25/02/2007

24/02/007: PAPON : UNE VIE AU SERVICE DES BASSES ŒUVRES DE L’ETAT CAPITALISTE.

De : mikara [mailto:mikara@teaser.fr]
Envoyé : samedi 24 février 2007 22:26
À : sortir de l europe;

Objet : MORT de PAPON - declaration de l'URCF

 

PAPON : UNE VIE AU SERVICE DES BASSES ŒUVRES DE L’ETAT CAPITALISTE.

 « Mort d’un salaud », titrait « Libération ». Sans contester le qualificatif, les Révolutionnaires-Communistes de l’URCF ne peuvent, sans diminuer les responsabilités de l’homme Papon, passer à côté des responsabilités de sa classe sociale : la bourgeoisie, éluder ce fait, toute sa vie Papon plaça son activité dans l’appareil d’Etat  du capital.

Papon commence sa carrière de haut bureaucrate d’Etat, dans les cabinets des gouvernements conservateurs ou radicaux de la IIIème République : Tardieu, Chautemps, Laval. Papon rejoint le parti Radical, alors pilier du pouvoir du capital.

Après  la débâcle de 1940, Papon opte pour le soutien actif au régime de Vichy. « Le Monde»  écrit « il glisse donc du radicalisme à la révolution nationale » camouflage idéologique et politique de la politique de collaboration de la majorité des monopoles français, de la nazification de la France par Pétain et Laval.

Papon vise à assurer la continuité de l’appareil d’Etat bourgeois, il devient sous-préfet de l’Aquitaine et va gérer pour l’occupant fasciste, les secteurs clés : carburants, circulation, réquisitions allemandes, bureau des questions juives.

Dans cette « fonction », Papon va superviser et organiser la déportation de 1600 juifs dont 130 enfants de moins de 13 ans, les condamnant à de rares exceptions à une mort certaine. Papon prétendra après-guerre avoir évité le pire et sauvé des personnes de la déportation, nul document ne confirmera ses allégations. A son procès, 45 ans après les faits, il déclarera « Je ne regrette rien, si c’était à refaire, je le referais ! ».

En 1943, c’est le tournant de la seconde guerre mondiale antifasciste, avec la victoire de l’Armée Rouge soviétique à Stalingrad. Dès lors, les monopoles vont changer leur fusil d’épaule et tout en soutenant le régime de Vichy, commencer à prendre contact avec la résistance gaulliste, pour pérenniser le système d’exploitation et par peur et haine du communisme. Papon, alors préfet du Lot, prend contact avec la Résistance. Bien que décoré en tant que « résistant », il n’a jamais démontré ses faits d’armes, son mérite aux yeux de la classe capitaliste, est d’avoir assurer la continuité des institutions du capital, en se ralliant au général De gaulle.

Papon devient successivement préfet des Landes, de Corse, puis de Constantine. En Algérie coloniale et au Maroc, il occupera de hautes fonctions comme inspecteur général  de l’administration, en clair, un rouage indispensable de la politique colonialiste de l’impérialisme français.

Homme lige de la IVème République, Papon n’aura aucun état d’âme pour se rallier  aux actions de rue des gaullistes (alors qu’il dit détester le désordre) et à l’instauration de la constitution bonapartiste de la Vème république. Son ralliement est une fois de plus récompensé, puisque de gaulle le nomme : préfet de police de Paris de 1958 à 1967.

En octobre 1961, confrontée aux succès du mouvement de libération nationale algérien, la police va se livrer à une répression tous azimuts contre les patriotes algériens.

Le 17 octobre de cette année, le FLN organise une manifestation à Paris. La répression sera terrible, au moins 200 algériens vont être assassinés (les rapports officiels font état de trois victimes) mais à la morgue seront envoyés les corps de plus de 150 militants jetés dans la Seine. A l’institut médico-légal, on trouve le nom des victimes dans les archives sous la rubrique « repêchés », citons quelques victimes dont les noms se trouvent dans un article de « Libération » : « Derouez Abdelkader MORT, Belkacem Achour MORT, Meziane Akli MORT… »  Ce fut une véritable chasse à l’homme à caractère raciste affirmé. Papon dirigea les opérations. C’est là un des innombrables crimes de l’impérialisme français. Justice sera faite quand la classe ouvrière dirigera la France.

Un an plus tard, ce fut la brutale répression de Charonne.

Rappelons le contexte, en 1962, l’indépendance de l’Algérie apparaît comme inéluctable. Le pouvoir gaulliste ne renonce pas à sauvegarder l’empire colonial et tente de gagner du temps. Les négociations avec le GPRA (gouvernement algérien en exil) ont été suspendues par le  gouvernement Debré dès le 28 juillet 1961.

Les fascistes de l’OAS, tenants de « l’Algérie française » multiplient les attentats en métropole et en Algérie. Le 7 février 1962, dix attentats sont commis à Paris visant des élus du PCF, des universitaires, des officiers opposés à l’OAS, le ministre de la culture André Malraux. Concernant ce dernier, l’OAS va se tromper d’étage et atteindre grièvement, une petite fille de 4 ans Delphine Renard devenue aveugle et défigurée.

Malgré l’interdiction faite de manifester à paris (Etat d’urgence en vigueur), l’indignation est telle que les forces démocratiques et le PCF appellent  à une manifestation le 8 février, pour dénoncer les crimes de l’OAS.

Les consignes données par le préfet Papon sont claires : il ne faut tolérer aucun rassemblement et «  faire preuve d’énergie dans la dispersion des manifestants. Papon a mis en place un véritable dispositif de guerre civile avec  2845 CRS, gendarmes mobiles, policiers qui encerclent l’est parisien.

La police matraque à tout va y compris les passants quelque soit leur âge : vieillards, enfants, femmes… les charges de CRS s’effectuent dans les cafés et bouches de métro. Par ordre de la préfecture, les stations de métro ont été fermées. Or la tactique des corps répressifs est de pousser les manifestants vers les bouches de métro. Là vont s’entasser des dizaines de manifestants, pris au piège. La police a même été jusqu’à balancer des grilles de fer ( 40 kg) entourant les arbres, sur les manifestants aux portes des métros.

Le bilan est accusateur des méthodes de type fasciste de la préfecture : 8 morts, des centaines de blessés.

Tous les morts appartiennent au PCF. Leur nom ne sera jamais oublié, victime de la réaction et de l’appareil d’Etat capitaliste : Jean-Pierre Bernard 30 ans dessinateur industriel, Fanny Dewerpe 31 secrétaire, Daniel Féry 15 ans apprenti, Anne Godeau, 24 ans employée, Edouard Lemarchand, 41 ans menuisier, Suzanne martorell, 36 employée à « l’Humanité », Hypoyte Pina, 58 ans maçon, Raymond Wintgens, 44 ans typographe ( tous tués à la station Charonne), Maurice Pochard ( mort des suites de ses graves blessures), 48 ans.

La répression va soulever la colère de la classe ouvrière et des travailleurs, la grève générale du 13 février précédée de nombreux arrêts de travail les jours précédents l’atteste. 1million de manifestants feront des obsèques des victimes de la répression policière, une journée de recueillement et de colère contre le pouvoir gaulliste.

Les honneurs ne vont cesser de récompenser, cet « illustre » exécuteur des basses œuvres du régime que fut Papon. 

Illustrant l’analyse de Lénine sur la fusion des l’appareil d’Etat et des conseils d’administration des monopoles au stade impérialiste du capitalisme, Papon va  devenir PDG de Sud-Aviation, puis deviendra député gaulliste et ministre du budget sous Giscard d’Estaing.

Le 8 décembre 1981, « le canard enchaîné » va révéler au grand jour les archives de la préfecture de Bordeaux, documents accusateurs contre papon. Les divers gouvernements de droite et de gauche  et leur ministre de la justice ne feront rien pour régler traduire rapidement Papon devant les tribunaux, ils misent sur sa mort vu son grand âge, mais le bourreau des Juifs, des Algériens, des communistes et démocrates a la vie dure.  L’instruction ouverte en 1983 durera 12 ans !

En 1998, Papon est condamné à dix ans de réclusion pour » complicité de crimes contre l’humanité ».  Vieillard aussi pleutre qu’il fut répressif, Papon arguera de son état de santé pour finir par être libéré pour « raisons de santé ». la justice de classe est moins indulgente pour les prisonniers d’Action Directe, tous malades gravement ou pour Ibrahim Abdallah.

La vie de Papon  illustre que la haute bureaucratie d’Etat est prête à n’importe quel crime pour pérenniser le système capitaliste et la dictature de classe de l’oligarchie financière.

URCF le 19 février 2007.

14:33 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fascisme, capitalisme, oppression capitaliste, repression, injustice, paris, democratie, liberte, algerie, romain, courcelles, belgique, histoire, actualite, presse, colonialisme, crimes, europe, euro-dictature, silence, france | |  Imprimer | | |

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