30/07/2007

29/07/2007: Belgique: Disparition d'une figure historique du Parti Communiste: Marcel LEVAUX, a/député, a/bourgmestre de Cheratte ...

Belgique: Disparition d'une figure historique du Parti Communiste: Marcel LEVAUX, a/député, a/bourgmestre de Cheratte ...
(tiré du Drapeau Rouge, juillet/août 2007)

Disparition d'une figure historique du Parti Communiste:

Marcel Levaux

Marcel Levaux est décédé. Il était né il y a plus de 80 ans dans une famille modeste de Cheratte. On peut dire qu'il a connu la pauvreté pendant son enfance. Encore adolescent, malgré une intelligence brillante et un appétit de connaissances insatiable, il dut quitter l'école technique de Herstal pour aller travailler. Il entra ainsi dans la classe ouvrière à laquelle il sera à jamais fidèle et qu'il n'a jamais quittée parce que, au Parti communiste, même un député, même un bourgmestre, touchait un modeste salaire et que Marcel, pendant ses rares loisirs, a toujours travaillé de ses mains.

Sa conversion politique est due à la guerre. Face à l'occupant nazi, Marcel rejoint tout naturellement en 1942 la cellule communiste des chantiers navals de Wandre et entre dans la Résistance. Il participe à la fameuse action du 1er  mai 1944: le déploiement d'un drapeau belge et d'un drapeau soviétique sur la belle fleur soi-disant minée du charbonnage. Après la Libération à laquelle il participe active ment, il s'engage à l'armée pour poursuivre le combat en Allemagne. La victoire sur le nazisme acquise, il retourne à la vie civile et à sa profession d'ouvrier traceur.

En 1951, en pleine guerre froide, le Parti appelle Marcel à son service comme permanent politique. Il est chargé de tâches ardues. Tout d'abord de réorganiser la fédération de Liège, puis de transformer la Jeunesse populaire en Jeunesse communiste. À l'époque de l'indépendance du Congo, Patrice Lumumba devient le correspon dant, puis l'ami de Marcel Levaux. C'est aussi le temps des premières marches anti-atomiques qu'il contribue à lancer, lui qui était riche de l'expérience acquise dans l'Union belge pour la défense de la paix et lors de l'appel de Stockholm contre l'armement nucléaire. Ensuite, il devient directeur du Drapeau Rouge. À ce moment, il est membre du Comité central et du Bureau politique.

En 1968, sa vie change. Il était suppléant à la Chambre d'Ernest Burnelle, président du PŒ, qui décède brusquement. Marcel entre alors au parlement et sera réélu jusqu'en 1981. Il donne alors toute sa dimension. Il devient la figure publique du communisme en région liégeoise, succédant ainsi à Julien Lahaut et à Théo Dejace, présent au parlement et sur le terrain. Son nom restera attaché aux luttes pour la réduction du temps de travail à 36 heures et pour le droit de vote et d'éligibilité des immigrés.

En 1970, seul élu communiste, il est l'arbitre de la majorité à Cheratte. Il devient bourgmestre - situation impossible aujourd'hui - mais les Cherattois ne s'en plaindront pas. Il est un bourgmestre intègre, modeste, travailleur, proche de ses concitoyens. Après la fusion des communes, Marcel reste conseiller communal à Visé. En 2000, il est élu une dernière fois comme communiste sur la liste du PS et cède son siège à son suppléant, communiste lui aussi.

En 1968, lors de l'intervention soviétique en Tchécoslovaquie, il a la mission délicate d'expliquer à la télévision la position nuancée du PCB: condamnation de l'intervention armée, sans rupture avec les pays socialistes qui y ont participé. Par la suite, suivant ainsi la majorité de la fédération liégeoise, il s'oppose à la ligne eurocommuniste. L'effondrement du système soviétique mit, par la force des choses, un point final à ce type de débat. Mais, comme Laure son interprète en RDA, devenue son amie, qui continue à militer après 1989, il ne renie pas son passé. Son attitude de communiste «orthodoxe» ne l'a jamais coupé des autres progres­sistes, ni même de ses adversaires de droite qui appréciaient son profond humanisme. Lors de son décès, outre une présence nombreuse à ses funérailles où le bourgmestre libéral de Visé a tenu à prendre la parole, et beaucoup de messages de condoléances à sa famille, le journal régional La Meuse, le centre de production de Liège de la RTBF et la télévision locale RTe lui ont consacré un espace rédactionnel témoignant de leur sympathie.

1981 marque un recul sévère du poids électoral communiste. Repli aggravé en 1985 et 1987. Marcel conseille alors au PC de ne pas aller inutilement, seul, aux élections mais de s'allier avec d'autres forces démocratiques. Cette ligne n'est pas suivie par une majorité de communistes et il n'est réélu à aucune responsabilité dirigeante en 1998.

Fidèle à la cause wallonne, Marcel Levaux a été membre du MPW, de Wallonie Région d'Europe et, jusqu'à sa mort, du Mouvement du manifeste wallon. Il s'est investi dans les activités culturelles: il a été président de la Fondation Joseph Jacquemotte (FJJ) et était membre fondateur du Centre des archives communistes en Belgique (CArCoB).


15:35 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, histoire, belgique, liege, presse, politique, communisme, democratie, actualite, silence | |  Imprimer | | |

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