25/10/2011

dans SOLIDAIRE: Holding communal :: « Commune » impression qu’i ls nous prennent pour des c…

 
Brièvement: il faut quand même se rappeler que le CREDIT COMMUNAL de Belgique (devenu DEXIA) était sans doute la principale banque publique du pays. Son but était d’ AIDER les 589 communes fusionnées du pays. Les communes et d’autres institutions publiques participaient, empruntaient (parfois à très longs termes, MOYENNANT INTERETS pour subventionner leurs travaux, leurs réalisations), et recevaient en retour une partie des bénéfices qui comptaient en recettes dans les budgets communaux. Le but n’était pas tout simplement pour les communes de participer et de recueillir des dividendes...
Les choses se sont gâtées, lorsque le CREDIT COMMUNAL est devenu DEXIA et a étendu ses tentacules en direction de Paris et de la spéculation comme les autres banques privées et/ou privatisées capitalistes...  On voit le ( s )  résultat ( s ) : ce fleuron des nos communes est désormais en faillite. Il y a évidemment des “responsables” et des gens qui ont profité comme toujours ... L’ argent existe toujours:  il change tout simplement de poche et/ou de coffres-forts ... Résultat, les citoyens contribuables et aimables citrons vont devoirs payer une fois de plus sous la forme d’une AGGRAVATION des impôts communaux ou de nouveaux impôts et/ou taxes et redevances à créer... A nos poches, une fois de plus pour sauver et/ou raccommoder le capitalisme bancaire existant ...
RoRo
a/conseiller communal  
18 octobre 2011 14:47 | Il y a : 5  jour(s) 
| Thème:
 
Belgique, Banques, Belgique, Dossier crise 

Holding communal :: « Commune » impression qu’ils nous prennent pour des c…

Les communes sollicitent l’aide des Régions et de l’État fédéral pour sauver le Holding communal, qui regroupait les actions des différentes communes du pays dans Dexia. Le Holding est en effet en cessation de paiement et, faute d’intervention de l’État et des Régions, tombera en faillite. Une perte lourde pour les communes.

Axel Bernard
 
 

Après Dexia, le Holding communal. Et ensuite, les communes et puis les citoyens ? C’est fort possible lorsqu’on entend nos élus. Des élus qui étaient à la fois administrateurs de la banque Dexia et du Holding communal, tout en siégeant dans les conseils communaux, et qui participaient au pouvoir, qu’il soit fédéral ou régional. (Photomontage Solidaire)

(Photomontage Solidaire)

Les communes pleurent car elles perdent l’argent public qu’elles ont confié au Holding communal. Pendant des années, le Holding était une poule aux œufs d’or. La commune de Genk, par exemple, affirme avoir bénéficié depuis 1999 de 8,7 millions d’euros de rentrées grâce aux dividendes Dexia. Schaerbeek percevait 4 millions par an. Anvers, 8 millions. Liège, plus de 2 millions. Mais, depuis la crise financière de 2008, ce sont des années de vaches maigres. Les dividendes ne sont plus versés. Au total, les communes ont déjà perdu plus de 600 millions de rentrées par rapport à ce qu’elles avaient projeté dans leur budget. Les actions Dexia détenues par le Holding ne valant plus rien, ce dernier n’a donc plus les moyens de faire face à l’ensemble de ses dettes et est même virtuellement en faillite.

Comment en est-on arrivé là ? Les communes bruxelloises accusent en chœur «  le manque de transparence du management du Holding ». « La légitime confiance des municipalistes a été trahie par l’État et les Régions », lit-on dans un communiqué des communes wallonnes. « La situation devient intenable », affirme-t-on en Flandre en renvoyant la balle au gouvernement flamand. Pourtant, ce sont les mêmes acteurs qui, d’une part, étaient administrateurs de la banque Dexia et du Holding communal, qui, d’autre part, siégeaient dans les conseils communaux et qui, enfin, participaient au pouvoir au fédéral ou dans les Régions.

Ils n’ont pas joué leur rôle de contrôle

Ils sont en effet nombreux à avoir siégé au Conseil d’administration de Dexia. Le président du PS, Elio Di Rupo, y siégeait par exemple en 2005. Dans quel but ? «Pour défendre nos concitoyens. Il est de tradition que de grosses pointures politiques siègent au sein de Dexia. C’est le devoir des hommes politiques de voir où vont et comment évoluent les moyens financiers de nos propres communes », rappelait-il à l’époque. Jean-Luc Dehaene (CD&V, ancien Premier ministre, ancien bourgmestre), Serge Kubla (MR, bourgmestre de Waterloo et ancien ministre régional wallon), Karel De Gucht (Open Vld, ancien ministre fédéral) ou Frank Beke (sp.a, ancien bourgmestre de Gand), pour ne prendre que quelques exemples. Tous ces hommes politiques sont passés par le CA de Dexia S.A. Qu’ont-ils réalisé durant toutes ces années ? Eux qui touchaient entre 40 000 et 32 000 euros pour une dizaine de réunions ? À ce salaire-là, ils n’ont aucune excuse de ne pas avoir tiré la sonnette d’alarme devant les investissements à risque faits par Dexia.

Ils ont poussé les communes à s’endetter encore plus

En 2009, le Holding communal vient de participer au sauvetage de la banque Dexia. L’opération s’est déroulée dans des conditions qui le fragilisent à l’extrême. Il a besoin d’argent frais (500 millions) et fait appel aux communes pour voir son capital augmenter. Pour les communes qui sont pour la plupart déjà dans le rouge, cela signifie emprunter à nouveau de l’argent. Du coup, pour les convaincre, le Holding promet un dividende de 13 % chaque année. Dans une déclaration signée par l’ensemble de ses conseillers communaux, le PTB a immédiatement dénoncé ce marché de dupes en annonçant qu’il coûtera cher aux citoyens. En précisant : « On ne peut atteindre ce résultat qu’en se remettant à spéculer en Bourse, en créant de nouveaux paquets de crédits toxiques, par des investissements dangereux. »

Certaines communes vont refuser d’injecter plus d’argent dans le Holding communal. La commune de Jean-Michel Javaux (Ecolo) est de celles-là. L’achat de nouvelles actions présentait un « risque financier important pour Amay », selon lui. Même chose pour Gand, pourtant une des communes ayant une des plus grandes participations dans le Holding. Le bourgmestre Daniël Termont (sp.a) se montrait même particulièrement critique : « Ce n’est pas la mission des villes et des communes d’investir de l’argent public dans une banque commerciale. »

Mais, malgré les difficultés budgétaires des communes, la toute grande majorité d’entre elles (5 sur 6) vont s’endetter lourdement et injecter des millions d’euros dans le Holding. Et, hormis l’opposition unanime des conseillers communaux PTB, l’opération trouvera du soutien dans tous les autres partis. Durant tout le mois de septembre 2009, les ténors politiques vont se débattre pour faire passer la pilule dans les 589 communes du pays. A Schaerbeek par exemple, l’unanimité règne. Un emprunt de 9 millions d’euros est souscrit pour financer cette opération « indispensable » selon Laurette Onkelinx (PS), « nécessaire » selon Ecolo, « raisonnable » selon le cdH et « responsable » selon le MR. A Anvers, la majorité (sp.a, Open Vld et CD&V) autorise l’acquisition de nouvelles actions en payant plus de 16 millions d’euros. A Mons, Elio Di Rupo, celui-là même qui siégeait quelques années auparavant au CA de Dexia pour « voir où vont les moyens financiers des communes », reconnaît que la situation est « surréaliste » mais réplique : « Les autorités locales doivent continuer le mouvement de soutien des autorités publiques aux banques. »

 

 

Le citoyen, dindon de la farce

Le sort concret du Holding communal se joue dans les jours qui viennent. Différents scénarios sont sur la table. De la faillite pure et simple à une relance du Holding moyennant une intervention de l’État et des Régions. Quel que soit le compromis retenu, le citoyen sera le dindon de la farce. En cas de faillite ou de liquidation du Holding, les autorités locales perdront d’un coup des milliards d’euros. 221 millions pour la ville d’Anvers, 136 pour Charleroi, 109 pour Schaerbeek ou 83 pour Liège. 
L’association des villes et communes flamandes annonçait déjà fin septembre que la situation financière était telle que celles-ci seraient contraintes de licencier ou d’augmenter les impôts. En cette période d’austérité annoncée, l’intervention des Régions ou de l’État fédéral ne sera pas sans risque financier non plus pour le contribuable. Qui au final peut être amer sur ce personnel politique qui a privatisé le Crédit communal, a placé l’argent public dans une logique de spéculation boursière et va encore lui demander de payer les pots cassés.

 

09:31 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Banques, Belgique, Misère, Pouvoir d' achat, Presse, Privatisations, Romain, Social, Solidaire | Lien permanent | |  Facebook | |  Imprimer | | |