13/11/2007

31/10/2007: Histoire :: L'’influence de la révolution d'’Octobre (1917) sur la Belgique. Aux origines du Parti communiste de Belgique ...

Histoire :: L'’influence de la révolution d'’Octobre (1917) sur la Belgique
Aux origines du Parti communiste de Belgique

En 1917 se constitue en Russie un nouvel État socialiste dirigé par un parti communiste. Dans la foulée des partis communistes fleurissent dans le monde et en Belgique.

Herwig Lerouge
31-10-2007

En décembre 1917, une coalition internationale dirigée par la France et l’Angleterre envahit la Russie et provoque une guerre civile sanglante aux côtés des contre-révolutionnaires dirigés par les anciens officiers tsaristes. Cette guerre va durer jusqu’en 1922.

Les dirigeants du Parti ouvrier belge (POB, ancêtre du Parti socialiste) se trouvent dès le début du côté de la contre-révolution. Jules Destrée, un des dirigeants du POB, haïssait la Révolution d’Octobre. Il parlait de Lénine comme d’un « homme quelconque où il y aurait eu du Mongol et du Boche » (boche est un mot péjoratif pour désigner les Allemands pendant la première guerre mondiale, ndlr). La révolution n’avait d’ailleurs aucune chance de réussir selon lui car le « Russe n’était que le fils d’un alcoolique, le petit-fils d’un esclave et le descendant d’un barbare d’Asie ». Devenu ambassadeur de Belgique au Japon en 1919, il plaida auprès des autorités japonaises pour qu’elles interviennent militairement contre la révolution russe aux côtés des Anglais et des Français.

Émile Vandervelde, le président du POB, était lui convaincu que la révolution devait échouer car « les travailleurs russes étaient pour la plupart illettrés ». Durant toute la guerre civile (1917-1922) le journal du POB, Le Peuple, a mené une campagne violente contre la Révolution d’Octobre et les autres révolutions en Europe.

À partir de 1917, au sein du POB, des militants belges se dressent contre la ligne officielle du parti. Certains se battaient, en Russie, du côté des bolcheviks, tel ce forgeron de Mons, Frédéric Legrand (voir encadré). Il avait été envoyé pendant la guerre avec d’autres ouvriers belges dans les usines d’armement en Russie. Il y rencontre Julien Lahaut, soldat à l’époque, qui deviendra plus tard le dirigeant du Parti Communiste.

Dans le POB même, tant en Flandre qu’à Bruxelles et en Wallonie, la gauche s’opposait à Vandervelde. Le « Vredesgroep » (Groupe Paix, ndlr) de Gand réclamait en 1918 la fin de la guerre et la solidarité avec la Révolution d’Octobre.

Quand les soldats allemands se mutinaient contre leurs officiers et créaient à Bruxelles un conseil révolutionnaire de soldats, à l’exemple de ce qui se passait en Allemagne, des militants du POB et des Jeunes Gardes socialistes se joignaient à eux. Parmi eux Joseph Jacquemotte, président du syndicat des employés (le futur Setca) et futur dirigeant du Parti Communiste qui créa le journal l’Exploité dans le but de regrouper la gauche du POB.

En 1919, Lénine crée l’Internationale communiste, la Troisième Internationale, pour remplacer l’Internationale des sociaux-démocrates, qui avait trahi tous les idéaux socialistes. Elle allait servir de pôle d’attraction à tous les groupes restés révolutionnaires. Et c’est en 1921 que fut finalement aussi fondé le Parti communiste de Belgique, affilié à la Troisième Internationale.

Extraits du discours prononcé par Herwig Lerouge à l’occasion du 90e anniversaire de la révolution d’Octobre célébré au Centre international à Bruxelles le 20 octobre dernier. Le discours complet est consultable sur www.wpb.be

> Le droit de vote accordé par peur de la contagion russe

Les 300 Belges de la révolution russe

Au moment de la révolution, des centaines d’ouvriers belges, envoyés par la Belgique dans le cadre de son alliance avec la Russie, travaillaient dans les usines d’armement de Moscou. Parmi eux, Frédéric Legrand, un forgeron montois. Celui-ci va rejoindre, avec 300 de ses collègues, les rangs des bolcheviks et prendre une part active aux évènements aux côtés de ses 300 collègues. Il sabote des automitrailleuses envoyées par la Belgique de crainte qu’elles ne servent contre les communistes. Il participe à la prise du Palais d’Hiver avant d’aller combattre sur le front d’Ukraine pendant la guerre civile.

À ceux qui lui demandaient pourquoi avoir tant fait pour un pays étranger, Legrand répondait : « Je fais du zèle parce que les ouvriers de l’Union Soviétique ont été les premiers à instaurer le pouvoir ouvrier et à édifier le socialisme ».

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22:14 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : capitalisme, europe, solidarite, belgique, courcelles, romain, histoire, actualite, urss, communisme, presse, silence, politique | |  Imprimer | | |

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