30/06/2007

23/05/2007: Sos-Racisme, son histoire ...

Sos-Racisme, son histoire ...

 

23/05/2006, 20h15


Serge Malik est l’un des fondateurs de SOS-Racisme. Il est à la fois
arabe et juif, un « faux beur », un « margarine » comme il aime se
définir lui-même. Dans son livre, « Histoire secrète de SOS-RACISME »
écrit en 1990, il nous livre l’arrière-plan de l’association «
antiraciste » où se dissimule en réalité une manipulation politique au
service du PS et de François Mitterrand.
Dans ce texte, il est question de livrer une synthèse de ce livre.
Dans les années 83-85 le racisme était à son comble : bavures
policières, meurtres d’arabes et d’antillais, alliance RPR -FN à Dreux
et vedettariat de Le Pen.
Serge Malik croyait au combat antiraciste comme moyen efficace pour
vaincre l’intolérance, l’exclusion et les inégalités sociales.
L’apparition soudaine d’Harlem Désir dans l’émission de Michel Pollac «
Droit de Réponse » a été un véritable tremplin pour lui. Enfin, il a
trouvé un espace au sein duquel il pourrait s’exprimer et aider les
jeunes à comprendre et à se faire comprendre. Sans la moindre
hésitation, il laissa tomber son métier de comédien et s’engagea à fond
dans SOS.
Pendant des années, comme d’autres militants, Serge donna de tout son
temps et de toute son énergie à SOS. Naïf, il n’avait pour seul moteur
que le rejet de l’intolérance et du racisme.
Puis au fil des années, quand les masques tombèrent, il se rendit compte
qu’il a été abusé, manipulé et utilisé au service de politiciens avides
pour lesquels l’immigration et l’intégration n’étaient qu’un instrument
politique.
Touche pas à mon pote n’était qu’un slogan, une valise vide. Pourtant
pour des milliers de gens, c’était la promesse d’une vie différente,
l’espoir de la tolérance et du changement.
Les pseudos antiracistes étaient essentiellement des organisateurs de
spectacles politiques, médiatiques et musicaux. Ils ont triché et menti.
Pire, ils ont contribué à la banalisation du fait raciste et ont apporté
de l’eau au moulin puant de Le Pen et tout cela pour des besoins
alimentaires et des ambitions personnelles.
Profondément écoeuré, l’auteur nous confie dans ce livre l’histoire de
ce mirage.
Le grand patron et fondateur de SOS est Julien Dray. Au début des années
80, ce dernier était trotskiste ; il fonda le Mouvement d’action
syndicale (MAS). Dans les facs et les cités, Julien Dray plus connu
alors sous le sobriquet de Juju, brandissait fièrement son trotskisme
pour donner l’image d’un révolutionnaire. Le MAS n’était pour lui qu’une
passerelle ; en réalité il se sentait coincé dans les coulisses du monde
politique, il voulait prendre un raccourci et éviter le long parcours du
combattant comme n’importe quelle « limace » militante. Il troqua la
casquette trotskiste peu rentable contre l’habit du militant socialiste
en y apportant un formidable cadeau au PS : SOS Racisme, l’association
championne de la jeunesse.
Mitterrand accourut pour donner sa bénédiction à la création de la
nouvelle association. Il était heureux de rencontrer de « vrais »
gauchistes et de « vrais » jeunes dont la présence à la cour
témoignerait de son humanisme et montrerait à quel point ce dernier est
à l’ « écoute du peuple et concerné par les problèmes sociaux » surtout
qu’on était à l’époque des désillusions de l’après mai 81 et que les
indicateurs socio-économiques du gouvernement Mauroy étaient
catastrophiques.
Le Président mit alors tous les moyens matériels et humains du parti à
la disposition de SOS. Avec le soutien de l’appareil du PS, il fallait
pallier la carence médiatique et institutionnelle des mouvements beurs
et vite récupérer la lutte des jeunes des cités. L’idée donc de créer
une association jeune animée par des jeunes et pour des jeunes dont la
fonction serait la lutte contre l’exclusion sous toute ses formes tomba
à pic.
Juju commença par annihiler ses concurrents potentiels. L’action
entreprise par les beurs au début des années 80 fut réduite à néant.
Sans appareil national pour les soutenir, les association beurs ont vite
été mis K.O. par SOS.
Pour le lancement de la spectaculaire assoce, il fallut trouver des
slogans et des discours se rapprochant le plus possible des
préoccupations quotidiennes des immigrés.
Une histoire montée en toute pièce que les potes vont répéter à satiété
va devenir la légende de la création de SOS. Elle met en scène Diego, un
black de l’assoce, présent dans une rame de métro. Une horrible vieille
dame blanche cherchait son porte monnaie en jetant des regards
accusateurs sur Diego. Puis tous les autres voyageurs fixèrent
méchamment le pauvre Diego et des relents de lynchages se firent sentir.
Heureusement que la vieille retrouva son porte monnaie ; cette histoire
traumatisa le malheureux Diego qui annonça à ses potes son intention de
rentrer au Sénégal. Les potes, pour garder Diego en France ont décidé de
créer l’association des potes en la baptisant « Touche pas à mon pote
Diego ».
Après les slogans et la légende, il fallut constituer le bureau et
distribuer les rôles.
SOS fut hiérarchisée en trois niveaux. Le premier était le « palier des
beurs » constitué de tâcherons : ménage, préparation des victuailles,
gardiennage, tri des badges, réception, etcetera.
L’échelon d’au-dessus fut composé des « fondateurs » formant le bureau
national (BN) où figuraient certains « beurs officiels ».
Enfin la tête de pyramide, triée sur le volet par Dray, fut constituée
principalement par la garde prétorienne ayant fait le même parcours que
Juju : la fac, la ligue, le MAS, le PS et enfin SOS.
Le choix du président n’a posé aucun problème pour Juju ; Harlem
possédait toutes les qualités : il est black, sérieux, combatif et
surtout malléable, obéissant et très dévoué au boss.
.
tounsi
23/05/2006, 20h15
En effet, Harlem a suivi à la trace son maître à penser. Tous ses
mouvements étaient entièrement contrôlés et maîtrisés par Juju. Les
désirs de Dray étaient des ordres pour Désir. Sa supposée spontanéité
lors des émissions télévisées n’était que le résultat d’un coaching
intensif mené par le grand chef.
Petit à petit, Harlem le « gauchiste » sombra corps et âme dans le star
system ; il découvrit les résidences secondaires et les chalets de
montagnes, il rencontra le gratin mondain et tout ce qui compte dans le
pays : des riches industriels, des décideurs, la « véritable »
politique, le pouvoir et ses enivrants parfums ; à ce moment, l’apparat
prit le dessus sur les idées.
Si le choix du président fut facile, le recrutement des beurs au sein de
SOS s’avéra un vrai casse-tête et tournait carrément au casting. Il
fallait que les beurs sélectionnés ne soient pas politisés et fassent «
banlieues », ou, si ce n’est pas possible, il convenait de les choisir
parmi les fidèles du PS d’Ile-de-France.
Ce qui rendait la tâche plus difficile encore est que Juju avait placé à
la tête de SOS des membres de l’UEJF (Union des étudiants juifs de
France), ultra-sionistes pour la plupart et très provocateurs. L’UEJF
qui, pourtant n’avait aucun projet et ne s’intéressait à aucune action
antiraciste monopolisa SOS. D’ailleurs, dans un article publié dans le
monde du 14 juin 1985, Philippe Bernard s’étonna de la composition de la
direction de SOS qu’il trouvait un peu accaparée par des juifs.
Avec cette réputation d’association sioniste et anti-palestinienne, Juju
a bien réussi à tenir les beurs indésirables à distance.
Après Paris, vint le tour de la province. Les comités locaux étaient
constitués de petits groupes et le schéma de recrutement était le même
qu’à Paris. La section locale devait toujours être chapeautée par des
amis sûrs de Dray, fidèles et soumis. En cas de difficulté, SOS
dépêchait des « commissaires politiques ». Ces derniers insufflaient «
l’esprit du bureau national » aux militants, et réorganisaient les
bureaux des comités en y nommant les membres sur mesure recrutés sur
place. En tant qu’association du PS supervisée par l’Elysée, SOS a
systématiquement utilisé les implantation locales du PS et de la Ligue
en combattant durement les initiatives provenant du PCF, parti pour
lequel Dray voue une haine viscérale (d’ailleurs c’est l’une des raison
pour lesquelles Dray déteste le MRAP, association proche du PC).
Le « centralisme démocratique » de la SOS faisait que l’information ne
circulait que dans le sens Paris-province et jamais entre les différents
comités. Tout devait transiter par Paris, enfin disons par Dray.
Les fonctions des militants se limitaient à organiser des actions
spectaculaires, des manifs, des grèves, des « dîners parrains » et
autres, à prendre contact avec la galaxie médiatique, artistique et
intellectuelle, à préparer le journal Touche pas à mon pote, à toujours
donner à manger aux médias (
http://www.acrimed.org/) et provoquer des «
affaires » même avec des éléments peu fiables...
Les potes ne devaient poser aucune question ni sur le fonctionnement
politique, administratif et financier de SOS, ni sur les manipulations
électorales, ou la fabrication des adhérents en nombre presque illimité,
et encore moins sur les rapports, mandats et titres bidons. Le chef a
bétonné son Bunker avec tant de soins que tout contestataire était vite
isolé et sa tentative était par avance vouée à l’échec.
Le carnet d’adresses bien rempli de Juju, son réseau bien établi et ses
soutiens nombreux rendaient son bastion intouchable.
Les francs-maçons furent parmi les premiers alliés de SOS. Il y avait
aussi des grands industriels proche du PS comme Christophe Riboud ou
Pierre Bergé (
http://www.mitterrand.org/aaifm/bulletin/bio_berge.htm);
ils firent des dons et introduisirent SOS dans le monde des affaires.
Mais l’aide la plus précieuse fut celle des trois organisations proches
du PS : la MNEF, la FEN et la CFDT.
Les principaux collaborateurs de l’Elysée à SOS étaient Jean-Louis
Bianco, Jacques Attali, Jack Lang et d’autres. Ils fournirent à SOS les
« parrains » : Guy Bedos, Yves Simon, Simone Signoret, Coluche, Pierre
Bergé, et cætera. De plus, SOS avait profité largement des services
offerts par Gérard Colé et Jacques Pilhan, principales figures de
communication de Mitterrand.
Dès le début, Le Matin de Paris et le Nouvel Obs étaient acquis à la
cause. Le mensuel Globe a été le plus fervent supporter des potes.
Dirigé par Georges-Marc Benamou, un proche de Bernard Henry Levy (BHL),
le mensuel a lourdement fardé l’assoce pour l’aider à ne pas être perçue
comme une officine du PS.
BHL fut l’un des tout premiers à se précipiter pour proposer «
spontanément » ses services aux potes. Le « philosophe » et Marek Halter
ont joué un rôle décisif dans la médiatisation en profondeur de SOS. BHL
parrain, puis initiateur de l’agence de presse SOS, a ouvert
l’association sur d’autres mondes de la politique et a provoqué sa
rencontre avec beaucoup d’intellectuels.
Au début, le quotidien Libération était très critique vis-à-vis de SOS.
Les deux journalistes Favereau et Beau confirmaient l’antinomie
SOS-Beur. Ils dénonçaient l’absence de légitimité de SOS vis-à-vis du
mouvement beur et l’influence grandissante de l’UEJF dans les instances
dirigeantes de l’assoce. Ne voulant pas changer de ligne éditoriale, les
deux journalistes furent donc priés de s’intéresser à d’autres sujets !
Et deux autres journalistes tout « neufs » sortis du chapeau magique,
prirent la relève.
Depuis, les liens avec Libé changèrent radicalement et le quotidien
devint l’un meilleurs soutiens de l’assoce.
Le premier concert fut produit par Sylvain Moustaki et Eric Basset. Le
choix n’était pas un hasard ; en effet, Erik Basset était socialiste et
ami de Jean-Marie Le Guen, alors premier secrétaire de la fédération de
Paris du PS. Pour la réussite du concert, le Président de la République
et son Premier ministre vont faire intervenir leurs collaborateurs
auprès des grands donateurs potentiels : des entreprises publiques et
certaines grosses sociétés privées furent sollicitées d’apporter leur
aide à SOS.
D’émission en émission, de spectacle en spectacle et de concert en
concert, SOS a réussi à s’imposer comme une icône de la vie politique
française.
L’immigration et l’intégration n’ont jamais été une cause pour SOS et
ses promoteurs mais seulement une couverture pour un certain nombre
d’activités moins nobles et plus politiques : L’antiracisme étant une
affaire juteuse, un bon filon.
Les fanfaronnades de SOS contre le FN n’ont jamais empêché ce parti de
prospérer ; au contraire l’assoce fut un tapis rouge emprunté par le
parti d’extrême droite pour passer de l’ombre à la lumière. L’émergence
du FN dans le champs politique a affaibli le RPR ce qui facilita la
réélection de Mitterrand.
L’UEJF fut rassurée : le « danger » de l’émergence d’une élite politique
beur autonome susceptible d’être sympathisante de la noble cause
palestinienne est écarté.
Dray, Harlem, Boutih et toute la garde prétorienne furent largement
récompensés : des postes et des prébendes furent distribués par le PS
sans compter.
Par contre, les beurs sur le dos desquels ce mirage s’est monté,
moisissent toujours dans leurs cités délabrées et se débattent encore
dans leurs problèmes récurrents.

Histoire secrète de SOS-Racisme, Serge Malik, 1990, Albin Michel L’autre
mirage
Le phénomène SOS n’a été qu’un feu de paille et son parcours s’est
achevé en cul-de-sac. Les manipulateurs fourbissent leur nouvelle arme
en allant puiser dans la décharge des idées coloniales : « libérer » la
femme du « joug de l’homme indigène brutal et barbare ».
Les marionnettes de « ni putes ni soumises » sont les nouveaux indigènes
médiateurs. Le statut du beur se mua de victime en violeur, tortionnaire
de ses sœurs, nazillon, antisémite et intégriste voire dangereux membre
potentiel d’Al Qaeda menaçant la république et la laïcité.
Ainsi de « Touche pas à mon pote » on passe à « Casse la gueule à mon
pote ».
Cette nouvelle supercherie est non seulement sponsorisée par les
proxénètes de la finance, de la politique des médias
(
http://www.acrimed.org/) et du show-biz mais malheureusement elle est
aussi soutenue par d’autres victimes manipulées

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12:21 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

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