18/04/2007

18/04/2007: Elections • Claudine Mahy, alias la chanteuse Mémé Loubard, sur la liste PTB+ ...

BELGIQUE: Hainaut: Charleroi: Courcelles: Elections législatives du 10 juin 2007: une très bonne candidate Ptb et un très bon choix politique ...

 

Elections • Claudine Mahy, alias la chanteuse Mémé Loubard, sur la liste PTB+

Claudine Mahy, alias Mémé Loubard, chante les ouvriers, les démunis, l’injustice. Son vécu, quoi. Le 10 juin, elle sera 2e sur la liste PTB+ pour la Chambre (Hainaut).

Myriam De Ly
18-04-2007

Le premier contact que j’ai eu avec Claudine, c’était pour une soirée de solidarité avec les ouvriers de VW, à « La Braise » de Charleroi. Je lui demande, timidement, si elle peut venir chanter. Bénévolement. Elle me répond tout de suite : « Oyi, èm’ fîye !». La solidarité spontanée.

Cette même réaction qu’elle avait eue, il y a peu de temps, lors de l’émission « La vie en plus », sur la RTBF, alors qu’un petit vieux expliquait qu’il ne savait pas où aller. Sa réponse sur le plateau : « Viens chez moi, Marcel ! » Quatre mots qui ont frappé beaucoup de gens. Ça, c’est Claudine Mahy.

C’est ainsi que mon cœur a battu un peu plus fort, lorsque son amie et bras droit, Nicole, me téléphone, fin mars : « Claudine voudrait se mettre sur une liste électorale et on aimerait te parler… »

La future Mémé Loubard naît en 1937 dans une famille ouvrière. Son père, mineur, se bat pour les droits des ouvriers. Elle-même fait très tôt l’expérience du travail rude. Elle exerce plusieurs métiers d’homme (abattre des cheminées, conduire des poids lourds…) pour assurer sa survie et celle de ses trois enfants. À trente ans, elle apprend le métier de boulanger, profession qu’elle exercera durant 22 ans. Puis, de 52 à 65 ans, elle vend des tissus et de la mercerie sur les marchés.

Parallèlement, elle exprime en chansons son vécu, la défense des ouvriers et des plus démunis, l’injustice… Ayant vécu la misère noire à une époque de sa vie, elle sait de quoi elle parle.

Pourquoi as-tu choisi de te mettre sur les listes du PTB ?

Claudine Mahy. Parce que vous êtes les plus honnêtes et parce que c’est exactement mes idées. Parce que « les gens d’abord et pas le profit », c’est déjà une devise extra ordinaire. Moi, je suis une fille du peuple, je suis ouvrière. Et je sais ce que sont les vraies valeurs. J’ai bien lu le programme du PTB : c’est le seul parti dans lequel je me reconnais. Un parti qui défend le vrai socialisme de mes parents, où je reconnais les idées de Jules Destrée [socialiste belge, 1863-1936] de Jean Jaurès [socialiste français, 1859-1914]. Le PTB, c’est une union de gens qui ont le réalisme de la vie.

Pour beaucoup de gens, le PTB c’est un parti extrême, alors que ce n’est pas vrai. Vous n’êtes pas dans l’extrême. Vous êtes dans la réalité des choses, vous. Pour moi, voter PTB est un vote utile et de raison. Aujourd’hui, le PTB est le seul parti qui présente une alternative sérieuse à toutes ces politiques où l’humain ne compte pas, où seul les gros sous sont importants.

Dès l’annonce de ta candidature dans les médias, tu as eu beaucoup de réactions...

Claudine Mahy. Enormément. Des gens de La Louvière, de Quaregnon, des dizaines et des dizaines. Entre 150 et 200. Certains m’ont téléphoné, d’autres sont venus me voir : « C’est bien, je vote pour toi. » Hier j’ai reçu un mail de Quaregnon : « Je suis fier de toi, je suis content, il me faut des papiers à distribuer. Si tu as besoin de moi, je suis là ». Cet homme fait une brocante tous les dimanches. Je vais lui envoyer mon dépliant, il va l’imprimer chez lui et le donner aux brocanteurs.

Qu’est-ce qui te branche dans le programme du PTB ?

Claudine Mahy. Je vous rejoins en premier lieu sur la question des médicaments. Là, il y a à faire. Les gens vont chez le médecin, mais après, ils n’ont plus de quoi aller chez le pharmacien. Moi-même, j’ai eu de gros problèmes de santé. Je dépense chaque mois 80 euros de médicaments, alors que je suis VIP0.

Autre point important, l’enseignement. Tout s’est dégradé, avec des classes de 30 à 35 élèves, les profs ne peuvent plus faire face. Les jeunes ne savent plus écrire sans faute. Aujourd’hui, il y a les écoles d’élite et les écoles spéciales.

La proposition du PTB de réduire le prix du gaz et de l’électricité, ça te rappelle un combat personnel...

Claudine Mahy. En 1982, on m’a coupé l’électricité pendant un an. J’ai porté plainte. C’est le cabinet d’avocats de Van Cau qui défendait Intercom. Le tribunal s’est déclaré incompétent. Je suis allée en appel, en cassation : c’était le même. Puis mon avocat a porté mon dossier devant la Cour des droits de l’Homme à Strasbourg. Là, on m’a mis 2 ampères, ainsi qu’à toutes les personnes à qui on avait coupé l’électricité. Quelques années après, c’est devenu les 4 ampères.

Et que manque-t-il dans le programme du PTB, selon toi ?

Claudine Mahy. La situation des petits indépendants et des marchands ambulants. En 1983, j’ai commencé à faire les marchés. J’ai connu un autre monde, celui des ambulants, jamais sûrs d’avoir une place, tributaires du temps, etc. C’est une corporation de travailleurs à aider. Lorsque j’ai travaillé en boulangerie, j’ai appris les problèmes du petit indépendant. Quand on a un retard de paiement dans les lois sociales, on n’a pas de couverture sociale, pas de mutuelle, on est réellement abandonné.

Je compte d’ailleurs faire une action envers les ambulants : leur donner une lettre dans une enveloppe qu’ils peuvent me renvoyer, en leur demandant ce qu’ils veulent vraiment changer. Avec le PTB, nous travaillerons sur leurs demandes pour faire bouger les choses.

Comment en es-tu arrivée à composer des chansons, à chanter ?

Claudine Mahy. J’ai commencé à chanter en 1982. Encore boulangère, je me suis acheté un orgue, je profitais de mes courts moments de liberté pour écrire de la musique, faire des chansons. En 1992, j’ai participé à un concours télévisé : le grand prix de la chanson wallonne. Depuis lors, je chante sur les grands podiums, dans les ducasses, pour les gens qui sont dans le besoin. J’ai écrit entre 250 et 300 chansons. Et il y en a encore dans les tiroirs...

Tu es aussi considérée comme une « ambassadrice de la chanson wallonne »...

Claudine Mahy. Je suis la seule femme qui travaille encore le wallon en chanson. Le théâtre wallon marche très bien, mais pas la chanson. En wallon, les mots portent plus, les mots sont des images. C’est une langue que j’aime depuis mon enfance et que doucement je sens mourir. Je me bats pour qu’elle survive.

Mais tout en défendant la langue wallonne, je suis belge avant tout. Je trouve dommage qu’on n’enseigne pas le flamand comme il faut dans les écoles. On ne devrait pas avoir de difficultés en Belgique pour se causer. Pour moi, on devrait faire un drapeau belge en y mettant le lion des Flandres, le coq de Wallonie et l’iris de Bruxelles.

Tu as toujours pris la défense des plus démunis…

Claudine Mahy. J’ai eu très faim, très froid dans ma vie. Cela m’a marqué. Je ne sais pas voir quelqu’un qui a faim. J’ai participé à la campagne « Un toit, mes droits » de Paul Trigalet [qui défend le droit au logement à Charleroi]. On a fait une cassette avec des chansons. [Elle entame les premières phrases d’une chanson :] « Sans domicile et sans maison, dormant dans une caisse en carton… » Ça, tout le monde le chante avec moi, tout le monde connaît. On a fait les marchés avec ça.

Un jour, j’étais en face de l’hôpital civil de Charleroi. Le placier [qui attribue les places au marché] me dit : « Claudine, il faut arrêter, parce que la gendarmerie va venir t’arrêter… ». Je lui ai dit : « Eh bien, qu’ils viennent m’arrêter, mais je te demande trois minutes, je vais appeler la presse… » Tout ça parce que je revendiquais qu’on laisse entrer les gens qui dorment dehors dans une maison vide, inoccupée.

Trois jours après mon petit meeting improvisé, on a rénové la maison. J’ai fait même un rap sur les SDF. Cela plaît aussi aux jeunes, ils aiment moins les vieux machins, mais malgré tout j’ai des supporters. Les jeunes, ils aiment ma façon de réagir.

« Prunelle », la dernière jument qu’on a remontée du Bourbier, charbonnage de Châtelet. Claudine Mahy lui a consacré une chanson.

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Tu as aussi écrit sur les mines...

Claudine Mahy. Bien sûr, mon papa était mineur. J’ai ça dans le sang. J’ai eu la grande chance de participer à la commémoration du 50e anniversaire de la catastrophe du Cazier. J’ai fait une chanson sur les hiercheuses [ouvrières qui poussaient les wagonnets remplis de charbon], les gueules noires et une chanson sur « Prunelle », la dernière jument de trait qu’on a remonté du Bourbier [voir photo].

Et tu as chanté sur l’immigration...

Claudine Mahy. Évidemment, beaucoup. Parce que je l’ai vécue. J’ai vu arriver les Italiens en Belgique et croyez-moi, ils ont souffert.

Un autre thème qui revient dans tes chansons, ce sont les enfants...

Claudine Mahy. J’ai écrit deux chansons pour Amnesty. J’ai visionné des cassettes sur le travail des enfants, la prostitution des enfants, l’enfermement des gens qui comme moi clament leurs idées, et qui sont en prison. Je me suis occupée aussi de la mycoviscidose. J’ai un fils qui est mort de cette maladie à l’âge de deux ans. J’ai fondé une asbl : « SOS Muco ».

Comment es-tu devenue « mémé loubard » ?

Claudine Mahy. C’était en 2001, j’avais 64 ans. C’est une histoire entre une grand-mère et son petit-fils, que j’ai voulu épater. J’ai participé au concours « Pour la gloire » à la RTBf, habillée en costume de motard, chantant « mémé loubard », une chanson amusante, un gros blues. Depuis, les gens me connaissent ainsi.

Des projets pour la campagne électorale ?

Claudine Mahy. Il est indispensable de faire savoir à tous que nous sommes là et qu’ils peuvent compter sur nous. Que chez nous, nous ne voulons pas d’escrocs, pas de détrousseurs du peuple, pas de parvenus, mais bien des personnes motivées pour servir et défendre la population.

Il faut qu’on nous voie partout, que l’on explique à tous les idées que nous défendons. Je serai dans la rue, sur les marchés publics, disponible pour ceux qui ont besoin de moi. Ce week-end, nous sommes allés sur le marché de Chatelineau et le lundi de Pâques à Chimay. Le PTB doit s’affirmer, se montrer, se faire connaître, contacter les gens. Une alternative existe pour le peuple, c’est le PTB.

www.claudinemahy.com

21:04 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

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