indre-et-Loire, plusieurs personnes sur place se sont plaintes de nuisances, relève Étienne Cendrier. C’est de l’ordre du déclaratif, mais aucune étude d’impact sanitaire n’a été menée pour approfondir cette question. »

Craignant la mise en danger des personnes électrosensibles, Robin des toits n’envisage pourtant pas de se tourner vers l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, en vue de mener des tests sur les compteurs et concentrateurs installés. Car, depuis la publication du rapport sur les radiofréquences, en octobre 2009, rien n’a été fait dans ce domaine par cette agence. Contactée par Basta !, l’Anses n’a pas été en mesure d’apporter des précisions sur ce thème. « C’est une véritable course de lenteur », dénonce Étienne Cendrier. Ce manquement total au principe de précaution a conduit Robin des toits à déposer fin 2011 un recours au Conseil d’État, qui dispose d’un an pour l’examiner. Avec le compteur Linky, Éric Besson s’apprête à refiler un cadeau empoisonné au prochain gouvernement.

Sophie Chapelle

Notes

[1] Lire à ce sujet Le Nouveau Compteur électrique Linky : plus cher, plus intrusif, mais pas écologique.

[2] Dario Carluccio et Stephan Brinkhaus ont présenté les résultats de leurs recherches à l’occasion de la 28e édition du Chaos Computing Congress, le rendez-vous annuel de la scène hacker internationale.

[3] Selon l’article L 322-4 du code de l’énergie.

[4] Ce recours est aussi engagé par le Syndicat intercommunal d’énergie d’Indre-et-Loire (Sieil), où s’est déroulée une partie de l’expérimentation du compteur Linky menée par ERDF.

[5] Lire à ce sujet Le compteur électrique « intelligent » : outil écolo ou mouchard social ?.

[6] Lire la résolution adoptée par la Ville de Saint-Colomban au Québec

[7] Lire le rapport (en anglais).

[8] Voir la liste mise à jour sur le site Stop Smart Meters.

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En savoir plus

Pour aller plus loin : Ondes électromagnétiques : vers un nouveau scandale sanitaire ?

cartereferendum

21:18 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

08/03/2012

BELGIQUE: Ptb - Expresso

 
Expresso :: Sondage : Le PTB double son score.

Entre le 2 et le 7 février, La Libre Belgique et Dedicated Research ont demandé à 3007 Belges pour qui ils allaient voter. De Morgen écrit à ce propos : « Comparé aux élections fédérales de 2010, le sondage ne prévoit de hausse du côté flamand que pour la N-VA et le PTB+. Ce dernier doublera ses voix, passant à 2,9 %, dépassant ainsi largement le 1,5 % de la Liste Dedecker. »

 

La Pentecôte de De Crem (catholique flamand)

Pieter De Crem (CD&V), ministre de la Défense, en a marre de tout ce blabla politique. C’est pourquoi il demande à ses collègues d’être « plus autoritaires ». Et il donne tout de suite l’exemple : un trou dans le budget ? Supprimez le congé du lundi de Pentecôte ! Pour des trucs compliqués, faut pas sonner chez De Crem. C’est ça qui est bien avec le Pieter, on le comprend directement. Et le reste du gouvernement ? Ils se sont entreregardés d’un air entendu et ont continué. Mais il y a une chose pour laquelle Crembo est quand même sur la même longueur d’ondes : le trou des banquiers, c’est bel et bien les travailleurs qui doivent le boucher.

 

 

 

 

Abonnement de golf

Dans un geste généreux, Rudi Thomaes, de la FEB, propose également quelques restrictions à ses amis riches. Respirez un coup, d’abord… Voici la proposition de Rudi : « Ainsi, nous pourrions supprimer la déductibilité d’un abonnement de golf, même si ça ne fera pas plaisir aux entrepreneurs. » En échange, il veut que les syndicats fassent un geste à leur tour. Commercial jusqu’au bout, le Rudi ! Ces gens pouvaient donc déduire le abonnement de golf de leurs impôts ! C’est quoi l’excuse ? La création d’emploi sur le green ? (Metro, 27 février 2012)

 

 

 

Vert kaki

Isabelle Durant (Ecolo) a été en Libye avec une délégation des Verts européens. Dans une interview accordée au Soir, elle se félicite de l’intervention militaire et de l’arrivée au pouvoir du CNT. Ce même CNT qui, de l’aveu de Durant, n’a pas encore instauré de police ni de justice, et qui laisse des milices s’occuper de l’« ordre », tout en commettant des crimes impunis, à caractère raciste dans de nombreux cas. Le pire, c’est que Durant semble vouloir remettre ça en Syrie. Après Pieter De Crem, Isabelle Durant… Serait-ce une épidémie de « Ramboïte » ?

 

 

 

Expresso :: Solidaire dans la presse internationale

La grève générale du lundi 30 janvier a fait du bruit aux quatre coins du monde. Et la couverture par Solidaire a été diffusée à plus d’une reprise. Le journal brésilien Hora do Povo, de la centrale syndicale CGTB comptant environ 100 000 membres (journal tiré à environ 50 000 exemplaires deux fois par semaine) a traduit en portugais l’article de David Pestieau « Les yeux ouverts sur la grève générale ». Le journal du PC libanais l’a traduit en arabe, et le journal en ligne de gauche du Tessin (Sinistra.ch) en italien.

Le quotidien français L’Humanité et le luxembourgeois Zeitung vum Lëtzebuerger Vollek ont aussi diffusé l’article de Solidaire sur la grève générale du 30 janvier en français. Sur leur site avante.pt, le Parti communiste portugais (PCP) a également commenté la grève, tout comme le Parti communiste de Grèce (KKE). Le Parti communiste des peuples d’Espagne ainsi que le Parti communiste du Salvador ont envoyé des messages de solidarité au PTB et aux travailleurs de Belgique.

 

 

 

 

 

Expresso :: Assassin décoré

L’assassin présumé de Lumumba décoré par Karel De Gucht (VLD), notre brave ministre qui ose faire la leçon au président congolais Kabila. Ce Belge de 88 ans, aujourd’hui cité par le parquet fédéral à comparaître devant la chambre des mises en accusation dans le cadre du dossier de l’assassinat du Premier ministre congolais Patrice Lumumba en 1961, a été décoré par De Gucht à deux reprises, en 2004 et en 2009. Pourtant, C. Huyghe est depuis 40 ans l’un des principaux suspects des Nations Unies dans l’assassinat à l’origine des 36 années de règne du dictateur Mobutu. Et De Gucht prétend encore ne vouloir que le bien-être des Congolais…

 

 

690 millions d’argent noir

La justice française a transmis au parquet d’Anvers un CD-rom reprenant les noms de près de 1200 Belges qui ont ouvert un compte secret auprès de la Banque HSBC en Suisse. Sur cette liste figurent principalement les noms de diamantaires anversois. L’inspection spéciale des impôts comptabilise ainsi 690 millions d’euros d’argent noir. Jusqu’à présent, le fisc n’avait pu intervenir dans cette affaire de fraude car la Cour de cassation française avait jugé le mode d’obtention des données illégale. Mais, à présent que la justice française a transmis ces données au parquet d’Anvers, le fisc va pouvoir les examiner. (De Tijd, 02/03)

 

Vert de peur

Benoît Hellings (Ecolo) a déclaré, lors des débats pour l’élection du nouveau duo à la tête de son parti : « Oui, il y a un danger qu’on se fasse déborder par le PTB. Oui, il y a un danger que Raoul Hedebouw devienne celui qui dénonce et celui qui propose... » C’est ce qu’a révélé Le Vif dans ses pages consacrées aux élections chez les verts. Une nouvelle preuve que le PTB grandit, au point de peser sur les positions des autres partis. Premier verdict attendu lors des élections communales d’octobre.

 

Carton rouge :: Demandez conseil à votre banquier


Le cabinet de la vice-Première ministre Laurette Onkelinx (PS) accueille un nouvel élément. Il s’agit d’Yves Delacollette, ancien patron de la branche belge de la Deutsche Bank. Celui-ci sera chargé du suivi des dossiers bancaires, pour lesquels il aura certainement l’occasion de revoir tous ses amis banquiers et, pourquoi pas, d’œuvrer dans leur intérêt. Dans un entretien accordé à La Libre en 2008, cet « économiste » déclarait que la crise n’était due qu’à un problème de confiance. Car, bien sûr, la spéculation extrême des banques (dont celle qu’il dirigeait à l’époque) n’était pas du tout en cause. Il faut dire aussi que le respectable Delacollette est dans le collimateur de la justice pour la vente de produits toxiques de Lehman Brothers par la Deutsche Bank à ses clients. 
    Bref, nous avons là confirmation que Laurette Onkelinx sait s’entourer de gens compétents, fiables et, surtout, qui défendent l’intérêt de la population plutôt que ceux des grands banquiers et des actionnaires. À quand Lakshmi Mittal chef de cabinet de Di Rupo ?

 

17:16 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Ce jeudi 8 mars 2012, c’ est la journée internationale des femmes...

 
Ce jeudi 8 mars 2012, c’ est la journée internationale des femmes...
7 mars 2012 12:15 | Il y a : 19  h 
| Thème: 
Belgique, Femmes 

Journée internationale des femmes :: Pourquoi le 8 mars ?

Fotoula Ioannidis


La tradition de la Journée internationale des femmes est née le 8 mars 1910. À l’époque, lors de la deuxième conférence internationale des femmes socialistes, à Copenhague, la militante communiste des droits de la femme Clara Zetkin avait proposé de manifester chaque année pour le droit de vote des femmes, pour l’égalité entre hommes et femmes et pour le socialisme.
    À partir de 1911, un million de femmes d’Autriche-Hongrie, du Danemark, de Suisse et d’Allemagne donnent suite à son appel. Au cours des années suivantes, les femmes de pays de plus en plus nombreux s’y rallieront. 
    En 1977, les Nations-Unies proclament officiellement le 8 mars Journée internationale des femmes. Petite anecdote plaisante : en cette période – la Guerre froide battait son plein –, il y avait, entre les pays socialistes et les pays capitalistes, une grosse polémique à propos de l’origine de cette date du 8 mars. Les Américains prétendaient que ce jour était la commémoration d’une grève des femmes du textile qui avait eu lieu le 8 mars 1957 à New York. Mais, après enquête, on s’est rendu compte que cette grève n’avait pas eu lieu à cette date. 
    La Journée internationale des femmes est un moment bien choisi pour rendre visible la lutte et la solidarité internationale entre toutes les femmes. C’est un moment propice pour dresser un bilan et  évaluer le chemin parcouru. Mais c’est aussi l’occasion de mettre l’accent sur les revendications des femmes et renforcer celles-ci, pour souligner la nécessité d’introduire et d’appliquer une politique qui prenne réellement à cœur les besoins de la femme.

Note témoignage de RoRo:

Il y aura bientôt 50 ans, les femmes ouvrières de la Fabrique Nationale de Herstal en Belgique (Fn) déclenchaient la fameuse grève des femmes pour le principe “à travail égal, salaire égal !”

Cette grève aurait pu prendre des dimensions nationales et même européennes si la solidarité ouvrière avait pu jouer grâce à l’ appui des autres entreprises importantes du pays.

Mais elle fut sabotée par les directions syndicales (jusqu’au sein de la Fgtb, et même du Parti communiste...)

A Charleroi, un tract rédigé, tiré, par les principaux permanents de la Fédération du Parti, appelant les travailleuses des Acec de Charleroi à la grève de solidarité ne fut jamais distribué et rejoignit la poubelle de l’ Histoire. Les militants du Parti mobilisés pour la distribution aux portes de l’ usine se heurtèrent à l’opportunisme de délégués syndicaux de l’ entreprise. La délégation syndicale Fgtb des Acec était pourtant présidée à l’époque par un “communiste”...

Près de 50 ans après l’on relève que la revendication n’ est toujours pas réalisée. Dans certains secteurs l’on constate que les femmes gagnent jusqu’à 22 % en moins que les hommes pour le même travail.

Roger ROMAIN, ex-permanent de la

Fédération Pcb de Charleroi de 1965 à 1990

 

Clara Zetkin :: Une grande dame à l’origine de la Journée internationale des femmes

Nous fêtons ce 8 mars 2010 le centenaire de la Journée internationale des femmes. C’est à Clara Zetkin (1857-1933) qu’est attribuée la maternité de cette journée, à l’occasion de laquelle sont mises à l’honneur les luttes des femmes.

Fotoula Ioannidis
 

Au sein du Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD), dans les années 1910, diverses tensions se manifestent autour de la question de la guerre. Clara Zetkin (à gauche) s’affirme clairement en opposition à la guerre qui se prépare, avec son amie, aussi révolutionnaire allemande, Rosa Luxembourg. (Photo Encyclopædia Britannica Online)

Oubliée de l’histoire, Clara Zetkin est pourtant en Europe et peut-être dans le monde, peu avant la Première Guerre mondiale, la femme socialiste la plus connue.

Pour Clara, ce que les femmes sont, leurs façons d’être et de penser, découlent moins de leur nature que de leur culture. Elle a restitué la femme dans l’histoire des femmes. La plupart des entraves dont elles souffrent sont à attribuer au système économique existant. Pourtant, elle est assez lucide pour noter que  « Même dans la société socialiste, la femme devra mener une lutte ardente pour établir en toute clarté la démarcation entre son travail au foyer familial et son activité professionnelle. »

Développer le mouvement féministe autour d’une tasse de café

Clara Zetkin est née le 5 juillet 1857 à Wiederau en Saxe (Allemagne) et décédée le 20 juin 1933 à Arkhangelskoïe, près de Moscou. Après avoir brillamment réussi ses études, elle devint enseignante puis journaliste. Vers les années 1870, Clara Zetkin commence à fréquenter le mouvement féministe, et adhère aux idées socialistes dans le contexte de l’essor industriel de l’Allemagne de Bismarck. Puis, à travers son rôle de rédactrice en chef du journal Die Gleichheit (L’égalité) qu’elle fonde en 1891, elle a contribué au développement et à l’organisation du mouvement féministe prolétarien, mais aussi, là où les autorités interdisaient les organisations de femmes à peine constituées, en regroupant les militantes simplement en tant qu’abonnées de la Gleichheit. Elles se réunissaient soi-disant pour fêter un anniversaire ou prendre ensemble une tasse de café : en réalité, on discutait des buts et de l’avenir du mouvement.

Elle participe également a des réunions clandestines du Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD). Elle s’exilera à Zurich après l’interdiction par Bismarck, de tous rassemblements et publications du SPD. C'est encore au SPD, qu'elle rencontrera son futur compagnon, le révolutionnaire russe Ossip Zetkin avec qui, en dehors du mariage, elle aura 2 enfants, Maxime et Konstantin

Plus tard, elle sera élue présidente du Secrétariat International des Femmes Socialistes en 1907, lors de la première Conférence internationale des femmes socialistes à Stuttgart. C’est elle qui a fait adopter une résolution par le congrès de l’Internationale, qui dit que « les partis socialistes de tous les pays ont le devoir de lutter énergiquement pour l’instauration du suffrage universel des femmes. » C’est lors de la deuxième conférences internationale des femmes socialistes qu’elle proposera la création de la journée internationale des femmes (voir ci-contre).

Les femmes contre la guerre

Au sein du Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD), diverses tensions se manifestent autour de la question de la guerre. Clara Zetkin s’affirme clairement en opposition à la guerre qui se prépare, avec son amie,  révolutionnaire allemande aussi, Rosa Luxembourg. Elle mène de nombreuses actions pour la paix.

En novembre 1912, devant la cathédrale de Bâle, en sa qualité de secrétaire du mouvement international des femmes socialistes, elle appelle toutes les femmes et les mères à se dresser contre la guerre. Rosa Luxembourg et elle participent toutes deux à l’aile gauche du SPD. Mais le Parti finira par voter les crédits de guerre. Elles contribueront alors à fonder la Ligue spartakiste qui deviendra le Parti communiste d’Allemagne.

Elle organisera en 1915, en pleine Première Guerre mondiale, une conférence internationale pacifiste de femmes à Berne, en passant illégalement la frontière pour sortir de son pays. Mais à son retour, elle sera arrêtée et emprisonnée.

La révolution allemande de 1918 permet aux femmes d’obtenir le droit de vote et d’être élue. Clara Zetkin deviendra rapidement parlementaire pour le Parti communiste d’Allemagne à l’assemblée du Reichstag de 1920 à 1933. Clara Zetkin sera aussi parmi les rares femmes membres du Komintern de 1921 à 1933, année où, peu avant de décéder, elle appelait encore vivement à lutter contre le nazisme.

 
 

Les spartakistes - 1918 : l'Allemagne en révolution Gilbert Badia

 

Les spartakistes - 1918 : l'Allemagne en révolution Gilbert Badia

10,00 €
 

Description rapide

Les spartakistes - 1918 : l'Allemagne en révolution 
Gilbert Badia

Edition Aden, 2008 
11,5 x 17 cm, 352 pages

Les spartakistes

 

Description du produit

Les spartakistes - 1918 : l'Allemagne en révolution 
Gilbert Badia

Novembre 1918 : de Kiel à Munich la révolution éclate et dans toute l’Allemagne fleurissent des Conseils d’ouvriers et de soldats qui proclament l’avènement du socialisme.
Janvier 1919 : la répression des Corps francs noie la Commune de Berlin dans le sang.
Entre ces deux dates se joue le destin tragique de l’Allemagne. 
Ce livre analyse les événements qui menèrent au massacre de dizaines de milliers d’ouvriers et à l’écrasement du mouvement dissident du Parti social-démocrate, la Ligue spartakiste. On y suit les deux leaders emblématiques du mouvement : Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht jusqu’à leur assassinat en janvier 1919.
Gilbert Badia se fonde sur de nombreux textes d’époque (tracts, écrits des protagonistes, articles de journaux) pour décrire presque jour après jour l’évolution de cette révolution avortée et démontrer que les choix d’alors ont facilité le développement ultérieur du national-socialisme.


Gilbert Badia est né en 1916 dans une famille d’immigrés espagnols. Il est connu comme le traducteur de la correspondance de Marx et Engels (Éditions Sociales), des poèmes de Brecht (L’Arche) ou des pièces de théâtre de Martin Walser. Il séjourne comme étudiant dans l’Allemagne nazie qui provoque son rejet du fascisme. Il se spécialise alors sur l’histoire contemporaine de l’Allemagne et deviendra un fin connaisseur de l’histoire du mouvement ouvrier allemand ainsi que de ses acteurs comme Rosa Luxemburg ou Clara Zetkin. Il est ainsi un biographe très remarqué de ces deux personnages. 

Edition Aden, 2008 
11,5 x 17 cm, 352 pages

 

13:56 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |