22/08/2007

15/08/2007: Communiste et témoin des grands combats du siècle: Décès | Marcel Baiwir (1917-2007) ...

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Sujet:  Communiste et témoin des grands combats du siècle: Décès | Marcel Baiwir (1917-2007)]



Témoin des grands combats du siècle
Décès | Marcel Baiwir (1917-2007)

Il était né avec la Révolution d’Octobre, en 1917. Marcel Baiwir est décédé à Liège le 18 juillet, à l’âge de 89 ans. Compagnon de lutte de Julien Lahaut, il a été de tous les grands combats de son époque.

Herwig Lerouge

15-08-2007
Marcel Baiwir est un symbole de l’histoire ouvrière, l’un de ces ouvriers communistes qui ont suscité l’admiration et le respect, même de leurs adversaires. Combattants fermes, syndicalistes de premier ordre, ce sont aussi des dirigeants avec une culture politique, théorique et historique supérieure indispensable pour comprendre le monde d’aujourd’hui. A 87 ans, presque aveugle, il a écrit son histoire du mouvement ouvrier belge en démontrant la pertinence du marxisme pour affronter les problèmes du monde actuel. Il y explique aux jeunes que « les acquis sociaux ne purent JAMAIS être obtenus sans l’intervention des masses. Quant aux gouvernements, ils n’ont fait que couler ces acquis dans les textes de loi1 ».

Au moment de la grande grève des mineurs de 1932, il adhère aux Jeunesses communistes. A 19 ans, il part se battre en Espagne avec les Brigades internationales contre le coup d’État fasciste de Franco. Puis arrive la lutte contre le fascisme allemand. Quand la guerre éclate, il est arrêté par la police belge, avec sa mère et d’autres communistes, sur base de listes dressées par le procureur et le bourgmestre de Liège avant la guerre ! Avant que les Allemands n’arrivent à Liège, ils sont libérés.

Le 25 janvier 1941, il est parmi les organisateurs d’une manifestation contre le fasciste Degrelle qui vient faire un meeting au Palais des sports de Liège. En mai 1941 se déclenche la fameuse grève des cent mille à Liège. Les gens obtiennent une augmentation de salaire et une amélioration du ravitaillement par le patron. Les communistes jouent un rôle déterminant. Dès le début de l’occupation, ils créent des Comités de lutte syndicale. Cette organisation clandestine restera en activité jusqu’à la fin de la guerre.

Après la grève et l’invasion de l’URSS, Marcel Baiwir rentre dans la clandestinité. Il réussit à échapper aux Allemands qui viennent l’arrêter. Il déménage à Bruxelles où il est actif dans la résistance. Son frère sera arrêté et tué en prison. En juin 1943, il est arrêté aussi. En mars 1944 c’est le départ vers le camp de concentration de Sachsenhausen, et plus tard encore vers Mauthausen.

Après la guerre, il travaille en sidérurgie, où il devient délégué syndical. Il est très attaché au marxisme. « Le militant qui s’engage dans la voie de la lutte pour un monde nouveau, doit étudier Marx ! La paupérisation croissante dans le monde est un danger pour la démocratie. Il ne fait qu’accentuer continuellement le risque de guerre, l’économie se révélant incapable de le résorber. Cet état de fait, Karl Marx et ses amis l’avaient prévu il y a plus de cent ans déjà. Il est plus que jamais utile de le relire. »

1 Marcel Baiwir. Contribution à l’histoire sociale wallonne. Un militant temoigne. FAR, 2005. http://www.archivesdutravail.org/listes_img/2240_volume_b...

Partisan de l’unité des communistes

Marcel Baiwir était attaché à son parti, le Parti communiste. Mais il était aussi un grand partisan de l'unité des communistes et notamment d'un rapprochement entre le PC et le PTB. Il fallait dépasser les divergences du passé, disait-il.

Il a figuré sur les listes PTB-Unité antifasciste lors des élections de 1995. Voici comment il expliquait cette décision : « Vous devez connaître le long chemin que nous avons parcouru pour nous retrouver côte à côte pour les mêmes objectifs. Nous restons chacun ce que nous sommes, mais vous avez su trouver le moyen de réunir les antifascistes et les communistes sur une liste. Mon parti, auquel je reste attaché, connaît actuellement des moments difficiles. La fédération de Liège du PC a décidé de ne pas déposer de liste. C’est une erreur. [...] C’est chez vous que j’ai trouvé ce que je cherchais.» En juin 2007, Marcel Baiwir s’est à nouveau présenté aux élections législatives, cette fois sur la liste du PC pour le Sénat.

La collaboration et les discussions avec lui ont aussi contribué à l’ouverture du PTB. Le premier texte du PTB sur le fonctionnement de l’organisation de base dans les entreprises, écrit en 1995, porte son empreinte. Le compte rendu de cet entretien avec lui a d’ailleurs été joint en annexe à ce texte.

Une plus franche collaboration entre les communistes était sans aucun doute parmi les souhaits les plus chers de Marcel Baiwir.


La sidérurgie liégeoise, où Marcel Baiwir entre après la guerre. (Photo archives)

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Syndicaliste de premier ordre

Ouvrier à Ougrée-Marihaye, qui deviendra plus tard Cockerill-Ougrée, il vend L’Acier, le journal d’usine du Parti communiste créé pendant la guerre. En 1951-1952, les soldats entrent en lutte contre la décision de porter le service militaire de dix-huit à vingt-quatre mois. Les travailleurs estiment qu’un mouvement de solidarité doit se créer. Marcel prend la parole avec le soutien de son délégué syndical. On part en grève. Mais quand la grève est terminée on lui reproche son initiative. La direction syndicale lui enlève toutes ses responsabilités. Cette sanction reflète la contradiction persistante entre l’influence du Parti socialiste dans le syndicat et celle des communistes. La direction syndicale n’osait pas partir en grève car les socialistes étaient prêts à entrer dans le gouvernement. A partir de ce moment-là, toutes les semaines, une délégation d’ouvriers de son service se rend au bureau syndical pour demander « de régler le cas Baiwir ». Au bout d’un certain temps, il est réintégré et est élu délégué.

Il est donc délégué quand éclate la grande grève de 1960-61 contre la Loi unique de Gaston Eyskens, qui contient des mesures importantes de régression sociale. On le trouve parmi les initiateurs de la grève à Liège. La grève dure cinq semaines. Après la grève, nouvelle sanction, pour avoir déclenché la grève sans l’accord de la direction syndicale. Pendant des mois, à nouveau, des ouvriers de son entreprise se rendent au bureau syndical pour exiger sa réintégration comme délégué. Et il est réintégré. Lors de la fusion de son entreprise avec Cockerill, il devient vice-président de la délégation syndicale

Marcel Baiwir a une conception très large du travail syndical. Pour lui, la lutte pour l’amélioration des conditions sociales va de pair avec la lutte pour la paix. Après le bombardement nucléaire américain sur Hiroshima et Nagasaki, il participe à une pétition qui recueille 100 millions de signatures contre l’utilisation de l’arme nucléaire (note de RoRo: c' est "L'Appel de Stockholm"). À chaque réunion du comité syndical, il intervient pour la défense de la paix et la participation à des manifestations contre la guerre.

19:51 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cdapitalisme, oppression capitaliste, silence, communisme, belgique, romain, histoire, courcelles, actualite, politique, syndicats, social | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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