18/07/2007

18/07/2007: Albert De Coninck, un militant de son temps ...

Albert DE CONINCK: un hommage bien mérité à ce grand dirigeant communiste belge, antifasciste des Brigades internationales d' Espagne et ancien résistant..., que j' ai très bien connu:



Albert De Coninck, un militant de son temps (tiré du Drapeau Rouge ...)

À l'occasion du décès d'Albert De Coninck le 8 décembre dernier, le DR avait publié, dans sa 15ème édition, une petite biographie de ce grand militant. Mais Albert, son parcours et son histoire méritent qu'on y revienne. Cette fois, c'est un autre ancien résistant, notre camarade et ami Marcel Deprez, qui nous livre son témoignage et son regard.

La figure et la trajectoire d'Albert De Coninck symbolisent le profil même du militant et dirigeant révolutionnaire. Militant est celui qui va au bout de ses engagements, reconnaît ses erreurs et les corrige face à lui-même. Dirigeant est celui qui dégage, après discussion et analyse démocratique, des tendances et propositions d'action. Albert De Coninck a été les deux à la fois et ces qualités correspondent bien à son profil et à son itinéraire.

Il naît en 1915, en Angleterre, parce que ses parents, son père menuisier et sa mère ouvrière d'usine, s'y étaient réfugiés pendant la Première guerre mondiale. Dès leur retour en Belgique, ils connaissent des moments difficiles, mais garderont toujours une attitude de citoyens résolument engagés. C'est dans ce contexte qu'Albert De Coninck devient, à 17 ans à Malines, un très jeune militant engagé dans les Jeunesses communistes. Peu de temps après, il s'inscrit au Parti communiste. On peut imaginer dans sa démarche l'influence du père qui, avant la guerre 14-18, était militant du mouvement anarcho-syndicaliste. Pendant la guerre, l'impact de la Révolution russe fit de lui un adversaire de la social-démocratie dont il comprit le rôle de sabotage de la Révolution bolchevique.

Albert De Coninck disait s'être engagé dans la vie militante après avoir entendu un discours du leader communiste flamand Jef Van Extergem. De mon côté, à ce moment, je n'avais que 12 ans et j'ai aussi entendu ce discours dans lequel Jef disait "j'ai toujours sur la poitrine les cendres de Tijl Uilenspiege !". Cela a eu le même effet sur moi et a déterminé un engagement parallèle.

L'année 1932, année des grèves de mineurs, suscite chez Albert De Coninck l'orientation qui restera la sienne sa vie durant. Parfois déçu, souvent enthousiasmé par la lecture, il lui faut peu de temps pour confirmer son engagement et entraîner celui de ses parents. Son activité au sein des Jeunesses commuunistes a comme cadre la diffusion de la presse et l'agitation dans les casernes.

À 20 ans, après avoir effectué son service militaire, il décide de s'engager comme volontaire dans la guerre d'Espagne au sein des Brigades interrnationales. Il participe à des actions militaires ponctuelles, dont le dynaamitage d'un pont mentionné 'par Hemingway dans son livre Pour qui sonne le glas. Ses qualités d'activiste et son savoir-faire politique le conduisent à s'occuper des problèmes politiques au sein des Brigades et confirment ses engagements au sein de leur commisssariat politique. Dans ce travail, il eut à affronter l'activité politique et les arguments du POUM, importante mouvance anarchiste qui eut de nombreuses confrontations politiques et même militaires avec les forces proches du Parti communiste.

De retour en Belgique, il combine un engagement local dans sa cellule de Malines et un soutien à la République espagnole, dans un contexte de lutte antifasciste. Ainsi, le Non à l'oppresseur fasciste prolonge le No pasarn des Républicains espagnols. La fin de la guerre le voit secrétaire politique d'une vaste région couvrant Roulers, Menin et Courtrai, où il devient un fin connaisseur des problèmes paysans et le fondateur du Comité de défense paysanne. C'est dans ce contexte qu'il s'engage dans la Résistance contre l'occupant allemand et organise les premières grèves de livraison des matériaux aux occupants. Son travail consolide l'extension de la Résistance dans toute la Flandre et, au début 1944, il est chargé d'animer l'Armée belge des Partisans qu'il commande pendant toute la période de guérilla active jusqu'à devenir membre de ['état -major.

La guerre terminée, on le retrouve en qualité de secrétaire politique à Alost, puis à Courtrai. En 1947, en tant que Secrétaire fédéral à Anvers, il est chargé des rapports avec la Résistance grecque qui se bat toujours contre les fascistes soutenus, cette fois, par l'intervention armée britannique et américaine. Infatigable dans son esprit d'internationaliste, on le retrouve plus tard dans les luttes contre le colonialisme, solidaire du peuple congolais. Il se lie d'amitié avec Patrice Lumumba et les principaux dirigeants de la révolution congolaise.

Sa vie politique ne fut pas sans difficulté avec la direction du Parti, même lorsqu'il siégeait, pas toujours de son plein gré, au Comité central. Cependant, jamais, il n'y eut rupture. Albert De Coninck fut le prototype du militant politique des années de l'entre-deux guerres, de la Deuxième guerre mondiale, puis de la période de la Libération. C'est ainsi qu'on l'a vu, d'abord en première ligne contre la montée du fascisme en Europe et, parallèlement, chez nous; ensuite, organiser la résistance - y compris armée - contre l'occupant allemand; et finalement s'inscrire dans la lutte anti-coloniale, sans négliger chaque fois les enjeux idéologiques. C'est le modèle d'engagement que nous fit connaître Albert De Coninck, militant toujours mobilisé.

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21:38 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, romain, actualite, histoire, courcelles, communisme, fascisme, resistance, espagne, politique, presse | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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