17/05/2007

16/05/2007: Le programme électoral du Ptb: 550 000 demandeurs d’emploi, pourquoi travailler plus longtemps ? Un emploi stable pour tout le monde....

3. 550 000 demandeurs d’emploi, pourquoi travailler plus longtemps ? Un emploi stable pour tout le monde.

Un emploi stable, voilà qui reste le principal souci de bien des jeunes. Alors que 110 000 hommes et femmes de moins de 25 ans sont à la recherche d’un emploi et qu’ils sont tout aussi nombreux à se traîner d’un emploi temporaire à un autre, le gouvernement décide que les plus âgés devront travailler plus longtemps. Où est la logique, dans tout cela ?
Il est quand même inadmissible que les plus âgés doivent travailler plus longtemps alors qu’il y a 550 000 demandeurs d’emploi. Au bout d’un an, 7 % des jeunes ayant terminé leurs études n’ont toujours aucune expérience du travail. Chez les moins qualifiés, ils sont 12 %.

Transformer les contrats temporaires en contrats définitifs


Chez Philips, à Bruges, 155 travailleurs à contrat définitif se sont mis en grève en mai 2006. Ils étaient devenus minoritaires dans leur entreprise face aux 185 intérimaires et aux dizaines de travailleurs temporaires.

De tous les contrats de travail qui ont pris fin en 2004 dans les grandes entreprises, la moitié représentait des contrats temporaires. C’est surtout chez les jeunes travailleurs que la situation prend des allures catastrophiques. La moitié d’entre eux (48,5 %) entament leur carrière avec un contrat temporaire : 17,5 % passent par une agence d’intérim ; 30 % travaillent sous contrat de travail à durée déterminée.

Dans le cadre de la « stratégie de Lisbonne », l’Union européenne entend réformer la législation du travail dans le sens de « contrats encore plus souples ». De ce fait, les droits acquis collectivement vont disparaître. La Commission européenne veut des réglementations plus souples en matière de licenciement et elle veut davantage de travail intérimaire et de contrats temporaires.

Dans certaines entreprises, les syndicats parviennent à imposer un pourcentage maximal de contrats temporaires. Oui, nous voulons des limites strictes à l’utilisation d’intérimaires, de contrats temporaires et de sous-traitants. Nous voulons transformer obligatoirement tout contrat temporaire en contrat définitif, et ce, après six mois chez le même patron. Nous proposons que, par entreprise, pas plus de 3 % du personnel ne puisse travailler avec un contrat temporaire.

Rétablir la prépension, avec embauche d’un jeune chômeur

Le pacte des générations du gouvernement libéral-socialiste imposé en 2005 constitue un grand pas en arrière sur le plan social. Dans les faits, la prépension est supprimée pour les victimes des restructurations d’entreprises. Toute personne licenciée doit rester disponible jusqu’à l’âge de 58 ans et accepter n’importe quel emploi. Les conditions de prépension ont été durcies : il faut avoir 60 ans et une carrière de 35 ans.

Nous voulons un rétablissement de la prépension et du remplacement obligatoire par un jeune. Le droit à la prépension contribue au renforcement de la solidarité entre les générations.

Nous voulons qu’en cas de crédit-temps et d’interruption de carrière, le remplacement obligatoire soit également de mise.

Sanctionner les entreprises rentables
qui licencient massivement

Les entreprises rationalisent, licencient en masse et délocalisent, même si elles réalisent des bénéfices énormes : en 2006, VW a engrangé 4,75 milliards d’euros de bénéfices, mais a pourtant licencié 20 000 travailleurs en Allemagne et 3 000 à Forest afin de pouvoir faire encore plus de bénéfices. En Belgique, la productivité est la plus élevée d’Europe ; le PIB (la richesse produite en un an) par travailleur est de 20 % plus élevé que la moyenne européenne. Il faut donc prévoir des sanctions contre les entreprises qui ne respectent pas leurs engagements. Il doit y avoir un accès complet aux informations économiques et financières des entreprises et des groupes financiers dont elles font partie.

Il faut pour cela une « loi VW » pour remplacer la « loi Renault » et qui comprenne, en fait de sanctions : le remboursement de tous les subsides, le remboursement de la réduction des cotisations patronales. Et de lourdes sanctions contre les entreprises rentables qui licencient sans assurer au préalable des emplois de remplacement. Nous soutenons la proposition de loi Decroly et celle de Galand, qui vont dans la même direction.

Des entreprises publiques dans le secteur social
et celui des services

Les cotisations patronales à la sécurité sociale ont été réduites d’au moins 6 milliards d’euros. Les autorités n’auraient-elles pas mieux investi elles-mêmes cet argent dans de nouveaux emplois ? L’union flamande des villes et communes s’est déjà exprimée en ce sens. Si l’État prend lui-même des initiatives dans les secteurs où naissent de nouveaux besoins, le rendement en emplois créés sera même doublé.

Il y a l’exemple des chèques-service. L’an dernier, ceux-ci auraient fourni 25 000 emplois. Mais 75 % des coûts, soit 528 millions d’euros, ont été payés avec l’argent de la sécurité sociale. Ce sont sans doute les emplois les plus chers qu’on n’ait jamais « créés ».
Dans le système des chèques-service, c’est l’État qui subsidie les employeurs en leur payant entre 1 et 5 euros de l’heure pour chaque emploi. Et le côté travailleurs de la médaille ? Le travail lourd dans ces secteurs est remplacé par des emplois bidon sous-payés, au lieu de véritables emplois à part entière.

Nous voulons plus de personnel dans le secteur des soins (hôpitaux, maisons de repos, garderies d’enfants, soins de santé mentale, soins à domicile, médicaux et non médicaux…) et dans celui de l’enseignement. À payer également, entre autres, avec ce que pourrait rapporter l’application du modèle kiwi (voir point 1).
Nous voulons des entreprises publiques sous contrôle démocratique, en premier lieu dans les régions où le chômage sévit le plus et dans les secteurs orientés vers l’avenir.

Propositions d’action PTB+

  • Transformation obligatoire des contrats temporaires en contrats à durée indéterminée après six mois de service.
  • Rétablissement de la prépension avec remplacement obligatoire par un jeune. Les travailleurs qui s’en vont (provisoirement) doivent être remplacés.
  • Sanctions contre les entreprises rentables qui licencient massivement.
  • Entreprises publiques dans le secteur des soins et des services, au lieu de chèques-service.

14:20 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

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