21/05/2007

21/05/2007: Le programme électoral du Ptb: Préserver la terre pour les générations futures. Que les plus gros pollueurs supportent les charges les plus lourdes !

Le programme électoral du Ptb: Préserver la terre pour les générations futures. Que les plus gros pollueurs supportent les charges les plus lourdes !

 

4. Préserver la terre pour les générations futures. Que les plus gros pollueurs supportent les charges les plus lourdes !

Le réchauffement climatique est un problème très grave qui requiert des solutions urgentes, collectives et globales. Le gouvernement libéral-socialiste cherche la solution dans des « mesures impopulaires » et dans des taxes qui frappent le revenu et le niveau de vie des simples citoyens. On pourrait imaginer d’autres solutions, plus sociales. Selon le principe qui dit que « les plus gros pollueurs paient », ce sont l’industrie et les producteurs d’énergie qui doivent fournir le plus gros effort. Le simple citoyen n’a pas les moyens d’investir dans des sources alternatives d’énergie et il doit par conséquent être aidé, si on veut qu’il économise l’énergie.

L’état de la situation

Les scientifiques se sont mis d’accord pour dire que l’activité humaine est à la base du réchauffement de la terre. Une hausse de la température de plus de 2 °C (par rapport au début du 19e siècle) peut avoir des conséquences catastrophiques. Actuellement, la hausse de la température est déjà de 0,7 °C, si bien que des mesures draconiennes sont nécessaires à court terme. Dans le cadre du protocole de Kyoto, la Belgique s’est engagée à réduire pour 2012 ses rejets de gaz à effet de serre de 7,5 % par rapport à 1990. Mais, aujourd’hui déjà, il semble qu’on n’y arrivera pas. L’Union européenne propose une réduction de 20 % pour 2020. C’est encore trop peu.

Qui est responsable des rejets de gaz à effet de serre en Belgique ? Par importance décroissante, on trouve : l’industrie (31 %), les producteurs d’énergie et surtout les centrales électriques (21 %), le trafic routier des personnes et des marchandises (18 %), les habitations (15 %), l’agriculture (9 %), le commerce et les services (4 %). Le secteur des déchets, le transport ferroviaire et la navigation intérieure n’y vont par ailleurs que d’une contribution marginale (1 % ou moins). La navigation maritime et surtout le trafic aérien dégagent également des gaz à effet de serre, mais leur contribution n’est pas reprise dans les statistiques nationales.

Un problème qui met en cause
une certaine vision de société

Il est très difficile, sinon impossible, d’imposer un arrêt définitif au rejet sans retenue des gaz à effet de serre dans une société au sein de laquelle les décisions concernant la production et les infrastructures sont déterminées par des entreprises privées en quête permanente de profit. Les producteurs privés d’énergie ont intérêt à ce que la consommation soit la plus grande possible. Pour accroître leur profit, les entreprises produisent dans des pays à bas salaires et acheminent ensuite leur production vers des consommateurs se trouvant à des milliers de kilomètres. Camions et avions sont responsables d’un cinquième des gaz à effet de serre. Bien que les économies d’énergie à long terme soient également avantageuses pour les entreprises, celles-ci ne s’y résolvent souvent pas parce que leurs actionnaires cherchent avant tout un rendement à court terme. Depuis des années déjà, l’Union européenne cherche des fonds pour la mise en place d’un réseau ferroviaire et d’un réseau de navigation réellement modernes. Mais la plupart des entreprises donnent leur préférence au transport routier et font assumer par la communauté les coûts du réseau routier et des conséquences sur l’environnement.

Le problème du rejet de CO2 et du réchauffement qui y est lié dépasse souvent les possibilités des entreprises. C’est pourquoi les autorités doivent prendre des initiatives sur le plan d’une politique énergétique globale.
Ce n’est que lorsque les grandes entreprises sont la propriété de la communauté et que l’économie est planifiée à long terme que les cartes sont réellement favorables à la réalisation du passage vers une production et des transports respectueux de l’environnement.
Dans l’intervalle, il faut obliger l’industrie à tendre vers une efficacité énergétique la plus élevée possible et à faire les investissements nécessaires en ce sens. Seuls des appareils et produits économisant l’énergie devraient encore pouvoir être mis sur le marché. En Belgique, les déperditions de courant par toutes sortes d’appareils coûtent en moyenne de 60 à 100 euros par an et par famille.

Généralisation des meilleures techniques disponibles dans l’industrie

Le rendement des centrales électriques actuelles n’est que de 30 %. Cela signifie que 70 % de l’énergie se perd sous forme de chaleur (vers l’atmosphère ou l’eau de refroidissement). Avec l’introduction d’un cycle combiné (une turbine à gaz accouplée à une turbine à vapeur), on peut obtenir un rendement de 52 %.

Utilisation de la chaleur excédentaire issue de
la production industrielle et de celle d’électricité

En appliquant la cogénération de chaleur, on peut même atteindre un rendement de 80 %. Ici, la chaleur excédentaire est récupérée utilement dans d’autres industries ou pour le chauffage (central) d’immeubles publics ou de logements. Ces systèmes de chauffage urbain existaient déjà dans les pays de l’Est et on les applique à nouveau aujourd’hui dans nombre de grandes villes allemandes. Dans le temps, des quartiers et des bâtiments publics de Charleroi étaient chauffés avec l’eau de refroidissement de Cockerill-Sambre et à Alost, on utilisait l’eau de refroidissement de la firme d’aliments Amylum. Aujourd’hui, ces installations ont été démantelées, soi-disant parce qu’elles étaient « trop chères ». Mais on n’a pas tenu compte de l’environnement… Dans les années 1980, les tours à appartements du Luchtbal, à Anvers, ont été chauffées avec la chaleur excédentaire de l’ancienne centrale électrique de Merksem. Aujourd’hui, on peut encore y voir la totalité de la tuyauterie utilisée à cet effet. La chaleur excédentaire de la zone portuaire anversoise est énorme. Les grandes entreprises récupèrent cette chaleur excédentaire dans la mesure où les coûts de récupération sont inférieurs au prix de l’énergie (déjà plus bas) qu’elles doivent payer elles-mêmes. Ce qui reste encore de cette énergie est définitivement perdu.
Nous demandons la réintroduction de ces systèmes partout où c’est possible.

D’importants investissements en transports publics de qualité et bon marché

Le secteur des transports – le transport routier – est celui dont le rejet de gaz à effet de serre croît le plus rapidement (de 14 % en 1990, sa part est passée à 18 % en 2004). Pour le transport des personnes, nous demandons d’importants investissements dans les infrastructures, le matériel et le personnel des chemins de fer, métros, tramways et autobus. Le RER, réseau express régional à Bruxelles et dans sa grande agglomération doit être réalisé rapidement. Nous voulons des transports publics bon marché qui soient attrayants et à même de convaincre les gens de laisser leur voiture le plus possible à la maison.

Le transport des marchandises sur longues distances : obligatoirement par rail ou par bateau

Alors qu’aujourd’hui de plus en plus de gens passent aux transports publics, une part de plus en plus grande du transport de marchandises se fait par camion. Cela vient de l’interdépendance croissante des entreprises (spécialisation et sous-traitance) et de l’introduction du système du just-in-time (travailler sans stocks). Les délocalisations font qu’il y a de plus en plus de transport des marchandises sur de longues distances. Les nombreux poids lourds rendent nos routes peu sûres, ils sont la cause des hauts coûts d’entretien de l’infrastructure routière et ils polluent l’atmosphère. Dans son Livre blanc, la Commission européenne déclare vouloir faire le transfert des marchandises de la route au rail. Mais du fait qu’elle a l’intention de le faire par la privatisation des chemins de fer, on ne voit rien venir. Nous proposons que le transport des marchandises sur de longues distances (par exemple, le transit par la Belgique) soit rendu obligatoire par chemin de fer (par l’entreprise publique B-Cargo) ou par bateau.

Le système du tiers payant pour
les investissements dans l’économie
de l’énergie par les particuliers

Les quelque 4,3 millions d’habitations de notre pays sont responsables du rejet d’une grande quantité de gaz à effet de serre. Bien des habitations sont encore mal isolées. Trois habitations sur dix n’ont pas de double vitrage, quatre sur dix sont dépourvues d’isolation de la toiture et six sur dix d’isolation murale. Bien des habitations ne sont pas encore équipées de chaudières performantes, bien que celles-ci soient aisément disponibles. La plupart des gens seraient d’accord d’investir dans l’économie d’énergie, mais ils n’ont pas l’argent pour le faire. C’est pourquoi nous proposons le système du tiers payant. Dans ce système, les investissements dans l’économie d’énergie sont payés par le fournisseur d’énergie ou par le gestionnaire du réseau, le paiement se fait dans la facture d’énergie (sans intérêts). Ici, la facture totale ne peut être majorée. Quand l’investissement a été totalement remboursé, la facture d’énergie de la famille sera moins élevée en raison de l’économie d’énergie réalisée.

Un plan pluriannuel facilitant le passage
à des sources alternatives d’énergie

Un plan pluriannuel est nécessaire pour réduire fortement la consommation des combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz) au profit des sources renouvelables d’énergie telles les énergies hydraulique, éolienne, solaire et la chaleur terrestre. Dans ces secteurs, il faudra investir beaucoup, à partir de la taxation des superprofits des compagnies pétrolières et gazières. Avec à peine 2 % d’énergie verte, la Belgique est la lanterne rouge de l’Europe.

Propositions d’action PTB+

  • Généralisation des meilleures techniques disponibles dans l’industrie pour :
    • Limiter le plus possible le rejet de gaz à effet de serre.
    • Rendre les produits les plus efficients possible sur le plan de l’énergie.
    • Obtenir les meilleurs rendements dans les centrales électriques.
  • Utilisation de la chaleur excédentaire de la production industrielle et d’électricité pour le chauffage des immeubles publics, des quartiers résidentiels, etc.
  • Importants investissements dans le secteur public (train, réseau express régional, métro, bus).
  • Transport des marchandises sur longues distances : obligatoirement par rail ou bateau.
  • Système du tiers payant pour les investissements dans l’économie d’énergie par les particuliers.
  • Plan pluriannuel favorisant l’abandon de l’énergie nucléaire et des centrales au charbon et le passage à des sources renouvelables d’énergie.

19:42 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, histoire, belgique, politique, ptb, communisme, elections, romain | |  Imprimer | | |

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