-----Message d'origine-----
From: Marc van Campen
Sent: Sunday, January 29, 2012 3:23 PM
Subject: discours de Peter de vendredi en français et en
néerlandais
Bonne argumentation de Peter Mertens président du PTB, à propos
de la grève , des syndicats et le reste.
Marc
Je crois que ce speech mérite d'être bien diffusé,
beaucoup de bons arguments sur la grève et sa signification
In het NL:
Il a été traduit en français:
Peter Mertens (PTB) : « L'enjeu de cette grève porte
sur le genre de société que nous voulons avoir »
Quelque 530 personnes ont répondu « présent » ce vendredi 27 janvier à la
réception de nouvel an du PTB à Anvers. Elles ont pu écouter le discours
de nouvel an du président du PTB, Peter Mertens qui portait sur les enjeux de la
grève générale du 30 janvier.
webmaster
J'ai rencontré Didier l'autre jour. C'est un chouette gars, 30 ans. Il
travaille dans une petite entreprise métallurgique. Mais qu’est-ce qu’il me
pompait l’air, avec les syndicats ceci, les syndicats cela. Parce qu’il
commençait déjà à se faire tard et que j’avais le sentiment de me répéter, je
suis donc passé à la vitesse supérieure :
- Tu es quelqu’un de conséquent, tu es quand même quelqu’un qui veut
joindre la parole aux actes, non ?
Alors, sois conséquent contre les syndicats. Cette année, pas de congés
payés. Admets qu’on les a eus grâce aux syndicats. Treizième mois, il va falloir
le reverser. Les conditions de travail dans ton entreprise : va négocier
individuellement avec ton patron. Finis les CCT. L’indexation de ton salaire :
oublie-la. Et, dans dix ans, quand tes gosses auront 12 ans, ils pourront aller
travailler à l’usine. Ah oui, fini l’interdiction du travail des enfants. Ca
aussi, ce sont les syndicats qui l’ont obtenu. Didier, tu peux être contre les
syndicats, mais sois conséquent, alors. Et le Didier, il n’a plus rien dit. Mais
il était déjà tard, naturellement.
« Ils veulent attacher les syndicats à une chaîne très, très courte »
Chers camarades et amis, « les gens » ne sont pas contre les syndicats. Et
ils ne sont pas contre le droit de grève. C’est révoltant de voir comment on
peut manipuler l’opinion publique. Un exemple. « Six Belges sur dix pour la
limitation du droit de grève », titraient quasiment tous les journaux de jeudi.
Bart Meuleman, professeur en recherches statistiques, l’un des spécialistes de
la branche, a examiné l’enquête. Et, qu’en est-il ressorti ?
Primo : elle ne répond pas aux normes scientifiques les plus élémentaires.
Et, secundo, même dans ce cas, ses conclusions sont erronées. S’il ressort
quelque chose de l’enquête, c’est que sept Belges sur dix sont opposés à la
limitation du droit de grève. Le professeur Meuleman a donc bravement adressé
ses conclusions au journal De Standaard. Et savez-vous ce que De Standaard a
répondu ? « Malheureusement, nous ne pouvons publier votre carte blanche », car
« le caractère scientifique du sondage d’opinion n’est pas une priorité dans ce
débat. ». Sept Belges sur dix sont contre la limitation du droit de grève.
Mais, à part ça, ce n’est… pas une priorité dans le débat !
Dans notre pays, on a entamé une épreuve de force. Mais elle n’est pas
dirigée, en premier lieu, contre la grève de lundi. Non d'abord contre le rôle
des syndicats. Hier, 25 membres de la VOKA (l'organisation des patrons flamands)
sont allés manifester devant les locaux de la FGTB à Gand, où les demandeurs
d’emploi se trouvaient aux guichets. Les patrons sont allés intimider les gens
de la FGTB et aussi ceux de la CSC, dans d’autres villes. Des patrons qui
intimident des demandeurs d’emploi, dans l’histoire sociale du 20e et du 21e
siècle, c’est sans doute du jamais vu ! Les gens de la VOKA sont contre les
syndicats en tant qu’organisations des classes, ils sont contre les syndicats en
tant qu’organisations de lutte. Ils veulent une société où les syndicats soient
muselés. Tout comme aux États-Unis. Nous avons vu ce que cela signifie, chers
camarades. Thatcher et Reagan ont commencé leur offensive en démantelant les
droits syndicaux. Vous devez une fois regarder la situation sociale à Bristol ou
à Manchester, ou à Los Angeles ou à Detroit. Là où les syndicats sont muselés,
le social régresse. Et pour les jeunes aussi, chers camarades. Surtout pour les
jeunes.
Si nous permettons que l’attaque contre les syndicats soit engagée, nous
allons tous en être les victimes. Vous, vous et vous, tous ! Même ceux qui ne
sont pas membres du syndicat. Et même la classe moyenne et les petits
indépendants. Que les libéraux et la N-VA crient avec les loups et veulent tenir
les syndicats en laisse, cela ne nous étonne pas.
Mais c’est une véritable honte, chers camarades, que les démocrates
chrétiens et les sociaux-démocrates participent eux aussi à ce petit jeu !
À tous les membres des syndicats qui sont encore membres du PS et du SPa,
du CDH et du CD&V, nous proposons aujourd’hui une nouvelle maison.
Affiliez-vous au PTB. Nous tirons votre chapeau devant votre travail syndical,
nous respectons votre engagement social, nous ne dressons pas les générations
les unes contre les autres, nous contribuons à construire des syndicats
forts.
« Comment osent-ils ? »
La grève ne concerne pas seulement sur le fait que le gouvernement
va plonger 200.000 personnes de plus dans la pauvreté, en réduisant les
allocations du chômage. La grève n’a pas seulement trait au fait que le
gouvernement veut réduire la déductibilité fiscale pour le prêt de votre maison,
pour votre épargne pension, pour vos crèches et pour l’isolation de votre
maison.
La grève n’a pas seulement trait au fait que le gouvernement refuse
d’imposer des tarifs maximaux à Electrabel et au fait que l’électricité est en
train de devenir hors de prix.
La grève n’a pas seulement trait au fait que les gens vont devoir
travailler plus longtemps et que certaines catégories de pensionnés vont devoir
sacrifier entre 150 et 180 euros de leur pension chaque mois.
La grève n’a pas seulement trait au fait que des ministres et des
patrons rêvent d’un saut d’index ; ce qui veut dire que, la prochaine fois, vos
salaires ne seront pas adaptés à la hausse du coût de la vie. Une baisse de
2%.
La grève n’a pas seulement trait au fait qu’on cherche 11 milliards
d’euros en se trompant de cible et que les millionnaires vont encore y
échapper.
La grève, naturellement, a trait à tout cela, mais la grève a
surtout trait au genre de société que nous voulons avoir.
Chers camarades et amis, toute la lutte sociale qui éclate aujourd’hui
n’est que le début d’une nouvelle ère. Le monde entier se retrouve tout
simplement la tête à l'envers. De quoi parle-t-on à longueur de journée,
aujourd’hui ? Sur quoi écrit-on ? Ou, mieux, de quoi parle-t-on sur Twitter,
aujourd’hui ? Des salariés, de leurs organisations sociales, des gens qui
plantent leur pelle dans le sol en disant que ça ne peut plus continuer?
Non, les grévistes sont stigmatisés comme si c’étaient eux qui avaient
provoqué la crise. Ils mettent tout à l’envers, camarades !
Savez-vous de quoi les premières pages des journaux devraient être remplies
? Savez-vous de quoi, chaque jour, à la radio, on devrait discuter ? Savez-vous
de quoi les émissions de TV devraient parler ?
Comment est-il possible que les banques, qui nous ont plongés dans
cette crise, soient devenues plus grandes et plus puissantes encore ? Que les
centaines de lobbyistes bancaires qui rôdent autour du Parlement européen aient
obtenu qu’il n’y ait pour ainsi dire aucun renforcement des contrôles sur les
banques ? Pourquoi les contribuables doivent-ils chaque fois intervenir pour
sauver les banquiers privés qui ont joué notre pognon en bourse ?
Comment est-il possible que des bonus continuent à être distribués
? Que ceux qui spéculent le plus reçoivent les plus grosses primes de risque,
alors qu’ils sont en train de jouer au poker en bourse avec notre argent ?
Comment est-il possible que l'Allemagne, un pays qui fait du
dumping salarial et qui fait travailler des millions de gens à 7 ou 8 euros de
l’heure, soit présenté comme modèle à toute l’Europe ?
Comment est-il possible que les spéculateurs aient reçu un statut
pour ainsi dire divin ? Qu’ils spéculent aujourd’hui même contre les États et
contre les peuples ? Qu’au cours des prochaines semaines, ils vont laisser la
Grève sombrer complètement dans la faillite ? Que le Portugal paie déjà 20%
d'intérêts sur des obligations d’État à cinq ans ? 20%!
Comment est-il possible que les super-nantis soient devenus encore
plus riches ? Que la Commission européenne exige aujourd’hui que le système des
intérêts notionnels ne soit pas supprimé… mais au contraire étendu encore ? Que
les millionnaires de la terre, ces six derniers mois, soient devenus plus riches
de 29%? Au beau milieu de la crise ! Et que leur obésité financière soit devenue
tout bonnement incontrôlable ?
Comment osent-ils ?, chers amis et camarades. Comment osent-ils
?
Le monde politique ne sauve pas les passagers du Costa Concordia. Il sauve
les capitaines, il sauve ceux qui ont fait chavirer le système. Les banquiers,
les spéculateurs et les millionnaires obtiennent plus de pouvoir que
jamais.
Nous exigeons que le secteur bancaire redevienne à nouveau un secteur
public, au service de l’économie réelle.
Nous exigeons qu’il soit mis un terme à la spéculation des pires mafieux
qui soient. Nous ne voulons pas que la population soit mise sur la balance, mais
que les super-nantis soient envoyés pour faire un régime Weight-Watchers. Nous
voulons une taxe des millionnaires qui, chaque année, rapporterait 8 milliards
d’euros.
You’ll never walk alone (Tu ne marcheras jamais seul)
Là où il y a de l’injustice, il y a de la résistance, chers
camarades.
Et j’en viens ici à mon toast pour 2012.
N’ayez pas peur des temps qui viennent.
N’ayez pas peur de cette fausse symphonie médiatique et de ces bombements
de torse des patrons car, derrière leurs bruyantes gesticulations se
cache la peur qu’ils ont de voir le peuple résister.
Ayez confiance en vous-mêmes, en vos collègues de travail, en vos amis et
vos proches.
Informez-vous, serrez les rangs, organisez-vous, faites compter la force du
nombre.
Nous avons besoin de vous, en tant que PTB, nous avons besoin de toutes vos
qualités.
Nous avons besoin de gens à l’avant-plan comme à l’arrière.
Chez nous, chaque membre est apprécié, chaque camarade a un triple
A.
Et vous, vous avez besoin du parti,
comme épine dorsale,
pour vous informer,
pour travailler ensemble et ne pas vous retrouver tout
seuls,
pour réaliser une société juste, socialiste,
où les gens pourront bénéficier à nouveau de la vie en société, les
uns des autres, de leur emploi, de la nature, des fruits de leur travail, des
alouettes…
Et je lève donc mon verre à 2012, avec une magnifique chanson en anglais
You’ll never walk alone (Tu ne marcheras jamais seul)
When you walk through a storm
hold your head up high
And don't be afraid of the dark.
At the end of a storm is a golden sky
And the sweet silver song of a lark.
Walk on, walk on with hope in your heart
And you'll never walk alone,
(Quand tu marches dans la tempête
tiens la tête bien haut
et n’aie pas peur du noir.
A la fin de la tempête il y aura un ciel bleu
et le doux chant argenté d’une alouette.
Marche, marche avec l’espoir dans le cœur
et tu ne marcheras jamais seul.)
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