08/11/2006

08/11/2006: ... Sur un banc...

 

... Sur un banc...

Bonjour monsieur. . .

Bonjour petit...

L'homme : tu es bien gentil. Comment t'appelles-tu ?

L'enfant: merci! En principe, je m'appelle Abdelouahab.

L'homme: joli prénom. Moi c'est Jean Pierre. Tu as l'air bien rêveur... Tu vis par ici ?

L'enfant: je crois, enfin je pense...

L'homme: tu penses! Tu n'en es. pas sûr? Tu as bien une adresse?

L'enfant: hooo oui monsieur... L'enfant le regarda avec un regard perdu...

L'homme: (l'air étonné) tu habites où, Abdelouahab?

L'enfant: sur la place là-bas, dans l'église... L'homme: (soudain, il vit dans les yeux du petit une grande tristesse) tu habites dans

l'église, c'est une: bien grande maison. Tu as de la chance, et en plus tu es au centre de la

ville entouré de jolis magasins...

L'enfant: oui, c'est vrai. Mais je ne vais jamais au magasin. Moi, ma nourriture

s'appelle « VIVRES », mes vêtements sont des « DONS» et mes chaussures aussi. Je

n 'ai pas de jouets à moi, ils ont tous déjà servis, ils sont sans énigmes et sans vie car ils

ne m'appartiennent pas...

L'homme: (surpris et triste a la fois) mais, dis-moi, tu es de quelle nationalité, où es-

tu né ? L'enfant: je suis né ici, pas très loin, ma nationalité, Monsieur, c'est « SANS

PAPIER» et j'ai très peur...

L'homme sans voix: peur petit, mais de quoi donc?

L'enfant :je suis né ici, je n'ai pas de racine car papa m'a dit « attends avant de

regarder leur soleil car, vois-tu mon fils, ici, il n'est pas à nous. Et peut-être qu'un jour,

ils nous renverront là-bas, dans le pays dont on ne veut plus ». Alors, Monsieur Jean

Pierre, j'ai très peur car ce pays dont papa me parle, je ne le connais pas. Et papa est

toujours très abattu quand il en parle, maman pleure quand l'église sonne, alors j'ai peur de regarder le soleil et je ne sais pas pourquoi... .

L 'homme les yeux remplis de tristesse et ,de honte lui dit : moi je suis d'ici et, j'ai

honte de te l'avouer, mais, vois-tu Abdelouahab, mon soleil, je t:e l' offre et ta nationalité

sera la mienne car tes yeux sont ceux d'un homme de valeur. Et,.surtout dis à ton papa

et à ta maman que le soleil est pour tous sur cette terre et que la frontière est dans la tête

des grands, mais que dans le cœur des justes, lès hommes sont tous « EGAUX». Il se

leva et serra l'enfant contre lui et s'en alla vers sa joumée...

Abdelouahab est rentré heureux et très ému en criant dans l'église à ce dieu universel,

MERCI

De m' avoir accordé la joie de rencontrer cet homme. Il m' a donné la clé qui me fera

croire en nous. PAPA, MAMAN, venez voir dehors. Le soleil brille et nous donne

l'espérance... Et le soleil sait que je m'appelle ABDELOUHAB....

Pour que le soleil brille de la même façon pour tous...

                     Frère Christine.. . .Un papillon

10:55 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, courcelles, histoire, actualite, charleroi, hainaut, europe, euro-dictature, 127bis, sans-papiers, expulsions, racisme, colonialisme, fascisme, injustice, capitalisme, liberte, democratie, afrique, romain | |  Imprimer | | |

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