30/01/2008

Pouvoir d’achat : le basculement ?

Pouvoir d’achat : le basculement ?

Editorial • Solidaire n° 3 du 23 janvier 2008

23-01-2008

Janvier 2008 :

- Un homme fait dans son pantalon car il ne peut pas quitter la chaîne de production pour aller aux toilettes.

- Ils travaillent tous les deux et pourtant ce couple n’arrive pas à finir le mois.

- Il est jeune, 15 emplois différents à son actif et toujours pas de job fixe.

Ces derniers jours, on a pu entendre ces histoires lors de l’« épidémie de grèves » que connaît la Flandre. Des arrêts de travail qui se sont propagés dans plusieurs entreprises pour des augmentations de salaire, pour des contrats fixes, pour une baisse du rythme de travail.

Avec des résultats : des primes de 1 000 euros brut, des augmentations de salaires horaires. Loin encore de ce qu’il faudrait pour vraiment s’en sortir mais bien plus que si rien n’avait bougé.

Oui, ceux de Ford et ailleurs le montrent : les patrons doivent et peuvent payer. Ils peuvent invoquer leur position concurrentielle, voire aujourd’hui la crise financière.

Mais les faits sont là. Leurs bénéfices ont doublé en quatre ans avec « une rentabilité jamais observée depuis 20 ans » selon la Banque nationale, pendant que les salaires faisaient du surplace.

C’est la première bonne nouvelle de la semaine car l’exemple de Ford et co ne sera sans doute pas sans suite.

La deuxième est qu’il y a « une solution face à la hausse des prix du gaz et de l’électricité : la baisse de la TVA de 21 à 6% ». Ce n’est plus seulement le PTB qui le dit (il le fait depuis plus de deux ans) mais aussi, depuis vendredi dernier, la CREG, l’organe officiel de contrôle de l’énergie.

Une revendication à laquelle se rallient les syndicats et même… le PS. Une revendication déjà fortement « poussée » par la population comme en témoigne nos membres qui font campagne depuis plusieurs mois.

Et dans ce domaine, pour maintenir le budget à l’équilibre, le gouvernement devra briser la Pax Electrica (l’accord secret avec Electrabel) pour imposer la Taxe Electrabel, qui devrait imposer au géant de l’énergie un impôt exceptionnel sur ces bénéfices.

Que le CD&V se découvre des accents sociaux depuis ce week-end et que le PS, après 8 ans avec les libéraux, ait l’air de se réveiller (et découvre les méfaits de « l’homme qui parlait à l’oreille des riches », Didier Reynders), montre surtout que la pression est forte dans la population pour ce genre de mesures.

A nous maintenant de la développer, l’amplifier pour gagner le bras de fer du pouvoir d’achat.

Cette pression peut avoir un autre effet bénéfique : forcer à remettre les projets de régionalisation de la Sécu aux calendes grecques. Le politologue Lieven Dewinter l’avouait ce week-end au Soir: « Il peut toujours survenir une crise externe qui fasse évoluer le climat (à la table des négociations,ndlr). La pression deviendrait très forte, de la part des syndicats et de la population pour que cessent les « jeux politiciens ». L’opinion publique qui, aujourd’hui, est très calme pourrait alors basculer  » . Et si cette crise, c’était celle du pouvoir d’achat ?

11:43 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, belgique, romain, histoire, actualite, capitalisme, politique, presse, silence | |  Imprimer | | |

27/01/2008

Note Verhofstadt :: No future pour la Sécu et la Belgique ...

Avec un agenda néo-libéral, la note Verhofstadt pousse dans le sens d’une scission de la Sécurité sociale et d’une division accrue. Des raisons pour une autre réforme de l’État, démocratique et solidaire, existent pourtant.

Herwig Lerouge
16-01-2008

Quand le patronat flamand inspire Verhofstadt

Mis côte à côte, le programme du patronat flamand et la note Verhofstadt présentent quelques ressemblances des plus intéressantes.

En matière de régionalisation et de scission de la sécurité sociale, la note réalise pour l’essentiel le programme de l’organisation patronale flamande VOKA et du CD&V-NV-A. Dans certains domaines, elle va même plus loin. Dans le domaine de la scission du financement, elle est plus ambiguë sur ce qui sera fédéral ou pas.

Le programme anti-social du VOKA (limitation du chômage dans le temps, suppression de la prépension,…) et l’inspiration politique de la note Verhofstdat mis côte à côte fait frissonner les syndicats qui parlent déjà d’une note cachant un agenda libéral.

Le programme du VOKA1
et du CD&V-NVA2

 

Note Verhofstadt

 

La régionalisation du marché du travail.

Les régions peuvent décider des allocations de chômage (durée et montants), des réductions de cotisations sociales, de l’activation des chômeurs, des permis de travail à accorder aux étrangers, des règlements du travail intérimaire.

La régionalisation de la politique de l’emploi et notamment « la politique de dispense de la disponibilité sur le marché de l’emploi et la politique de contrôle et de sanction des demandeurs d’emploi; les règles en matière de la durée et du montant des allocations; les régimes en matière de prépension, crédit-temps et interruption de carrière»

La note envisage la régionalisation de l’ONEM et du financement des allocations de chômage, des prépensions et des allocations similaires.

 

La régionalisation des conventions collectives de travail (CCT)

Des CCT flamandes doivent remplacer les CCT fédérales pour ainsi saboter la solidarité fédérale. On doit même aller à des négociations limitées aux entreprises. Cela remplace l’Accord interprofessionnel.

La note fait un pas dans ce sens. Elle veut « accroître le rôle des régions dans la concertation sociale ». La concertation interprofessionnelle nationale ne serait plus chargée que de « fixer le cadre fédéral en matière de salaires et de conditions de travail au sein duquel les régions pourront opérer à l’aide de leurs nouveaux instruments de politique de remise au travail ».

 

La scission des allocations familiales

 

« Un nouveau cadre pour les allocations familiales où les communautés pourront mettre leurs propres accents. »

Cela conduira nécessairement à des allocations différentes selon les régions, une administration distincte et bientôt un financement régionalisé. Un enfant ne sera pas traité de la même manière qu’il soit néerlandophone ou francophone.

La régionalisation de l’impôt sur les sociétés

 

Verhotstadt propose « l’octroi de la compétence décisionnelle en matière d’impôt des sociétés ». Il veut introduire « un tarif scindé permettant, outre un tarif fédéral de base, aux régions d’introduire des centimes additionnels régionaux jusqu’à un certain plafond ».

Ce taux de base, très bas (entre 15 à 25%), deviendra le taux officiel. Les régions plus riches pourront se le permettre tandis que les régions plus pauvres devront soit lever un taux plus élevé, soit réduire leurs dépenses (sociales, pour les services publics).

Bonjour la concurrence fiscale et les délocalisations.

La régionalisation de l’impôt sur les personnes physiques.

 

Des réductions ou des hausses d’impôts peuvent déjà être accordées par les régions.

Mais la note veut qu’on élimine les garde-fous actuels, notamment « la notion de concurrence fiscale déloyale » et « le maintien de la progressivité de l’impôt ».

La porte est ouverte pour des fortes différences de traitement fiscal.

La note parle aussi de régionaliser une partie de la Justice, de la SNCB et du contrôle des prix sur l’énergie. La note de Guy Verhofstadt constitue un soutien aux revendications du CD&VNV- A et de l’organisation patronale séparatiste VOKA sous le prétexte de renforcer l’État fédéral. Elle va à l’encontre des revendications de base de « Sauvons la solidarité ».

1 Programme minimum du Voka, l’ancienne association des Employeurs flamands VEV, Unizo et le VKW (patrons chrétiens) annoncé lors d’une conférence de presse commune en novembre 2006. • 2 Le programme électoral du CD&V-NVA 2007 « Une réponse positive au gouvernement » sur www.cdenv.be

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La note Verhofstadt appliquée à Audi-Bruxelles et à Carrefour

L’usine Audi-Bruxelles (ex-VW) est située à Forest et emploie des travailleurs venus de Bruxelles, de Flandre et de Wallonie.

Si la note Verhofstadt entre en application, Jean de Mons et Jan d’Audenaarde auraient des conditions différentes pour prendre un crédit-temps, une indemnité différente s’ils tombent au chômage ou un âge différent pour accéder à la prépension. Ils paieront aussi des impôts différents et auront, pour le même travail et une même situation familiale, un salaire net différent.

Avec des Conventions Collectives de Travail (CCT) différentes, Claudine de Marchienne et Elke d’Anvers, toutes deux caissières au Carrefour, n’auront pas les mêmes conditions de travail.

Avec des CCT différentes pour la Flandre et la Wallonie, la surenchère aura les coudées franches. On pourra dresser Claudine et Elke et leurs collègues les unes contre les autres afin de leur faire avaler des réductions de salaire et des conditions de travail moins favorables, sous le prétexte que l’autre région les a déjà acceptées.

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Renforcer l’État fédéral … pour mieux l’affaiblir

Verhofstadt prétend concilier une régionalisation élargie à de nombreuses compétences à un renforcement de l’État fédéral. Un écran de fumée.

Pour l’essentiel, la note Verhofstadt aboutit non à un renforcement mais à un recul de l’État fédéral.

Verhofstadt transfère toute une série de compétences aux régions. Il permet d’avoir demain des règles, des salaires, des conditions de travail et des allocations différentes selon les régions. En même temps, il affirme vouloir maintenir la solidarité interpersonnelle au niveau fédéral, autrement dit la Sécurité sociale.

Il veut y arriver par l’instauration de « critères de convergence ».

Critères de convergence ou de divergence ?

En de nombreuses matières, l’État fédéral fixe aujourd’hui les normes qui sont valables pour l’ensemble du pays (droit du travail, allocations de chômage, allocations familiales....). On part d’une situation où tout le monde est égal devant la loi et on organise la création de divergences au niveau régional.

On accepte les différences. Et dans un premier temps, on dira (comme on l’a dit pour l’impôt sur les personnes physiques) que les différences entre régions ne peuvent pas dépasser un certain seuil (6% par exemple). Puis on laissera tomber ces limitations. Et la pression sera tellement forte qu’il y aura scission et deux sécurités sociales fortement affaiblies.

Une inflation de comités de coordination

En effet, après avoir transféré toutes ces compétences aux régions, il crée pour toutes ces matières des dizaines de comités de coordination, de concertation, des sièges des régions dans tel conseil fédéral ou de l’État fédéral dans tel conseil régional. Cela montre à suffisance qu’il vaudrait mieux traiter ces matières au niveau fédéral. Cela montre que la note Verhofstadt va développer une bureaucratie et un gaspillage sans nom.

La refédéralisation : beaucoup de bruit pour pas grand-chose

Verhofstdat affirme renforcer le rôle de l’État fédéral en transmettant des compétences régionalisées à l’État fédéral, c’est-à-dire en refédéralisant certaines compétences. Mais ces compétences ont très peu de poids face à ce qui est régionalisé. Il se limite à la refédéralisation des normes de bruit découlant du fonctionnement de l’aéroport national et la coopération au développement.

Une circonscription électorale fédérale dans ce contexte est une coquille vide

Verhofstadt propose qu’« outre les 150 sièges répartis selon le régime en vigueur dans les actuelles circonscriptions électorales, l’on peut penser à l’élection d’un nombre significatif de membres de la Chambre (p.ex. 33) au sein d’une circonscription électorale nationale ».

C’est le seul point positif de la note et qui sera combattu par les séparatistes. Verhofstadt admet le bien fondé de tous les arguments que donnent les anti-séparatistes à ce sujet.

Mais dans la mesure où il a vidé l’État fédéral d’une grande partie de ses compétences, les députés fédéraux élus dans cette circonscription n’auront plus grand chose à débattre. Les domaines essentiels relevant des régions et des communautés.

 

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Dix raisons pour une autre réforme de l’État, démocratique et solidaire

Une réforme de l’État est nécessaire. Une réforme démocratique et solidaire basée sur dix principes.

Toute réforme de l’État devrait d’abord déterminer les compétences qui sont le mieux gérées au niveau fédéral. On peut ainsi créer plus de compétences homogènes en les transférant au niveau fédéral. C’est la tendance actuelle de la plupart des États fédéraux.

Les réformes de l’État successives ont en effet conduit à un éparpillement des compétences. Les violons entre le fédéral et le régional doivent sans cesse être accordés. Mais pourquoi la solution consisterait-elle toujours à diviser encore et encore. Les dix principes suivants garantiraient au contraire un État démocratique et solidaire.

 

1. Le droit fédéral doit primer sur le droit des autres niveaux.

 

2. Les compétences qui ne sont pas exclusivement des autres niveaux sont du niveau fédéral.

 

3. L’État central doit garantir l’égalité de tous les habitants et la solidarité entre les personnes. L’État central doit être compétent pour la Constitution, la législation en matière d’institutions,la justice, les relations et le droit du travail, la sécurité sociale, la politique des prix et des revenus, les impôts sur les personnes, la politique de santé, les normes et le financement de l’enseignement. Une scission de ces matières est contraire au principe d’égalité de traitement entre les Belges. Aucun pays européen n’a, par exemple, régionalisé les allocations de chômage.

 

4. Toutes les questions économiques importantes sont de la compétence de l’Etat central. Comme le droit commercial et celui des sociétés, la politique financière, les impôts sur les bénéfices, les communications, la sécurité de la chaîne alimentaire, l’énergie nucléaire.

 

5. La même chose pour les grandes questions politiques : la défense nationale et le maintien de l’ordre, la politique étrangère, les règles en matière d’état civil et de la nationalité, de l’accès des étrangers, …

 

6. Les matières où la scission a conduit à l’inefficacité devraient être refédéralisées : le transport, les communications, la politique en matière de logement, les grandes infrastructures routières, la recherche scientifiques.

 

7. Les institutions communautaires devraient tendre à disparaître. Nous sommes opposés à la division du pays par langues. C’est provoquer consciemment d’interminables querelles linguistiques. L’existence même de Parlements linguistiques pousse les partis dans le sens nationaliste le plus étroit. Le découpage de compétences sur base linguistique sert à diminuer les salaires, les impôts des entreprises et des riches, à démanteler la sécurité sociale, à imposer davantage de flexibilité. Il détourne l’attention de tous les travailleurs, quelle que soit leur langue, du combat commun contre ces mesures.

 

8. Il faut maintenir et renforcer des mécanismes de solidarité et de cohésion au sein du pays et en créer de nouvelles. Un État multinational offre de grandes opportunités pour apprendre, dès le plus jeune âge, deux ou trois langues. Connaître plusieurs langues est une nécessité par ces temps d’échanges internationaux. En Belgique, tout homme ou toute femme sortant de l’enseignement secondaire devrait être parfaitement bilingue.

 

9. Il faut réformer le système électoral qui fait aujourd’hui le jeu de la surenchère nationaliste et mène au séparatisme. La Belgique est sans doute le seul pays au monde où une partie du gouvernement ne doit jamais se justifier devant l’électeur. Ce système permet de rejeter chaque fois les problèmes sur l’autre communauté linguistique. C’est pourquoi il faut introduire pour les élections fédérales une circonscription électorale fédérale, à côté des circonscriptions régionales et d’arrondissements.

 

10. Tout en renforçant l’État central, il faut une décentralisation pour l’application des politiques décidées au niveau fédéral et pour les questions qui sont mieux réglées à un niveau plus bas. Cela peut se faire sur base des provinces et/ou des régions (la Flandre, la Wallonie et la région de Bruxelles) délimitées sur base des relations économiques réelles, des relations sociales et de la composition nationale. Les populations concernées se prononçant par référendum sur leur appartenance à l’une ou l’autre région.

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11:23 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : capitalisme, courcelles, belgique, romain, histire, actualite, politique, democratie, presse, silence, social | |  Imprimer | | |

26/01/2008

Marre de jouer les Mac Gyver ...

Charleroi :: Le personnel communal en grève

Barrages filtrants, ce 15 janvier, aux grands carrefours de Charleroi. Sept cents agents communaux sensibilisent les citoyens sur les difficultés rencontrées pour assurer le service au public.

Sara Vanobbergen
23-01-2008

Alain Laforet, de la Centrale Générale des Services Publics (CGSP) est satisfait de l’action. « Notre but principal était de sensibiliser les citoyens et les usagers des services publics sur les difficultés que rencontre actuellement le personnel communal pour rendre le service public que les citoyens sont en droit d’attendre de la Ville. Au départ à 6 h 15 on était déjà 450 personnes. Nous nous sommes ensuite répartis en 9 piquets différents aux points de distribution pour diffuser notre tract aux citoyens carolos. Beaucoup d’agents nous ont rejoints directement au piquet. Je dirais qu’au total 700 à 800 personnes ont participé. Cela s’est très bien passé. Un chauffeur du TEC nous a même ouvert ses portes, pour qu’on distribue notre tract aux passagers. »

 

Quelles difficultés rencontrez-vous exactement ?

Alain Laforet. Partout, nous ne pouvons pas fonctionner correctement. Notre outil de travail se détériore. Certains services ne comptent plus que la moitié de leur personnel, des services entiers sont décapités. Les services internes ne savent plus suivre, soit par manque de personnel, soit par manque de matériel : informatique dépassée, véhicules immobilisés, retards dans les approvisionnements, magasins quasi vides, bons de commande en retard.

Nous en avons marre de jouer les Mac Gyver pour réparer une chaudière dans une école ou une douche dans une piscine. Il n’est pas possible de faire un bon travail avec une telle pénurie de matériel. Des retards énormes se sont accumulés. Cela devient insupportable pour les travailleurs de passer pour des gens qui ne font pas bien leur boulot.

 

Votre volonté est pourtant de bien servir les citoyens…

Alain Laforet. Depuis deux ans, nous avons traversé les troubles politico judiciaires sans broncher, en tentant calmement de continuer notre travail. Depuis maintenant 6 mois, la nouvelle équipe au pouvoir nous a affirmé que nos conditions de travail allaient s’améliorer, que la communication allait s’instaurer, bref, que cela allait aller mieux. Mais nous ne voyons rien venir, ou si peu!

Aujourd’hui nous avons voulu faire passer le message que nous voulons bien faire notre travail. Nous voulons être performants, nous voulons redonner à la Ville et son personnel une image d’efficacité et de professionnalisme. Mais pour cela il faut vraiment que l’outil de travail s’améliore.

 

Quelle sera la suite de ces actions?

Alain Laforet. Une rencontre avec la Ville de Charleroi est programmée pour le 24 janvier. Là, on verra si notre action d’aujourd’hui a permis de nous faire entendre. Franchement je crois que oui. En fonction de cette rencontre, on fera rapport au personnel qui décidera de la suite.

20:02 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, syndicats, courcelles, romain, belgique, actualite, communes, politique, presse, silence, ps, cdh, mr, capitalisme, democratie, social, hainaut, charleroi | |  Imprimer | | |

25/01/2008

Syndicats, PS, CREG ... tous pour une réduction de la TVA sur l'énergie

Syndicats, PS, CREG ... tous pour une réduction de la TVA sur l'énergie
 

Gaz et électricité :: Le PTB lance une pétition pour baisser la TVA sur l’énergie de 21 à 6 %

De plus en plus de voix se prononcent en faveur d’une réduction de la TVA sur l’énergie. Une revendication pour laquelle le PTB se bat déjà depuis deux ans.

Tom De Meester
23-01-2008

C’est annoncé : l’augmentation du prix du gaz et de l’électricité sera de 300 euros en moyenne pour 2008 selon la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG). Le prix du gaz devrait en effet augmenter de 200 euros et celui de l’électricité de 100 euros. Pour la plupart des ménages, cette hausse des prix est intenable. Les grèves spontanées qui se sont déclenchées la semaine dernière à Ford, DHL, Marine Harvest Pieters et Syncreon pour réclamer des augmentations de salaire (voir article page 5) indiquent en effet que même ceux qui travaillent se font de plus en plus de soucis à propos de leur pouvoir d’achat.

C’est dans ce cadre que la CREG a proposé au gouvernement de réduire à 6 % la TVA sur l’énergie, reprenant ainsi une revendication portée par le PTB depuis déjà deux ans. C’est remarquable car cette commission fédérale officielle s’oppose ainsi directement au point de vue du gouvernement. « L’énergie est un produit de base », dit la CREG, « il n’est pas logique que nous payions 6 % de TVA sur les denrées alimentaires et 21 % sur le gaz et l’électricité ». Pour une famille moyenne, une telle réduction de la TVA représenterait une épargne de plus de 200 euros sur la facture d’énergie, ajoute-t-elle.

La semaine dernière, la CSC s’est rangée derrière cette revendication et, lundi dernier, la FGTB organisait elle aussi une action en ce sens devant le siège principal d’Electrabel, qui a enregistré plus de 2 milliards d’euros de bénéfices en un an.

Le PTB se réjouit de la proposition de la CREG de ramener la TVA sur l’énergie de 21 à 6 %, annonçant qu’il compte s’employer à faire de cette proposition une réalité. Alors que le PTB a quasiment clôturé son Congrès du Renouveau, il entend lancer dès février une campagne nationale de pétition et propose de combler le manque à gagner via un impôt sur les superprofits d’Electrabel.

Electrabel devient Electracash

Lundi matin, 150 militants de la FGTB ont manifesté devant le siège principal d’Electrabel à Bruxelles, rebaptisé Electracash pour la circonstance. « Nous ne sommes pas des distributeurs de billets », a protesté la FGTB, « les prix de l’énergie doivent diminuer » ! La FGTB, qui s’en prend aux superprofits d’Electrabel (2,3 milliards d’euros en 2007), a distribué des « Electrachèques », c’est-à-dire des bons pour « 20 % de réduction sur votre facture d’énergie ». La Secrétaire générale Anne Demelenne a d’ores et déjà annoncé d’autres mobilisations syndicales contre la vie chère. (Photo Solidaire, Riet Dhont )

Deux ans de campagne pour une baisse
de la TVA sur le gaz et l’électricité

Pour le PTB, rendre l’énergie meilleur marché grâce à une réduction de la TVA est un sujet brûlant ! Petit historique de deux ans de campagne…

Depuis les élections communales de 2006 : les élus du PTB lancent des campagnes de pétition en faveur de l’énergie moins chère, proposant notamment de ramener la TVA sur l’énergie de 21 à 6 %.

Élections parlementaires de 2007 : cette revendication figure parmi les cinq principales du programme électoral du PTB+. Le PTB est à l’époque le seul parti qui fait de cette réduction de la TVA sur l’énergie une priorité. Après les élections de juin, le PTB demande au futur gouvernement de reprendre cette réduction de la TVA à son programme.

1er octobre 2007, jour où entre en vigueur une hausse de 17 % du prix du gaz : le PTB remet 2 000 cartes personnelles de protestation à Griet Heyvaert, responsable de la communication chez Electrabel.

Manifestation syndicale du 15 décembre, Sauvons le pouvoir d’achat, sauvons la solidarité : le PTB réitère son plaidoyer en faveur d’une réduction de la TVA dans un plan en dix points contre la vie chère et pour la solidarité qui est diffusé en plus de 100 000 exemplaires lors de la manifestation et, par la suite, dans les entreprises et les quartiers.

21 décembre 2007 : dans une réaction à la déclaration gouvernementale de Verhofstadt III, le PTB répète sa revendication en faveur d’une réduction à 6 % de la TVA sur l’énergie.


18:32 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, silence, courcelles, belgique, romain, capitalisme, presse, actualite | |  Imprimer | | |

25/01/2008: Bientôt les titres-service 15 % plus chers, grâce à Josly PIETTE ex-syndicaliste, devenu Ministre fédéral de l' Emploi...


Bientôt les titres-service 15 % plus chers, grâce à Josly PIETTE ex-syndicaliste, devenu Ministre fédéral de l' Emploi...
Josly PIETTE était syndicaliste. Il fut même Secrétaire général national de la Csc, jusqu'à sa prise de pension.
Le gaillard est entré dans l' actuel gouvernement provisoire de 3 mois, destiné, avec l'aide des "socialistes", à préparer un gouvernement qui entamera la future réforme institutionnelle voulue principalement par le patronat flamand. Juste le temps de trouver la majorité parlementaire nécessaire pour réformer alors que, paraît-il, pendant 6 mois, les partis "démocratiques" wallons, jouant un véritable cinéma avec ceux du Nord du pays, prétendaient que "Les Wallons ne sont demandeurs de rien ... !".
Il est donc propulsé Ministre national de l' Emploi.
Sans doute pour laisser une marque, il envisage différentes mesures pour réformer les titres-service.
Les titres-service, c' est ce système machin inventé par les libéraux, après les Ale, pour faire du social en aidant certaines personnes en difficultés, procurer de l'emploi à bas prix, tout en faisant le jeu, le beurre, des agences d'intérim et de certaines sociétés financières, y compris bancaires, l'Etat y allant aussi de sa poche par une détacation.
Quoi qu'il en soit, faute de mieux sans doute, le machin enregistre malgré tout un certain succès d' utilisation par les gens.
Josly PIETTE envisage donc de porter le titre horaire de 6,70 à 7,70 euros et de supprimer l' avantage fiscal de la détaxation dont jouissent certains utilisateurs.
Détaxation qui n' était pas possible pour tous. Notamment les bas revenus, non-taxables. Nous sommes 20% des Belges dans ce cas à avoir des revenus trop bas que pour être taxés...
Pour le reste, faisons un petit compte:
-Vous habitez Bassenge ou ailleurs, vous utilisez une aide-ménagère 5 heures par semaine (ce qui n' est pas un luxe!.) pour nettoyer chez vous parce que vous êtes devenu trop âgé. Au bout de la journée, vous payez donc 5 euros en plus. Au bout du mois, vous payez 20 à 25 euros en plus, grâce à Josly. Si vous avez une petite pension de quelque 1.000 euros par mois et même moins (40.000 fb), vous pouvez dire merci à Josly, retraité, bourgmestre empêché, car devenu ministre...
Un véritable bienfait supplémentaire pour tous les petits pensionnés qui doivent se faire aider !
Le Ministre syndicaliste "chrétien", même s'il a ses arguments, participe ainsi lui aussi à l' augmentation généralisée du coût de la vie et donc à la diminution du pouvoir d' achat..
Les gens le disent bien: "tous à foutre dans le même sac!", car certes le personnel à titres-service a droit d'être lui aussi surtout mieux payé (si c'est bien cela et uniquement cela le but de la réforme), mais pas uniquement sur le dos des petits utilisateurs à petits revenus !
RoRo

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Photos Albums: C' est à Courcelles et dans le monde

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Pétition : Contre la fermeture des Bureaux de Poste de Courcelles-Souvret et Courcelles-Trazegnies                                                                                                                                                                                                                          

roger.romain@skynet.be

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23/01/2008

Charleroi :: Tentative d’expulsion d’un couple âgé

C' est en Euro-dictature capitaliste !

RoRo

Charleroi :: Tentative d’expulsion d’un couple âgé

Enfermés pendant trente heures dans une cellule à l’aéroport

Myriam De Ly
23-01-2008

Un couple de personnes âgées a été détenu au commissariat de l’aéroport de Gosselies pendant plus de 30 heures. Sans la famille et les amis, ils auraient été expulsés vers le Maroc.

 

Ahmed Touil (au centre, en chaise roulante) et sa femme sont heureux de retrouver leur famille et leurs amis, après une attente angoissante dans une cellule du commissariat de l’aéroport de Charleroi. (Photo Solidaire, Myriam De Ly)

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


Ils sont Marocains, ont vécu tout à fait légalement dans la famille de leur fils à Monceau-sur-Sambre, avec une carte de séjour « jaune », renouvelable tous les cinq ans. Ahmed Touil et Fatna Baiz sont très âgés. Ils ont la santé fragile, et ont besoin de soins.

Le 19 janvier vers midi, ils rentrent d’un séjour au Maroc. Mais ils n’ont plus l’accès au territoire, parce que leur séjour là-bas a dépassé un an. La famille explique qu’Ahmed a dû être hospitalisé au Maroc. Pas d’avance. Ils sont arrêtés et enfermés dans une cellule du commissariat de l’aéroport. Ils ne comprennent pas ce qui se passe, ils parlent peu le français. Ce n’est qu’en début de soirée qu’un des fils peut les voir. Le père est malade, il a vomi. La police refuse que le fils appelle une ambulance. Ahmed passera la nuit dans ses vêtements souillés.

Les amis et plusieurs associations sont mis au courant de la situation. Deux avocats s’activent pour faire libérer le couple. Le lendemain, la police tente de les embarquer de force dans l’avion pour Casablanca de 12 h 10. Fatna refuse catégoriquement, l’expulsion ne réussira pas.

Commence une nouvelle longue attente. J’appelle le docteur Eric Hufkens pour qu’il voie Ahmed. Il constate l’épuisement et divers problèmes de santé chez l’homme âgé et estime tout à fait irresponsable de le garder là-bas. La presse arrive sur les lieux. L’avocat a pu obtenir une solution : l’Office des Etrangers, ne voulant pas perdre la face, demande que la famille achète un ticket de retour pour les parents, valable 15 jours. Entre-temps, un avocat doit renouveler leurs permis de séjour. La famille achète les tickets. Mais ils les ont pris pour 16 jours. Refusés. Il faut aller les changer. De nouveau il faut attendre.

Alors que tout aurait pu être très simple : on aurait pu donner un visa de touristes, avec la demande qu’un avocat régularise leur séjour. C’est finalement vers 18 h 30, que nous voyons sortir Ahmed et Fatna de la zone de transit. Ahmed, fragilisé, est en chaise roulante. Le stress, l’incompréhension, la fatigue, les malaises et l’humiliation auraient pourtant pu être évités. La famille, les amis, les associations ont constaté sur place que d’autres familles ont aussi été touchés par des tracasseries administratives. À quand une politique humaine vis-à-vis de l’immigration ?

19:51 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, belgique, actualite, histoire, democratie, liberte, presse, silence, europe, euro-dictature, oppression, oppression capitaliste | |  Imprimer | | |

22/01/2008

Valkeniers :: L’ancien patron portuaire devient patron du Vlaams Belang ...

Le Vlaams Belang a un nouveau président. Après avoir longuement joué des coudes et intrigué, Bruno Valkeniers s’est présenté comme seul candidat.

Gaston Van Dyck
16-01-2008

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


Il a beau se donner du « parti de l’homme de la rue », le Vlaams Belang rassemble surtout des fils et des filles de « l’élite flamande » tous en course vers les hauteurs absolues du parti. Il y a d’abord eu Marie-Rose Morel, fille de l’un des gros directeurs de la firme américaine Alcatel. Ainsi que Freddy Van Gaever, patron, entre autres, de la Société flamande des transports aériens, désireux de supprimer les indemnités de chômage et qui, en très peu de temps, est devenu député du VB. Et, en mars, ce sera au tour de l’ancien patron portuaire Bruno Valkeniers de devenir président du VB.

Valkeniers a déjà derrière lui un long parcours dans le monde des affaires. Après un bref stage à la Thyssen Stahlunion à Duisburg (Allemagne), il devient en 1980 patron de la SA Hessenatie. Par la vente de Hessenatie à la CMB et la fusion de Hessenatie et Noordnatie, il se retrouve en février 2002 à Hesse Noord Natie. Deux ans plus tard, il est directeur de la division conteneurs, après avoir dirigé la section RoRo. En janvier 2006, il quitte Hesse Noord Natie pour se concentrer sur son bureau de consultance Falconsult. En tant que président du VB, dit-il, il fera profiter le parti des nombreux contacts qu’il a noués ces 28 dernières années dans le monde des entreprises.

Officiellement, ce n’est qu’en 2006 qu’il a franchi le pas vers le VB mais, en fait, il y avait déjà longtemps qu’il marchait sur les traces nationalistes flamandes de son oncle Jef Valkeniers, le député – d’abord pour la VU, ensuite pour le VLD –, qui était surtout un fan de l’apartheid sud-africain. En 1977, son neveu Bruno – 22 ans ! – était l’un des cofondateurs de la NSV, l’Association des étudiants nationalistes, ouvertement fasciste. Pour les célébrations des 30 ans de la NSV, quand on lui a demandé de prononcer un discours, il a très volontiers parlé de « l’élite flamande ». « Nos anciens membres (de la NSV, NdlR) sont actifs dans le monde des entreprises, et aux plus hauts des niveaux », s’est-il écrié. Car c’est là qu’est leur place, « dans le monde d’aujourd’hui, où la misère la plus noire est repoussée grâce – et non malgré – notre économie occidentale libre-échangiste. » Claironner les louanges du libre marché, c’est bien le cheval de bataille de Valkeniers. Après des drames sociaux comme la fermeture de Renault, VW ou Ford, il juge nécessaire d’encore insister sur son site Internet pour dire que « le libre marché est la meilleure garantie pour nous de partager la prospérité avec beaucoup de monde. La concurrence est une bonne chose. »

Maintenant que Bruno Valkeniers est officiellement le candidat à la présidence, le seul autre candidat, l’actuel président Frank Vanhecke, peut se retirer avec un peu plus de certitude que l’élection présidentielle de mars ne deviendra pas une lutte fratricide entre les clans Vanhecke-Morel et De Winter-Annemans. Car tout le monde se rangera derrière le nouveau président. Tout le gratin du parti affirme que Valkeniers a le profil parfait pour diriger le parti. Valkeniers lui-même se pose en « jeteur de ponts ». Au sein du parti, mais surtout en dehors. Depuis des années, il est membre du groupe de pression séparatiste de la Warande et, à l’approche des élections parlementaires, il a travaillé avec des patrons comme Freddy Van Gaever et des libéraux comme Hugo Coveliers et Jean-Marie Dedecker à une Forza Flandria. Dans l’espoir de mettre sur pied un large front libéral, antisocial et nationaliste flamand.

20:27 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, belgique, romain, politique, social, presse, politque, democratie, capitalisme, histoire, silence | |  Imprimer | | |

« Didier, voici des pistes pour faire rentrer l’argent dans les caisses »

Budget :: Où trouver de l’argent pour le pouvoir d’achat ?

En suggérant la semaine dernière au ministre des Finances de faire rentrer l’argent dans les caisses de l’Etat, Elio Di Rupo s’est référé à l’ouvrage de notre collaborateur Marco Van Hees, « Didier Reynders, l’homme qui parle à l’oreille des riches ». Nous avons demandé « à la source » quelles sont ses pistes.

Marco Van Hees
16-01-2008

« Nous allons faire ce que nous pourrons pour le pouvoir d’achat des gens, mais ce sera très modeste. » Le message du Premier ministre Guy Verhofstadt ne ravira pas la population qui attendait avec impatience la formation d’un gouvernement s’attaquant aux problèmes sociaux.

 

Il est vrai que le budget est en déficit pour la première fois depuis 1999. Mais les dogmes idéologiques libéraux du gouvernement semblent l’empêcher de voir qu’il y a de l’argent disponible. Voici trois pistes.

1. Supprimer les intérêts irra(no)tionnels

Quand le ministre des Finances Didier Reynders comprendra-t-il que son bébé est une sorte de Frankenstein semant un carnage dans les finances publiques ? Les intérêts notionnels sont la réponse folle à un souci qui, au départ, était déjà pour le moins contestable : préserver aux multinationales les avantages fiscaux de leurs centres de coordination (qui paient autour de 1 % d’impôts).

L’Union européenne ayant condamné les centres de coordination pour leur caractère discriminatoire, Reynders a offert leurs successeurs – les intérêts notionnels – à l’ensemble des sociétés. Et l’impact budgétaire réel sera un multiple de l’estimation initiale (un demi-milliard d’euros) de notre apprenti sorcier.

Un milliard ? Deux milliards ? Trois milliards ? Reynders a refusé d’avancer le moindre chiffre aux élus qui l’interrogeaient ce 8 janvier à la Chambre. Mais on sait déjà que ce sera bien plus que les 800 millions qui permettraient par exemple de faire passer de 21 à 6 % la TVA sur l’électricité.

Un comptable ébahi nous disait à propos des intérêts notionnels : « Vous êtes bien sûr, on pourra déduire un tel montant chaque année ? C’est incroyable… » Avec le recul, un rectificatif s’impose : l’année prochaine, ce ne sera pas le même montant, mais un montant supérieur. Le taux passe en effet de 3,442 % (exercice 2007) à 3,781 % (exercice 2008).

Arrêtons les frais. N’est-il pas plus urgent de soutenir les dépenses réelles des ménages que de permettre aux entreprises de déduire des intérêts purement fictifs ?

 

2. Revoir la taxation des revenus mobiliers

L’impôt sur les revenus est théoriquement un impôt progressif : plus le revenu est haut, plus le taux de taxation est élevé. Cette progressivité a évidemment été réduite lorsque le ministre Reynders a supprimé les taux de 52,5 % et 55 % sur les tranches supérieures des hauts revenus. Mais c’est surtout la taxation des revenus mobiliers (les revenus des actions en Bourse, par exemple) qui biaise la progressivité.

Les intérêts et dividendes sont soumis à un précompte mobilier (un impôt de 10 ou 25 %) libératoire : ils ne doivent pas être mentionnés dans la déclaration fiscale et ne sont donc pas cumulés aux revenus professionnels. Quant aux plus-values sur actions, elles sont totalement exonérées. Comme les très hauts revenus sont constitués majoritairement de revenus mobiliers, ils payent donc un pourcentage d’impôts moins élevé que les salariés.

Dans un rapport d’août 2007 qui a fait grand bruit, le Conseil supérieur des finances envisage, entre autres pistes, de réduire l’écart existant entre les impôts sur les revenus du travail et revenus du capital. Pour ce faire, le Conseil développe un scénario de « Dual income tax » que l’on trouve dans les pays nordiques et dont le rendement atteindrait 1 % du PIB, soit quelque trois milliards d’euros.

 

3. Taxer les plus gros patrimoines

 

Plusieurs pays européens, dont la France, taxent les fortunes. Et en Belgique ? Contrairement à ce qu’on pense, il existe un impôt sur le patrimoine touchant la majorité des ménages belges : le précompte immobilier sur la maison d’habitation. Officiellement, il s’agit d’un impôt sur le revenu. Mais la maison d’habitation ne produisant aucun revenu, il s’agit bien d’une sorte d’impôt sur le patrimoine.

Paradoxe : les plus petits patrimoines sont ainsi taxés, tandis que les gros patrimoines, majoritairement financiers, sont exonérés. Et second paradoxe : ce patrimoine immobilier est plus taxé dans les communes pauvres que dans les communes riches.

Introduire un impôt sur les gros patrimoines serait à la fois juste, réaliste et nécessaire.

Juste ? En France, le président Sarkozy a créé un « bouclier fiscal » qui réduit l’impact de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), mais cet ami intime des plus grands patrons n’a pas osé (re)supprimer un impôt auquel le président Chirac imputait son échec électoral face à Mitterrand. Car une large frange de la population trouve cet impôt juste. A côté des Johnny et des Pagny, des artistes et présentateurs télés français soumis à l’ISF déclarent publiquement qu’ils trouvent normal de payer cet impôt profitant à des couches moins favorisées.

Réaliste ? Son existence dans plusieurs pays suffit à le prouver. Et la fin des titres au porteur (qui étaient anonymes) le rendra plus aisé à mettre en œuvre. Ses adversaires prétendent qu’il fera fuir les capitaux. Mais le cas français montre seulement un exode de domiciles fiscaux. Par exemple, de nombreux membres de la famille Mulliez, principaux actionnaires des hypermarchés Auchan, sont domiciliés près de Tournai. Mais leurs magasins restent introuvables en Belgique.

Nécessaire ? J’ai calculé1 qu’un impôt de 1 % sur les fortunes de plus de 500 000 euros, avec une tranche à 2 % au-dessus de 750 000 euros, aurait un rendement théorique de 11 milliards d’euros par an. Le rendement réel sera moindre, évidemment. Mais cette source financière est loin d’être négligeable face aux défis en matière de pouvoir d’achat et de financement de la sécurité sociale.

 

1 Voir Marco Van Hees, La fortune des Boël, Aden, 2006.

Marco Van Hees est fonctionnaire au ministère des Finances, auteur de Didier Reynders, l’homme qui parle à l’oreille des riches (Ed. Aden, 2007) et collaborateur de Solidaire.

Hebdomadaire du Parti de Travail de Belgique | bd M. Lemonnier 171, 1000 Bruxelles | 38e annee n° 2 (1685) du 16 janvier 2008

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19:28 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, belgique, romain, histoire, actualite, politique, mr, presse, silence, capitalisme, syndicats, social | |  Imprimer | | |

20/01/2008

Lire SOLIDAIRE du mercredi 16/01/2008 ..

Solidaire n° 3 - 16/01/2008

Solidaire
La une

Éditorial
Janvier 2008 : le festival du rire et de la peur
David Pestieau

Nouvelles des entreprises
En bref
Procès aéroport de Zaventem :: Johnny Deneyer, délégué CSC Transcom
Johnny Coopmans
Des pensionnés attaquent une loi devant la Cour constitutionnelle
Gaston Van Dyck
Charleroi :: 650 emplois de moins dans la région
Myriam De Ly
ISS Audi Bruxelles :: Victoire pour 15 travailleurs menacés
Riet Dhont

Belgique
Budget :: Où trouver de l’argent pour le pouvoir d’achat ?
Marco Van Hees
Valkeniers :: L’ancien patron portuaire devient patron du Vlaams Belang
Gaston Van Dyck
Antiterrorisme :: L’avis de l’avocat Raf Jespers
Mark Kennes
Note Verhofstadt :: No future pour la Sécu et la Belgique
Herwig Lerouge
Série « Belgique, ne me quitte pas » (17) :: Mateo Alaluf, sociologue (ULB)
Laura León Fanjul
Pétition Sauvons la solidarité chez les fonctionnaires flamands
Free Van Doorslaer

International
Ex-agent de la CIA et ami de Cuba, Philip Agee est décédé
Grégory D’Hallewin*
En bref
Gambie et Sénégal :: Un voyage d’immersion
Kristien Samson
Irak :: Le mythe d’une guerre civile religieuse
Protestation communiste contre la visite de Bush à Jérusalem
Forum social mondial :: 24 h d’actions partout dans le monde
Bert De Belder

Régions
Genk :: Enquête santé sur les conséquences de la pollution atmosphérique
Free Van Doorslaer
Bureau de poste Deurne :: Le conseil de district soutient la motion du PTB+
Dirk Van Duppen
Liège :: Fermeture de bureaux de Poste
Adam Miron
Ça s'est passé près de chez vous

Cartoons
Cartoon • Pas grand-chose de disponible
Le dessin de Matiz

Interview
Ken Loach à propos de son dernier film It’s a Free World...
Mark Kennes

Quoi de neuf docteur ?
Quoi de neuf docteur Leen ?

Presse et lettres
Lettres

Culture
Portrait Boudewijn De Groot :: Un enfant prodige de 63 ans
Sophie Van den Eynde

L'avocat vous répond
Frais d’avocat de la partie adverse


Solidaire n° 2 - 09/01/2008

Solidaire
La une

Éditorial
2008 : les menaces et les espoirs

Nouvelles des entreprises
Carrefour Cointe (Liège) :: Viré le soir du réveillon
Nadia Moscufo
Le lancer de PC par des personnalités
Fermeture Vishay Bruxelles :: L’année commence mal pour 91 travailleurs
Riet Dhont

Santé
La pilule anticholestérol beaucoup moins chère grâce au modèle kiwi
Gaston Van Dyck
Le sport, c’est bon pour la santé

Syndicats
Elections sociales J-117 :: Portrait de Martin Willems, délégué chez Mobistar
David Pestieau

Belgique
Energie :: Suivre l’évolution des prix ou imposer un contrôle ? Plus qu’une nuance
Tom De Meester
Avez-vous reçu votre facture fiscale plus tôt ?
Marco Van Hees
Enseignement :: Le ministre la joue de façon très sordide
Mark Kennes
Alerte antiterroriste :: Josy Dubié (Ecolo) réagit
Marco Van Hees
Le 8e Congrès du PTB entre dans sa phase finale :: « Envie de goûter au renouveau du PTB ? Venez le 2 mars »
David Pestieau
Le 8e Congrès vu de l’intérieur
Série « Belgique, ne me quitte pas » (16) :: Professeur Eric Corijn (VUB)
Mark Kennes
Procès AEL :: Précédent dangereux contre le mouvement syndical et progressiste
David Pestieau et Axel Bernard
Un membre parmi 2 856 membres :: Frank Govaert (34 ans) Sint-Amandsberg (Gand)
Lieve Bossuyt

International
Kenya :: Des « querelles tribales » ou une lutte contre l'injustice et la pauvreté?
Tony Busselen
L’assassinat de Benazir Bhutto : les USA dansent sur un volcan au Pakistan
Tony Busselen
En bref
Colombie :: La libération des otages échoue
Pol De Vos
Amérique du Sud et Caraïbes :: Quatrième sommet Petrocaribe
Erwin Carpentier

Régions
Zelzate :: Le PTB offre aux familles un cadeau de Noël de 50 à 80 euros
Karel Van Bever
La Louvière ::  Sept euros pour aller à la piscine, c’est trop
Marco Van Hees
Liège :: Action de Noël du PTB contre la vie chère
Alice Bernard
Conseil Communal Herstal :: Un budget flou et antisocial
Adam Miron
Herstal :: Gare à l’électrosmog
Franz Verdel
Ça s'est passé près de chez vous

Cartoons
Cartoon • Titre service
Le dessin de Matiz

Quoi de neuf docteur ?
Quoi de neuf docteur Eric ?

Presse et lettres
Lettres

Culture
Portrait Phara De Aguirre :: Sagace, audacieuse et de retour
Sophie Van den Eynde

15:32 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, belgique, histoire, actualite, presse, silence, ptb, politique | |  Imprimer | | |

19/01/2008

10/01/2008: COURCELLES: rues Jean Friot, Vanderick, Wallonie, Hamal, ...: Le Moyen Age, toujours plus cher face à ... des caisses ommunales vidées.


Cher Jules,
Hier, j' ai transmis aux Courcellois 2 invitations:
-une pour signer une pétition de protestation contre la fermeture des Bureaux de Poste de COURCELLES-Souvret et COURCELLES-Trazegnies.
Car il me semble que chacun de nos prétendus partis "démocratiques", représentés au Conseil communal, y va chacun de son côté, tandis que d'autres s' abstiennent de toute action publique...
-une pour appuyer une pétition d'une habitante de la rue Vanderick protestant contre l' état de sa rue.
Tu appuies dans un message-réponse, tout en me disant, AVEC RAISON,  et nous à la rue Jean Friot ... ???
Sois certain que je n'oublierai pas de (re)plonger sur les lieux, tout en te précisant et te rappelant ce qui suit:
Il semble que les 29 élus pour lesquels 99% de la population coucelloise ont voté en octobre 2006 s' en occupent et que le dossier d'amélioration POURRAIT aboutir assez rapidement... (???).
J' ai (re)consulté le site officiel Internet de notre commune à ce sujet. Voici ce qu'il en dit:


Ordre du jour du Conseil communal de Courcelles du 27/08/2007:
8.Mode de passation de marchés et fixation des conditions:
a) travaux de renouvèlement de la toiture de la piscine de Courcelles (dossier remanié).
b) Travaux d'égouttage et d'amélioration de la voirie - rue jean Friot à Courcelles.
c) Achat d'un élévateur à Nacelle à monter sur tracteur.
d) Achat de mobilier, d'équipement et de rayonnages pour le nouveau bâtiment du chantier communal.

Quant à connaître, la décision prise cela reste pour moi un mystère ... Le site courcelllois dit ceci:

Ce qui est dit sur le site de la Commune de Courcelles à propos des réunions du Conseil communal:

Regard sur le Présent - faire du présent une réalité ==> Les Ordres du Jour & les Procès-Verbaux

Les membres du conseil communal se réunissent régulièrement pour débattre de nombreuxs sujets

Chaque onglet reprendra les débâts à une date donnée.

Il reprendra :

  • L'Ordre du Jour complet
  • Le Procès Verbal de la séance publique
    • soit complet
    • soit point par point

L'Ordre du Jour

Les ordres du jour seront mis à jour au fur et à mesure des modifications.

La première parution sera publiée après réception de l'ordre du jour par les membres du conseil.

Les Procès-Verbaux

Les PV seront publiés après approbation par le conseil communal.

Pour votre facilité, vous pourrez consulter ou imprimer l'ensemble soit en une seule fois, soit point par point

......car ou bien nos 29 élus n' approuvent pas très vite les PV, ou bien les liens du site fonctionnent vraiment très mal, ou bien je suis le roi des abrutis incapable de manipuler leurs hyperliens et de m'y retrouver, ce qui est bien possible après tout.... (???)

Pour rappel, moi j' ai dit, j' ai fait, j' ai cérit ceci AVANT, ou PENDANT, ou APRES la campagne électorale communale à propos de ta rue Jean Friot:


Ce que j' ai écrit pendant la campagne électorale:

03/10/2006:
COURCELLES: les "incivilités": rue Jean Friot, Gouy, cité Renard, rue Glacerie, Monument Guerrard, ... et ailleurs ... 170 candidats, répartis sur 8 listes concurrentes, se présentent à COURCELLES, aux élections communales, … Du jamais vu … Parmi tout ce beau monde, il y a 29 élus, appartenant à 5 partis autoproclamés « démocratiques », sortants et à (ré)élire éventuellement. Tous meilleurs les uns que les autres. Il y a même 11 concurrents se présentant sur une liste d’  un parti se réclamant du racisme et de l’  extrême – droite, sans que cela ne dérange le moins du monde certaines âmes tellement sensibles … Comme la vérité a ses droits : seule la tête de liste Ecolo, s’ est proclamé preneur pour envisager, en réponse à ma proposition, une action unitaire pour faire barrage au danger raciste … Sans suite du côté Ps, Ucpw… Nous ferons les comptes à ce sujet, dès ce lundi 9 octobre, s’ il y a vraiment lieu …  170 candidats (en dehors de ceux du Ptb+), qui, apparemment n’'  ont plus grand-chose à proposer, que des broutilles. Parmi elles, la recherche des fameuses « incivilités », et leur répression, est à la mode, pour amuser et entretenir la galerie. Je me suis aussi mis au travail.  Ce mardi, j’  étais de nouveau sur le dessus de la rue Jean Friot : -une voirie, composée de pavés du temps des diligences … -de l’ eau qui dévale en permanence d’ un côté à l’ autre de la rue, passant sur le côté de certaines habitations, pour aboutir dans les jardins en contrebas, charriant le trop-plein de certaines fosses sceptiques, car en ce début du 21e siècle, après des décennies de majorité « socialiste », il n’ y a toujours pas d’ égouttage public… Devant certaines maisons, en ce début du mois d’  octobre, ça pue : je conseille aux collectionneurs de sortir les masques à gaz qu’ ils ont pu récupérer de la guerre ’14-’18. En juillet/août, cela doit être simplement intenable, sous les chaleurs estivales… Dimanche-soir, j’  étais, avec Mariette, à Gouy-lez-Piéton :-à part les voitures qui n’  arrêtent pas de circuler rue de Luttre, je me suis dit : « Mais, c’  est digne du Mezzogiorno italien du début des années ’70 : plus rien ne vit…. ». -lundi après-midi, j’  ai failli me casser la gueule (pardon un pied !) sur les pavés du trottoir du bas de la rue des Libertaires, cité Renard, tellement c’  est entretenu et réparé en temps voulu … A Courcelles même, dans la descente de la rue de La Glacerie, venant des Quatre chemins de Wartonlieu, c’ est là que mon chien dépose ses crottes, en attendant une contredanse d’ un « steward » (sic) en uniforme d’ Aurelio Cigna (Mr) tellement c’ est propre : les gens n’ ont même plus envie d’ y laisser tomber un mégot de cigarette, un chewing-gum, un sachet de frites souillé, ou quoi que ce soit d’ autre, tellement les pouvoirs publics ont encore le sens de la « civilité », du civisme, du simple entretien, du respect de ce qui est commun et … public. De quoi garder encore un peu de moral, en attendant la désignation de la prochaine majorité et du prochain mayeur … Il va y avoir du boulot pour ramener la joie de vivre … 

RoRo

Ce que j' ai écrit sur mon site après les élections du 8 octobre 2007:

Objet : COURCELLES: après les élections : le cirque et des lendemains qui ne chantent guère ! 

Courcelles (comme ailleurs), on ne vote plus pour ou contre un parti « Al coupète du numéro untel…), on ne vote plus « gauche » contre droite, exploités contre exploiteurs, on ne vote plus pour ou contre un programme POLITIQUE, classes contre classes….  On vote pour des bobines, pour des portraits, des fruits, des couleurs, des légumes (violets, orangés, oliviers, rosés, bleus,…), des gens « expérimentés » qui ont fourni leurs preuves sur le terrain (avec notre fric … !) et « on » participe tous à une vaste comédie, un véritable cirque, orchestré par les partis autoproclamés « démocratiques ». Les autres :  « les petits partis », les « extrémistes », les « révolutionnaires », les sectaires, les ultras, les dogmatistes, les « dangereux », les « gauchistes », les « aventuriers », les « ultras », les « dépassés d’ un autre âge»,  on les exclut … Bref, la "démocratie", sauce capitaliste, c' est le meilleurs moyen de ne rien changer. C' est pourquoi, tous nos farfelus de la politique, tous nos prétendants, sont tous (???) "démocrates",...

Pendant 3 mois de campagne électorale, les seuls écrits, analyses, réflexions de fond sur la situation de COURCELLES et des COURCELLOIS ont été écrits, produits, par Robert TANGRE  (Ucpw), Ernest GLINNE (Ecolo), Roger ROMAIN (Ptb+PCC). Avec les résultats que l’ on connaît … Les autres ont surtout produit du vent, de la démagogie faite de promesses qui ne seront pas tenues, ont affiché leur portrait accompagné de slogans creux (Dans le genre" En votant pour moi, je fais plaisir à un ami ...! Affichez donc ma binette !". Les partis pseudos « démocratiques » ont réussi à transformer, à COURCELLES comme ailleurs, la vie politique en un vaste cirque. Et le plus étonnant, c’ est que ça marche. Reconnaissons toutefois que le Fn fait exception. « Eux », ils n’ ont rien fait, rien dit, rien promis, ils sont pour la plupart inconnus, n’ ont aucun programme. Il suffit que leurs candidats appartiennent à un parti raciste,  et fascisant (rexiste, comme on disait avant guerre!) … pour décrocher du premier coup 3 élus. Bref, il reste aux Courcellois à peine 6 ans, pour subir, râler, regretter, reconnaître que …, réfléchir, espérer mieux et faire mieux la prochaine fois… Mais pourra-t-on un jour faire changer "les gens" eux mêmes et leur manière de voir les choses ?

En attendant, si vous avez des réflexions qui en valent la peine, c’ est avec plaisir que je les ajouterai ci-dessous. Vous pouvez m’ écrire   roger.romain@skynet.be  Les attaques non-prouvées et anonymes, mettant en jeu la vie privée de personnes, élus, ou candidats, seront toutefois exclues.

               

     

(cliquer sur les encadrés, svp: les liens fonctionnent).

rue Jean Friot à COURCELLES: c' est toujours bien le moyen - âge. Ajoutez à cela la puanteur: été (lorsqu'il y a 35°) comme hiver, de l' eau coule

en permanence et serpente du haut vers le bas, charriant le trop - plein de certaines fosses sceptiques, car il n' y a toujours pas d' égouttage public. Alors finalement,

pour qui ont voté ces riverains mécontents et auprès de qui vont - ils s' adresser et protester maintenant ???

pour consulter et vérifier, cliquer ici


 

Sans compter la campagne d'information que nous avons menée, par tracts et affichage, dans ta rue AVANT la campagne électorale 'pour simple rappel).


Voilà, Cher Jules, relis bien tout ceci et réfléchis avec les autres ...
Très bonne soirée !
RoRo


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11:33 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, democratie, ps, cdh, ecologie, romain, histoire, communes, belgique, hainaut, charleroi, politique, mr, fn, environnement | |  Imprimer | | |

16/01/2008

Pas grand-chose de disponible ....

Le dessin de Matiz
16-01-2008

Désolé, mais pour l'augmentation du pouvoir d'achat, il n'y a pas grand-chose de disponible, a dit Verhofstadt

dans Solidaire du 16/01/2008

13:51 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, cdh, solidaire, romain, istoire, actualite, belgique, capitalisme, oppression capitaliste, democratie, politique, presse, silence, mr, ps, euro-dictature, social, syndicats | |  Imprimer | | |

Ce n' était pas la clientèle habituelle attendant sagement son tour durant 20, 30 ou 40' devant les guichets de la Poste de COURCELLES-Trieu, ce mardi 15/01/2008.


Ce n' était pas la clientèle habituelle attendant sagement son tour durant 20, 30 ou 40' devant les guichets de la Poste de COURCELLES-Trieu, ce mardi 15/01/2008. Des dizaines d' habitants sont venus protester avec raison contre la fermeture des bureaux de Souvret et de Trazegnies, en présence de la presse ... et d'élus principalement de gauche représentant la Commune et de nombreux syndicalistes... à l' appel du Comité des Aînés. Une pétition de 2.200 protestataires a en outre été remise au Percepteur des Postes...


15 janvier 21:13
(http://romaindecourcelles.spaces.live.com/)
Vie chère, chômage, toujours plus d' impôts, délocalisations, rentabilité, privatisations, fermetures d' entreprises et de biens publics, répression, flexibilité, marché libre et libre concurrence, anarchie économique, gaspillage des richesses naturelles, productivité et surconsommation (pour d' aucuns!): je ne cesserai pas de rappeler que tout cela est l' oeuvre des multinationales et de l' Euro-dictature capîtaliste que pratiquement l' ensemble des partis pseudos démocratiques mettent en place depuis 60 ans pour servir avant tous les intérêts patronaux sur le dos des travailleurs et de la population. Aujourd'hui, nos gouvernants et politiciens nationaux osent crier "C' est pas nous, c' est l' Europe", éludant bien sûr les responsabilités de leur parti politique et leurs propres responsabilités. C' est de l'hypocrisie ! Il faut agir contre eux également, au lieu de voter continuellement pour eux pour les élire...

 

05:26 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, belgique, hainaut, charleroi, romain, histoire, actualite, poste, democratie, politique, capitalisme, oppression capitaliste, europe, euro-dictature, communes, solidarite, social, syndicats | |  Imprimer | | |

14/01/2008

29/08/2007: COURCELLES et dans les autres communes: Comme on le sait, La Poste a fermé ses bureaux de La Motte, Gouy, Souvret, Trazegnies, pour cause de rentabilité... Mais ..., il faut tout dire....

COURCELLES et dans les autres communes: Comme on le sait, La Poste a fermé ses bureaux de La Motte, Gouy, Souvret, Trazegnies, pour cause de rentabilité... Mais ..., il faut tout dire.

La Poste :: L’absentéisme a augmenté de… 0,1 % !

Le patron de La Poste, Johnny Thijs, a envoyé une lettre à ses 34 000 « collaborateurs ». Il se plaint du grand nombre de malades. Mais il y a chiffres et chiffres…

29-08-2007

Au printemps, Thijs annonce en grande pompe que les « résultats de La Poste ont le vent en poupe ». Le chiffre d’affaires a augmenté de 5 % et s’élève à 2 230,5 millions d’euros. Il remercie ses 35 000 « collaborateurs ». Les postiers étaient 42 000 en 2002, mais ça Thijs ne le dit pas.

Et maintenant, il vient se plaindre que le taux d’absentéisme est passé de 8,57 % en 2005 et 2006 à 8,67 % en 2007. Soit 0,1 % de plus ! Quelques jours après la lettre de Thijs, le groupe de services aux entreprises SD Worx a fait savoir que l’absentéisme dans le privé était en mai, juin et juillet respectivement 0,3 %, 0,68 % et 0,18 % plus haut que les mêmes mois de l’année précédente. L’absentéisme dans le privé a oscillé entre 6,11 et 7,13 %. C’est un peu plus bas qu’à La Poste, mais il faut savoir que La Poste inclut les malades de longue durée dans son chiffre.

Thijs a calculé que 1 % d’absentéisme coûte à La Poste 13,5 millions d’euros par an. Une montée de 0,1 % représente donc un surcoût de 1,35 million par an. Mais chaque postier(e) sait que les actionnaires se partagent 42,4 millions d’euros de dividendes. Thijs lui-même a reçu une augmentation de 11,25 % : son salaire passe de 800 000 à 900 000 euros, plus 174 options sur les actions de La Poste. Faut-il dès lors s’étonner de la colère des postiers ?

Si Thijs veut réduire l’absentéisme, il doit réduire la charge de travail, recréer des services légers pour les postiers plus âgés ou qui ont des problèmes physiques, rétablir le service au public.

> La Poste :: Grève à Anvers

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roger.romain@skynet.be

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13/01/2008

Titre service ...

Le dessin de Matiz
09-01-2008

Titre service...

19:51 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, histoire, actualite, politique, presse, capitalisme, romain, belgique, democratie, silence | |  Imprimer | | |

12/01/2008

15/01/2008: Action devant la Poste de Courcelles-Trieu


-------- Message original --------
Sujet: postes corucelles
Date: Fri, 11 Jan 2008 10:40:57 +0000
De: Johnny Coopmans <johnny_coopmans@hotmail.com>
Pour :: <roger.romain@skynet.be>, Virginie Vogels <leloo_ivojnob@hotmail.com>




Johnny Coopmans Rue Raymond Jacques 12/13 6001 Marcinelle 0499/424166


From:
sebbe_vandeputte@hotmail.com
To: johnny_coopmans@hotmail.com; germainmugemangango@hotmail.com
Subject:
Date: Thu, 10 Jan 2008 17:59:09 +0100

Objet : Action devant la Poste de Courcelles le 15 janvier 2008

CORNET Franci
Membre du Conseil des Ainés
Merci de diffuser cette information à vos contacts.

Cher(e)s Ami(e)s,
 
 
Le Conseil consultatif des aînés organise une action devant la Poste de Courcelles Trieu le mardi 15 janvier 2008 à 10H00 .
 
Cette action vise à conscientiser les citoyens, les médias et la direction de la Poste sur les graves problèmes qui affecteront le service postal à Courcelles après la suppression de 2 bureaux de poste (Trazegnies et Souvret), ne laissant qu'un seul bureau
pour une entité de 30.000 habitants.
 
Je vous demande de soutenir cette action, dont l'initiative revient au Conseil consultatif des aînés de Courcelles. Les membres de ce conseil ont pleinement conscience que ce sont, plus que toutes autres, les personnes âgées qui seront pénalisées par cette fuite en avant du service public.
 
Vous pouvez soutenir cette action soit en y participant (même si vous n'êtes pas un aîné, car tout le monde est concerné), soit en la faisant connaître le plus possible autour de vous.
 
Merci d'avance pour votre aide. 
  
Franci CORNET

__________________________
Sebbe Vandeputte
Rue Try des Gaux 40
6111 Landelies
0479/87.49.33

12:05 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, belgique, politique, capitalisme, histoire, communes, poste, presse, silence, europe, euro-dictature, social, syndicats, oppression capitaliste | |  Imprimer | | |

Où va le socialisme ?

Parti cherche idéologie. La crise au sein du SP.a et du PS

Lors des élections, le PS a perdu 6,2 % et le SP.a 7,2 %. De la sorte, ils peuvent faire une croix sur plusieurs centaines de millions de subsides. Et des centaines de collaborateurs (clients ?) peuvent désormais se mettre en quête d’un « nouveau boulot ». Bref, la crise est profonde.

Peter Mertens
20-06-2007

Les socialistes. Ils ont fondé les sociétés coopératives. Ils sont partis de rien pour fonder des organisations comme Jolimont et Vooruit. Ils ont créé des boulangeries, donné vie à des maisons du peuple. Ils ont donné du pouvoir aux syndicats en les centralisant au sein de la Commission syndicale, le précurseur de la FGTB. Ils ont lancé des cliniques populaires et des mutualités. Ils sont allés à contre-courant. Ils ont affronté bien des tabous. Ils avaient un projet. Le socialisme. Une société sans exploitation de l’homme par l’homme.

 

Mais, « quelque part en cours de route », ils ont perdu leurs idéaux. Qu’importe quand cela s’est produit. Au cours des grèves générales pour le suffrage universel, en 1902 et 1913, quand tout a été mis en œuvre – sans résultat – pour mettre un terme aux actions. Peut-être au cours de la Première Guerre, quand on opta avec enthousiasme pour soutenir un parti belliciste contre un autre ? Ou au lendemain de la Seconde Guerre mondiale lorsque, avec Spaak (dirigeant du PS qui allait devenir secrétaire général de l’OTAN après la guerre), on tira la carte de l’atlantisme et de l’Otan ? « Les socialistes ont renoncé à tout leur passé : leur histoire, leurs traditions, leur culture, leur critique, leur analyse… Aussi ne sont-ils plus ‘socialistes’ depuis longtemps… Ce n’est donc pas la gauche qui a ramassé un sale contrecoup le 10 juin 2007. Cela fait longtemps, qu’elle a reçu ce contrecoup, la gauche. Elle l’a reçu du PS quand celui-ci, de parti socialiste avec des membres, s’est mué en un cartel électoral progressiste avec régie publicitaire », déclare le professeur Jan Blommaert1.

Ouvriers en grève en 1936. Il y a bien longtemps, les socialistes avaient un projet. Mais en cours de route, ils ont perdu leurs idéaux. (Photo archives)

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


La Charte de Lisbonne en tant que manifeste

À Hoboken, on peut voir un petit écriteau sur la façade de la maison du peuple : « A vendre ». Comme dans le capitalisme, tout est à vendre. Depuis un bail, les boulangeries et les brasseries ont été balayées par la concurrence, par les précurseurs de Carrefour et autres monopoles de la bouffe. L’idée d’un des pères du PSB (l’ancêtre du SP.a), Eduard Anseele, de mettre sur pied, via des coopératives, une économie socialiste, n’a guère survécu à la Seconde Guerre mondiale. Dans toute l’Europe, les sociaux-démocrates se sont transformés en gestionnaires du système. Quand ils ont eu la majorité absolue sur le vieux continent, ils ont contribué à fond à lancer la vague des privatisations. La Poste, les transports aériens, les chemins de fer, l’énergie, les soins de santé… lentement mais sûrement, tout est passé à la trappe.

Voici un bon siècle, le parti socialiste avait un manifeste. La fameuse Charte de Quaregnon. Un contenu ni chair ni poisson, il est vrai. Mais quand même. On choisissait son camp : « Le Parti ouvrier déclare qu’il se considère comme le représentant, non seulement de la classe ouvrière, mais de tous les opprimés, sans distinction de nationalité, de culte, de race ou de sexe. (…) Dans leur lutte contre la classe capitaliste, les travailleurs doivent combattre par tous les moyens qui sont en leur pouvoir (…). »

La Charte de Quaregnon est morte et a été remplacée par la Charte de Lisbonne. Ce n’est plus un manifeste pour les travailleurs. C’est un manifeste pour devenir « l’économie la plus compétitive et dynamique au monde ». C’est la charte de la flexibilité, de la modération salariale, de l’obligation de travailler plus longtemps et des privatisations. En 2000, elle a été signée par 11 chefs de gouvernement socialistes. « Le parti socialiste est le mieux placé pour associer le bien-être économique des entreprises à la paix sociale. La compétitivité et le progrès des entreprises sont impossibles dans un désert social ou dans les endroits où sévit la lutte sociale », a déclaré Di Rupo dans un journal boursier.2 De lutte contre « la classe capitaliste », il n’est plus question depuis longtemps déjà. « Le PS a longtemps collé au monde du travail et non aux bourgeois-bohèmes. Le sociétal tend aujourd’hui à l’emporter sur le social. Plusieurs de nos leaders s’intègrent avec délectation dans les rangs cossus de la bourgeoisie internationale », déclare l’ancien président du PS, Guy Spitaels.3

 

1 Jan Blommaert, De rechtse show (le show droitier), Indymedia, 11 juin 2007 • 2 L’Echo, 15 avril 2004 • 3 « Elio, tu dois choisir ! », Le Soir, jeudi 14 juin 2007.

11:00 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, romain, belgique, histoire, actualite, politique, ps, presse, silence, syndicats, capitalisme, europe, euro-dictature, oppression capitaliste | |  Imprimer | | |

11/01/2008

11/01/2008: COURCELLES et le rond-pont de l' avenue de Wallonie, à hauteur de TaxiPost ...

COURCELLES et le rond-pont de l' avenue de Wallonie, à hauteur de TaxiPost:

Ca y est les ami(e)s:
-le rond-pont, à hauteur de TaxiPost, avenue de Wallonie est ENFIN en voie d' achèvement sur le terrain. On va bientôt pouvoir passer et circuler librement dans toute "l'avenue"de Wallonie... (Cui va piano, va sano et lontano !)
"Avenue": définition: allée d' arbres ou rue large ET  plantée d' arbres ...
Il était grand temps:
-les riverains étaient à cran et dans l' expectative depuis 1 an: le début des travaux annoncé fin avril 2006 par l' Echevin des travaux, postulant le poste de bourgmestre (campagne électorale communale oblige!), fut en fait repoussé fin janvier 2007 pour arrêter quelques semaines à peine plus tard: impossible de poursuivre, certains impétrants étaient en cause, paraît-il (???).
-l'avenue de Wallonie est donc coupée en deux depuis presque une année. Impossible de l'utiliser complètement, dans un sens comme dans l' autre, sans devoir se détourner rue du Nord, Ste Rosette, rue de Binche. Pas même un passage minimum pour les riverains, les fournisseurs, les services de secours et/ou d'urgence, les destinataires du zoning, ce qui, de mon temps, était une clause obligatoire prévue dans les cahiers des charges ...
-non-informés sur les causes, les responsabilités et les délais, certains riverains râlent, vont demander des comptes, de même que les derniers commerçants subsistant au Scaude qui voient leur clientèle chuter...
DU JAMAIS VU à COURCELLES ! Même du temps des majorités absolues complètement rosées...
Reste maintenant à savoir:
-les fautes, les erreurs éventuelles, les mauvais calculs et estimations, ont été commis par qui et quel en est leur(s) montant(s) ?
-en régime capitaliste, le temps perdu, cela se paie chèrement: tout cela va être payé par qui et avec quelle(s) caisse(s), sur le dos de qui? Ou va-t-on aboutir à des "arrangements" ... (???)
Je parie qu'il sera difficile d'obtenir une réponse claire à ces questions ... Ce serait sans doute mettre en cause l'incurie administrative de certains gestionnaires ou non. Enfin on verra, mais moi (sans être contre-révolutionnaire!), dans ce domaine, je suis pour la "glasnost", autrement dit la transparence...(clarté due à l'absence de dissimulation ou de mensonge)
RoRo
(11/01/2008)

Ps: Par la même occasion, je remercie les Courcellois qui ont déjà signé ma pétition protestant contre la fermeture des Bureaux de Poste de COURCELLES-Souvret et COURCELLES-Trazegnies en 2008. Il faut se mobiliser au maximum contre cette nouvelle décision prise au-dessus de nos têtes et dont nous serons les seuls à faire les frais pour le biens des possédants et des exploiteurs capitalistes...

23:21 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, belgique, capitalisme, communes, courcelles, histoire, romain, hainaut, charleroi, actualite, presse, silence, politique, euro-dictature, democratie | |  Imprimer | | |

Alerte antiterroriste :: Josy Dubié (Ecolo) réagit ...

Le supposé projet d’évasion de Nizar Trabelsi aurait été lié à de supposées menaces d’attentats. Sur quels éléments se base-t-on, demande le sénateur Josy Dubié.

Marco Van Hees
09-01-2008

Josy Dubié, sénateur Ecolo: « La police n’a même pas trouvé un pétard mouillé » (Photo Solidaire, Mehdi Mniai)

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


Tout commence le 21 décembre, lorsque la section terrorisme de la police fédérale, le parquet fédéral puis le Premier ministre Guy Verhofstadt annoncent l’arrestation de 14 personnes qui auraient eu l’intention de faire libérer Nizar Trabelsi. Cet ancien joueur de foot purge une peine de dix ans de prison pour avoir projeté un attentat contre la base militaire de Kleine Brogel.

Le même jour, l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM) affirme disposer d’éléments selon lesquels « un attentat pourrait être en cours de préparation » en Belgique. Verhofstadt confirme. Par contre, dans une lettre publiée le 23 décembre par La Dernière Heure, Trabelsi déclare qu’aucun attentat ne se prépare.

Au réveillon du nouvel an, les mesures de sécurité et la présence policière sont renforcées dans la capitale. Le traditionnel feu d’artifice est annulé. L’alerte sera finalement maintenue jusqu’au 3 janvier.

Josy Dubié, que nous avons contacté, s’interroge sur ces mesures. « La police lance un grand coup de filet, mais les 14 personnes arrêtées sont libérées le lendemain. Elle procède à de vastes perquisitions à la recherche d’explosifs, mais ne trouve même pas un pétard mouillé. Elle fouille la prison d’Arlon cellule par cellule, sans le moindre résultat. »

Le sénateur écolo pose donc la question aux autorités : « Quels éléments vous ont amenés à prendre ces mesures ? » Logiquement, c’est au Comité R, chargé de surveiller les organes de renseignements, de mener l’enquête. Dubié demande donc à ses cinq collègues sénateurs siégeant dans le Comité de suivi du Comité R de relayer ses questions.

« Le problème, c’est que lorsque des conclusions sont transmises aux membres du Comité de suivi, ceux-ci sont tenus à la confidentialité. Cela dit, même si Ecolo n’en fait pas partie, d’autres membres de l’opposition s’y trouvent. Je suppose donc que si des faits graves apparaissaient, ils en parleraient. »

Ce qui chiffonne surtout le sénateur, c’est qu’ « au lendemain des perquisitions, le président du collège des procureurs généraux [Cédric Visart de Bocarmé] a lancé un appel au renforcement des lois antiterroristes. Je me demande donc si tout cela n’est pas une mise en condition pour faire passer un nouveau train de mesures encore plus liberticides… »

22:56 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actulite, courcelles, belgique, presse, silence, democratie, berlgique, politique, ecolo, romain, histoire | |  Imprimer | | |

09/01/2008

09/01/2008: Signons la pétition contre la fermeture des Bureaux de Poste de COURCELLES-Souvret et COURCELLES-Trazegnies. Merci !




-------- Message original --------
Sujet: Pétition : Contre la fermeture des Bureau de Poste de Courcelles-Souvret et Courcelles-Trazegnies
Date: Wed, 9 Jan 2008 15:13:59 +0100 (CET)
De: LaPetition.be <confirmation@lapetition.be>
Pour :: Romain Roger <roger.romain@skynet.be>


Bonjour,

Je voudrais attirer ton attention sur un sujet qui me tient à coeur.

Si toi aussi tu y es sensible je t'encourage à aller signer la pétition et à faire suivre cet Email à tes contacts.

Adresse de la pétition :
http://www.lapetition.be/petition.php?petid=1527

Pétition : Contre la fermeture des Bureaux de Poste de Courcelles-Souvret et Courcelles-Trazegnies

Monsieur le Percepteur des Postes
de & à
B6180 COURCELLES-Trieu

PÉTITION:

Depuis qu' elle est de plus en plus en voie de de privation et de marchandisation, imposée par l' Euro-dictature capitaliste et appliquée par nos gouvernant et politiciens nationaux complètement et servilement soumis, la Poste "belge", appelée maintenant "Banque de la Poste", est de plus en plus désorganisée et de plus en chère, pour des services de plus en plus mal assurés et inadaptés:
-enlèvement sournois des boîtes postales dans nos quartiers
-courrier de plus en plus mal distribué
-compression du personnel pour cause de salaires et de rentabilité
-éloignement de la population par la suppression de plus en plus de Bureaux postaux (Gouy-lez-Piéton et Courcelles-Motte pour ne parler que de notre entité)
Et voici que nous apprenons maintenant la fermeture en 2008 des bureaux de Souvret et Trazegnies, alors que les files d' attente ne cessent de s' allonger devant vos guichets au Trieu, mécontentant de plus en plus de gens.
Il ne restera plus qu'un seul Bureau, à Courcelles-Trieu, pour 30.000 habitants, ce qui est scandaleux pour les personnes isolées et éloignées, âgées, handicapées et/ou malades, pauvres et/ou ne disposant pas d'un moyen personnel de transport.
Nous protestons énergiquement contre ces nouvelles fermetures qui ne seront pas à l' avantage publicitaire de la "Banque de la Poste" et nous nous y opposons fermement tout en vous rappelant que même privatisée, la Banque de la Poste a toujours des obligations de service public vis-à-vis de la population.
Nous vous demandons de transmettre cette pétition à vos instances hiérarchiques et vous en remercions. Pour rappel, elle fait suite à plusieurs centaines de signatures qui vous ont déjà été remises contre la suppression du Bureau de Courcelles-Motte, toujours pas remplacé par un point-Poste à proximité immédiate.
Roger ROMAIN
a/conseiller communal
B6180COURCELLES
et les co-signataires.



Merci à toi.



Roger Romain



http://www.lapetition.be/petition.php?petid=1527

17:02 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, histoire, belgique, actualite, hainaut, charleroi, politique, presse, courcelles, silence, capitalisme, oppression capitaliste, communes, social, syndicats, europ, euro-dictature | |  Imprimer | | |

08/01/2008

Le passé trouble du papa de Tintin

Plus encore en cette année du centenaire d’Hergé, peut-on rappeler que le papa de Tintin a été proche du fasciste Degrelle ? Et qu’il a dessiné dans Le Soir volé par les nazis ? Apparemment, non. L’écrivain Maxime Benoît-Jeannin l’a appris à ses dépens. Rencontre.

Marco Van Hees
07-03-2007

Tintin a-t-il eu un papa fasciste ?

Hergé, chef de file de la « ligne claire » en bande dessinée, avait-il une ligne politique claire ?

Maxime Benoît-Jeannin : « L'album L'étoile mystérieuse peut être considéré comme antisémite et proallemand. »


Maxime Benoît-Jeannin. Il faut se rappeler l’époque. Hergé naît en 1907. Très jeune, il travaille pour la presse catholique. Une presse militante, surtout dirigée contre le socialisme et le communisme. Ces milieux soutiennent le fascisme italien lorsque Mussolini arrive au pouvoir en Italie dans les années 20. A leurs yeux, Mussolini apparaît comme un rempart contre le communisme, alors très puissant dans ce pays. De plus, il signe en 1929 les accords du Latran, qui accordent au pape un État, le Vatican, et un statut de chef d’État.

L’abbé Wallez, qui dirige Le Vingtième siècle, journal catholique militant, est l’un de ces admirateurs du fascisme italien. Il a dans son bureau une photo de Mussolini qui lui est dédicacée : « Amico del fasicmo », ami du fascisme. C’est Wallez qui va prendre le jeune Hergé sous son aile et utiliser ses talents pour Le Petit Vingtième, le supplément jeunesse du journal. C’est là que paraît la première aventure de Tintin, dont sera tiré l’album anticommuniste Tintin au pays des soviets (lire ci-contre). Puis Tintin au Congo, dont on a suffisamment souligné le contenu raciste et colonialiste…

 

C’est aussi là qu’Hergé rencontre Léon Degrelle, qui, dans les années 30, dirigera le principal parti fasciste belge francophone, Rex…

Maxime Benoît-Jeannin. Degrelle est lui-même journaliste au Vingtième siècle. Germaine Kieckens, qui sera la première épouse d’Hergé, est alors la secrétaire de l’abbé Wallez et elle fréquente Léon Degrelle. A la fin de sa vie, celui-ci écrira d’ailleurs le livre Tintin mon copain, dans lequel il affirme que Tintin… c’est lui : il aurait servi de modèle au personnage. Pas certain. Pas impossible, non plus. Il y a certaines similitudes physiques (l’allure, la coiffure, les pantalons de golf) et Tintin est reporter comme Degrelle. Si Hergé a cherché un modèle autour de lui, ce pourrait être celui-là.

Ce qui sûr, par contre, c’est qu’Hergé est l’auteur de plusieurs dessins pour Degrelle et les rexistes dans les années 30. Il a dessiné les couvertures de deux ouvrages de Degrelle : Les grandes farces de Louvain (1930) et Histoire de la guerre scolaire (1932). Il a aussi conçu le logo de L’oasis, hebdomadaire rexiste.

A la même époque, il réalise la couverture de deux livres de Raymond De Becker, qui sous l’occupation allemande dirigera Le Soir nazi. L’un d’eux s’intitule Pour un ordre nouveau, [un terme qui désigne le projet politique des fascistes].

 

Durant l’occupation, le groupe résistant L’insoumis publie une « galerie des traîtres » reprenant les collaborateurs du Soir volé par les nazis. Y figure cette fiche sur Hergé.

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


Peut-on dire qu’Hergé était fasciste ?

Maxime Benoît-Jeannin. Il était d’extrême droite, évidemment. Mais ce n’est pas un militant, pas un tribun. Il n’est pas membre d’un parti comme Rex, mais il baigne dans ces milieux, il y dessine… Hergé est quelqu’un qui suit de près l’actualité. Il sait très bien ce qu’il fait. En 1973, il confiera à un journaliste néerlandais qu’il a cru à l’ « ordre nouveau ».

Contacté par son ami De Becker, juste avant la guerre, il va par exemple participer au lancement de L’Ouest, que l’on peut définir comme un journal précollaborationniste. Nous sommes à une époque où les partisans d’Hitler défendent la paix [un affrontement avec la France et l’Angleterre apparaît prématuré à l’Allemagne nazie]. Dans ce contexte, Hergé dessine les aventures de Monsieur Bellum - guerre en latin - dont il fait un personnage lâche, laid et ridicule. On voit ce pro-français et antihitlérien se fâcher quand il entend à la radio les partisans d’une stricte neutralité de la Belgique.

L’expo Hergé organisée par le Centre Pompidou (Paris) au début de cette année montre une case où l’on voit l’inscription « Hitler est un fou » sur un mur. Certains y ont vu un signe d’antihitlérime. Que du contraire : si l’expo avait montré les cases qui précèdent, les visiteurs auraient vu que c’est cet imbécile de Monsieur Bellum qui a écrit la phrase. Dans un autre dessin, on voit Hitler (avec la croix gammée) prononçant un discours de paix, survolé par une colombe.

 

Anticommunisme, racisme, colonialisme, fascisme… Il nous faut encore aborder son rapport à l’antisémitisme.

Maxime Benoît-Jeannin. L’abbé Wallez est un antisémite primaire, c’est Hergé lui-même qui le dira. Or, on sait l’influence que le premier a sur le second. Mais dès 1925, c’est-à-dire avant qu’il ne dessine pour Le Vingtième siècle, Hergé réalise un dessin intitulé « Le Juif » pour le journal L’Effort. Il représente un personnage à longue barbe, dont les traits du visage sont extrêmement typés, ainsi que la position voûtée du corps. Il se frotte les mains, échafaudant on ne sait quel complot.

Hergé a cette vision caricaturale des juifs que l’on retrouvera dans plusieurs aventures de Tintin : un nez proéminent et un fort accent tudesque [d’origine germanique]. Mais il ne fera pas d’œuvre antisémite, du moins jusqu’à L’Etoile mystérieuse, qui peut être considérée comme une histoire antisémite et pro-allemande.

 

Cela nous amène aux années d’occupation…

Maxime Benoît-Jeannin. Lorsque l’occupant nazi ferme Le Vingtième siècle, jugé trop soumis à l’évêché de Malines, Hergé se retrouve sans emploi. De Becker, nommé rédacteur en chef du Soir volé par les nazis, va rapidement contacter Hergé pour qu’il collabore au lancement du supplément jeunesse de ce journal. Selon le même principe que Le Petit Vingtième. A cette différence que Le Soir nazi ne titre pas à 15 000, mais à 300 000 exemplaires. Et comme Tintin est également traduit dans la presse néerlandophone, cela fait 600 000 lecteurs. L’énorme popularité de Tintin doit beaucoup à cette période. Et pendant toute l’occupation, Hergé va continuer à publier les aventures de Tintin dans ce quotidien directement contrôlé par la Propaganda Abteilung [service de propagande nazie].

 

Sans en subir trop de conséquences à la libération…

Maxime Benoît-Jeannin. Il passera une seule nuit en prison. Pendant quelque temps, il est frappé d’interdiction professionnelle. Mais il est très vite complètement blanchi, recevant un… certificat de civisme, sans lequel il n’aurait plus pu travailler dans le domaine de l’édition.

 

Comment fait-il pour s’en sortir si bien ?

Maxime Benoît-Jeannin. D’une part, parce qu’à l’époque, la bande dessinée c’est pour les gosses. Elle n’a pas le statut qu’elle a aujourd’hui. C’est donc moins grave que les écrits ou les caricatures politiques de ses collègues du Soir volé. D’autre part, Hergé a de bonnes relations. Dont Raymond Leblanc, qui va jouer un rôle capital dans la troisième partie de sa carrière. C’est lui qui lance le journal Tintin avec Hergé. Lequel va d’ailleurs y engager ses anciens copains collabos.

 

Hergé a-t-il formulé des regrets quant à son passé ?

Maxime Benoît-Jeannin. Selon moi, non. Il vit l’épuration d’après guerre comme une oppression. Il se considère victime, pas coupable. Quand il dit « quelle horreur », c’est à propos de la libération et non de l’occupation qui lui garantissait 600 000 lecteurs et une vie confortable. Par la suite, son système de défense sera la dénégation. Il rejette les fautes sur les autres, sur l’abbé Wallez, sur De Becker. Il va se définir comme un « médium » : quelqu’un par lequel passent les idées des autres. Une manière de dire qu’il est innocent. Ceci dit, désormais, il va s’assagir politiquement. Dans le sens qu’il ne croit plus à grand-chose.

 

Vos ouvrages Le mythe Hergé et Les guerres d'Hergé vous ont valu des d’attaques…

Maxime Benoît-Jeannin. Surtout le documentaire que j’ai coréalisé pour la RTBF. Lequel, au départ, n'avait rien à voir avec Hergé. Il se fait que nous avons tourné dans le cimetière du Dieweg, lieu insolite de Bruxelles. Coïncidence : deux touristes nous ont apostrophé, cherchant la tombe d’Hergé, qui est inhumé dans ce cimetière. Je leur ai dit : « Vous savez que c’était un nazi. » Une phrase que l’on a repris dans la voix off du film. Après que celui-ci soit passé sur antenne, la veuve d’Hergé a fait pression sur la RTBF et le film a été interdit de fait. Alors qu’il bénéficiait au départ d’une bonne cote, il n’a jamais été vendu à une autre chaîne.

Comment expliquer que le passé d’Hergé soit tabou ?

Maxime Benoît-Jeannin. Cela rejoint l’histoire de Belgique. Pourquoi a-t-il fallu soixante ans pour que sorte aujourd’hui le rapport La Belgique docile, qui dévoile la collaboration entre les autorités belges et l’occupant nazi ?

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Tintin au pays des Soviets

C’est la première aventure de Tintin (1929), publiée dans le supplément jeunesse du Vingtième siècle, qui vise à faire des jeunes lecteurs de bons petits catholiques en les détournant de la mauvaise voie, le communisme. L’abbé Wallez, rédacteur en chef, souffle l’histoire à Hergé. Tintin part en Union soviétique et découvre, pêle-mêle, que Lénine, Trotski et Staline sont des voleurs, qu’on pratique la torture, qu’on fait voter les électeurs sous la menace d’un revolver, que les usines ne sont que des paravents derrière lesquels on fait sortir de la fumée. Bref, de la propagande servie à la grosse louche aux petites têtes blondes.

 

Tintin en Amérique

En 1932, Tintin revient à peine du Congo qu’il repart pour les Etats-Unis. L’image qui en est donnée est extrêmement négative, même si on atteint pas le niveau de Tintin au pays des Soviets. A tous les coins de rue, le petit reporter manque de se faire supprimer par les gangsters qui règnent sur cet état corrompu. A cette époque, les fascistes, qui veulent se donner une image sociale (le parti d’Hitler est national-socialiste), renvoient dos à dos le communisme bolchevique et le capitalisme sauvage nord-américain.

De plus, faisant le lien avec l'album précédent, Tintin au Congo, Hergé se fait le défenseur du colonialisme belge  : son héros empêche Al Capone de s'emparer des diamants du Congo. Ils sont chasse gardée de la Belgique.

 

L’étoile mystérieuse

Cette aventure de Tintin paraît dans Le Soir nazi d’octobre 1941 à mai 1942. C’est-à-dire, constate Maxime Benoît-Jeannin, au moment où sont publiées en Belgique les lois antijuives les plus répressives. Tandis qu’une étoile apparaît dans le ciel, un prophète annonce la fin du monde. Devant le magasin Lévy, deux juifs se frottent les mains car, grâce à cette catastrophe, ils ne devront pas payer leurs dettes (cette scène disparaîtra dans l’album).

Deux expéditions se livrent une véritable « guerre » pour arriver en premier à l’endroit où est tombé le météorite. Le navire commandé par le capitaine Haddock comprend un Allemand et des ressortissants de pays neutres ou alliés de l’Allemagne. L’autre porte un drapeau américain. Cette rivalité symbolise assez clairement la Deuxième guerre mondiale. Et Tintin a choisi son camp. D’autant que l’expédition américaine est financée par le banquier juif Blumenstein. Dans les versions ultérieures, Blumenstein perd son nom (mais garde son nez proéminent) et devient Bohlwinkel, tandis que le pavillon américain est remplacé par celui d’un pays imaginaire. Surprenant, aussi : le fait de mettre une étoile dans le titre de l’album, à une époque où les juifs doivent en porter une sur leur veste…

 

Au pays de l’or noir

Hergé commence à publier cette histoire en 1939 dans Le Petit Vingtième. Avec l’occupation, il l’interrompt et passe à d’autres aventures qui sortent dans Le Soir nazi. L’or noir aborde la question de l’émigration juive vers la Palestine, alors occupée par les Anglais. Certains y voient une aventure plutôt favorable aux juifs. Maxime Benoît-Jeannin n’en est pas convaincu. Il rappelle qu’à cette époque, certains antisémites criaient « Les juifs en Palestine », estimant que la destination importait peu, pourvu qu’ils partent. Hergé ne reprendra cette histoire que bien plus tard : l’album sort en 1950. Et toute référence à la Palestine y a disparu, remplacée par une guerre pour le pétrole en Arabie.

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Cet article est autocensuré

Rassurez-vous : rien de ce qui est écrit ici n’a fait l’objet d’une censure. Mais comment évoquer l’œuvre d’un dessinateur sans publier le moindre de ses dessins ? Surtout sachant que certaines cases d’Hergé sont très révélatrices de ses idées politiques. Légalement, le droit de citation nous permet de « citer » certaines illustrations au même titre qu’une partie de texte, sans devoir obtenir l’autorisation de l’auteur ou de ses ayants droit.

Il se fait que la veuve d’Hergé et son époux, Fanny Vlamynck et Nick Rodwell, ont la réputation, suffisamment confirmée, d’avoir la gâchette judiciaire extrêmement sensible. Et même dans son droit, la rédaction n’a pas voulu prendre le risque d’un procès qui invoquerait les droits d’auteur pour s’en prendre en réalité à la liberté d’expression.

La succession d’Hergé est une grosse et juteuse affaire. A ce jour, plus de 200 millions d’albums du dessinateur (principalement Tintin) ont été vendus dans le monde. L’empire du couple Rodwell est axé sur deux pôles : l’asbl Fondation Hergé, qui organise des expositions, et la société anonyme Moulinsart, qui gère les nombreux produits dérivés. Les derniers comptes de la société (2005-2006) affichent un chiffre d’affaires de 17,3 millions d’euros. Le business de la ligne claire ne souffre pas que l’on évoque le sombre passé d’Hergé.

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A lire

Maxime Benoît-Jeannin, Les guerres d’Hergé, Ed. Aden, 254 pages, 20 euros.
En vente au PTB-shop, 02 50 40 112, www.solidaire.org/shop.

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18:32 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelle, romain, histoire, belgique, politique, presse, silence, fascisme | |  Imprimer | | |

Le droit de vote accordé par peur de la contagion russe ...

Histoire :: L’influence de la révolution d’Octobre (1917) sur la Belgique
Le droit de vote accordé par peur de la contagion russe

La révolution russe enlève aux supers riches terres et usines en 1917. Moins connue est l’influence de la révolution sur nos droits sociaux.

Herwig Lerouge
31-10-2007

La lutte pour les trois huit, 8 heures de travail, 8 heures de loisirs, 8 heures de repos est le fait de la mobilisation ouvrière et syndicale en Belgique. Mais aussi de l’influence et du prestige de l’Union Soviétique et des communistes. (Illustration : De Roos op de revers, Amsab)

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


Dès les lendemains de la révolution russe d’Octobre, la peur de la contagion révolutionnaire, de la contagion rouge gagna les puissants d’Europe. À tel point qu’ils durent concéder des réformes sociales qu’ils avaient farouchement refusées jusque-là.

Ainsi dans notre pays, on peut dire que trois grèves générales furent nécessaires en 1893, 1902 et 1913, mais surtout la Révolution d’Octobre pour que les travailleurs (pas encore les travailleuses) obtiennent en 1919 enfin le plein droit de voter au suffrage universel.

Le jour suivant l’armistice du 11 novembre 1918 et la fin de la guerre, le roi des Belges, Albert I, convoquait au village de Loppem le parti libéral, le parti catholique et le Parti ouvrier belge, l’ancêtre du Parti socialiste, pour discuter des mesures à prendre en vue d’assurer l’ordre une fois les soldats démobilisés. En effet, la panique parmi les bourgeois était grande et elle s’était encore accrue suite à la création de conseils révolutionnaires de soldats allemands à Bruxelles. À l’image de ceux qui se créaient un peu partout en Allemagne inspirés par la révolution d’Octobre. Et ceux-ci étaient soutenus par une partie de la population belge.

Le roi et les partis politiques étaient inquiets, il s’agissait de calmer le jeu. La réunion de Loppem décida de faire entrer deux ministres socialistes au gouvernement et d’installer le suffrage universel pour les hommes sans révision préalable de la Constitution. Le grand promoteur de cette opération était le plus grand banquier de Belgique, Émile Francqui, le directeur de la toute-puissante Société Générale. Ce fut la première manifestation concrète de l’aide que pouvait apporter le nouvel État socialiste russe au combat social de la classe ouvrière dans les pays européens.

Il a fallu une nouvelle grève générale en 1919 et la peur de la contagion révolutionnaire pour qu’en 1921 soit introduite la journée des 8 heures et la semaine des 48 heures. C’était une revendication pour laquelle étaient déjà tombés sous les balles de la police des dizaines d’ouvriers à travers le monde.

Même les livres d’histoire l’admettent : en 1918, en Belgique, l’attitude de la bourgeoisie était déterminée dans une large mesure par la crainte de voir les travailleurs « suivre d’une façon ou de l’autre l’exemple russe 1 ».

 

1 J.Bartier, La politique intérieure belge (1914-1940), Bruxelles, 1953, t. 4, p. 47. Cité dans Claude Renard, Octobre 1917 et le mouvement ouvrier belge, 1967, Éditions de la Fondation Jacquemotte, Bruxelles, p. 63

Extraits du discours prononcé par Herwig Lerouge à l’occasion du 90e anniversaire de la révolution d’Octobre célébré au Centre international à Bruxelles le 20 octobre dernier. Le discours complet est consultable sur www.wpb.be

> Aux origines du Parti communiste belge

15:24 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcellles, romain, belgique, histoire, capitalisme, demcratie, liberte, politique, presse, silence, communisme, oppression capitaliste, europe, urss, revolution | |  Imprimer | | |

07/01/2008

04/02/2008: Euro-dictature capitaliste: Tous à Versailles - France !

04/02/2008: Euro-dictature capitaliste: Tous à Versailles - France

-------- Message original --------
Sujet: [Bellaciao] Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !
Date: Mon, 07 Jan 2008 22:01:59 +0100
De: newsletter@bellaciao.org <newsletter@bellaciao.org>


Bellaciao vous souhaite une bonne année... malgré un horizon quelque peu surchargé !
Vous trouverez ci-dessous un communiqué appelant à la mobilisation contre le Traité "Modifié" Européen.

L'année 2008 sera également marquée par un nouveau procès en mai 2008 pour Roberto, de Bellaciao, les Chantiers Navals de l'Atlantique ayant fait appel de la décision du tribunal de Saint-Nazaire (novembre 2007, voir ici :
http://bellaciao.org/fr/mot.php3?id_mot=254).
Bellaciao en appelle de nouveau à votre soutien, moral et financier !
(souscription ici :
http://bellaciao.org/souscription.php)

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Tous à Versailles le 4 février 2008 !


Le 4 février 2008, les parlementaires français réunis en Congrès à Versailles, vont devoir voter pour ou contre la modification de la Constitution permettant, dans le même temps, la ratification définitive du Traité européen de Lisbonne ("mini traité") impulsé par N. Sarkozy et A. Merkel.

C’est le choix qui a été fait par le Gouvernement de N. Sarkozy et F. Fillon, appuyé par de nombreux parlementaires, pour revenir sur notre vote du 29 mai 2005, « sans risque » de se confronter à nouveau à la volonté populaire.

Car comme l’a dit lui-même N. Sarkozy, on sait bien qu’un nouveau référendum pourrait apporter une nouvelle victoire du "NON"
contre l’Europe libérale et capitaliste.

Or, il faut une majorité des 3/5 au Congrès pour que cette ratification soit votée.

L’UMP n’a pas, à elle seule, cette majorité qualifiée.

Si cette majorité n’est pas atteinte, la Constitution du 4 octobre 1958 impose alors la consultation populaire par référendum.

Le groupe parlementaire du PS (le groupe le plus important dans l’opposition) peut donc, avec quelques autres, faire basculer le sens du vote. Or, à ce jour, le PS a choisi de plier devant N. Sarkozy et a pour l’instant décrété de voter pour cette ratification lors du Congrès.

Cela est inacceptable et il faut donc nous manifester pour rappeler aux élus notre vote du 29 mai 2005.

Cette manifestation sur place est d’autant plus importante qu’en mars 2008 auront lieu les municipales et les cantonales. Les élus devraient donc être particulièrement sensibles à nos mobilisations.

Le mouvement citoyen « TOUS A VERSAILLES LE 4 FEVRIER 2008 » a donc créé le site Internet
http://www.tousaversaillesle4fevrier2008.fr

C’est une plateforme logistique destinée à réunir et fédérer les sans-culotte de France et de Navarre qui souhaitent participer à une manifestation citoyenne le 4 février 2008.

Il s’agit, pour les initiateurs de ce site, de permettre le rassemblement du plus grand nombre le "Jour J" du Congrès (Assemblée Nationale et Sénat réunis à Versailles selon l’article 89 de la Constitution de 1958), pour faire entendre notre voix et demander que soit respecté notre choix du 29 mai 2005.

Il s’agit de s’opposer, en se manifestement physiquement, à ce que le Congrès ratifie le Traité de Lisbonne, pour contraindre ainsi le Gouvernement à nous soumettre ce texte par la voie référendaire.

Les mots d’ordre, drapeaux et couleurs, des participants à cette manifestation du 4 février 2008 seront ensuite "à la charge" des organisations, partis , individus, respectivement concernés, mais il va de soi qu’ils seront tous tournés vers un seul objectif :

Non à la ratification en Congrès, oui au référendum populaire !

Respectez notre « NON » !

"TOUS A VERSAILLES LE 4 FEVRIER 2008" se propose de tout mettre en œuvre pour permettre au plus grand nombre d’entre nous de se retrouver en fin de matinée le 4 février 2008 à Versailles face aux élus du peuple, quand ils devront engager leur voix sur un acte aussi grave.

Aussi, nous vous engageons à vous inscrire sur ce site, par région, et à nous envoyer un mail précisant notamment :

- le nombre de participants
- la somme allouée à la participation
- le lieu souhaité pour un passage en car ou un co-voiturage ou un compartiment de train (si pas assez de personnes pour louer un car)

Les responsables des régions prendront contact avec vous le plus rapidement possible. Votre engagement sera ferme et définitif une fois ce contact pris.

Nous estimons qu’il est extrêmement important pour notre avenir, au delà de nos tendances et de nos appartenances respectives, de nous rassembler et de manifester le 4 février 2008 à Versailles, au moment et au lieu du vote du Congrès, pour rappeler à nos élus, nos mandataires, qu’ils doivent avant tout respecter notre voix.

Le Collectif Bellaciao soutient et participe à cette initiative 100% citoyenne et républicaine : « TOUS A VERSAILLES LE 4 FEVRIER 2008 »

http://www.tousaversaillesle4fevrier2008.fr

C'est notre combat commun, c'est un combat de la gauche républicaine et démocrate, il transcende les clivages et les partis.

Faites passer !

Salut et fraternité

Bellaciao
http://bellaciao.org

22:38 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, histoire, actualites, france, europe, democratie, liberte, politique, capitalisme, presse, ps, courcelles, euro-dictature, silence | |  Imprimer | | |

04/01/2008

04/01/2008: La paix n'a pas besoin de nouveaux missiles ...

-------- Message original --------
Sujet: Alerte OTAN ! n°28 / octobre-décembre 2007
Date: Fri, 4 Jan 2008 07:52:44 +0100
De: <info@csotan.org>


Alerte OTAN !

Bulletin trimestriel du Comité de surveillance OTAN,
Numéro 28, octobre-décembre 2007

Secrétariat : rue des Cultivateurs, 62 ; 1040 Bruxelles
Adresse électronique : info@csotan.org

tél & fax : 02 511 63 10
CCP
068-2447491-14 au nom de CSOTAN

Site internet : www.csotan.org


Sommaire


Le CSO anime également une mailing list par laquelle vous pouvez notamment recevoir régulièrement des infos centrées sur l'OTAN, et où vous pouvez aussi diffuser vos avis et réflexions. Pour vous inscrire à cette liste, il suffit d'envoyer un e-mail vide à l'adresse alerte_otan-subscribe@yahoogroupes.fr


Édito

Ensemble contre l’'Otan, samen tegen Navo !

Les réunions au sommet de l'OTAN se sont multipliées ces dernières semaines, signe que tout ne se passe pas exactement comme prévu dans le camp des alliés occidentaux et que la grande machine de guerre ne fonctionne pas sans ratés. Kosovo, Iran, Afghanistan, Bouclier anti-missiles: les pays membres de l'Otan ne sont pas sur la même longueur d'ondes et n'aboutissent à aucune détermination ferme.

L'annonce publique par les services de la CIA et d'autres ( ???) que l'Iran "aurait arrêté tout programme de préparation d'armes nucléaires depuis 2003" vient mettre un coup d'arrêt pour les forces US les plus résolues à la guerre immédiate contre l'Iran. Cela montre bien les incertitudes au sein de la superpuissance sur les possibilités de gagner cette guerre. L'échec en Irak conduit au doute. Et surtout les réactions de la Russie, de la Chine et des pays non alignés ont fait sentir au sein même de l'Otan, que la partie ne se gagnerait pas facilement.

Mais cela n'empêche pas de continuer les menaces et l' imposition de sanctions contre l'Iran. Même De Gucht, ancien et nouveau ministre des Affaires Etrangères de la Belgique s'y met en décrétant que le seul fait que l'Iran veut continuer le processus d'enrichissement de l'uranium "prouve que l'Iran veut se doter de la bombe atomique". Pourquoi ces questions se discutent-elles dans des réunions de l'Otan qui, en principe, n'ont rien à voir avec l'Iran? Ils ont besoin de présenter l'Iran comme une "menace" contre les pays européens pour justifier l'installation du bouclier anti-missiles et la participation de l'Otan à ce programme.

De la même manière, la Russie est de plus en plus l'objet d'attaques et de campagnes dénigrantes dignes de l'époque de la "guerre froide", de la part des responsables de l'Otan, et de nos anciens-nouveaux ministres. Son alliance avec l'Iran, ainsi que son opposition à l'indépendance du Kosovo ne laissent les mains libres ni à l'UE ni aux Etats-Unis. De Gucht, qui représente la Belgique à la présidence du conseil de sécurité de l'ONU, ne s'est pas gêné pour soutenir publiquement des mesures unilatérales de l'UE et des USA en faveur du changement de statut du Kosovo.

En Afghanistan, qui est le lieu le plus important d'intervention de l'Otan, 60.000 militaires de 27 pays différents, superarmés, ne suffisent pas pour faire régner l'ordre et maintenir le gouvernemenrt Karzai. Plusieurs pays membres de l'OTAN rechignent à fournir à l'Isaf les suppéments de moyens techniques, financiers, humains qu'elle réclame. Cependant, la Belgique n'est pas en reste. Récemment, le gouvernement encore en "affaire courantes" a décidé l'envoi de soldats supplémentaires à Kaboul. Le nouveau ministre de la Défense, Pieter De Crem, veut renforcer et revaloriser le rôle « militaire » de l'armée, la débarasser de ses oripeaux « humanitaires ». La Belgique fera tous les efforts possibles pour soutenir la guerre de l'Otan en Afghanistan.

Et pour bien montrer l'adhésion du gouvernement Verhofstadt III aux objectifs otaniens, ils ont rendu publique cette opération "anti-terroriste", juste le jour de la prestation de serment. Ces « terroristes » ne pouvaient qu'être dirigés par Nizar Trabelsi, accusé de préparer des attentats contre la base militaire de Kleine Brogel. Le nouveau gouvernement belge veut donner des assurances à l'OTAN, de sa capacité à servir les états-majors installés sur notre territoire. Les « menaces terroristes » actuelles tombent à point également pour prendre de nouvelles mesures de restriction des droits démocratiques (prolonger la garde à vue, élargir les autorisations d'écoutes téléphoniques)

Il faut noter d'ailleurs que tout au long de cette crise gouvernementale et au milieu des conflits dits communautaires, tous les dirigeants politiques restaient d'accord pour garder sous contrôle fédéral l'armée et la politique extérieure et que la Belgique a déjà signé le nouveau Traité européen, qui renforce encore l'allégeance de l'UE à l'Otan et réclame des augmentations des budgets militaires de chaque pays.

Nous devons montrer que, dans le camp des mouvements pour la paix, au nord comme au sud du pays, nous n'avons aucun conflit communautaire à régler et que tous unis nous continuons le combat pour le désarmement nucléaire, pour le retrait des bombes atomiques de Kleine Brogel, pour stopper tout programme de bouclier antimissiles, pour le retour des militaires belges embourbés dans cette guerre d'Afghanistan et pour une mise en cause radicale de l'OTAN qui ne protège pas l'Europe mais risque plutôt de l'entraîner dans un conflit majeur.

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Conférence «La paix n'a pas besoin de nouveaux missiles»

La conférence organisée par le CSO a permis de mieux connaître ce que le bouclier anti-missiles signifie, au point de vue technique, stratégique, politique. Elle s'est conclue sur plusieurs propositions d'actions concrètes : soutien à la manifestation contre le radar, à Prague le 17.11.07, avec l'envoi de lettres à l'ambassade tchèque et de messages de solidarité à la mobilisation tchèque; résolution de multiplier les activités d'information en Belgique ; proposition de soumettre un questionnaire sur ce thème aux ministres et parlementaires belges ; préparation d'un dossier rassemblant les informations, les analyses, les prises de position des organisations politiques et des associations pour la paix.

Si l'opposition au déploiement du système anti-missiles était unanime parmi les intervenants, nous avons toutefois pu entendre et discuter des points de vue plus divergents, entre autres sur la place que l'Otan ou l'UE pourrait prendre dans l'installation du bouclier anti-missiles en Europe, sur la position de la Russie. Le débat est ouvert et la question du bouclier anti-missiles prendra de plus en plus d'importance dans les mois à venir. Le prochain sommet de l'Otan à Bucarest en avril 2008 va probablement l'aborder et s'engager. Nous devons y être très vigilants !

Les textes des différents intervenants de la conférence sont reproduits dans ce numéro de Alerte Otan, et/ou sur le site du CSO :

Nils Andersson, du conseil scientifique d'ATTAC France, Nicolas Bardos, Pax Christi, Andrey Ordach, attaché de presse de l'Ambassade de Russie, Luc Mampaey, GRIP, Georges Spriet, VREDE, Pol d'Huyvetter , Mayors for Peace, Claudine Pôlet, CSO

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Le Bouclier ne protège pas l'Europe, il y prépare la guerre

Dans une Belgique qui se déchire de plus en plus, les problèmes dits institutionnels et de relations entre la communauté française et flamande prennent le dessus sur toute autre question politique. Se préoccuper, maintenant, d’'une question de bouclier antimissiles qui n'’existe pas encore en Europe et encore moins sur notre territoire, peut sembler aussi… surréaliste.

Et pourtant, l'’annonce et le début de mise en place par l’'Administration Bush de ce système anti-missiles est en train de pousser le monde vers la guerre, de relancer une course folle aux armements, il nous concerne donc grandement !

La presque totalité des partis politiques de Belgique, qu’'ils participent de la coalition orange bleue ou dans l’'opposition, se divisent à qui mieux mieux, régionalisent, fédéralisent, séparatisent… mais conservent une étrange communauté de positions sur les questions de politique extérieure et de défense de notre pays. Même le NVa, l'’allié séparatiste du CD&V déclare que l’'armée et la politique extérieure peuvent rester du ressort d’'un Etat Belge. Et tous se rangent derrière la Note Leterme concernant la Défense et la Politique extérieure ou, en tout cas, se taisent à son sujet. Cette note réaffirme que la Belgique est liée à une politique européenne de sécurité et de défense et qu’'elle est un fidèle et loyal membre de l'’Alliance Atlantique, à laquelle elle est prête à accroître sa contribution.

Rappelons également que le mini-traité européen appelé à remplacer le projet de Constitution européenne, reprend textuellement les chapîtres qui bétonnaient l’'allégeance à l’OTAN. Il y rajoute la nécessité d’'accroître les efforts financiers de chaque Etat membre pour rendre les forces militaires plus efficaces.

L’'OTAN n’'en est pas à une « étude de faisabilité » toute théorique. Des dossiers de milliers de pages circulent parmi les cercles dirigeants. Le secrétaire général Joop de Scheffer propose avec persistance qu’'un bouclier antimissiles otanien pourrait très bien compléter le système américain. L'’OTAN se prépare à une participation effective et importante à l’installation du bouclier antimissiles.

La Belgique est aussi concernée par cette question. Et comme nos gouvernements et nos responsables politiques, tous partis confondus, ont évité et évitent de plus en plus tout débat démocratique sur les questions militaires, il y a fort à parier que le projet de bouclier antimissiles deviendra une réalité otanienne à bref délai, et que tout cela passera au-dessus de la tête des citoyens et sera discuté et voté dans la plus grande discrétion. On en a déjà assez avec les bombes nucléaires de Kleine Brogel qui sont toujours là malgré les résolutions unanimes du Parlement pour les faire partir. Si les grands stratèges des Affaires Etrangères et de la Défense y rajoutent un soutien au système antimissiles, c'’est une preuve de plus que ces bombes atomiques sont destinées à être utilisées, protégées par un bouclier antimissiles. Cela ne doit pas se passer !

Le bouclier antimissiles est un outil de guerre et non de défense. Sous le contrôle des Etats-Unis ou un contrôle partagé avec l’'OTAN, ou même avec une implication de l’'Union Européenne, il est totalement inacceptable. Le Président Bush l’'a présenté comme une protection nécessaire à l'’Amérique et à l'’Europe contre des menaces de pays qualifiés de voyous, et en particulier l'’Iran. Mais l'’Iran n’'est pas en mesure d’'attaquer ni l'’Amérique ni l’'Europe avec des missiles nucléaires à longue portée qu’'elle ne possède pas.

Ce bouclier antimissiles vise à pouvoir attaquer la Russie et la Chine ainsi que n’'importe quel pays, qui résiste à la prédominance des USA et de l'’Alliance Atlantique, sans risquer une riposte de ceux qui ont la capacité nucléaire de le faire, comme la Russie et la Chine. Aucun de ces pays ne cherche des conquêtes militaires. L'’intérêt du peuple de Belgique et de toute l'’Europe est de rechercher une coopération avec eux et non la guerre. Voilà bien pourquoi il n’'est pas question pour les citoyens de notre pays et des pays membres de l’'Otan d’'accepter une participation à cette escalade vers une nouvelle guerre mondiale.

Claudine Pôlet (CSO)

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Qu’est-ce que le bouclier anti missiles ?

Avec le Missile Defense, ou bouclier anti-missiles, il s'agit d'empêcher qu'un missile attaquant puisse atteindre sa cible. Il existe déjà plusieurs systèmes de défense pour intervenir au moment où un missile rentre dans l'atmosphère, donc dans la partie finale de son orbite. Le bouclier anti-missiles maintenant, veut être capable de toucher un missile à un stade antérieur, c'est à dire pendant la phase vraiment ballistique du parcours hors de l'atmosphère dans laquelle les têtes se détachent du missile.

Le bouclier anti-missiles est un sytème de systèmes; chacun des éléments doit être techniquement parfait ainsi que leur coordination. Pour cela, on doit être capable de détecter au plus vite qu'un missile a été lancé. Puis il faut des radars qui suivent et précalculent le trajet. D'autres radars essaient de distinguer les têtes réelles des têtes fausses. Puis le missile d'interception est lancé pour projeter l'élément de collision (EKV exoatmospheric kill vehicle) contre la tête hostile. Tous ces éléments ne peuvent fonctionner que grâce à un réseau performant de gestion, commande et contrôle.

La détection se réalise par des systèmes infra-rouges dans l'espace. Les radars de première alerte existent déjà. Ils calculent le trajet de vol du missile hostile. Puis des radar-X à haute fréquence sur les ondes courtes détectent les têtes (nucléaires ou fausses). Le missile d'interception est une fusée à trois étages qui porte l' EKV jusqu'au point d'interception. Cet EKV reçoit de manière permanente l'information de la localisation changeante du missile attaquant, ou de l'orbite des têtes. l'EKV possède un système combiné de senseurs optiques et infra-rouges, pour suivre et analyser sa cible. Par ses petits moteurs, ce module d'environ 65 kg et 1,3 m de longueur, se met en position pour le meilleur impact contre le missile hostile qu'il détruira par énergie cinétique (par sa vitesse donc). La vitesse combinée avec laquelle l'intercepteur et la cible se rapprochent est de 15.000 miles par heure.

Le tout ne fonctionne que par un réseau de gestion: le Battle Management, Command, Control and Communicationos (BCM3) constitue le coeur du système. Il reçoit l'information et analyse les paramètres comme la vitesse, l'orbite, le point d'impact. Il calcule le point optimal d'interception, prépare le lancement du missile intercepteur. Il vérifie également le résultat de l'opération, et décide d'une éventuelle continuation de l'opération.

Le Pentagone américain estime nécessaire pour la sécurité nationale et celle de ses alliés d'avoir certains éléments de système de systèmes en Europe. Il veut utiliser des radars existants en Angleterre et au Groenland, et veut installer un radar-X et des missiles intercepteurs en Europe continentale: la république Tchéque et la Pologne.

Jusqu'à maintenant les essais ne sont pas du tout convaincants. La Missile Defense Agency elle-même parle d'un succès de 50%, tandis que les critiques ne parlent que de 4 ou 5 essais relativement positifs sur 13. Et souvent, on n'a pas tenu compte de la possibilité de têtes fausses qui pourraient troubler les radars.

Les entreprises liées à la recherche et la fabrication sont surtout: Boeing, Raytheon, Lockheed Martin et TRW. Ce sont de bons fournisseurs du Pentagone, et des sponsors généreux pour les caisses électorales des deux grands partis.

Mais il y a plus.

Le développement du système anti-missiles se situe dans la stratégie plus large de domination de l'espace par les Etats Unis. “Un moyen pour atteindre la prépondérance américaine dans l'espace est le développement d'une stratégie de dissuasion pour l'espace, et le déploiement des moyens spatiaux, y compris des systèmes d'armement fonctionnant dans l'espace, pour défendre nos ressources spatiales, et qui pourront renforcer notre force aérienne, navale ou terrestre”. (Commission to assess US national security space management and organization, 2001).

Dans son document Vision 2020, le US Space Command dit clairement: “dominer les dimensions spatiales des opérations militaires pour protéger les intérêts et les investissements des Etats-Unis”. La supériorité dans l'espace devient un élément crucial dans les guerres à venir. Le National Missile Defense (le bouclier anti-missiles) deviendra un ensemble de sensors et d'armes sur terre et dans l'espace. Les tâches pour les unités de terre, de mer et aériennes seront renforcées par nos capacités dans l'espace.

Voilà à quoi sert le bouclier.

Il est intéressant de voir ce que des analystes américains en disent: "Le bouclier anti-missiles que les Etats-Unis veulent installer est avant tout valable dans un contexte offensif, pas défensif; comme un élément d'importance dans la capacité de 'first strike', pas comme un bouclier indépendant. Dans le cas où les Etats-Unis attaqueraient la Russie (ou la Chine), le pays ciblé ne resterait après l'attaque qu'avec un arsenal trés réduit, s'il lui en reste un. A ce point, même un bouclier modeste ou inefficace pourrait être suffisant comme protection contre l'attaque-réponse, parce que l'ennemi annihilé n'aurait presque plus de missiles comme moyen de riposte.” (Lieber, Keir A./Daryl G. Press: The Rise of U.S. Nuclear Primacy, in: Foreign Affairs, March/April 2006.).

Georges Spriet (VREDE)

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Bouclier antimissile : inadéquat et dangereux

Une nouvelle crise semblable à « l’affaire des euromissiles » du début des années 80 va-t-elle éclater à l’occasion du projet américain de déploiement d’éléments de son bouclier antimissile en Europe ? Si le contexte géostratégique est totalement différent, les mêmes problèmes surgissent : un projet américain posant de nombreuses questions, le malaise des Européens et l’hostilité de la Russie qui estime qu’une nouvelle course aux armements en serait la conséquence.

Un projet discutable

C’est le 22 janvier 2007 que les États-Unis ont transmis officiellement leur demande de pouvoir installer d’ici à 2012, 10 missiles intercepteurs en Pologne et un radar de détection en République tchèque. Le but est de compléter un dispositif qui prévoit le déploiement de 40 missiles en Alaska (15 y sont déjà installés), de 4 missiles en Californie, ainsi qu’un réseau de radars sur le sol américain, au Groenland et en Grande-Bretagne.

Le projet de « bouclier antimissile » vise à intercepter des missiles qui seraient lancés contre les États-Unis par ce qu’ils nomment des « États voyous » comme l’Iran et la Corée du Nord. Mais, aux États-Unis même, plusieurs experts et responsables politiques doutent de l’efficacité et de l’utilité de ce projet.

Primo, la faisabilité technique de l’interception en plein vol de missiles balistiques ennemis est loin d’être prouvée. Les missiles actuellement déployés sont encore des prototypes et les essais réalisés jusqu’à présent ont soit révélé certaines difficultés, soit été menés dans des conditions optimales fort différentes de ce que serait la réalité.

Secundo, ce projet est très coûteux : actuellement, 10 milliards de dollars par an, alors que les coûts ont triplé par rapport aux estimations initiales. Un projet analogue qui serait déployé par l’OTAN en Europe coûterait entre 10 et 20 milliards de dollars, ce que les Européens auraient des difficultés à financer, sachant que la somme de leurs budgets annuels de défense avoisine les 220 milliards de dollars.

Tertio, quelle est la réalité de la menace ? À l’instar des « armes de destruction massives » en Irak, les Américains n’exagèrent-ils pas les risques ? De nombreux spécialistes, sans nier leurs intentions d’acquérir des missiles de longue portée, font remarquer que des pays comme l’Iran et la Corée du Nord auraient besoin de plusieurs années avant de disposer de missiles intercontinentaux. De plus, installer des têtes nucléaires sur ces missiles n’est pas simple à réaliser. Enfin, certains doutent que les dirigeants de ces pays soient à ce point irresponsables qu’ils lanceraient un missile nucléaire contre les États-Unis, qui disposent de milliers de têtes nucléaires, capables de rayer de la carte tout pays agresseur.

Le risque d’une relance de la course aux armements

Mais la critique majeure réside dans le risque de déstabiliser l’édifice de la dissuasion nucléaire. Le bouclier antimissile des États-Unis est présenté par ceux-ci comme non agressif et purement défensif. En réalité, il crée un effet pervers qui pourrait être un facteur de relance de la course aux armements balistiques et nucléaires.

C’est pour éviter une telle relance qu’Américains et Soviétiques avaient signé en 1972 le traité ABM (« Anti Ballistic Missiles ») par lequel ils renonçaient à déployer des systèmes d’interception de missiles ennemis (à l’exception de deux sites protégés pour chacun des deux pays). Par ce traité, les États-Unis et l’URSS reconnaissaient qu’ils possédaient un potentiel de « destruction mutuelle assurée » empêchant l’un d’utiliser l’armement nucléaire contre l’autre. Ce principe d’équilibre de la terreur permettait de confirmer l’arme nucléaire dans un rôle de dissuasion. Depuis quelques années, la doctrine nucléaire américaine tend à « banaliser » l’arme nucléaire en en faisant une arme qui pourrait être utilisée sur des champs de bataille, y compris contre des États « non nucléaires ».

En dénonçant le traité ABM en 2002, les Américains se sont mis dans une posture qui remet en question la dissuasion nucléaire. S’ils deviennent capables de se protéger contre tout missile venant d’un pays ennemi, ce dernier pourrait dans le même temps se sentir menacé par l’arsenal nucléaire offensif des États-Unis, surtout si ceux-ci développent à son égard un discours agressif, le qualifiant par exemple d’État voyou contre lequel il pourrait être fait usage de la force.

Cet État pourrait alors être tenté de se doter d’un maximum de missiles nucléaires intercontinentaux afin de pouvoir « saturer » ou « contourner » le bouclier antimissile américain. C’est cela la relance de la course aux armements.

L’inquiétude russe

Washington répète depuis plusieurs mois que ce ne sont pas les 54 missiles intercepteurs (44 sur le sol américain et 10 en Europe) qui pourraient arrêter les 700 missiles intercontinentaux dont disposent encore les Russes. Mais ces derniers se demandent si ce chiffre ne pourrait pas être sensiblement augmenté par la suite. Par ailleurs, les Russes envisagent de réduire le nombre de leurs missiles intercontinentaux à environ 200 dans quelques années. Les Russes craignent dès lors d’être à terme soumis à une posture de domination nucléaire par les Américains, d’où leurs projets de relance de programmes de nouveaux missiles intercontinentaux et de doublement de leurs dépenses militaires pour les huit années à venir.

Certains, du côté occidental, estiment exagérées les réactions russes. Sans doute. Mais pour bien comprendre la perception de Moscou, il s’agit de resituer leur position géostratégique actuelle qui est fort loin de celle qu’occupait l’URSS il y a une vingtaine d’années avec une quasi parité de moyens militaires avec les États-Unis.

Aujourd’hui, les dépenses militaires mondiales ont retrouvé un niveau identique à celui qui existait à la fin de la Guerre froide, soit 1 000 milliards de dollars (contre 750 milliards à leur plancher historique en 1996). Dans ce total, le budget militaire des Américains représente près de 50 %, contre seulement 2 % pour celui de la Russie. Ce pays se situe au même niveau que l’Inde ou l’Arabie saoudite, tandis que des pays comme la Chine, le Japon, la France ou le Royaume- Uni représentent entre 4 et 5 % des dépenses militaires mondiales.

De plus, la Russie a le sentiment d’être assiégée. Les élargissements de l’OTAN de 1999 et 2004 ont fait rentrer dix pays ex-communistes (dont trois ex-républiques soviétiques) dans le camp occidental, réduisant le champ d’influence de Moscou. Sur son flanc Sud, 200 000 soldats américains sont en Afghanistan depuis 2001, et en Irak depuis 2003. Et sur les quinze anciennes républiques soviétiques, sept accueillent ou vont accueillir des bases américaines.

Enfin, les Russes ressentent une certaine forme d’arrogance des dirigeants américains actuels à leur égard. Ils manquent de reconnaissance et de respect. Dans le cadre du bouclier antimissile, ces derniers se sont adressés de manière bilatérale à la Pologne et à la République tchèque, sans présenter ce projet au sein du Conseil OTAN-Russie, qui avait été créé en 1999 pour discuter ensemble des questions de sécurité intéressant les deux parties.

Renouer le dialogue et relancer le contrôle des armements

À tout le moins, les dirigeants américains ont manqué de tact à l’égard de la Russie, mais aussi avec leurs alliés européens. Ceux-ci ne comprennent pas l’empressement des États-Unis à vouloir mettre en place ce projet de bouclier qui pose encore beaucoup de questions.

Il serait préférable qu’un véritable dialogue sur les questions de sécurité commune soit rétabli entre Occidentaux et Russes avant de se lancer dans de nouveaux projets. De plus, pour éviter l’émergence de nouvelles menaces potentielles par la prolifération nucléaire et balistique, il y a un urgent besoin de reprendre les efforts diplomatiques dans le cadre du droit international qui codifie la maîtrise des armements.

Malheureusement en six ans, c’est Washington qui a progressivement vidé de leur substance les acquis obtenus dans ce domaine depuis plusieurs décennies.

Editorial du « Nouvelles du GRIP » 2/2007
Voici un lien où l’on peut retrouver 3 anciennes publications du GRIP sur les Euromissiles :
http://www.grip.org/archives/archives.html.

Luc Mampaey (GRIP)

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L’installation de missiles en Europe par les Etats-Unis s’inscrit dans une stratégie globale Eurasiatique


L’actualité de notre sujet a été confirmée le 5 novembre, à Bakou, par Daniel Fried, secrétaire d'Etat adjoint : Les Etats-Unis comptent réaliser leur projet de bouclier antimissile en Europe centrale malgré les objections de la Russie, « Nous poursuivons les négociations avec la Pologne et la République tchèque… Nous espérons réussir et, si c'est le cas, nous mettrons en place un système radar pour la République tchèque et des missiles pour la Pologne ».

Je souhaiterais ce soir exposer dans le temps imparti, le projet global dans lequel s’inscrit l’installation d’un bouclier anti-missiles en Europe orientale et en Extrême-Orient et ses conséquences pour nous Européens. Ce projet a pour fondement la doctrine Brzezinski qui fut le Conseiller à la sécurité nationale du Président Carter. En quoi consiste sa doctrine, formulée dans son livre « Le Grand échiquier » ? : « L’Eurasie constitue l’axe du monde. Une puissance qui dominerait l’Eurasie exercerait une influence prééminente sur deux des trois régions les plus productives du monde, l’Europe occidentale et l’Asie orientale. Un coup d’œil sur une planisphère suggère que tout pays dominant en Eurasie contrôlerait presque automatiquement le Moyen-Orient et l’Afrique. L’Eurasie constituant désormais l’échiquier géopolitique décisif… L’évolution des équilibres de puissance sur l’immense espace eurasiatique sera d’un impact déterminant sur la suprématie globale de l’Amérique. »

Les idéologues néo-conservateurs s’inspirent de cette doctrine ; citons deux maîtres à penser de Georges Bush, William Kristol et Lawrence Kaplan : « Notre suprématie ne peut pas être préservée à distance. L’Amérique doit au contraire se considérer à la fois comme une puissance européenne, une puissance asiatique et, bien entendu, une puissance moyen-orientale. »

Après la chute du Mur, les Etats-Unis devenus l’hyper puissance, l’objectif de Bush père, puis de Clinton, fut de réduire l’espace de la Russie et de resserrer le containment de la Chine. Aujourd’hui, la nouvelle ligne part des pays Baltes vers la Pologne, la Roumanie et la Bulgarie, elle se prolonge vers la Turquie et le Pakistan où, autre avancée stratégique, les Etats-Unis ont pris pied dans les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale ; puis son tracé se poursuit à la périphérie de la Chine : de la Thaïlande à l’Indonésie, aux Philippines, à la Corée du Sud et au Japon. Un constat s’impose, entre la Turquie et le Pakistan se trouvent l’Irak et l’Iran, la ligne d’encerclement de la Russie s’en trouve rompue, ce qui a conduit, pour la combler, à l’aventure militaire irakienne et pourrait conduire à une nouvelle guerre d’agression en Iran1.

Jetons un regard sur le dispositif militaire mis en place en application de cette politique. Au tournant du XXIe siècle, le Pentagone a achevé la division de la planète en « aires de responsabilité » militaires attribuées à des grands commandements. Rien n’éclaire mieux l’ambition hégémonique de l’hyper puissance que l’énumération de ces cinq, devenues six, « aires de responsabilité », qui couvrent l’ensemble de la planète et participent directement du contrôle de l’Eurasie

Deux de ces commandements ne relèvent pas de notre propos. Le premier, le Commandement Nord (NORTHCOM), couvre le continent nord américain, les États-Unis, le Canada, le Mexique, l’Alaska et une zone jusqu’à 500 miles marins des côtes du continent.

Le deuxième, le Commandement Sud (SOUTHCOM), permanence de la doctrine Monroe, couvre l’Amérique centrale, les Caraïbes, et l’ensemble du continent sud-américain. Il contrôle le Golf du Mexique, les eaux territoriales du continent et une partie de l’Océan Atlantique.

Les autres commandements nous intéressent plus directement, le troisième en particulier, le Commandement Europe (EUCOM ) dont l’aire de responsabilité ne se limite pas à l’Europe communautaire mais inclut les Balkans, l’Ukraine, la Biélorussie, le Caucase et la Russie jusqu’à Vladivostock. L’EUCOM a une particularité par rapport aux autres « aires de commandement », ses liens particuliers avec l’OTAN ; ainsi le commandant des forces des États-Unis en Europe (EUCOM) est aussi le Commandant suprême des forces de l’OTAN. Ce double commandement toujours attribué à un officier supérieur états-uniens intègre l’OTAN dans la structure militaire du Pentagone et la stratégie globale de Washington. Un lien de dépendance que confirme un document de l’EUCOM : « La transformation de l'EUCOM soutiendra la transformation de l'OTAN ». Cet amarrage de l’OTAN s’est concrétisé (à chaque fois sous commandement étatsunien) en Irak dans le cadre d’une coalition internationale, en Afghanistan, lors d’opérations en Méditerranée, dans le Golf d’Aden ou la Mer d’Oman, dans le cadre l’OTAN.

Le quatrième est le Commandement Centre (CENTCOM) qui couvre l’Égypte, la Péninsule arabique, la Syrie, le Liban, l’Irak, l’Iran, l’Afghanistan et jusqu’au Pakistan, auxquels il faut ajouter les ex-Républiques d’Asie centrale : Turkmenistan, Tadjikistan, Ouzbékistan, Kirghizistan et Kazakhstan. C’est le CENTCOM qui conduit les opérations en Irak comme en Afghanistan, en partenariat avec l’OTAN.

Cinquième commandement, le Commandement Pacifique (PACOM ). Le PACOM englobe l’Inde et sa périphérie, la Péninsule indochinoise, l’Indonésie, les Philippines, la Malaisie, la Chine, Taïwan, la Mongolie, les deux Corées, le Japon, l’Océanie, les îles du Pacifique. Sa zone maritime s’étend de la côte Ouest du continent américain à la côte est de l’Afrique et de l’Arctique à l’Antarctique. Le PACOM peut être considéré comme l’aire cruciale du dispositif en raison de l’espace qu’il couvre; 60% de la population mondiale y vit et c’est la zone où se côtoient les six armées les plus nombreuses en effectifs dans le monde : celles de la Chine, des Etats-Unis, de la Russie, de l’Inde, de la Corée du Nord et de la Corée du Sud.

Une sixième zone de commandement a été créée cette année pour l’Afrique et devrait être opérationnelle en 2008, l’AFRICOM qui couvre l’ensemble du continent, sauf l’Égypte. C’est là un signe évident que l’Afrique est devenue un enjeu stratégique propre, notamment en raison de deux nouvelles donnes, l’influence grandissante de l’Islam radical, comme une conséquence de la politique états-unienne de clash des civilisation dans le Proche et Moyen-Orient et la pénétration chinoise dans le continent africain. Cette sixième zone n’est pas distincte de l’enjeu eurasiatique, en témoigne le fait que le siège de son commandement ne se trouve pas en Afrique mais en Allemagne, à Stuttgart, au siège de l’EUCOM.

Selon le rapport du département de la défense des Etats-Unis « Base Structure Report » pour l’année 2007, le Pentagone dispose de 823 bases dans le monde, auxquelles il faut ajouter les bases secrètes, la puissance de frappe de la VIe flotte étatsunienne en Méditerranée, des IIIe et VIIe flottes dans les océans Indien et Pacifique et les bases de l’OTAN. Il n’est aucun domaine où les Etats-Unis ne dispose d’une suprématie plus grande que dans le domaine militaire, ces six aires de responsabilité géographique représentent un système global, coordonnant toutes les activités militaires et sécuritaires des Etats-Unis dans le but d’assurer l’hégémonie planétaire des Etats-Unis et d’imposer la domination du nouvel ordre social néo-libéral

Revenons à ce qui nous concerne directement l’Europe, continent où ce dispositif global est renforcé par la combinaison EUCOM/OTAN. C’est Bill Clinton qui en 1994, au sortir de la Guerre froide, a préconisé que la politique de défense de l’Union européenne soit « une Identité européenne de sécurité et de défense au sein de l'OTAN », proposition avalisée par les Chefs d’États européens lors du sommet de Madrid en 1997, inféodant ainsi les politiques de défense des États européens aux plans hégémoniques de la Maison Blanche.

L’OTAN devenue, de fait, partie du système de défense des Etats-Unis, la phase suivante fut, avec le « concept stratégique pour le XXIe siècle », adopté en 1999, sa transformation d’une organisation militaire régionale, euroatlantique, en une organisation militaire globale. Le sénateur Chuck Hagel a été très explicite à ce propos : « Il n'y a jamais eu, historiquement, de partenariat ou d'alliance mieux placée ou plus capable politiquement de mener le changement qui aboutira à l'avènement d'un monde meilleur et plus sûr que cette institution que nous appelons l'OTAN »2.

Pour bien comprendre la signification de cet arrimage, entendons Daniel Fried, Secrétaire d’Etat adjoint américain aux affaires européennes et eurasiennes qui a déclaré en avril 2007 : « Depuis la guerre froide et son rôle régional dans les années 1990, l’OTAN s’est transformée en une organisation transatlantique effectuant des missions globales, de portée globale avec des partenaires globaux. C’est en Afghanistan que cette transformation est la plus évidente… L’OTAN est en train de développer les capacités et les perspectives politiques nécessaires pour s’attaquer aux problèmes et aux éventualités qui surviennent dans le monde entier. » C’est dans cette logique et toujours sous commandement étatsunien que les armées européennes membres de l’OTAN participent à la politique de Washington menée par Georges Bush ou ses successeurs.

Ou ses successeurs ? En effet, si les néo-conservateurs au pouvoir sont un cas d’école d’une politique unilatéraliste, sans égard pour ses alliés et brutalement interventionniste, il ne faut pas sous-estimer les tendances lourdes de la politique états-unienne. Un changement de président aux Etats-Unis peut certes infléchir la politique et les rapports de Washington avec ses alliés ou le recours à sa puissance de frappe mais, qu’il s’agisse du parti démocrate ou du parti républicain, les deux grands partis s’inscrivent l’un comme l’autre dans une logique politique, économique et militaire à caractère hégémonique. Citons à nouveau Kristol et Kaplan, ils nomment dans l’un de leurs ouvrages, les quatre présidents des Etats-Unis qui, à leur yeux, ont bien servi, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale « la mission de l’Amérique ». Il s’agit pour ces deux idéologues néo-conservateurs, de Truman, Kennedy, Reagan et Bush junior. Deux d’entre eux sont républicains, les deux autres démocrates.

Le projet d’installation de batteries de missiles antibalistiques à Gorsko en Pologne et de radars antimissiles à Brdy en République Tchèque s’inscrit dans cette logique hégémonique qui ne peut être réalisée sans le contrôle de l’Eurasie. D’ailleurs ce projet de bases anti-missiles sur le continent européen a son pendant en Asie où le PACOM (commandement Pacifique) veut installer des bases anti-missiles en Extrême-Orient, au Japon, éventuellement en Corée du Sud. L’argument évoqué n’est pas ici l’Iran mais la Corée du Nord, l’objectif réel n’est pas la Russie mais la Chine.

L’installation de missiles en Europe centrale suscite les vives réactions que l’on sait de la Russie, Moscou menaçant de déployer des missiles à Kaliningrad et de suspendre sa participation au traité sur les forces conventionnelles en Europe3. Certains parlent de la paranoïa de Poutine, mais le projet d’installation de missiles antibalistiques s’accompagne de démonstrations de force permanentes. Ainsi en a-t-il été de la venue, début juillet, du destroyer lance-missiles USS Donald Cook dans le port d’Odessa, accueilli par les plus hauts responsables militaires d’Ukraine, d’Arménie, d’Azerbaïdjan, de Géorgie, de Grèce, de Lettonie, de Macédoine, de Moldavie, de Roumanie et de Turquie, pour participer à des manoeuvres de grande envergure avec l’OTAN, bien que la majorité de ces pays ne soient pas membres de l’Alliance Atlantique. Reconnaissons que cela justifie une réaction.

Si la Russie, comme la Chine, se sentent menacés par les visées eurasiatiques de Washington, leur attitude diffère dans la riposte aux plans de Washington. Cela se constate avec l'Organisation de coopération de Shanghai (dite aussi groupe de Shanghaï), créée en 2001 pour s’opposer aux projets américains de boucliers anti-missiles et aux interventions hors zone de l’OTAN. Comprenant initialement la Chine, la Russie, le Kazakstan, le Kirghistan, le Tadjikistan, ces pays ont été rejoints par l’Ouzbekisan. Depuis 2004 la Mongolie est devenue membre observateur du Groupe, suivie en 2005 par l’Iran, l’Inde et le Pakistan. Assemblage pour le moins hétérogène

Pour la Chine, Pékin l’a affirmé à plusieurs reprises, le Groupe de Shanghaï n’est pas une alliance militaire (comme l’OTAN) mais une organisation de coopération politique, économique et de sécurité, effectuant des manœuvres communes notamment pour lutter contre le terrorisme. Ainsi il y a eu, cet été, d’importantes manœuvres militaires en présence de Vladimir Poutine et Hu Jintao mais également de Mahmoud Ahmadinejab. Au sein du Groupe, la Russie paraît plus activiste, par exemple pour amener l’Inde à devenir membre à part entière (ce qui changerait la donne régionale et au-delà) ou, pour que la Turquie, bien que membre de l’OTAN, devienne observateur. La Russie joue là sur les crispations que suscitent les oppositions à l’entrée de la Turquie dans l’Europe en incitant Ankara à jouer son rôle de puissance régionale turcophone sur le continent asiatique, ce qui est une tentation permanente de la Turquie mais sans grand succès jusqu’ici. On comprend les enjeux, la Russie, empire blessé, ressent le besoin de recréer à ses frontières une zone tampon pour contrecarrer les visées hégémoniques des États-Unis, la Chine, partant du concept de l’Empire du milieu d’où s’étendent des cercles concentriques, inscrit sa stratégie dans un temps long.

On comprend qu’il n’y a rien de comparable entre le groupe de Shanghaï et l’OTAN, ni même avec ce que fut le Pacte de Varsovie. Les dépenses militaires des pays membres de l’OTAN sont 9 fois plus importantes que celles des pays du groupe de Shanghaï, cependant, les armées des pays membres du groupe de Shanghaï représentent plus de 3,5 millions hommes, la Chine et la Russie sont des puissances nucléaires et on ne peut être ignorer que les pays membres du Groupe couvrent 30% de la surface de l’Eurasie et représentent 23% de la population mondiale. Ceci rappelé pour souligner la gravité d’une menace que représente une déflagration dans cette zone du monde.

Il y a toutefois dans cette confrontation, un point de convergence entre la Chine, la Russie et les Etats-Unis, c’est la lutte contre le « terrorisme islamiste ». La guerre de Tchétchénie pour l’un, la question du Sinkiang pour l’autre, l’expliquent. Moscou comme Pékin sont favorables à la guerre menée par Washington contre l’intégrisme musulman, la Russie a même participé aux opérations de l’OTAN Active Endeavor en Méditerranée dans la « lutte contre le terrorisme ». Par ailleurs le coût de cette guerre est lourd pour les Etats-Unis et tout ce qui tend à affaiblir la position hégémonique des Etats-Unis ne va chagriner ni Moscou, ni Pékin.

La question de l’Eurasie apparaît bien la donne politique majeure du XXIe siècle et, selon les politiques suivies s’établiront des équilibres évolutifs à défaut desquels on basculera dans l’aventure militaire, au risque d’une guerre atomique. Aventure dans laquelle l’Europe serait inéluctablement entraînée puisque acteur dans le cadre de l’OTAN. Les objectifs fixés lors du dernier sommet de l’OTAN, à Riga en novembre 2006, le montrent et nous interpellent. Selon la Déclaration finale, l’OTAN « doit être capable de lancer et d’appuyer simultanément des opérations interarmées de grande envergure et des opérations de moindre ampleur, pour la défense collective et la réponse aux crises, sur son territoire et au-delà, à sa périphérie et à distance stratégique. » Ce projet envisage de pouvoir engager simultanément 300 000 hommes dans des opérations de grande ou moyenne envergure4. Pour comprendre la signification et l’importance de ce projet, rappelons que les forces étatsuniennes et internationales engagées aujourd’hui en Irak et en Afghanistan sont légèrement supérieures à 200 000 hommes.

Pour conclure, si aujourd’hui l’épicentre du conflit pour l‘hégémonie mondiale est le Moyen-Orient, du Liban à l’Afghanistan, l’enjeu majeur est l’Eurasie. Comme Européens, nous ne devons pas accepter d’être de simples pions sur le grand échiquier du Pentagone ni de toute autre puissance impérialiste potentielle, attendu qu’il n’y a pas de grandes puissances qui n’aient des visées impériales et rien ne laisse augurer que la raison guide les forces susceptibles de supplanter un affaiblissement de l’hégémonisme étatsunien. En effet, nous ne sommes déjà plus dans la phase post guerre froide où les Etats-Unis projetaient sans limites leurs vues hégémoniques sur le monde, Washington sort affaibli des aventures militaires de l’administration Bush. Pour les États-Unis, des révisions sont nécessaires, l’idéologie qui prévaut peut être un correctif aux ambitions ou au contraire un facteur amplifiant mais une logique de puissance impérialiste n’est pas rationnelle et un impérialisme affaibli n’est pas moins dangereux dans les initiatives qu’il peut prendre.

D’où l’importance de s’opposer à la stratégie du Pentagone et de son instrument, l’OTAN, de dénoncer l’installation, en application du concept bushien de guerre préventive, de bases de missiles anti-missiles en Europe et en Asie et de se battre pour un monde moins inégal, multilatéral, sans quoi ne peuvent être posés les fondements d’un autre ordre international, celui auquel nous aspirons.

Nils Andersson (ATTAC France)

1 Cette donnée géostratégique s’ajoutant à l’importance que revêtent l’Irak et l’Iran comme ressources et réserves énergétiques.
2 « Les États-Unis et l'OTAN unis dans la même finalité », juin 2004
3 Toutefois l’argument le plus fort de Moscou n’est pas militaire mais énergétique, la Russie pouvant fermer des vannes d’approvisionnement pétrolières et surtout gazières de l’Europe.
4 Il s’agit de pouvoir mener simultanément, 3 opérations de grande envergure avec 60 000 homme chacune et 6 opérations de moyenne envergure avec 30 000 hommes.

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Meeting international en République tchèque contre le radar anti-missiles

Le 20 octobre, 400 personnes ont répondu présent à la Première Réunion Internationale à l’appel de “Non à la Base” et Europe for Peace’, invitation appuyée par le maire Jan Neoral maire de la commune de Trovavec.

Depuis une année, des citoyens et des maires luttent contre l’installation de la base US dans la région de Brdy. Malgré une majorité écrasante de citoyens refusant ce projet dans le cadre du système national antimissile des Etats-Unis, les gouvernements des deux pays continue leurs tractations (négociation).

La délégation du CSO a apporté son soutien par une délégation porteuse d’un message de solidarité.

Par un message vidéo, Tadatoshi Akiba, maire d’Hiroshima, a exprimé sa tristesse face à cette menace de destruction insensée qui plane, de nouveau, sur toute l’humanité.

Evo Morales, président de la Bolivie, a tenu a envoyé un message de soutien par la voix de Giorgio Schultze. Le porte-parole le nouvel humanisme en Europe, Giorgio Schultze, exigeait, "l'élimination de toutes les armes nucléaires dans les bases militaires US et l'OTAN en Europe, la destruction et l'élimination des arsenaux en France et Grande-Bretagne, comme les premiers pas pour un désarmement nucléaire global sous la surveillance des Nations Unies."

Ken Livingstone, maire de Londres a également envoyé un message de soutien.

Jan Neoral a soulevé des vagues d’applaudissement quand il a exprimé l’indignation et la colère de millions de gens pris en otages dans cette nouvelle course à l’armement. (d’armes nucléaires de nouvelles générations.) Il a aussi tenu, au nom des 86 maires présents, à remercier les 13 délégations des partis humanistes européens, pour leur campagne contre la diffusion des armes nucléaires sur le continent.

Les déclarations de Kate Hudson, (CND), Bruce Gagnon (Global Networks against Weapons and and Nuclear Power in Space), Pol D'Huyvetter (des Maires pour la Paix, Abolition 2020) dans leur engagement ferme en faveur du désarmement, ont également déclenché des tonnerres d’applaudissements.

L'après-midi, six ateliers thématiques ont permis aux participants d’élaborer des plans communs pour des actions futures. L'atmosphère d'espoir et l'unité qui s'est répandue dans le hall, ont renforcé la détermination de tous les participants dans leur engagement pour un démantèlement global de l’arsenal nucléaire.

Martine De Henau

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Kosovo : Un simulacre d’indépendance menaçant la stabilité mondiale

Ainsi, en dépit du manque d’accord au Conseil de sécurité de l’ONU, les Etats-Unis et les principaux Etats européens ont décidé d’octroyer un statut d’« indépendance supervisée » au Kosovo, province de Serbie, peuplée d’une majorité d’albanophones.

QUELLES CONSEQUENCES ?

Les conséquences de cette reconnaissance unilatérale d’une prochaine proclamation d’indépendance – qui pourrait intervenir dès le lendemain du deuxième tour des élections présidentielles serbes, prévu au début février – risquent de laisser longtemps leurs marques sur l’évolution des relations internationales.

Il s’agit tout d’abord d’une nouvelle violation du droit international par les grandes puissances occidentales. La Charte de l’ONU et celle de l’OSCE, garantissant toutes deux l’intégrité territoriale de leurs membres, sont ouvertement bafouées, tout comme la résolution 1244, prise en juin 1999 par le Conseil de sécurité pour faire cesser les bombardements de l’OTAN sur la Serbie. Si cette dernière consacrait la perte de contrôle de Belgrade sur le Kosovo, en y autorisant le déploiement d’une force de l’OTAN et d’une mission de l’ONU, elle se fondait sur l’inviolabilité des frontières serbes. Or, non seulement on s’apprête à amputer la Serbie de son berceau historique, mais l’Union européenne (UE) se prétend habilitée à y déployer sa propre mission civilo-policière de « surveillance, encadrement et conseil » en remplacement de celle de l’ONU, il est vrai totalement discréditée par des affaires de corruption particulièrement graves. Malgré l’opposition de Moscou et de Belgrade, et l’absence de mandat du Conseil de sécurité, un semblant de légalité pourrait être donné par le Secrétaire général de l’ONU, mis sous pression pour produire une déclaration recommandant la substitution des deux missions.

D’autre part, une reconnaissance de l’indépendance kosovare dégraderait encore plus les relations entre l’Occident et la Russie, déjà mises à rude épreuve par le bouclier antimissile et le dossier iranien. Les nombreux pays du Sud opposés à cette indépendance, dont les plus vocaux au Conseil de sécurité ont été la Chine, l’Afrique du Sud et l’Indonésie, se considèrent eux-mêmes menacés par l’unilatéralisme occidental, décidant de créer de nouveaux Etats là où il l’estime utile à ses intérêts. A contrario, l’Occident ne s’est guère soucié d’autres territoires, comme le Sahara occidental, pourtant destiné à l’indépendance après le départ des colons espagnols en 1976. Mais comme l’envahisseur était le fidèle régime marocain, l’Occident a fermé les yeux et continue de le faire plus de trente ans plus tard. Relevons aussi que plusieurs Etats de l’UE, Espagne en tête, sont farouchement opposés à une reconnaissance unilatérale, tout en semblant plus accommodants à l’égard de la mission à déployer au Kosovo.

Enfin, il est encore difficile de mesurer les effets d’une reconnaissance d’indépendance sur la stabilité de régions plus ou moins éloignées du Kosovo. Sur place, la population albanophone a tout intérêt à se montrer « digne » de son indépendance, en ne réitérant pas à l’encontre des minorités les exactions de l’été 1999 ou les pogroms de mars 2004. Les Serbes dans la principale enclave, au nord du Kosovo, devraient manifester leur intention de rester en Serbie en proclamant leur sécession du reste du territoire kosovar. Belgrade pourrait promulguer un embargo économique, alors que le Kosovo est fortement dépendant de l’énergie et des produits de consommation courante provenant ou transitant par la Serbie. La Macédoine voisine – jamais vraiment pacifiée depuis la guerre civile de 2001 – devrait connaître un regain d’activisme de la part de militants albanophones réclamant davantage d’autonomie ou le rattachement au Kosovo. En Bosnie-Herzégovine, les Serbes risquent de mettre à exécution leur menace de référendum sur l’indépendance de leur entité, alors que les Musulmans bosniaques, majoritaires et soutenus par l’UE qui gouverne le pays, souhaitent au contraire abolir la décentralisation garantie par l’accord de Dayton.

Au-delà, pour illustrer le précédent que ne manquera pas de créer la manière de résoudre le problème du Kosovo choisie par les Occidentaux, Moscou pourrait reconnaître l’indépendance de diverses régions sécessionnistes d’ex-URSS, appartenant à Moldavie, la Géorgie et l’Azerbaïdjan. D’autres, du Tibet au Pays basque, ne manqueraient d’y voir un encouragement à leurs propres aspirations indépendantistes. Est-ce un hasard, ou une manifestation de la fable de l’arroseur arrosé, si les Indiens Lakota viennent de proclamer l’indépendance de leur territoire usurpé naguère par les colons états-uniens ?

QUELLE INDEPENDANCE ?

Les principaux partis albanais et les Occidentaux se sont ralliés au plan mis au point par l’envoyé de l’ONU Ahtisaari, présenté en mars 2007 au Conseil de sécurité, mais non adopté en raison de l’opposition russe. Ce plan prévoit une indépendance du Kosovo « sous supervision » de la mission de l’UE, qui sera chargée d’encadrer le gouvernement de Pristina, ainsi que la justice et la police locales. En outre, les aspects militaires resteront le monopole de la KFOR, la force de l’OTAN, comptant actuellement 18.000 hommes. Ce schéma reproduit la mise sous tutelle de la Bosnie-Herzégovine, à l’exception que l’UE y fournit également le gros des effectifs militaires étrangers, bien qu’une force de l’OTAN réduite continue à y être présente.

Dans un territoire géré et contrôlé par des fonctionnaires et des policiers de l’UE, sur fond d’occupation par des troupes de l’OTAN, l’indépendance des autorités kosovares risque d’être bien théorique. Et encore, puisque en raison du blocage au Conseil de sécurité, le Kosovo restera très vraisemblablement longtemps privé d’un siège à l’ONU, symbole suprême de l’indépendance d’une entité. Il rejoindra ainsi les quelques territoires reconnus seulement par une poignée d’Etats, comme Taiwan ou la République turque de Chypre.

Sur le plan économique, la plupart des experts doutent que le Kosovo soit viable, surtout après la désastreuse gestion internationale de ces dernières années. Autrefois exportateur net d’électricité dans toute la région grâce à deux grosses centrales thermiques, le Kosovo importe maintenant l’essentiel de son énergie, non sans que les habitants, et particulièrement dans les enclaves serbes, connaissent des coupures de courant quasi-quotidiennes. Le plus grand complexe minier des Balkans, à Trepca (zinc, plomb, argent, bismuth, cadmium, or…), a été mis à l’arrêt dès l’arrivée de l’administration de l’ONU, les ouvriers serbes désirant continuer leur travail se faisant brutalement expulser par les troupes françaises de la KFOR. Il en résulte un taux de chômage dépassant largement les 50 % et, selon un haut responsable de l’ONU une situation « comparable à celle de certains des pays les plus pauvres d’Afrique ».

Par ailleurs, le Kosovo est devenu un bastion du crime organisé et de la contrebande la plus diverse : cigarettes, véhicules volés, héroïne, blanchiment d’argent, prostitution, à usage local ou destinée à l’exportation vers l’ouest. L’Armée de libération du Kosovo (UCK) a, outre ses appuis allemands et états-uniens, grandement compté sur ces trafics pour renforcer sa puissance. Avec le déclin de la Ligue démocratique suite à la mort de son fondateur Rugova, les deux derniers Premiers ministres du gouvernement intérimaire kosovar, ainsi que celui-ci qui est largement pressenti pour leur succéder au début janvier, sont tous trois issus de l’UCK. Tous trois, ils sont accusés d’avoir commis des crimes de guerre au cours de la dernière décennie. Thaci, PM entrant, aurait lui-même liquidé des opposants, Ceku, PM sortant, a été impliqué dans des tueries de Serbes alors qu’il servait dans l’armée croate et Haradinaj, le prédécesseur de ce dernier, est actuellement jugé à La Haye pour avoir fait exécuter des civils serbes, roms et albanais en 1998.

Concernant ce procès, une majorité d’observateurs s’attend à une peine extrêmement légère à l’encontre de Haradinaj, voire à un acquittement, par manque de preuves. En effet, la quasi-totalité des témoins à charge se sont rétractés, quand ils n’étaient simplement pas assassinés. Notons qu’un ministre du gouvernement sortant doit se présenter au Tribunal de La Haye ce 10 janvier pour « intimidation de témoin » dans le cadre de ce procès. Le courageux témoin, un albanophone exilé en Norvège, avait enregistré les menaces faites par un envoyé du ministre.

Tandis que les minorités ont été victimes d’un sévère nettoyage ethnique, expulsées ou enfermées dans des ghettos, le Kosovo est devenu un enfer même pour les albanophones s’inquiétant de la criminalité, de la corruption ou de l’impunité. Ainsi, un député de la Ligue démocratique et sa famille ont demandé en septembre dernier l’asile en Belgique suite à des menaces de mort reçues au Kosovo. Quant aux députés serbes, désignés selon le système des quotas, ils ont le privilège d’être convoyés au parlement par des blindés de la KFOR !

Le Kosovo indépendant s’annonce donc comme le dernier et plus grotesque avatar des plans de découpage des Balkans par les puissances occidentales. Il doit montrer au reste du monde que leurs intérêts et la force de leurs armées priment sur le droit international et la souveraineté des nations. En bonus, un Etat fantoche, avec en son cœur la méga-base états-unienne de Camp Bondsteel, peut s’avérer bien utile dans une région instable, traversée par d’importants pipe-lines et à portée de missile du Proche-Orient et de la Russie.

Georges Berghezan

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L’expansion de l’OTAN avant et après l’effondrement de l’URSS

1.- L’expansion de l’OTAN avant l’effondrement de l’URSS.

L’organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a été créée le 4 avril 1949. Les préliminaires des cette organisation ont été complexes.

L’idée d’une alliance défensive fut lancée par Winston Churchill dans sont discours alarmiste de Fulton en mars 1946 ; elle fut reprise quelques jours plus tard par Harry S. Truman et en septembre 1947 par le secrétaire d’Etat canadien aux Affaires étrangères. Des pourparlers ultra-secrets eurent lieu en mars 1948 au Pentagone entre les Etats-Unis, la Grande Bretagne et le Canada en vue de créer les statuts de l’Alliance. Au cours de l’été 1948 la France et le Benelux rejoignirent les trois leaders.

Il est intéressant de signaler qu’en novembre 1941 différents ministres réfugiés à Londres firent la promotion d’une alliance atlantique. Il s’agit, entre autres, des ministres norvégien et néerlandais des Affaires étrangères (T. Lie et E.N. Van Kleffens) auxquels s’associa le ministre belge C. Gutt.

Cette idée sera reprise le 22 octobre 1942 par le Conseil des ministres de Belgique présidé par H. Pierlot. Rappelons également le Traité franco-britannique de Dunkerque de mars 1947 ainsi que le Traité de Bruxelles signé le 17 mars 1948 par la Belgique, la France, le Luxembourg et le Royaume Uni qui stipulait, entre autres, qu’en cas d’agression armée d’un de ces Pays les autres signataires du Traité lui porteraient aide et assistance.

Pendant la guerre froide l’histoire de l’OTAN fut marquée par plusieurs évènements importants qu’il est bon de rappeler. Le 10 mai 1966 le gouvernement français fait part aux 14 membres de l’Alliance de sa décision de se retirer de l’organisation militaire de l’OTAN. Cette décision entraîna le transfert hors de France des quartiers généraux qui s’établirent en Belgique, à Casteau, près de Mons. Cette décision française se caractérisait par le retrait de l’Organisation sans pour cela rompre avec le Traité de l’Alliance ; elle était justifiée par la volonté du général de Gaulle de se détacher des Etats-Unis tout en essayant d’être le troisième « grand » suite à la mise sur pieds d’une force nucléaire nationale.

D’autres crises ont marqué l’histoire de l’OTAN, notamment le 21 septembre 1964 avec l’accession à l’indépendance de l’Ile de Malte, où se trouvaient des forces et des installations de l’OTAN. En effet, en juin 1971 des élections parlementaires dans cette île amenèrent au pouvoir un gouvernement qui demanda le départ du quartier général de l’OTAN (Narsouth fut transféré à Naples). Ce coup porté à la défense du flanc sud de l’OTAN sera neutralisé par l’adhésion de l’Espagne en 1981-82.

Toujours en Méditerranée après l’invasion , en juillet 1973, des troupes turques à Chypres, la Grèce se retire de l’Organisation estimant n’avoir pas été soutenue par les membres de l’OTAN et en 1962, suite à l’accession de l’Algérie à l’indépendance, l’Alliance ne bénéficiera plus de cette zone stratégique.

En 1976-1980 l’OTAN déclencha une crise grave dans la société européenne avec l’installation de missiles de moyenne portée, Cruise et Perching 2, auprès de certains de ses membres. Ces missiles à moyenne portée devaient en principe répondre aux équivalents soviétiques, les SS20 mobiles.

Signalons aussi que l’OTAN a participé avec la CIA à la déstabilisation de plusieurs pays européens et à la préparation d’une résistance en cas d’une invasion de l’Europe occidentale par l’Armée rouge. La « Commission Church » du Sénat américain avait révélé en 1976 l’existence de groupes « stay behind » afin d’organiser un réseau pour combattre le communisme en Europe Occidentale et spécialement en Italie, France, Belgique, Grèce, etc.
En Italie le réseau connu sous la dénomination Gladio a collaboré avec les Services secrets de l’OTAN à l’aide de groupes d’extrême droite ou d’extrême gauche. Citons l’assassinat de trois carabiniers le 31 mai 1972 à Peteano (Frioul). Ils avaient été appelés par un coup de téléphone anonyme pour inspecter une Fiat 500 blanche ; au moment où les carabiniers ouvraient le coffre de la voiture ils ont été tués par la déflagration d’un explosif T4 utilisé par l’OTAN (instruction du juge Casson en 1984). De nombreux autres attentats ont eu lieu, rappelons, entre autres, l’attentat de la gare de Bologne en 1980 qui a fait de très nombreuses victimes (85 morts et 200 blessés). L’instruction judiciaire a encore prouvé que le T4 avait été utilisé par les terroristes.

On pourrait citer des dizaines d’exemples de déstabilisation en Italie, en Belgique et dans d’autres pays. Il n’est pas exclu que les tueurs du Brabant, en Belgique, n’aient pas été commandités par les Services secrets de l’OTAN. En outre des centaines de caches ont été découvertes lors d’instructions judiciaires, dans tous les pays de l’Europe occidentale contenant des armes, des munitions programmées par l’OTAN, en vue d’une résistance à l’occupation des territoires par les Soviétiques.

2.- La mutation de l’OTAN après l’effondrement de l’Union Soviétique et l’effacement du Pacte de Varsovie.

La politique de l’OTAN, après l’effondrement de l’URSS et l’effacement du Pacte de Varsovie (conclu en 1955 et rompu le 1er juillet 1991), a été non seulement de se maintenir et de ne pas baisser la garde mais au contraire de s’étendre vers l’Est malgré les accords de Mikhaïl Gorbatchev avec Helmut Kohl. Rappelons les conventions prises par les quatre puissances occupantes de Berlin – Etats-Unis, Grande-Bretagne, France et URSS – et les deux Allemagnes, connues sous le nom de « Deux plus quatre », et stipulant que les troupes américaines ne s’étendraient pas dans l’ex-RDA. Le 12 septembre 1990 la négociation « Deux plus quatre » stipulait que l’Allemagne retrouvait sa souveraineté, garantissait le respect des frontières, renonçait aux armes de destruction massive, s’engageait à ne pas permettre l’extension de l’OTAN et le stationnement d’armes nucléaires sur le territoire de l’ex-RDA.

Dès 1992 on observe déjà une dégradation dans les relations entre les Etats-Unis et la Russie. En 1993 sous l’administration Clinton la décision de procéder à l’élargissement de l’OTAN à l’Est de l’Europe est déjà prise à l’instigation de Henry Kissinger, Zbignev Brzezinski et Helmut Kohl.

La mutation brutale aura lieu avec l’intervention militaire de l’OTAN, sans mandat du Conseil de Sécurité des Nations Unies, en Serbie avec des moyens absolument disproportionnés et des infractions au droit international, en bombardant les infrastructures de la région de Belgrade et le Kosovo qui provoquèrent la fuite de dizaines de milliers d’habitants. Cette guerre a été rendue nécessaire suite aux exigences de dernière minute proposées à la réunion de Rambouillet qui stipulaient que la Yougoslavie serait occupée militairement et dans sa totalité par des troupes de l’OTAN. A l’heure actuelle il y a toujours 17.000 Américains au Kosovo et des bases militaires extrêmement importantes. D’autre part, aidée par plusieurs membres (Allemagne, Belgique, Hollande, Canada, Grande-Bretagne), l’Alliance développe avec des moyens de plus en plus puissants la guerre en Afghanistan dont on ne voit pas la fin et dont les civils sont les principales victimes (bombes à uranium appauvri et à fragmentation).

Actuellement l’OTAN regroupe 29 membres et des nombreux pays opérant dans le cadre du Partenariat pour la Paix. Même des pays comme la Finlande, la Suède, l’Irlande et l’Autriche font partie de ce dernier. Les responsables de l’OTAN envisagent même de faire entrer l’Albanie, l’Ukraine et la Georgie dans leur organisation à l’occasion du prochain sommet à Bucarest, l’année prochaine, ce qui pourrait renforcer le projet d’indépendance du Kosovo soutenu par le ministre albanais des Affaires étrangères, Monsieur Bacha et son homologue français Monsieur Koushner.

Le comble est que les Etats-Unis ont passé des accords bilatéraux avec la Pologne et la République Tchèque pour y installer des infrastructures d’un bouclier anti-missiles, à savoir, une dizaine d’intercepteurs de missiles en Pologne et des radars très puissants à une vingtaine de kilomètres à l’Ouest de Prague. Ces accords se sont faits sans l’avis de l’Union Européenne et de ses membres qui ferment les yeux sur cette situation inadmissible.

Ce projet d’installation d’un bouclier anti-missiles en Europe centrale par les Américains ne fera qu’aggraver le régime de nucléarisation de l’Europe. Le ministère des Affaires étrangères russe par la voie de son ministre a déclaré à plusieurs reprises qu’il arrêtait les programmes START I et START II, c’est-à-dire le démantèlement des armes nucléaires et même conventionnelles, tant que les Américains, l’OTAN, l’Allemagne, la Belgique, l’Italie et les Pays-Bas ne se décidaient pas à retirer les centaines de bombes nucléaires à gravité déployées en Europe, c.-à-d. en dehors du territoire national américain.

L’OTAN est devenue une véritable pieuvre qui étend ses tentacules autour de la Russie et de la Chine et même autour de l’Afrique où se déroulent des manœuvres navales de l’Alliance. Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a de nouveau insisté pour que les Etats membres de l’OTAN engagent plus de moyens et de troupes dans la guerre en Afghanistan qui tourne à la catastrophe. Il y a déjà 37.000 soldats dans la Force d’assistance à la sécurité (Isaf) sous commandement de l’OTAN dans ce pays.

La situation en Afghanistan est devenue épouvantable, la misère s’est installée à Kaboul et dans de nombreuses provinces. Les principales victimes sont souvent des orphelins qui sont livrés à eux-mêmes pour survivre, qui sont kidnappés par des organisations criminelles et vendus dans le monde entier à des pédophiles mais aussi à des entreprises militaires américaines (Blackwater, Brown and Root, etc.). De nombreux réfugiés au Pakistan et en Iran ont été contraints de revenir en Afghanistan où ils se retrouvent dans une situation encore plus terrible qu’avant. L’aide humanitaire devient de plus en plus difficile à cause des opérations militaires. Comme au Kosovo les bombardiers utilisent des quantités énormes de bombes à uranium appauvri, de nombreux cancers sont déjà apparus. Quant à Monsieur de Hoop Scheffer, secrétaire général de l’OTAN, il a le culot de déclarer que l’Alliance n’est pas une organisation de développement mais qu’elle se contente de créer un milieu dans lequel la reconstruction et le développement sont possibles. Cela le conduit à demander à l’OTAN et à l’Union Européenne de redoubler leurs efforts pour développer un partenariat stratégique efficace.

En conclusion il n’est pas inutile de rappeler le message de George Kennan, célèbre diplomate américain, né en 1904 et qui vient de mourir en 2005, bien connu pour sa doctrine du « containment » publiée en 1947 et qui proposait une diplomatie et une stratégie militaire très souple. Récemment il avait déclaré que l’extension de l’OTAN vers l’Est serait la plus grande erreur politique des Etats-Unis depuis la 2ème guerre mondiale. Les prédictions de George Kennan se révèlent une réalité, l’Afghanistan en constitue un exemple, probablement plus effarant que ce qu’il avait prévu. Il est grand temps que les responsables européens prennent des mesures efficaces pour mettre un terme à cette situation inadmissible.

Pierre Piérart

Pour en savoir plus :

- Gilbert Achcar – La nouvelle Guerre froide – Le Monde après le Kosovo – Presses
Universitaires de France, 1999.
- Claude Delmas – l’OTAN – Presses Universitaires de France, 1981.
- Daniel Ganser – NATO’s secret Armies – Frank Cass-London and New York, 2005.
- Jan Willems (ouvrage collectif) – Gladio – éditions EPO.
- Charles Zorgbibe – L’Après-guerre froide en Europe – Presses Universitaires de France, 1993.
- Charles Zorgbibe – Histoire de l’OTAN – Editions Complexe, 2002.

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21:01 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, imperialisme, otan, usa, euro-dictature, belgique, courcelles, histoire, actualite, politique, presse, silence, democratie, liberte, guerre | |  Imprimer | | |

03/01/2008

De nouvelles révélations sur l’assassinat de Julien Lahaut

Pour remettre une fois de plus les choses à leur place, je rappelle toutefois que le cri de "Vive la République" ne venait pas de Julien Lahaut, mais de Georges Glineur, député communiste de Charleroi pendant plus de 25 ans ...

RoRo

Julien Versteegh
12-12-2007

Cinquante-sept ans après, l'assassinat du communiste Julien Lahaut est toujours impuni. Mais une équipe de la VRT vient de retrouver un homme qui affirme avoir tenu l'arme du crime. (Photo archives)

« L’homme qui avait le soleil dans sa poche »

Julien Lahaut naît en 1884 dans une famille ouvrière. À 21 ans, il participe à la fondation du premier véritable syndicat belge du métal.

En 1914, la première guerre mondiale éclate. Comme beaucoup, Julien Lahaut s’engage comme volontaire et est expédié en Russie. Il y sera le témoin de la Révolution d’Octobre qui le marquera pour le restant de sa vie et déterminera son engagement politique.

Communiste et dirigeant ouvrier

En 1921, il dirige une grève de neuf mois de 9 000 travailleurs d’Ougrée-Marihaye à Liège. Si les grévistes tiennent si longtemps, c’est grâce à la méthode deJulien Lahaut qui fait transférer les enfants des grévistes dans des familles ouvrières flamandes. Pas de division Nord-Sud pour Lahaut. La solidarité des travailleurs prime sur tout.

Parlementaire antifasciste

En 1932, il est élu au Parlement belge pour le Parti Communiste. Sa voix se fait celle des travailleurs du pays à la Chambre.

Quand en 1933 Hitler arrive au pouvoir en Allemagne, Lahaut organise à Liège une manifestation en direction du consulat nazi. Le drapeau est arraché et Lahaut ira le déchirer en plein Parlement en déclarant : « Voilà ce que les travailleurs pensent du fascisme, quoi que vous tous au Parlement décidiez de faire ». En 1941, Lahaut dirige une grève de 100 000 personnes le jour du premier anniversaire de l’occupation. Il est arrêté et passera 48 mois dans les camps nazis. Incarcéré dans un premier temps au Fort de Breendonck près d’Anvers, il est torturé impitoyablement pour le forcer à adhérer à la trahison de trois dirigeants du Parti communiste. Il refuse et continue sa résistance dans les différents camps où il est déporté, organise un service de ravitaillement et recevra son surnom : « l’homme qui avait le soleil dans sa poche et en donnait un morceau à tous ». Le 13 juin 1944, les nazis le condamnent à mort et le transfèrent à Mauthausen convaincus qu’il n’y survivra pas. Mais le 28 avril 1945, le camp est libéré. Lahaut déclare à ses camarades rassemblés sur la sinistre place d’appel : « Voilà mes camarades, ils ne nous ont pas eus. Plus que jamais, la lutte continue. » Après 1945, il reprend ses anciennes fonctions au sein du PCB, dont il deviendra également président.

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Le 18 août 1950, le président du Parti communiste Julien Lahaut est assassiné devant chez lui à Seraing par un commando. Un mystère judiciaire qui reste impuni depuis 57 ans. Après 20 ans d’enquêtes, il y eut prescription en 1970 avant que le dossier soit classé en 1972. Aujourd’hui, un voile semble se lever. Le 17 décembre prochain, le magazine Keerpunt de la chaîne néerlandophone Canevas, donnera la parole à un homme qui affirme avoir tué Julien Lahaut. Il serait le second tireur d’un commando de quatre hommes et non de trois comme on le prétendait jusqu’à présent. Une bombe dans l’affaire criminelle la plus célèbre du demi-siècle passé.

L’assassinat de Julien Lahaut intervient lors d’une des crise les plus graves de l’histoire belge d’après-guerre : la Question Royale. Le roi Léopold III a activement collaboré avec l’occupant nazi pendant la seconde guerre mondiale avant d’être emmené en captivité dorée en Allemagne. Après la guerre, il reste en exil en Suisse. Une grande partie de la population s’oppose à son retour : 700 000 travailleurs, antifascistes et républicains partent en grève. Les relations sont à couteau tiré entre Républicains et Monarchistes. Finalement en 1950 Léopold III abdique au profit de son fils Baudouin.

C’est dans ce contexte que Julien Lahaut lance son célèbre « Vive la République » lors de la prestation de serment de Baudouin le 11 août 1950. Pour la bourgeoisie, l’extrême droite et les services secrets c’en est trop. Il y a trop longtemps que « le vieil agitateur bien connu de nos services » selon les rapports de police « est l’obstacle à abattre ». Ce sera chose faite sept jours plus tard.

Selon Hans Depraete et Jenny Dierickx, auteurs de La Guerre froide en Belgique, le meurtre de Julien Lahaut « avait une signification politique tant nationale qu’internationale. Le président du PCB personnifiait la tradition de lutte ouvrière dans ce qu’elle a de plus dur et de plus révolutionnaire ». L’assassinat de Julien Lahaut intervient en outre dans un contexte de tentative d’assassinats des principaux dirigeants communistes européens. Le leader italien Togliatti et le président du Parti communiste français Duclos échappent de peu à la mort.

Des pistes qui mènent à l’extrême droite et aux services secrets

Diverses pistes ont été suivies par la justice. Sans succès. Sans doute par manque de zèle des enquêteurs. Les mouvements de gauche évoquèrent un lien avec l’organisation anticommuniste « Paix et Liberté ». En tout cas il faut chercher dans les milieux léopoldistes de droite. Ces pistes ne seront jamais explorées.

En 1958, un simple procès pour détournement de fonds révèle des pistes nouvelles. Le principal prévenu, Emile Delcourt, prétendit détenir des renseignements quant aux assassins de Julien Lahaut. Delcourt était un anticommuniste qui collaborait avec les services de renseignement de l’armée. Afin de financer son combat anticommuniste, Delcourt rentra en contact avec Paul Calmeyn, un curé bruxellois chargé de la gestion du Fonds Cardinal Mercier. Delcourt affirma que le meurtre de Julien Lahaut a été financé par ce fonds. Il parla d’exécutants corses et évoqua un certain Jean-Robert Debbaudt, ancien de la légion SS Wallonie comme conducteur de la voiture des assassins. Delcourt ne fut jamais inquiété pour ces révélations. Et les enquêteurs ne suivirent pas les pistes évoquées.

En 1970, c’est la prescription et le dossier est classé en 1972. Il faut attendre le début des années 1980 et les travaux des historiens Rudi Van Doorslaer et Etienne Verhoeyen pour faire un peu la lumière sur l’enquête. Les deux historiens retracent le parcours d’un certain « Adolf » et d’un certain Verbruggen, tous deux signalés dès septembre 1950 comme suspects par la Sûreté de l’Etat. Mais encore une fois, ils ne furent jamais interrogés par les enquêteurs. Les deux historiens parviennent à définir que le commando fatal serait parti de Hal. Un commando de trois hommes selon toute vraisemblance.

Le nouveau témoin, originaire de Hal, et qui s’exprimera le 17 décembre sur la VRT parle d’un commando de quatre hommes et affirme avoir lui-même tiré.

Alors l’émission de Canvas lèvera-t-elle le voile sur le mystère Lahaut ? Beaucoup l’espèrent comme beaucoup demandent à réouvrir l’enquête. Plusieurs députés Ecolo-Groen demandent l’ouverture d’une enquête parlementaire se basant sur une pétition lancée à l’initiative du Parti Communiste1.

1 Appel pour la création d’une commission parlementaire sur l’assassinat de Julien Lahaut, sur www.resistances.be

Sources :www.solidaire.org, La libre Belgique 5/12/2007, la Dernière Heure 5/12/2007, Le Soir 6/12/2007, www.resistances.be (qui a assassiné l’antifasciste Julien Lahaut, article de Simon Harys)

Le 17 décembre à 20 h 50: Keerpunt sur Canvas, la deuxième chaîne de la VRT.

> Julien Lahaut :: Rectificatif
> Julien Lahaut (1884-1950) «Un homme qui portait le soleil dans sa poche et en donnait un morceau à chacun»


20:50 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, histoire, actualite, presse, silence, liberte, justice, politique, capitalisme, belgique, communisme, repression, democratie | |  Imprimer | | |