30/01/2008

Pouvoir d’achat : le basculement ?

Pouvoir d’achat : le basculement ?

Editorial • Solidaire n° 3 du 23 janvier 2008

23-01-2008

Janvier 2008 :

- Un homme fait dans son pantalon car il ne peut pas quitter la chaîne de production pour aller aux toilettes.

- Ils travaillent tous les deux et pourtant ce couple n’arrive pas à finir le mois.

- Il est jeune, 15 emplois différents à son actif et toujours pas de job fixe.

Ces derniers jours, on a pu entendre ces histoires lors de l’« épidémie de grèves » que connaît la Flandre. Des arrêts de travail qui se sont propagés dans plusieurs entreprises pour des augmentations de salaire, pour des contrats fixes, pour une baisse du rythme de travail.

Avec des résultats : des primes de 1 000 euros brut, des augmentations de salaires horaires. Loin encore de ce qu’il faudrait pour vraiment s’en sortir mais bien plus que si rien n’avait bougé.

Oui, ceux de Ford et ailleurs le montrent : les patrons doivent et peuvent payer. Ils peuvent invoquer leur position concurrentielle, voire aujourd’hui la crise financière.

Mais les faits sont là. Leurs bénéfices ont doublé en quatre ans avec « une rentabilité jamais observée depuis 20 ans » selon la Banque nationale, pendant que les salaires faisaient du surplace.

C’est la première bonne nouvelle de la semaine car l’exemple de Ford et co ne sera sans doute pas sans suite.

La deuxième est qu’il y a « une solution face à la hausse des prix du gaz et de l’électricité : la baisse de la TVA de 21 à 6% ». Ce n’est plus seulement le PTB qui le dit (il le fait depuis plus de deux ans) mais aussi, depuis vendredi dernier, la CREG, l’organe officiel de contrôle de l’énergie.

Une revendication à laquelle se rallient les syndicats et même… le PS. Une revendication déjà fortement « poussée » par la population comme en témoigne nos membres qui font campagne depuis plusieurs mois.

Et dans ce domaine, pour maintenir le budget à l’équilibre, le gouvernement devra briser la Pax Electrica (l’accord secret avec Electrabel) pour imposer la Taxe Electrabel, qui devrait imposer au géant de l’énergie un impôt exceptionnel sur ces bénéfices.

Que le CD&V se découvre des accents sociaux depuis ce week-end et que le PS, après 8 ans avec les libéraux, ait l’air de se réveiller (et découvre les méfaits de « l’homme qui parlait à l’oreille des riches », Didier Reynders), montre surtout que la pression est forte dans la population pour ce genre de mesures.

A nous maintenant de la développer, l’amplifier pour gagner le bras de fer du pouvoir d’achat.

Cette pression peut avoir un autre effet bénéfique : forcer à remettre les projets de régionalisation de la Sécu aux calendes grecques. Le politologue Lieven Dewinter l’avouait ce week-end au Soir: « Il peut toujours survenir une crise externe qui fasse évoluer le climat (à la table des négociations,ndlr). La pression deviendrait très forte, de la part des syndicats et de la population pour que cessent les « jeux politiciens ». L’opinion publique qui, aujourd’hui, est très calme pourrait alors basculer  » . Et si cette crise, c’était celle du pouvoir d’achat ?

11:43 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, belgique, romain, histoire, actualite, capitalisme, politique, presse, silence | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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