06/04/2006

05/04/2006: Bulletin trimestriel du Comité de surveillance OTAN,

----- Original Message -----
Sent: Wednesday, April 05, 2006 10:57 PM
Subject: Alerte OTAN ! n°21 Janvier-Mars 2006

Alerte OTAN !

Bulletin trimestriel du Comité de surveillance OTAN,
Numéro 21, janvier-mars 2006

Secrétariat : rue de Dublin, 31 ; 1050 Bruxelles
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Site internet : www.csotan.org

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068-2447491-14 au nom de CSOTAN

Sommaire


Vous pouvez faire part des réactions, remarques, critiques, encouragements, et autres commentaires que vous inspirent les articles de ce bulletin, en les publiant sur notre site : http://www.csotan.org/

Le CSO anime également une mailing list par laquelle vous pouvez notamment recevoir régulièrement des infos centrées sur l'OTAN, et où vous pouvez aussi diffuser vos avis et réflexions. Pour vous inscrire à cette liste, il suffit d'envoyer un e-mail vide à l'adresse alerte_otan-subscribe@yahoogroupes.fr


Édito

L’Otan hors d’Irak et d’Afghanistan !
Pas d’Otan en Iran !

Sur tous les continents, des centaines de milliers de manifestants sont descendus dans les rues pour réclamer la fin de l'occupation de l'Irak et mettre en garde contre la spirale des guerres dans lesquelles le gouvernement des Etats-Unis et l'Otan entraînent l'humanité. Notre pays participe à cette politique de guerre via son adhésion à l'Alliance Atlantique et cela, malgré l'opposition croissante de la population.

Le CSO a signé l'appel commun des organisations de paix, des syndicats et partis progressistes de Belgique à la manifestation internationale du 19 mars 2006 pour en finir avec l'occupation de l'Irak par les forces armées de la Coalition. Notre mot d'ordre était : PAS DE PARTICIPATION BELGE A L'OCCUPATION ! PAS D'OTAN EN IRAK !

Trois ans ont passé depuis l'invasion de l'Irak par les armées des Etats-Unis, de Grande Bretagne et les autres pays coalisés. Trois ans de massacres de populations civiles, de destructions massives de maisons, de démantèlement de tous les services publics et les infrastructures économiques. Trois ans qui ont fait éclater l'unité du pays, provoqué des affrontements religieux et communautaires dépassant tout ce que le pays avait connu jusque là.

Aucun des motifs invoqués pour cette agression n'était vrai :

  • Armes de destruction massive ? il n'y en avait pas ! et s'il faut en trouver c'est plutôt du côté des Etats-Unis et de la Coalition. Elles sont en train d'approvisionner les nouvelles bases militaires US disséminées sur tout le territoire irakien. Les armes chimiques, l'uranium appauvri, les bombes incendiaires sont largement utilisées au mépris du droit international, de la Charte des Nations Unies.
  • Droits de l'homme ? Libertés ? la prison d'Abou Graib disparaît, aussitôt remplacée par d'autres qui bafouent ces droits sans scrupules
  • Démocratie ? la volonté de l'immense majorité du peuple irakien de voir le départ des troupes d'occupation est ignorée !
  • Terrorisme ? l'agression a eu ce résultat extraordinaire de créer en Irak un terrorisme qui n'avait jamais existé auparavant.

Par contre, on a vu progressivement nos dirigeants politiques ingurgiter les (mé)faits accomplis et finir par les justifier. Il y a trois ans, ils s'opposaient publiquement à cette guerre sous l'énorme pression des populations qui n'en voulaient pas. Depuis lors, les concessions et les capitulations se sont succédé :

  • Le gouvernement belge a autorisé le passage des troupes US et d'armes vers l'Irak, l'utilisation du port d'Anvers et de couloirs aériens.
  • Le drapeau de l'OTAN ne « devait jamais flotter sur Bagdad », cependant une très importante académie militaire Otan s'y est installée. Au lieu de s'y opposer, le gouvernement belge a adopté la politique « d'abstention constructive » quant à l'intervention de l'Otan en Irak.

Il a juré de ne pas envoyer de soldats, mais il a fourni une aide financière et logistique, il a fourni des officiers instructeurs à l'Otan pour la formation de nouveaux cadres militaires irakiens, ainsi que des officiers et des magistrats au gouvernement irakien pour former sa nouvelle police et élaborer sa constitution. Ainsi, la Belgique collabore à cette occupation illégale et participe à l'encadrement des forces militaires et policières chargées d'écraser toute résistance populaire.

Il faut exiger de nos dirigeants politiques et du gouvernement belge de respecter au moins leurs propres engagements, quel que soit « le prix à payer pour s'être opposés aux Etats-Unis » dont se plaignait le Ministère de la Défense !

Cette exigence vaut pour l'Irak, mais aussi pour les nouvelles agressions qui se préparent. Notre actuel Ministre des Affaires Etrangères ne déclare-t-il pas docilement que « la menace principale est certainement l'Iran » ? L'annonce que l'OTAN pourrait aider aux frappes aériennes US contre l'Iran doit susciter la même vigilance et les mêmes réactions des organisations progressistes et pacifistes de notre pays !

N'attendons pas que l'Iran soit dévastée par les bombardiers traversant notre ciel pour protester. Cette agression a d'ailleurs déjà commencé : la propagande et la désinformation se déversent par les medias à doses massives. Continuons à exiger :

  • la primauté de la Charte des Nations Unies et du principe de souveraineté nationale
  • la dénonciation de tout accord secret qui oblige la Belgique à être complice d'agressions répétées
  • le refus de toute participation belge à l'occupation de l'Irak et à de nouvelles agressions contre l'Iran ou tout autre pays
  • le refus de collaborer avec toute intervention de l'Otan en Irak ou en Iran !
  • la destruction de l'arsenal de guerre nucléaire entreposé à Kleine Brogel et dans d'autres bases militaires d'Europe !

Bouc émissaire sacrifié à La Haye

Slobodan Milosevic est mort, alors que son procès entrait dans sa dernière ligne droite. Sans entrer dans la polémique entourant son décès, il est cependant clair que l'ancien président serait encore en vie si le Tribunal pénal international (TPI) sur l'ex-Yougoslavie n'avait pas rejeté sa demande d'être soigné à Moscou.

Ce qui était annoncé à son lancement – le 12 février 2002 – comme le « procès du siècle » a rapidement disparu des journaux télévisés et des manchettes des journaux. Sa longueur n'explique pas tout. En fait, avec Milosevic cumulant les rôles d'accusé et d'avocat, à la grande fureur de l'accusation, le procès a été un formidable retour sur les événements des années '90 dans les Balkans. Ce qui permit à l'accusé de donner également sa vision du démantèlement de la Yougoslavie et d'embarrasser significativement les procureurs et les médias. CNN a arrêté la retransmission en direct du procès quand Milosevic a fait projeter – lors de son discours d'ouverture – des vidéos montrant les «  dégâts collatéraux  » des bombardements de l'OTAN.

Rappelons que le président de Serbie, puis de Yougoslavie, était accusé de crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis au Kosovo, en Croatie et en Bosnie-Herzégovine. En outre, pour le massacre de Srebrenica, il était accusé du crime suprême, le génocide. Or, le moins que l'on puisse dire est que l'accusation – dirigée par le procureur Nice, adjoint de Carla Del Ponte – n'a pas réussi à établir de lien entre le pouvoir de Belgrade et les crimes commis par l'armée des Serbes bosniaques, commandée par le général Mladic. Des documents annoncés comme « irréfutables » n'ont jamais été produits ou n'ont rien prouvé, comme cette vidéo montrant des paramilitaires serbes exécutant des prisonniers musulmans de Srebrenica. Par défaut, l'accusation a confirmé les conclusions de l'Institut néerlandais de documentation de guerre (NIOD), qui a publié en 2002 son rapport sur les événements de Srebrenica, rapport demandé par le gouvernement néerlandais et qui provoqua sa chute (l'enclave était supposée être protégée par des Casques bleus bataves). Sa confection a nécessité plusieurs années de travail et il constitue, encore aujourd'hui, l'étude la plus fouillée sur le massacre. Alors qu'il faisait porter la responsabilité de la tuerie sur Mladic, il affirmait n'avoir « identifié aucun lien entre Srebrenica et Belgrade », donc avec Milosevic.

Au contraire, ce n'est que l'inculpation de Mladic, ainsi que de Karadzic, dirigeant politique des Serbes bosniaques, par le TPI en juillet 1995 qui permit à Milosevic de prendre le contrôle de ceux-ci et de signer en leur nom l'accord de Dayton, qui mit fin au conflit bosniaque. Jusqu'à ce moment, les relations entre la Serbie et ses cousins de Bosnie étaient tumultueuses, Belgrade leur imposant même un blocus à la mi-1994.

L'influence de Milosevic sur l'éphémère « république serbe de Krajina », proclamée en Croatie par les insurgés serbes, était probablement plus nette. Le premier président de cette entité, Milan Babic – retrouvé mort dans sa cellule une semaine avant Milosevic – avait été un des principaux témoins de l'accusation contre ce dernier. Son témoignage visait surtout à démontrer que Milosevic contrôlait les dirigeants politiques de la RSK. Et Babic donna comme principal exemple l'acharnement du président de Serbie à le forcer à signer un accord de cessez-le-feu et de permettre le déploiement de troupes de l'ONU. Donc, si Milosevic a été impliqué dans les guerres de Croatie et de Bosnie, il a le plus souvent eu un rôle modérateur face à des dirigeants locaux beaucoup plus radicaux et d'idéologie nettement plus nationaliste.

Un des principaux points marqués par la défense fut inscrit le 25 août 2005 quand l'accusation reconnut que Milosevic n'avait jamais promu le projet de « Grande Serbie », fil rouge de l'acte d'accusation imputant à Milosevic et d'autres une « entreprise criminelle commune » visant à créer une « Grande Serbie ». Cela se passa durant le témoignage du leader nationaliste Seselj, également emprisonné à La Haye et convoqué comme témoin de la défense. Alors que Seselj a revendiqué seul le projet « grand-serbe » et qualifié Milosevic d'adversaire politique sans cesse porté au compromis, son interrogatoire a révélé la vacuité du dossier du procureur Nice, qui tenta finalement de signifier que le désir de maintenir la fédération yougoslave équivalait à une Grande Serbie, car dans l'une comme l'autre tous les Serbes vivaient dans un même Etat. Il ne précisa pas qu'également Croates et Musulmans avaient l'avantage de vivre dans le même Etat yougoslave. Peu convaincu, le juge Robinson trouva ce revirement « assez ahurissant ».

Cette confusion, voulue par le TPI et entretenue par les grands médias, entre le désir de maintenir la Yougoslavie et la chimère de la Grande Serbie explique aussi pourquoi l'armée fédérale, puis les milices serbes de Croatie et Bosnie, ont été cataloguées comme des agresseurs et des envahisseurs. Quel autre Etat a été accusé de vouloir maintenir son intégrité territoriale ? Ou comme le remarquait ironiquement Milosevic : « Si M. Nice accuse quelqu'un d'avoir voulu sauvegarder un Etat qui a été un Etat souverain et reconnu internationalement et l'un des fondateurs des Nations Unies, je suppose qu'il y a une liste immense de personnes qu'il faudrait accuser ».

Il ne fait pas de doute que – s'il avait survécu – Milosevic aurait été condamné à la prison pour le reste de ses jours, comme Del Ponte l'avait déclaré bien avant l'ouverture du procès. Il aurait suffi qu'il soit reconnu coupable d'un seul des 61 chefs d'accusation à son encontre. Mais des juges impartiaux auraient probablement dû abandonner les plus sérieux d'entre eux, en particulier l'accusation de génocide.

La mort de l'accusé permet au TPI de ne pas devoir se prononcer sur une convocation de Bill Clinton et d'autres dirigeants occidentaux que Milosevic voulait faire témoigner pour sa défense. Nous aurions alors été au cœur de la face cachée de la tragédie yougoslave, celle des ingérences, des manipulations et des bombes occidentales. Ce que le TPI a justement été chargé d'occulter, en attribuant à Milosevic le si classique rôle de bouc émissaire. Et d'épargner les puissances occidentales et leur bras armé, l'OTAN, intouchables, comme en témoigna crûment le refus du TPI de ne fut-ce ouvrir une enquête sur les bombardements de 1999, ses 2.000 morts civiles et l'utilisation d'uranium appauvri et de bombes à fragmentation.

Georges Berghezan


Le silence final de Milosevic

Lorsque, en octobre 1999, j'interrogeais l'ancien Secrétaire Général des Nations Unies Javier Pérez de Cuellar en fonctions pendant la naissance de la crise balkanique à propos de l'inculpation qui venait d'être lancée contre le président yougoslave Milosevic, ce diplomate me répondit  : «  Si ce Tribunal s'intéressait vraiment à juger les responsables de la tragédie yougoslave, il devait plutôt interroger Hans-Dietrich Genscher  ». Ce dernier, ministre des affaires étrangères du gouvernement Kohl et qui avait présidé dans les années 80 le Conseil des ministres de l'OTAN, avait été le grand activiste des séparatismes croate et slovène en vue d'assurer ses ambitions pangermanistes dans le contexte de la désagrégation du camp socialiste. Séparatisme dont l'Europe se fit complice en s'inclinant devant le diktat allemand et en sanctionnant l'éclatement de la Yougoslavie par la reconnaissance précipitée et irresponsable de l'indépendance de ces deux républiques.

Le 26 octobre 2000, trois semaines après la chute de Milosevic, la Yougoslavie adhérait au Pacte de stabilité pour l'Europe du Sud-est créé par l'Union européenne à l'initiative de Joseph Fischer, le successeur de Genscher.  «  Il s'agit d'un moment historique  », déclarait alors, enthousiaste, son coordinateur, l'Allemand Bodo Hombach. Historique en effet pour les investisseurs allemands qui depuis lors ont fait une percée décisive dans l'économie yougoslave, tous secteurs confondus, de la banque à la presse. Consolidée ainsi la «  pax germanica  » rêvée par Genscher et confirmée par Schröder, tandis que Karl Lamers, responsable de la politique étrangère à la CDU, signifiait que le pacte de stabilité devrait conduire à la «  constitution d'une euro-région d'un type particulier  », à laquelle l'Union européenne «  peut inciter, et, le cas échéant, contraindre les Etats balkaniques à participer  », histoire de tendre vers la dissolution des Etats-nations des Balkans (notamment ceux qui résistent) pour les intégrer dans une sous-région à parfum germanique1.

On peut affirmer, sans trop s'aventurer, que dans l'histoire des manipulations politiques de l'information, nulle autre n'est allée aussi loin que celle traitant le dossier balkanique. C'est ainsi que, pour cacher les responsabilités européennes, pour escamoter le rôle prémonitoire de cette première guerre de la mondialisation2 finalement récupérée par les Américains des mains allemandes, l'appareil médiatique mondial a eu besoin de faire de Milosevic et des Serbes des monstres assoiffés de pouvoir et de sang, adeptes intégristes du nettoyage ethnique, et ce, sans s'embarrasser de la moindre nuance. Peu importe qu'un journal qu'on ne peut pas suspecter d'être gauchiste ou pro-serbe tel le New York Times révélait déjà en 1987 que : «  En réalité, les Albanais contrôlent déjà chaque phase de la vie au Kosovo : la police, la justice, l'agriculture, les usines, les villages et les villes …A présent, les Serbes sont en fuite, face à la violence albanaise grandissante. Vingt mille d'entre eux ont quitté le Kosovo ces sept dernières années…  »3.

Loin de nous l'intention d'ignorer les crimes commis par des Serbes ni la responsabilité de leurs autorités dans les dérives chauvines du conflit. Mais est-il normal, par exemple, qu'après que les médias aient inondé d'accusations les Serbes à propos de la fameuse tuerie du marché de Sarajevo il y a douze ans déjà, la réelle origine de l'obus qui provoqua le massacre n'ait pratiquement jamais été diffusée, hormis un entrefilet dans le Nouvel Observateur plus d'un an après le crime ?4

Voilà finalement que, comme pour illustrer mes propos, l'agence Belga affirme, dans une dépêche traitant de la mort de Milosevic, sans la mise au conditionnel ou utilisation de guillemets, que l'ancien président ne voulait pas aller à Moscou pour se soigner, mais pour fuir. Où est allée chercher cette agence (et moult autres) la source d'une affirmation si délicate ? D'une déclaration d'un toxicologue affirmant avoir examiné le sang de l'ancien président. C'est donc un toxicologue qui, occupé à quantifier des molécules et leurs réactions, découvre dans un de ses microscopes les intentions du défunt. Un toxicologue pour intoxiquer l'opinion, c'est plus qu'une caricature dérisoire : c'est bien le résumé du traitement médiatique infligé à la tragédie des Balkans.


1 Débat au Bundestag du 11 octobre 2000
2 Lire l'excellent ouvrage de Diana Johnstone : La Croisade des fous, Le Temps des Cerises, 2005.
3 New York Times, 10.11.1987
4 «  Il me faut le dire aujourd'hui. J'ai entendu successivement Edouard Balladur, Alain Juppé et deux généraux me dire que l'obus tiré sur le marché était lui aussi musulman. Ils auraient provoqué un carnage sur les leurs ? ai-je observé avec effroi. Oui, m'a répondu le Premier ministre Balladur sans hésiter  » Jean Daniel, Directeur du Nouvel Observateur, 21 août 1995.

Vladimir Caller

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Le TPIY sauvé par la mort de Milosevic

Tout le monde est très content.

Évidemment, chacun affiche une mine grave, et déclare invariablement, en réprimant parfois à grand peine un sourire de satisfaction, qu'il " regrette qu'il soit mort avant d'avoir été jugé ", " il regrette au nom des victimes qui attendaient justice ", etc, etc. Même discours obligé dans pratiquement tous les médias, eux qui nous avaient si bien persuadé de l'évidence des crimes de Milosevic… " La mort de Milosevic, une tragédie pour les victimes, une catastrophe pour le TPI "

La réalité, elle, avait été exprimée dès 2004 par James Gow, "expert en crimes de guerre" et supporter du TPI : « Ce serait mieux si Milosevic mourait en cellule, parce que si le procès suivait son cours il pourrait bien n'être condamné que pour des charges mineures ».1

Après plus de 3 ans de procès, et malgré leur moyens disproportionnés, les procureurs de ce 'tribunal' n'étaient pas parvenus à fournir la moindre preuve matérielle de leur principales charges.

Génocide ? Malgré tout les efforts, on n'a pas réussi à inventer a posteriori un génocide au Kosovo. Rappelons qu'en 2000, le ministre allemand de la Défense, Rudolf Scharping, déclarait que «  le plan Fer à cheval est entre les mains du Tribunal Pénal International sur la Yougoslavie à La Haye,  » et qu'il «  est l'une des preuves fondamentales de l'acte d'accusation contre Milosevic et sa clique  ». Làs : Le plan 'Fer à Cheval' censé organiser l'épuration ethnique voire les massacres des Albanais du Kosovo, s'avère être un faux, et il n'y a définitivement eu ni génocide, ni même plan de génocide.

"Grande Serbie" ? Non seulement, l'accusation n'a pas réussi à prouver que Milosevic aurait poursuivi à travers les guerres des Balkans un dessein continu, pour créer la Grande Serbie, mais encore, dans un audience remarquable2, le procureur Nice a été obligé de reconnaître que Milosevic ne s'est jamais servi du concept de "Grande Serbie"  !

Lien avec les massacres de Bosnie, et en particulier de Srebrenica ? Un autre pan important des charges s'était effondré avec notamment l'audition du général Morillon ; celui-ci affirmait qu'au moment du 'génocide' de Srebrenica (en 1995) «  Mladic agissait en solitaire et n'obéissait plus à personne  ».

En bref, si le procès avait été mené à son terme, d'ici quelques mois, Milosevic n'aurait effectivement pu être condamné que pour des charges mineures.

Cela aurait représenté une sérieuse catastrophe, imposant de remettre en question toute la fable de l'ingérence humanitaire occidentale en Yougoslavie.

Les grands médias ne s'y trompent pas, et s'en sont donné à coeur joie depuis la mort du «  Dictateur Milosevic , Boucher des Balkans, Organisateur de l'épuration ethnique dans le but de créer la Grande Serbie…  » : ils ne pourront plus être gênés par un jugement qui était impossible.

Pour les médias, grand soulagement, l'accusé Milosevic a définitivement été condamné pour génocide, crime de guerre et crime contre l'humanité.

1 http://www.csotan.org/textes/texte.php?art_id=180&typ...
2 http://www.un.org/icty/transf54/050825IT.htm

Roland Marounek

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La Belgique récuse l’application du Traité de Non Prolifération

L'Assemblée Générale des Nations Unies vote chaque automne, une longue série de résolutions vertueuses destinées à promouvoir des politiques de coordination internationale sur des sujets divers, allant de la paix dans le monde à l'aide à l'éducation des filles dans les pays africains les moins développés. Ces textes sont délibérément rédigés dans un style caractéristique et rébarbatif, tant dans l'exposé des motifs (l'Assemblée, prenant acte que… , consciente que… , soucieuse de… , etc.) que dans la partie plus prescriptive ( prie les pays qui… , souhaite que… , en appelle à… , insiste pour… , etc.).

Chaque année, plus d'une centaine de ces résolutions sont soumises à l'Assemblée et votées en fin de session. Elles ne soulèvent aucun intérêt des médias, sauf quand elles sont – rarement - suivies d'effets majeurs. Plusieurs sont de simples variantes répétitives de celles présentées les années précédentes. Jusqu'à un certain point, c'est un exercice futile car les gouvernements, quels qu'ils soient, n'en font jamais qu'à leur tête. Les votes négatifs et les abstentions constituent cependant un baromètre utile qui indique le degré de consensus sur des problèmes sensibles.

Cette année, une douzaine de ces résolutions se référaient aux problèmes de désarmement, nucléaire ou général. Les Etats-Unis ont voté négativement sur la totalité de celles-ci, même les plus anodines. Dans au moins un cas, ils ont été quasi seuls de leurs avis. Ils refusent tout simplement que l'ONU se penche sur les problèmes de paix et de guerre. Mais alors, à quoi servirait-elle ? Un bon nombre de leurs « alliés » (on devrait plutôt dire de leurs « vassaux ») n'osent guère s'opposer trop ouvertement à eux, et votent avec eux ou se réfugient dans une abstention sans gloire.

Nous ne citerons pas toutes ces résolutions et nous centrerons surtout sur l'attitude de la Belgique. Nous sommes - paraît-il - en démocratie et les citoyens ont le droit de savoir ce que ses dirigeants disent en leur nom, et pourquoi ils le font. Que nous n'ayons pas signé quelques résolutions générales, courtes ou imprécises, sur le désarmement conventionnel, et pour lesquelles le nombre d'abstentions était d'ailleurs élevé, ne nous gène pas. Sur certains points, nous n'avons pas hésité à voter autrement que les États Unis, votant oui ou nous abstenant.

Sur deux résolutions, cependant, l'attitude officielle de la Belgique est surprenante et tout à fait inadmissible.

La résolution 60/72 (72ème de la 60ème session) évoque le suivi des obligations en matière de désarmement qui furent approuvées lors des conférences de révision du Traité de Non Prolifération en 1995 et en 2000. On avait, en 2000, adopté à l'unanimité des membres de l'ONU un programme en 13 points à mettre en œuvre pour l'élimination progressive de l'armement nucléaire. Aucun de ces points n'a progressé d'un pouce depuis lors. La Belgique a, avec d'autres membres de l'OTAN, considéré cette fois-ci que ce désarmement n'est plus d'actualité. Elle a dit non. On aimerait savoir pourquoi alors que tant le Sénat que la Chambre ont voté au printemps dernier à de très fortes majorités des textes précis demandant qu'on avance dans ces domaines et dans l'élimination des armes nucléaires illégalement entreposes sur notre sol.

Plus grave encore. La résolution 60/76 demandait qu'on donne une suite à l'avis consultatif donné par la Cour internationale de Justice de La Haye en juillet 1996, sur la licéité (sic) de l'emploi ou de la menace d'emploi des armes nucléaires. Cette Cour est la plus haute instance judiciaire au monde, et ses membres sont des juristes éminents venant de pays très divers (nucléaires ou non). La résolution rappelle que cet avis avait, à l'unanimité des juges, déclaré qu'il existe une «  obligation de négociations, parvenant  sans tarder à la conclusion d'une convention interdisant (entre autres) … la menace ou l'emploi des armes nucléaires et…imposant leur élimination.  » Or depuis 1996, on tarde au contraire. Aucune négociation de ce type n'est engagée.

Notre voisine et alliée, l'Allemagne n'a, fort honnêtement, pas hésité à approuver ce texte. Les autres membres subalternes de l'OTAN, dont la Belgique, ont voté NON. Ils considèrent donc qu'il ne convient pas, même en principe, d'affirmer que le désarmement nucléaire est un obligation juridique pour tous les pays. Nous n'avons même pas eu le courage de nous abstenir.

On aimerait qu'un membre du Parlement interpelle sévèrement M. de Gucht, Ministre des Affaires étrangères sur ce comportement, digne d'un laquais (je suis poli, je préférerais un terme qui évoque plus grossièrement la partie postérieure de notre anatomie) des Etats-Unis. Ce vote ne peut même pas se justifier, comme on avait essayé de faire lors d'occasions précédentes, par une concertation préalable des membres non nucléaires de l'OTAN ; ceux-ci ont en effet voté souvent en ordre dispersé.

Sur l'ensemble de ces résolutions, toutes adoptées à des majorités souvent très larges, les nouveaux membres de l'OTAN ont fait preuve, sur ce point et d'autres, de leur abjecte soumission à la superpuissance.


N.B. Un tableau citant les votes, souvent édifiants, des cinq puissances nucléaires, des alliés européens de l'OTAN complète cet article. Il est disponible sur notre site www.csotan.org/textes/doc.php?art_id=290&type=documents

Ce texte a été publié dans le Bulletin n° 93 de l'Association Médicale pour la Prévention de la Guerre Nucléaire – 1er trimestre 2006.

P. Piérart et H. Firket


Une nouvelle OTAN pour un nouvel ordre mondial ?

Nous publions ci-dessous des extraits d'une contribution très intéressante du Forum Voor Vredesactie au débat qui se développe dans notre pays sur le rôle futur de l'Otan, la raison d'être de l'adhésion de la Belgique à l'Alliance Atlantique, la définition d'une politique extérieure, la conception de la sécurité et de la défense, au sein de l'Europe et du monde.
Rappelons aussi l'intervention du responsable de la CNAPD lors du récent colloque de l'Institut Emile Vandervelde. Par ailleurs une Carte Blanche posant certaines remises en question d'une adhésion inconditionnelle de la Belgique à l'Otan a été adressée au journal Le Soir par deux députés socialistes.
Signalons encore la question posée à la commission de la défense nationale de la Chambre par la députée Zoé Genot à propos d'une « révision éventuelle des accords conclus dans le cadre de l'Otan pendant la guerre froide » ainsi que l'article de Nicolas Bardos (Pax Christi) sur « la chaîne de bases militaires américaines dans les PECO ».
Tous ces textes sont publiés intégralement sur notre site www.csotan.org.



Les attentats du 11 septembre 2001 ont mis un terme définitif à l'ancienne politique de l'OTAN, une alliance créée à l'origine pour défendre collectivement le territoire de ses membres.

Depuis la chute du mur de Berlin, la principale menace d'attaque contre ce territoire avait disparu et l'OTAN était désespérément à la recherche d'une nouvelle raison d'être. En 2002, les pays-membres ont décidé que l'OTAN pouvait non seulement intervenir sur son propre territoire, mais également partout dans le monde. Notre sécurité dépendant de la situation à l'échelle mondiale, l'OTAN devait donc être à même d'intervenir à l'échelle mondiale.

A peine quatre ans plus tard, les Etats-Unis veulent faire franchir un pas supplémentaire à l'OTAN en définissant les lignes directrices d'un nouveau débat sur le fonctionnement de l'OTAN. En voici les éléments principaux.

Primo : Si notre sécurité dépend de la situation à l'échelle mondiale, pourquoi limiter les partenaires ou les membres de l'OTAN à la zone européenne ? Pourquoi ne pas demander au Japon ou à l'Australie d'adhérer à l'OTAN ? Des collaborations existent déjà avec ces pays en Afghanistan, en Irak et ailleurs. Pourquoi ne pas développer et structurer cette collaboration ?

Secundo : Jusqu'à présent, chaque pays supporte le coût des troupes qu'il met à disposition d'une opération de l'OTAN. Seule une partie minime est financée en commun. Ne devrait-on pas plutôt financer en commun l'ensemble des opérations militaires, qu'un pays fournisse des troupes ou pas ?

Tertio : Actuellement, les décisions sont prises par consensus et chaque pays membre peut à lui seul bloquer une décision de l'OTAN. Ne serait-il pas plus simple d'appliquer le principe d' “abstention constructive” et de travailler dans la pratique avec une prise de décision à la majorité ?

Quarto : Avec le terrorisme comme nouvel ennemi, l'OTAN modifie son champ d'activités. L'OTAN ne devrait-elle pas se voir attribuer une place dans les politiques nationales de lutte contre le terrorisme ?

Si l'on rassemble ces différentes propositions, on obtient une attaque frontale contre les Nations-Unies et l'Union européenne. L'OTAN veut se transformer d'une alliance militaire européano-américaine en une organisation de sécurité collective globale. Une sorte de “Nations-Unies des volontaires” qui marginaliserait les véritables Nations-Unies.

Quelles seraient les conséquences de cette transformation pour les pays qui ne feraient pas partie de cette alliance militaire volontaire et seraient donc définis comme un problème de sécurité potentiel ? Pour eux, ces développements représentent une menace, face à laquelle ils tenteront de fournir une réponse militaire. Avec pour conséquence une nouvelle course aux armements et une militarisation des relations internationales.

“La menace s'étend à l'échelle mondiale...” Bien plus qu'une prophétie ? (….)

L'OTAN parle depuis longtemps de “transformation”. En fait, le débat est en cours depuis la fin de la Guerre froide. Petit à petit, l'OTAN s'est attribué un rôle interventionniste sur un territoire de plus en plus grand. Les attentats du 11 septembre 2001 peuvent être considérées comme le point de départ du débat actuel, les Etats-Unis considérant l'OTAN comme une alliance lourde et inutile, cumulant plusieurs défauts, entre autres des capacités militaires inadaptées et un processus décisionnel lent.

La National Defense University a formulé la réponse américaine au problème militaire en développant le concept de Force de Réaction de l'OTAN, présenté par le ministre américain de la Défense, Donald Rumsfeld, au Sommet de l'OTAN à Prague, en novembre 2002. La Force de Réaction de l'OTAN (NRF) est la nouvelle force d'intervention rapide de l'OTAN. Combinée à une réforme des quartiers-généraux et à l'Initiative sur les Capacités, dans le cadre de laquelle l'Alliance tente de résoudre ses manques en matière de matériel militaire afin de pouvoir intervenir à l'échelle mondiale, la NRF forme le premier volet de la transformation de l'OTAN. Aujourd'hui, la Force de Réaction de l'OTAN est en plein développement, la réforme des quartiers-généraux est achevée et l'Initiative sur les Capacités rencontre moins de succès.

Ce volet est purement militaire et n'aborde pas la question politique sous-jacente : quels sont les objectifs de l'OTAN ? L'OTAN n'a pas d'ennemi clairement identifié contre qui une stratégie spécifique peut être développée et traduite en planification concrète. Sans stratégie claire, les militaires ne peuvent pas faire leur travail, raison pour laquelle une décision politique doit être prise quant au rôle de l'OTAN. Ces Directives politiques globales auraient dû être prêtes à la fin 2005, mais cette échéance n'a pas été respectée.

En fin de compte, c'est le chancelier allemand Schröder qui a laissé le renard entrer dans le poulailler en déclarant lors de la Conférence sur la Sécurité de Munich en 2005 que l'OTAN “n'était plus le lieu le plus important où les partenaires transatlantiques discutent et coordonnent leurs stratégies”, ce qui a suscité de fortes critiques de la part des décideurs politiques plus atlantistes. Ces déclarations ont enfin montré clairement que le débat politique sur l'OTAN était inévitable. (…)

Le débat politique constitue donc la prochaine étape du processus de transformation de l'OTAN, et son timing s'est entre-temps précisé. Les premières conclusions seront tirées lors du sommet des chefs de gouvernement de Riga en novembre 2006, et la discussion sera clôturée lors d'un prochain sommet des chefs de gouvernement, au printemps 2008. Juste avant la fin du mandat du Président Bush.

Hans Lammerant et Fabien Rondal

Sommaire


Infos et agenda du mouvement de la paix

Le Comité de surveillance OTAN & le Mouvement Chrétien pour la Paix
organisent une conférence sur le thème

KOSOVO 2006 : LIBÉRÉ OU PURIFIÉ ?

le 15 mai 2006 à 20 heures
à l'Espace XE, 39 rue Mercelis à Ixelles

avec la participation exceptionnelle de :

  • Marek Nowicki, ombudsman du Kosovo de 2000 à 2005, sur le respect des droits de l'homme et des minorités au Kosovo
  • Jean Toschi Marazzani-Visconti, journaliste italienne, sur le rôle des médias occidentaux durant la guerre du Kosovo

Les orateurs

Marek Antoni Nowicki : un témoin exceptionnel

Avocat, proche du mouvement Solidarité dans la Pologne des années 80, actif depuis plus de vingt ans dans le domaine des droits humains, dans son pays et au sein de diverses organisations internationales, Marek Antoni Nowicki a été nommé Ombudsperson (médiateur) international pour le Kosovo le 11 juillet 2000, fonction qu'il a exercée jusqu'à l'abolition du poste le 31 décembre 2005.
Après plus de cinq ans dans ce territoire administré par l'ONU et occupé par les armées de l'OTAN, Marek Nowicki a été confronté à des milliers de plaintes de citoyens du Kosovo. Nul autre que lui ne connaît aussi bien les multiples violations des droits humains dont se rendent responsables le crime organisé, une administration corrompue et les tenants d'un territoire « ethniquement pur », ainsi que l'impunité dont ils jouissent de la part d'un système judiciaire inféodé aux impératifs mafieux et claniques. En particulier, Marek Nowicki est apparu comme le dernier recours des diverses minorités – Serbes, Roms, Bosniaques, etc. – soumises à de multiples exactions et discriminations depuis la prise en charge du territoire par la communauté internationale.
Alors que sont en cours des négociations sur le statut futur du Kosovo, ce témoin exceptionnel livrera ses observations sur la situation actuelle dans cette entité et sur les problèmes rencontrés dans la mise en œuvre des normes d'un état de droit, tel que demandé par les puissances occidentales en contrepartie d'une probable indépendance.

Jean Toschi Marazzani-Visconti : la bataille de l'information

Originaire de Milan, Jean Toschi Marazzani-Visconti y a développé des fonctions de création d'événements. En 1992, le hasard se charge de l'initier aux événements balkaniques. Elle collabore à l'organisation du voyage du Prix Nobel pour la Paix, Elie Wiesel, en Yougoslavie et en Bosnie. Par la suite, elle parcourra les fronts de la guerre à plusieurs reprises. Elle était à Belgrade pendant les bombardements. Ces expériences lui ont permis de coudoyer les personnages clés du monde politique et d'être le témoin de nombreux événements essentiels.
En 1993, elle commence sa collaboration avec le quotidien Il Manifesto et les magazines liMes, Avvenimenti, Maiz, Alternative Europa dans les pages consacrées à la politique étrangère et à la culture. Elle est aussi coauteur de Le temps du réveil (L'âge d'Homme, 1993) et auteur de Voyage dans la folie d'une guerre (Europublic, 1994) et d'une comédie, Un répondeur téléphonique comme amant. Elle a aussi traduit en italien Les fils d'Abraham de Marek Halter (Sugarco, Milan) et Monopoly de Michel Collon (EPO, Bruxelles).
Jean Toschi vient de publier Il Corridoio (Le corridor) qui retrace les épisodes de la guerre en ex-Yougoslavie de 1992 à 1994 et a été écrit “par la nécessité de présenter les événements yougoslaves sous un angle de vérité qui a été soigneusement occulté”.
C'est dans cet esprit qu'elle prendra la parole à Bruxelles, afin de dénoncer – exemples à l'appui – la désinformation qui a caractérisé le traitement médiatique des guerres yougoslaves, et celle du Kosovo, en particulier.

17 avril 2005 : 4e marche de Pâques contre la guerre

A l’invitation de la Coordination contre la Guerre de Louvain (LECOTO), une marche est organisée le lunidi de Pâques de Louvain = à Bruxelles avec les mots d’ordre : «Arrêtez la guerre et l’occupation en Irak – Abattez le Mur»

• Départ à Louvain, Ladeuze Plein à 9h30
• Arrivée au Parc de Tervueren à 13h30 et au Cinquantenaire vers 16h
• Clôture à la Bourse vers 17h.

Plus d’informations : tel. 016/22.97.02 ou gsm 0472/92.25.48 ou ooms.koen@skynet.be


Et enfin... le nerf de la paix

Alerte OTAN ne vit que par la volonté de ses sympathisants.
Nous comptons toujours sur votre soutien financier, aussi minime soit-il.
CCP du CSO : 068-2447491-14
Merci de votre sympathie !

06:09 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

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