27/08/2008

27/08/2008: Jeux Olympiques : ces femmes qui sauvent l'honneur du sport belge...

Jeux Olympiques : ces femmes qui sauvent l'honneur du sport belge

Tia Hellebaut et les relayeuses du 4 X 100 m Kim Gevaert, Olivia Borlée, Élodie Ouedraogo et Hanna Marïen ont gagné les seules médailles belges des JO. Elles sauvent l'honneur d'un sport belge affaibli par la division communautaire.

David Pestieau

 

L'unité fait la force. L'équipe féminine du 4x100 mètres nous en donne un merveilleux exemple. (Photo Xinhua)

On n'y croyait plus… Mais la Belgique reviendra bel et bien avec une médaille d'argent et une médaille d'or de Beijing. Un petit baume au cœur des passionnés de sport belge.

Que la médaille d'or soit obtenue par une femme connue pour sa sportivité, son sens de la solidarité enchantera ceux qui aiment le sport avec un grand S.
Que la médaille d'argent soit obtenue en équipe, par des femmes francophones et néerlandophones, signataires l'an passé de la pétition « Sauvons la solidarité » (pour le maintien de la sécurité sociale dans un cadre fédéral) ravira aussi ceux qui aspirent à une Belgique unie et solidaire.

Ces derniers jours, le manque de politique sportive ambitieuse mais aussi la division communautaire ont été pointés par nombre d'experts sportifs.

« Quand on regarde ces athlètes qui ont réalisé des performances de haut niveau (comme Justine Hennin ou Kim Gevaert, ndlr), on se rend compte qu'il s'agit toujours d'individus qui avaient un talent exceptionnel, des entraîneurs exceptionnels, des ambitions, et qui ont réussi leur parcours malgré les structures du sport belge ou en dehors de celles-ci », pointe Robert Vandewalle, champion olympique de judo à Moscou (1980). Et il ajoute : « La régionalisation du pays n'a pas été favorable au sport. »

Jacques Rogge, président belge du Comité Olympique international, confirme que « la communautarisation est un handicap (pour le sport) parce qu'elle éparpille les connaissances et les compétences. ».

Jacques Borlée, ancien coureur, entraîneur et père des frères Kevin et Jonathan Borlée (présents au relais 4 X 400 m) et d'Olivia Borlée, une des relayeuses du 4 X 100 m, lui ne mâchait pas ses mots : « en se divisant, on ne cesse de s'affaiblir ». Et il parle d'expérience : « Je dois me battre face à des aberrations constantes. Il y a un terrible problème d'expertise en Belgique à tous niveaux. En travaillant de manière séparée, les Communautés s'affaiblissent de manière incroyable. La force qu'on a eue, nous, c'est de travailler avec les néerlandophones depuis cinq ans, de vivre avec eux, Kim (Gevaert) et Tia (Hellebaut, championne de saut en hauteur, ndlr) et leur entourage, de voir ce qu'ils faisaient. On a pris ce train-là. Dans ce pays, à force de diviser, chacun vit dans son coin sans bénéficier de l'expérience et de la richesse des autres. Du coup, chaque sport est très faible, pauvre. Et cela me pose problème. » (1)

Tout ceci ne met pas le premier ministre Leterme, chantre de la régionalisation, à l'abri de quelques contradictions :
« C'est vrai que l'éparpillement des moyens et l'opacité des structures mènent à un manque d'efficacité et de rendement. C'est sûr qu'avec la communautarisation il y a eu peut-être ici et là une utilisation double dans l'encadrement, les infrastructures et les entraîneurs », avoue-t-il (2).

Mais il se déclare contre toute refédéralisation du sport. La solution pour lui est de renforcer la coupole belge pour assurer une meilleure coordination : « La coupole belge devrait peut-être renforcée, pour apporter encore plus d'attention aux sportifs de haut niveau. » Mais pour ajouter tout de suite : « Le sport en général, le sport pour tous, est une matière communautaire irréversible. »

Après vingt ans de communautarisation, la division linguistique a montré sa faillite en matière de sport, son inefficacité et la multiplication de structures inefficaces. Et la seule réponse du premier ministre est : il faudrait développer une coupole de coordination au-dessus de ce qui a été divisé.

Mais pourquoi ne pas simplement refédéraliser le sport… Ce serait mieux en terme de « bonne gouvernance » chère à Monsieur Leterme. Et surtout mieux pour offrir une politique sportive réellement au service des gens.

Car nul n'a démontré pourquoi un athlète néerlandophone devait avoir un autre traitement qu'un athlète francophone, encore moins s'il habite dans la même ville Bruxelles…
 
(1)    Le Soir, 21 août
(2)    De Morgen, 18 août

21:14 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : medias, romain, silence, television, solidaire, actualite, information, sport, belgique, histoire, societe, ptb, presse, bruxelles, courcelles, capitalisme, europe | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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