27/09/2007

27/09/2007: Comment et pourquoi la multinationale ricaine Johnson&Johnson crée des 'emplois nouveaux' à COURCELLES ??? ...

Comment et pourquoi la multinationale ricaine Johnson&Johnson crée des 'emplois nouveaux' à COURCELLES ???


Souvenez-vous, il n'y a même pas un an, cette multinationale pharmaceutique ricaine inaugurait d'importantes installations nouvelles sur le zoning de COURCELLES, juste en face de chez moi, de l' autre côté de l' avenue de Wallonie ...
Diable: un nouveau zoning, à proximité de l' autoroute de Wallonie, du canal, de l' aéroport de Brussels-South, comme ils disent. Un endroit idéal pour atteindre le monde entier, jusqu' en Afrique du Sud....
L'inauguration s' est faite en grande pompe, avec l' illustre présence du citoyen Elio Di Rupo, président du Ps francophone, et de notre nouveau maïeur, si je ne me trompe pas...
Evidemment, la Région wallonne y est allée de sa poche, dans le cadre des lois d' expansion économique, de l'aide aux entreprises (qui sont très loin d' être toutes en difficultés financières) et sans doute aussi du fameux Plan Marshall, si chère au duo Van Cau - Di Rupo.
Il sera certainement intéressant pour nos élus communaux et nos dirigeants "socialistes" locaux d' en apprendre un peu plus sur cette multinationale, ses agissements et ses créations d' emplois 'nouveaux'.
Voir ci-dessous:
RoRo

Time is money

Editorial • Solidaire n° 35 du 26 septembre 2007

26-09-2007

David Pestieau


« Hélas, pour les Américains, seule compte la devise “Time is money”1. Cela doit tout de suite rapporter quelque chose. L’entreprise est aujourd’hui une multinationale. S’ils ne sont pas sûrs à 100% que cela fasse de gros bénéfices, ils ne le font pas. »

Ainsi parle Dora Janssen, riche veuve du docteur Paul Janssen, fondateur de Janssen Pharmaceutica.

Paul Janssen, brillant scientifique (élu un jour deuxième « Belge de tous les temps » au Nord du pays), avait revendu dès 1961, au géant de la pharmacie Johnson&Johnson, sa firme fondée en 1957. Mais il avait continué à diriger l‘entreprise jusqu’à sa retraite.

Aujourd’hui, les actionnaires de Johnson& Johnson ont vu le revenu de leurs actions doublé en cinq ans. Mais dans notre système économique, faire du profit n’est pas suffisant, il faut en faire toujours plus et tout de suite.

Fientje Moerman, ministre du gouvernement flamand avec les représentants de Janssen Pharmaceutica. (Photo Janssen Pharmaceutica)


Découvrir de nouveaux médicaments capables de guérir les gens ne vaut pas la peine de prendre de véritables risques financiers. Il faut surtout des médicaments qui rapportent de l’argent et vite. « Time is money ».

Et si ce n’est pas assez vite, c’est la restructuration au niveau mondial. Il en va de même pour la filiale belge Janssen Pharmaceutica qui doit aussi trinquer : 688 emplois à la casse.

Mais cette restructuration interpelle encore davantage aujourd’hui, à l’heure où l’on parle de l’avenir du pays. En effet, Janssen Pharmaceutica a souvent été présentée comme un fleuron technologique, symbole de la Flandre riche et moderne.

Mais dans ce monde de profit, le High Tech n’est plus synonyme de garantie d’emploi. Même si leur ampleur n’est pas encore comparable, la Flandre est frappée aujourd’hui, comme jadis la Wallonie, par de fortes restructurations: Ford, Opel, Gevaert et maintenant Janssen Pharmaceutica. Les coupables sont les mêmes : les actionnaires qui, quelle que soit leur langue, ont pour devise « Time is money ».

Comme à chaque fois, les hommes politiques disent tous « regretter » la décision. Quand il s’agit du prépensionné à faire travailler plus longtemps, du chômeur « profiteur », ces politiciens usent de tous les pouvoirs. Mais quand une multinationale licencie brutalement, ils n’utilisent pas leur pouvoir pour exiger le remboursement des aides versées généreusement par l’État aux patrons.

Au Nord, ils veulent de nouvelles régionalisations pour « le bien des gens en Flandre». Ils veulent se dégager du boulet « Wallonie », de la tutelle francophone.

Mais ne faudrait-il pas d’abord un peu se dégager de la tutelle exorbitante de ces multinationales étrangères qui domine la vie économique en Belgique depuis la Bourse de Londres, Francfort ou New York ?

Non, nous n’avons pas besoin d’une réforme de l’Etat qui affaiblira la Sécurité sociale, seule capable de protéger les gens en cas de coups durs.

Nous avons plutôt besoin d’un changement radical de politique au Nord comme au Sud. Sous la devise « People, not profit2. »

1. Le temps c’est de l’argent • 2. Les gens d’abord, pas le profit


Les arguments placebos de J&J pour justifier 688 licenciements
Janssen Pharmaceutica (J&J) :: Une lourde restructuration

Janssen Pharmaceutica réalise d’énormes bénéfices mais supprime 688 emplois. Le docteur Dirk Van Duppen réagit sur son blog.

Gaston Van Dyck
26-09-2007

Le PTB a distribué un tract la semaine dernière à l'entrée de l'usine Janssen à Beerse. En 2004, Janssen a consacré trois fois moins à la recherche et au développement qu'en publicité et en administration. Photo: l'usine Janssen de Geel. (Photo Solidaire, Will Broex)

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


C’est une gifle en pleine figure des 4 703 travailleurs de Janssen Pharmaceutica à Beerse, Olen et Geel : 521 collègues à poste fixe et 167 temporaires doivent partir : 146 cadres, 277 employés et 98 ouvriers. La distribution, le nettoyage, l’entretien, la sécurité, la cafétéria et les services d’appui des sections de recherche vont être confiés à des sous-traitants.

 

Il nous faut assainir, dit Janssen Pharmaceutica, mettre un nouveau médicament sur le marché coûte de plus en plus cher

Le Dr Dirk Van Duppen répond par des chiffres :

  • Bénéfice net de Janssen en 2003 : 355 millions d’euros (14,3 milliards d’anciens francs !) Soit 81 000 euros (3,26 millions de francs) pour chacun des 4 395 travailleurs.
  • En 2004 : 423 millions d’euros (17 milliards de francs). C’est plus que la masse salariale totale des 4 343 travailleurs, femmes d’ouvrage incluses.
  • Bénéfice de la société mère Johnson & John
    son en 2005 : 10,4 milliards de dollars, soit 419,4 milliards de francs.
  • Bénéfice du deuxième trimestre 2007 : encore 9,3 % de plus qu’en 2006.
  • En 2004, Janssen a consacré trois fois moins à la recherche et au développement qu’en publicité et en administration.

 

Le secteur pharmaceutique reçoit trop peu de soutien des pouvoirs publics, se plaint Janssen.

 

Très tiré par les cheveux, ça, dit le Dr Van Duppen.

  • Le gouvernement flamand a accordé 8 millions d’euros de soutien à Janssen (ce qui représente plus d’un tiers des 23,5 millions d’euros de subsides totaux des autorités flamandes !).
  • Du gouvernement fédéral, la firme a reçu l’an dernier une réduction des charges sociales et fiscales, une exemption d’impôt pour les primes d’innovation des travailleurs, déduction des intérêts notionnels du profit, enregistrement accéléré des nouveaux médicaments, remboursement accéléré des médicaments, réduction d’impôt, de 33,9 % à 6,8 % sur les licences et les royalties…

Le ministre Demotte a baissé le prix des médicaments et a mis de la sorte tout le secteur en difficulté, prétend Janssen.

Il est vrai que le prix de nombreux médicaments a fortement baissé ces deux dernières années. Entre autres, grâce à la pression du modèle kiwi, dit le Dr Van Duppen. Mais…

  • cette mesure a surtout concerné les médicaments des multinationales américaines, suisses, françaises et allemandes ;
  • les médicaments de Janssen « ne » représentent « que » 4 % des dépenses de l’assurance maladie. Pourtant, Janssen a reçu du gouvernement nombre de compensations pour ces diminutions de prix.

 

L’industrie pharmaceutique se heurte à un impôt sur les sociétés bien trop élevé, intervient Julien Brabants, de la firme GSK, concurrente de Janssen.

Dirk Van Duppen est allé rechercher ceci :

  • Sur les 423 millions de bénéfice de 2004, l’entreprise n’a payé que 122 millions d’impôts. Ceci, en partie du fait qu’une grande partie du bénéfice est détournée vers le centre de coordination de Bruxelles, auquel on n’applique qu’un taux d’imposition de 2 %.

> Janssen Pharmaceutica (J&J) :: Et que font nos hommes politiques ?
> Janssen Pharmaceutica (J&J) :: Interview de Stan Hens, secrétaire du Setca (employés FGTB)

Janssen Pharmaceutica (J&J) :: Et que font nos hommes politiques ?

Le bain de sang social chez Janssen est le tantième de ces dix dernières années. Mais nos politicards restent étonnamment passifs.

26-09-2007

Ces dix dernières années, des milliers d’emplois ont disparu chez Ford, Sabena, VW et sous-traitants, Opel…et, aujourd’hui, 688 travailleurs de Janssen Pharmaceutica perdent à nouveau leur emploi.

Le gouvernement flamand, par la bouche du président Kris Peeters (CD&V) et des vice-ministres présidents Fientje Moerman (OpenVLD) et Frank Vandenbroucke (SP.a), dit qu’il déplore la perte d’emplois chez Janssen Pharmaceutica. Déplorer ? Où est donc passée l’indignation politique de nos éminences ?

Notre ministre flamand des Finances, Fientje Moerman, s’enorgueillit de ce que Janssen Pharmaceutica a reçu 8 millions d’euros de soutien à l’expansion en 2006. La ministre Moerman et les autres membres du gouvernement flamand ne se sentent-ils pas menés par le bout du nez ? Ne leur est-il pas encore venu à l’idée de réclamer le retour de leur argent ?

Il est grand temps que sorte une nouvelle loi pour compléter la fameuse « loi Renault ». Une loi qui imposerait des sanctions aux entreprises faisant des bénéfices et qui liquident des emplois (via outsourcing ou licenciement) sans prévoir d’abord des emplois de remplacement. Une loi qui ferait en sorte que tout le soutien accordé par les autorités au nom de l’emploi (subsides, réduction des impôts ou des cotisations sociales) devrait être remboursé.

> Janssen Pharmaceutica (J&J) :: Interview de Stan Hens, secrétaire du Setca (employés FGTB)
> Janssen Pharmaceutica (J&J) :: Une lourde restructuration

« C’est uniquement la soif de profit des actionnaires »
Janssen Pharmaceutica (J&J) :: Interview de Stan Hens, secrétaire du Setca (employés FGTB)

Les actionnaires de Johnson & Johnson (J&J) ne pensent plus qu’au court terme, nous dit, en colère, Stan Hens, secrétaire du SETCa.

Will Broex
26-09-2007

Comment réagissez-vous à ces 688 licenciements ?

Stan Hens. Certains journaux prétendent que les syndicats acceptent les licenciements. Je ne comprends pas d’où ils peuvent sortir cela. Mon collègue de la LBC vous dira pareil. Je ne puis exclure qu’il n’y ait des actions dures.

N’est-ce pas pervers ? La direction vient nous raconter que les licenciements sont nécessaires du fait que les bénéfices et les actions sont en baisse. S’ils ne font pas de restrictions, il pourrait y avoir une reprise susceptible d’entraîner des restructurations qui sabreront dans le personnel. Il va donc y avoir des licenciements, sinon, il faudra qu’on licencie !!!

 

« En fait, nous ne délocalisons pas. Mais nombre de fonctions doivent toutefois disparaître en raison de la modification du contexte international », déclare le porte-parole de Janssen, Stefan Gijssels. Qu'en dites-vous ?

Stan Hens. Il s’agit en effet d’externalisation. La logistique, par exemple, serait désormais sous-traitée. Heureusement, grâce à la protection des CCT, ces gens conserveront leur salaire. Mais pour les futures évolutions salariales, ça va être autre chose, car ces travailleurs ne pourront plus avoir les mêmes CCT que leurs collègues de Janssen Pharmaceutica.

Le gouvernement flamand a donné à Janssen 8 millions en guise de soutien à l’expansion. Pas mal de gens, dont le PTB, estiment que le gouvernement doit réclamer le retour de cette aide. Qu’en pensez-vous ?

Stan Hens. Aux gens qui pensent cela, je ne puis que donner raison. Mais je ne vois pas les choses se passer ainsi. Pour la politique, Janssen est un État dans l’État. Vous n’imaginez pas à quel point l’industrie pharmaceutique est puissante.

 

J&J veut économiser 15 % au niveau mondial. Les licenciements annoncés ne représenteront qu’entre 3 et 4 % de cette économie. Qu’est-ce qu’ils ont encore prévu ?

Stan Hens. Aucune idée. Tout ce que nous savons, c’est qu’il y aura 688 licenciements, dont la plupart à Beerse. Pour le reste, on tâtonne encore dans le noir.

> Janssen Pharmaceutica (J&J) :: Et que font nos hommes politiques ?
> Janssen Pharmaceutica (J&J) :: Une lourde restructuration

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09:09 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, romain, histoire, actualite, belgique, hainaut, charleroi, ps, capitalisme, silence, presse, politique, social, syndicats | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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