06/11/2011

SOLIDAIRE, hebdo du Ptb: Sur les fausses étiquettes populistes ou utopistes

David Pestieau
 

Marco Van Hees, spécialiste fiscalité du PTB, était invité au débat de Mise au Point à la RTBF. Il a été ouvertement intimidé par la ministre Laruelle qui a notamment déclaré : « Monsieur Van Hees ferait peut-être bien d’être un peu plus au bureau et de lire les lois qui passent plutôt que d’écrire ses bouquins poujadistes. » « Votre message à Monsieur Van Hees est “ferme-la” », a résumé le présentateur. (Photo RTBF)

« Je sens que les travailleurs n’ont pas besoin de beaucoup pour qu’éclatent des gros troubles sociaux »1 a déclaré Luc Cortebeeck (président de la CSC). Après la manifestation en soutien aux travailleurs d’Arcelor-Mittal, une grande concentration syndicale en front commun est annoncée à Bruxelles pour le 15 novembre, en signe de premier avertissement au futur gouvernement Di Rupo.

Avec la récession et l’austérité qui s’annoncent, il y a de quoi être inquiet. Mais, d’en haut, on nous dit qu’il n’y a pas d’alternative. Et qu’il faut accepter de faire des sacrifices aux dieux du Marché « pour les calmer », comme les anciens Grecs le faisaient à Olympe aux dieux de la Nature.

Et pour qu’en bas, on ne se révolte pas, ceux d’en haut tentent de dénigrer, d’intimider ceux qui travaillent à une alternative. Prenons deux exemples récents.

Samedi dernier, 29 octobre 2011, un grand quotidien du Nord du pays affirmait en Une qu’une étude avait démontré que le PTB était « populiste ». Avec la connotation péjorative accolée à ce terme, le message semblait être : n’écoutez pas ce qu’a à dire le PTB.

Or que dit cette enquête ? Que 73 % d’habitants du Nord du pays estiment que les « ministres feraient mieux d’être moins dans le bureau et plus être parmi les gens normaux ». Que 70 à 85 % des gens pensent que les politiciens devraient « plus écouter l’homme de la rue »2. Avec Dexia, la longue crise politique et l’austérité, on pourrait difficilement leur donner tort.

Pourtant, par un raccourci saisissant, ces personnes sont qualifiées de « populistes ». Remarquons qu’on retrouve ces « populistes » parmi les électeurs de tous les partis. Mais, comme leur proportion est plus forte chez les électeurs du PTB, le PTB est qualifié de « populiste ». Voilà comment on évacue un débat fondamental : en posant une étiquette. Comme on le fait de plus en plus envers les syndicats, qualifiés de « conservateurs » et les Indignés, d’« utopistes ».

On l’a vu aussi dimanche dernier avec Marco Van Hees, fonctionnaire au ministère des Finances et spécialiste fiscalité du PTB, qui était invité au débat de Mise au Point à la RTBF. Délivrant sa critique argumentée sur la politique fiscale actuelle, il a été ouvertement intimidé par la ministre Laruelle (Mr) qui a notamment déclaré : « Monsieur Van Hees ferait peut-être bien d’être un peu plus au bureau et de lire les lois qui passent plutôt que d’écrire ses bouquins poujadistes. » « Votre message à Monsieur Van Hees est “ferme-la” », a résumé le présentateur, choqué par ces menaces.

Ces exemples, comme d’autres, démontrent que la bataille à venir contre la crise sera une bataille sociale, mais aussi démocratique. Pour qu’on s’attaque au fond, celui de la remise en cause de notre société, une infime minorité d’actionnaires, guidée par le profit, décide du sort de millions de gens. Au-delà des fausses étiquettes. Comme on l’a fait, samedi dernier, à la Journée du socialisme à Gand. Et comme on le fera dans les prochaines semaines dans les entreprises, dans les assemblées syndicales, étudiantes et populaires.

1. De Morgen, 31 octobre • 2. De Morgen, 29 octobre

13:02 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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