16/05/2006

15/05/2006: BRUGES ET ANVERS: le racisme et le fascisme tuent !

BRUGES ET ANVERS: le racisme et le fascisme tuent !

----- Original Message -----
Sent: Monday, May 15, 2006 10:56 PM
Subject: BRUGES ET ANVERS

 
 
 
 
 

Les nationalistes flamands du Vlaams Belang accusés d'attiser la violence

LE MONDE | 13.05.06 | 13h51  •  Mis à jour le 13.05.06 | 13h51
ANVERS ENVOYÉ SPÉCIAL
 
  Hans Van Temsche, le jeune homme de 18 ans qui, jeudi 11 mai, à Anvers, a tué une Malienne et l'enfant belge dont elle s'occupait, après avoir grièvement blessé une femme d'origine turque, comptait sans doute abattre d'autres étrangers. C'est l'une des premières conclusions à laquelle est arrivé le juge d'instruction qui a pu l'interroger.
 
Blessé par un policier qui a arrêté sa course, l'étudiant avait sur lui de quoi recharger à plusieurs reprises le fusil de chasse qu'il venait d'acheter. Il avait laissé une lettre d'adieu pour ses proches. Le jeune homme n'a, semble-t-il, manifesté aucun regret devant le juge, déplorant seulement la présence "à la mauvaise heure, au mauvais endroit" de la petite fille de 2 ans et demi qu'il a tuée.
Van Temsche s'est revendiqué de la mouvance skinhead, majoritairement située à l'extrême droite en Belgique. Certains de ses amis affirment toutefois qu'il n'avait qu'une vague connaissance de ce mouvement violent et raciste. Même s'il s'en défend, le parti nationaliste flamand d'extrême droite Vlaams Belang - crédité de 25 % d'intentions de vote pour les prochaines municipales en Flandre dans cinq mois - a des liens avec certains groupes "skins" que l'on retrouve dans ses cortèges et rassemblements. Jeunes néonazis, hooligans et jeunesses nationalistes liées au Vlaams Belang se côtoient. L'un de leurs repaires, le café De Kastelein, a été fermé par le maire de Bruges, jeudi. C'est de là que sortaient, semble-t-il, trois skinheads qui, le 7 mai, ont violemment frappé Raphael Mensah, un Parisien d'origine africaine. Il est, à l'heure actuelle, toujours dans le coma.
Le double meurtre d'Anvers pourrait entraîner une modification de l'attitude des partis politiques flamands à l'égard du Vlaams Belang. Même s'il s'en défend, évoquant le comportement "honteux" de ceux qui l'accusent, le parti d'extrême droite est désigné par beaucoup comme le responsable indirect des crimes de jeudi. On lui reproche d'avoir empoisonné le climat politique et désigné, depuis plus de vingt ans, les étrangers comme les responsables de tous les maux.
"En Flandre, le racisme est devenu à la mode, chic, moderne", dénonçait jeudi l'éditorialiste de Het Volk. "Le contexte est celui d'une société qui, dans ses lois et ses prescriptions, condamne le racisme, mais qui l'absout dans la pratique", écrit De Morgen. "C'en est assez, nous ne voulons plus vivre dans un tel climat", lançait, de son côté, le quotidien populaire Het Laatste Nieuws. "Le discours de l'extrême droite a tellement déshumanisé l'autre, l'étranger, que le seuil empêchant le passage à la violence a été très abaissé", explique Guy Haarscheer, professeur de philosophie à l'Université libre de Bruxelles.
Longtemps réticents, les partis démocratiques pourraient, cette fois, suivre l'avis des francophones et enclencher les procédures permettant de punir le discours d'une formation qui a déjà été condamnée pour infractions aux dispositions légales sur le racisme et la xénophobie. La conséquence pourrait être la suppression de la dotation publique, calculée sur la base du nombre d'électeurs et qui permet au Vlaams Belang de faire financer sa propagande par la collectivité. "C'est bien, mais le plus grand scandale est qu'autant de gens continuent à voter pour une telle formation", souligne M. Haarscheer. Il invite les hommes politiques à lancer un projet ambitieux pour démonter les arguments du parti xénophobe.
La ministre de la justice, Laurette Onkelinx (PS), a annoncé une réforme des ventes d'armes. Mais des observateurs sont convaincus qu'il s'agit d'une question secondaire dans un pays qui, en quelques semaines, a assisté à plusieurs manifestations d'une hyper-violence, souvent teintée de racisme. Depuis novembre 2002, la seule Flandre a connu au moins six affaires sanglantes dont des personnes d'origine étrangère ont été les victimes.
Jean-Pierre Stroobants
Article paru dans l'édition du 14.05.06

21:39 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.