17/02/2007

15/02/2007: Belgique: les luttes et actions ouvrières et syndicales, dans SYNINFO

Belgique: les luttes et actions ouvrières et syndicales, dans SYNINFO

 

Syninfo[roger1]    jeudi 15 février 2007

 

 

Négociations CCT :

6 % d’augmentation : les carriers renvoient la norme salariale à la poubelle

 

 

Cher(e) militant(e) syndical(e),

 

Ça y est ! Le premier projet de CCT sectorielle a débarqué. La CCT des carriers contient une augmentation salariale de 5,5 à 6 %. La CCT n’accepte pas non plus de « mécanismes de correction » qui rabotent l’index. Autrement dit, comment un petit secteur pourrait inspirer l’ensemble du mouvement syndical.

 

Après menace de grève : une première CCT enfonce la norme salariale.

Qui connaît le secteur des carrières ? Il s’agit ici de 900 travailleurs des carrières : exploitation des roches calcareuses et de la chaux, fours à chaux, carrières et fours à dolomies… Depuis le 5 février, ils ont lancé dans leurs entreprises une série d’actions pour leur CCT. La précédente CCT leur octroyait 5 %. Aujourd’hui, il s’agit de 5,5 à 6 %. Dans nombre d’entreprises, il y a encore des négociations pour obtenir davantage. Les 900 travailleurs foulent ainsi aux pieds la norme salariale (indicative) de 5 % de l’accord interprofessionnel (AIP) qui vient d’être conclu. « Je m’attends à ce que plusieurs secteurs dépassent la norme salariale », déclare le secrétaire fédéral Paul Lootens (Centrale générale FGTB) (De Morgen, 12 février 2007).

En même temps, leurs syndicats refusent dans la CCT tout « mécanisme de correction » vers le bas, qui annule l’augmentation du pouvoir d’achat si l’index grimpe « trop haut ».

 

Nico Cué, secrétaire général FGTB des métallos de Wallonie-Bruxelles : « Nous refusons de nous laisser enfermer dans un carcan. »

Lors des votes autour de l’AIP, il apparaissait déjà clairement qu’une bonne dose de mécontentement subsistait chez les travailleurs du fait que le pouvoir d’achat n’augmentait pas (sauf pour les salaires minimaux), alors que les bénéfices élevés et les gros salaires des PDG ne cessaient de s’accroître. À chacun sa part du gâteau, avait-on dit pourtant…

Chez les métallos aussi, on réclame une « hausse substantielle du pouvoir d’achat » et on entend de plus en plus de critique à l’encontre de la loi salariale ou loi sur la compétitivité de 1996. Nico Cué, secrétaire général FGTB des métallos de Wallonie-Bruxelles : « Nous refusons de nous laisser enfermer dans un carcan imposé par la loi de 1996 qui ne correspond pas à la réalité et ne nous permet pas d’assurer la juste répartition des richesses. »  

(Pour en savoir plus, lisez www.solidaire.org - Accord Interprofessionnel • L’heure est aux négociations dans les secteurs – Bob, insérer le lien ici)

 

Bruno Bodson, secrétaire national du syndicat des employés CNE-CSC-industrie : « Nous voulons une augmentation considérable de la masse salariale. »

 

Mêmes doléances du côté des syndicats employés. Bruno Bodson, secrétaire national du syndicat chrétien des employés CNE Industrie : « Où est le partage des fruits de la croissance ? La rémunération du capital dans le secteur alimentaire a été multipliée par quatre de 2003 à 2005. Nous voulons une augmentation considérable de la masse salariale. »

(Pour en savoir plus, lisez www.solidaire.org Accord Interprofessionnel • L’heure est aux négociations dans les secteurs – Bob, insérer le lien ici)

À Caterpillar (Gosselies), ils veulent au moins 6 %, la même chose pour tout le monde, sans flexibilité salariale. À la STIB (transports en commun bruxellois), les syndicats réclament 7,7 % d’augmentation.

 

 

IG-Metall veut 6,5 % : ne devions-nous pas suivre les pays voisins ?

 

Hors de nos frontières aussi, les travailleurs réclament leur part. En Allemagne, IG-Metall, le plus gros syndicat, veut une augmentation salariale de 6,5 % pour 2007. Cela concerne 3,4 millions de travailleurs. D’autres secteurs allemands réclament également de fortes hausses des salaires.

Ne devions-nous pas toujours calquer nos salaires sur ceux de nos pays voisins ? Pourquoi attendre, dans ce cas ?

 

Les syndicats des employés BBTK-SETCa et CNE-LBC s’opposent bec et ongles aux « all-in » ou aux clauses de « correction » dans les CCT à venir.

 

Des mots compliqués pour dissimuler l’attaque patronale contre l’index. Ce fut le cas dans le secteur de la métallurgie l’an dernier : l’augmentation de 0,4 % de septembre n’a pas été accordée du fait que l’index avait franchi une certaine limite. Dans sa CCT figurait un tel mécanisme correcteur. Dans l’AIP, les patrons sont parvenus à faire figurer qu’un tel mécanisme correcteur était « recommandé ». Ils mettront certainement la chose sur le tapis. Le secrétaire général de la LBC, Ferre Wijckmans, a réagi tout de suite : « Nous ne voyons pas de raison d’en arriver à de nouveaux accords sur les corrections salariales. (…) Avec ce système, le patron fait retomber l’incertitude du côté du travailleur. Si l’inflation est plus élevée qu’escompté, le travailleur reçoit moins d’augmentation. » (Visie, 26 janvier 2007, De Tijd, 13 février 2007)

 

Le ministre SP.a de l’Emploi, Peter Van Velthoven, ouvre la porte toute grande à la détérioration des conditions de salaire et de travail dans la logistique…

Vous travaillez dans la métallurgie, la chimie, le textile, l’alimentation… Mais votre boulot a trait à l’emballage, le stockage, le transport du produit…. Accrochez-vous, dans ce cas. Le ministre a sorti de ses tiroirs un projet de loi fin prêt pour soumettre ces activités à une commission paritaire spéciale n° 140 ; « la logistique ».

Donc, au diable les Commissions paritaires (CP) là où elles existent aujourd’hui, ou qu’il s’agisse de la métallurgie, la chimie, le textile ou autre. Résultat : à terme, ces travailleurs vont se retrouver sous des CCT avec de nettement moins bonnes conditions de salaire et de travail. Evidemment, ça va encore faire le beurre des patrons.

La FGTB-métallurgie flamande a réagi méchamment par la bouche de Herwig Jorissen : « À quoi sert de vouloir faire venir des travailleurs du SP.a au parlement, si, par ailleurs, un ministre du même parti met en danger les conditions de travail et de salaire de ces mêmes travailleurs ? »  (De nieuwe Werker, 9 février 2007).

 

Appel de la CSC-Bruxelles et de la Centrale générale de la FGTB à la solidarité avec la déléguée CSC licenciée, Maria Vindevoghel, vendredi 16 février, lors de son procès.

 

Dans un communiqué, le secrétaire de la CSC, Guy Tordeur, lance un appel à être présents en masse au procès de la déléguée Maria Vindevoghel. En juillet 2005, celle-ci avait été injustement licenciée par son patron, Flightcare, à l’aéroport de Zaventem. L’an dernier, le tribunal du travail donnait raison à Maria, mais Flightcare est allé en appel. Celui qui lui a succédé, Corg Kirlangic, a lui aussi été licencié. Guy Tordeur : « Il ne s’agit pas ici que de la protection de deux délégués de la CSC. Flightcare est occupé à rendre impossible toute forme de travail syndical à l’aéroport ! »

La Centrale générale de la FGTB lance elle aussi un appel à manifester sa présence.

Rendez-vous : vendredi 16 février, 14 h, Cour du Travail, place Poelaert, 1000 Bruxelles (juste en face du Palais de Justice). 

 

Avec nos salutations amicales,

Jef Bruynseels

Johnny Coopmans

Jo Cottenier

 

11:44 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, romain, courcelles, histoire, actualite, silence, syndicats, social, luttes | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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