28/02/2008

Une syndicaliste courcelloise dans "Solidaire" ...

Evelyse BEGON habite rue de Forrière à Courcelles. C' est une syndicaliste bien connue dans le secteur de la distribution. Aux dernières élections, elle figurait sur la liste des candiddats Ptb+PCC à Courcelles...

« Nous faisons un syndicalisme de contact, proche des gens »
Elections sociales, jour J-102 :: Evelyse Begon, déléguée aux magasins Champion

« Coincés entre le patron et le client, les travailleurs n'ont plus d'espace démocratique », dit Evelyse Begon. Pourtant, elle est certaine que les choses peuvent changer.

Germain Mugemangango
23-01-2008

« Au début, il y avait très peu de femmes dans le syndicat », explique Evelyse Begon. Aujourd'hui, elle représente ses affiliés jusqu'au niveau national. (Photo Solidaire, Germain Mugemangango)

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Nom : Begon
Prénom : Evelyse
Age : 30 ans... de syndicalisme, un fils de 26 ans
Employée dans la grande distribution, chez Champion. Déléguée principale CNE. Présente aussi dans les instances du secteur commerce et de l’interpro CNE, au niveau régional et national.


Comment vous êtes-vous lancée dans le syndicat?

Evelyse Begon. Je me suis rendu compte que nos conventions collectives de travail étaient moins bonnes qu’ailleurs car nous n’étions pas sortis du paternalisme patronal. Au début, il y avait très peu de femmes dans le syndicat. Encore moins dans le commerce. J’ai dû faire face à pas mal d’hostilité. Comme femmes syndicalistes, on ne voyait que les déléguées de la sidérurgie, qui étaient mal perçues.

 

Que veulent les travailleurs des grands magasins ?

Evelyse Begon. Les gens veulent une augmentation de leur pouvoir d’achat. Actuellement, il existe des conventions qui remplacent le paiement des heures supplémentaires par des bons à dépenser dans le magasin. C’est une rétribution illégale, sur laquelle le patron ne paye pas de cotisations sociales. Nous n’avons pas signé ça. La CNE veut des augmentations de pouvoir d’achat sans toucher à la sécu.

Nous voulons aussi des contrats plus stables et avec plus d’heures. Il y a très peu de temps pleins dans notre secteur. Par exemple, dans mon magasin, il n’y a que 7 temps pleins sur un total de 42 employés. Nous nous battons pour obtenir des contrats de plus de 20 h. Si tu es mi-temps, tu touches seulement la moitié du salaire. C’est aussi le cas si tu es malade ou si tu es en fin de carrière. Pourtant, pour toi le pain coûte le même prix. Nous devons éviter que les gens qui arrêtent de travailler se retrouvent plus pauvres qu’en travaillant. Si tu as un mari pour t’aider financièrement, ça peut aller, mais de plus en plus de familles sont monoparentales.

Il y a bien trop de contrats à durée déterminée chez nous. On commence d’abord comme intérimaire. Ensuite, ce sont les contrats à durée déterminée, avec un maximum de quatre contrats sur deux ans. On peut aussi tomber dans le système du contrat de remplacement. Tu remplaces dans n’importe quel magasin les personnes qui sont en maladie ou qui partent en crédit-temps. Ça peut durer des années. Tu peux donc te retrouver dehors après des années car tu n’as toujours pas de contrat stable.

L’aménagement de la fin de carrière reste aussi une priorité pour nous. Dans ce cadre, nous avons obtenu du crédit-temps. Ça permet à des femmes usées par le travail de se remettre un peu. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, nous faisons un travail pénible. Mais ce crédit-temps n’est pas encore un droit pour tous. Ça se négocie individuellement.

 

Quelles sont vos relations avec les autres centrales syndicales ?

Evelyse Begon. Lors de la lutte contre le pacte de solidarité entre les générations, nous avons travaillé en front commun avec le Setca1. Chez nous, les relations sont constructives entre les deux syndicats. Je discute régulièrement avec la déléguée principale Setca. On peut être en désaccord, mais lorsque nous prenons une position commune, je peux lui faire confiance pour qu’elle la défende devant le patronat. De toute manière, les deux syndicats ont les mêmes objectifs, même si les moyens utilisés sont parfois un peu différents.

Nous avons aussi de bonnes relations avec la délégation ouvrière CSC. Ce n’est pas évident, car il y a plusieurs endroits où c’est plus compliqué.

 

Votre bilan des quatre dernières années ?

Evelyse Begon. Nous avons obtenu de bonnes conventions et résolu pas mal de cas particuliers. Il y a une évolution idéologique au sein de la délégation. Depuis la lutte contre le pacte de solidarité entre les générations, on peut lancer des mots d’ordre de grève et les gens les suivent. Avant, nous étions obligés de faire des piquets. Nous avons aussi obtenu une augmentation salariale de 20 euros pour les contrats temps plein (avec pro rata pour les temps partiels).

Dans notre délégation, nous avons comme principe de rester au boulot. Si tu ne fais plus le boulot toi-même, c’est impossible de bien défendre de meilleures conditions de travail. Nous faisons un syndicalisme de contact. C’est de là que nous viennent les nouveaux délégués. Il faut être comme eux. Proche des gens.

 

Avec votre expérience, quels conseils donneriez-vous à ceux et celles qui se présentent pour la première fois aux élections sociales ?

Evelyse Begon. La plus grande satisfaction que je retire de mes mandats syndicaux c’est l’amitié et la confiance que me portent ceux que je représente.

Les gens ont légitimement peur pour leur emploi. Le syndicaliste doit savoir porter leurs revendications, être leur porte-parole. Le syndicaliste doit savoir prévoir à long terme. Il vaut mieux par exemple se battre pour le maintien de la sécu plutôt que donner des chèques-repas qui ne donnent pas lieu à une cotisation sociale.

Nos défis pour l’avenir seront le rajeunissement du syndicat par l’obtention des contrats stables et la découverte de nouvelles forces, la lutte contre l’individualisation des relations de travail et le combat pour ramener la démocratie au sein de l’entreprise.

1 Le Setca est la centrale syndicale de la FGTB pour les employés

Les supermarchés Champion

Evelyse Begon. Les 36 magasins Champion sont situés à Charleroi, dans le Brabant Wallon et à Mons. C’étaient au départ des magasins qui ressemblaient plutôt à des épiceries, tenues par la famille fondatrice, les Mestdagh, qui restent les principaux actionnaires. Le premier supermarché a été ouvert en 1955. Par la suite, les supermarchés se sont multipliés. Ça représente environ 1 000 employés et 500 ou 600 ouvriers. Il y a un seul fournisseur central pour tous les magasins. Un quart des actions est détenu par des Français, qui sont également actionnaires chez Carrefour. Au conseil d’entreprise, le Setca (FGTB) a cinq mandats et la CNE quatre. Mais aux dernières élections sociales la CNE avait plus de voix. C’est le mode de calcul des attributions des sièges qui a bénéficié au Setca.

1001 façons d’être syndicaliste

Les élections sociales auront lieu du 5 au 18 mai 2008. Dans plus de 6 000 entreprises, 1 400 000 travailleurs éliront leurs représentants au conseil d’entreprise et au comité pour la protection et la prévention au travail. Solidaire vous en présente quelques-uns, actifs dans différents secteurs et reflets de différentes sensibilités. Car il y a bien des façons d’être syndicaliste. Vous retrouverez cette série de portraits deux fois par mois.

19:23 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : solidarite, politique, courcelles, romain, histoire, actualite, syndicats, social, capitalisme, ptb, communes, oppression capitaliste | |  Imprimer | | |

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