07/10/2011

BELGIQUE: Dans SOLIDAIRE: Dexia : c’est une « good bank » publiq ue qu’il nous faut

 Dexia : c’est une « good bank » publique qu’il nous faut
 
octobre 2011 17:13 | Il y a : 3  jour(s) 
| Thème:
 
Éditorial, Belgique, Banques 

 

David Pestieau
 

Les actionnaires publics – États français et belge, Régions et communes – sont largement majoritaires dans Dexia. Le problème est que la banque a été dirigée depuis les années 90 comme une banque privée.

A l’heure d’écrire ces lignes, le groupe Dexia est sur le point d’être démantelé. Le prétendu sauvetage de 2008 aura duré à peine trois ans. On parle aujourd’hui de la création d’une « bad bank » où les actifs toxiques – avec des obligations d’État peu sûres et des prêts douteux – seraient stockés avec la garantie des États belge et français. Tandis que les beaux morceaux de Dexia (comme Dexia Banque Belgique, descendante du Crédit communal) seraient vendus.

Ce serait un véritable hold-up : les pertes et les risques seraient à charge du contribuable, les profits au privé.

« La “bad bank” créée par le groupe Dexia recevrait des garanties des autorités françaises et belges. Ainsi les pertes des portefeuilles toxiques arriveraient là où elles n’ont précisément rien à faire, dénonce Danny Carleer, initiateur du site www.banquepublique.be et membre du PTB. Ce qui veut dire que c’est le contribuable qui devrait encore payer pour les pots cassés. Les banquiers qui sont responsables des énormes gaffes ne devront une nouvelle fois pas porter le poids de la crise. »

Je ne peux que m’étonner de l’absence d’un débat public sur la privatisation du Crédit communal et de ses conséquences désastreuses. Sur ce sujet, les partis traditionnels se taisent dans toutes les langues. Pourtant ce débat pourrait amener à un changement de cap. Car le comble est que les actionnaires publics – États français et belge, Régions et communes – sont largement majoritaires dans Dexia. Le problème est que la banque a été dirigée depuis les années 90 comme une banque privée. Les communes sont devenues dépendantes des dividendes du Holding communal qui sont aujourd’hui nulles. Avec de graves conséquences pour les finances communales : restrictions sur le personnel, l’enseignement, les services sociaux, etc. Et, cerise sur le gâteau, les communes sont constamment appelées à apporter des garanties (et à s’endetter) à une banque dont elles n’ont plus le contrôle réel.

Cette logique doit être cassée. Si l’État et les communes mettent de l’argent dans les banques, c’est pour en prendre le contrôle, garantir l’épargne, permettre que les prêts soient faits au bénéfice de la collectivité, éviter tout phénomène de spéculation. Comme le PTB l’a dit depuis l’éclatement de la crise bancaire en 2008, ce qu’il nous faudrait, c’est une « good bank » publique. Qui travaillerait de la manière qui a fait le succès du Crédit communal. Car la CGER et le Crédit communal n’ont jamais, durant des décennies, connu les problèmes auxquels sont confrontés les banques privatisées aujourd’hui.

Au lieu d’injecter de l’argent dans un puits sans fond et offrir des garanties à une stratégie qui prouve sa faillite, un service public bancaire pourrait offrir un nouveau départ pour les communes. Cette « good bank » publique devrait être sous le contrôle direct de la population, des organisations sociales, sans avoir recours à des managers venus du privé. On pourrait alors avoir une banque publique avec des pratiques de service public.

21:24 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

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