17/03/2006

14/03/2006: La Yougoslavie, les médias et le décès de Slobodan Milosevic

 
 
----- Original Message -----
Sent: Tuesday, March 14, 2006 11:42 AM
Subject: Fw: La Yougoslavie, les médias et le décès de Slobodan Milosevic
 

        Yougoslavie

Décès de Slobodan Milosevic

 

Milosevic meurt et, illico, l'intox refait surface.

 

On aurait pu espérer qu'avec le temps, les passions et partis pris se seraient atténués et que, dès lors, les journalistes auraient mis ce temps à profit pour se documenter et lever, ne serait-ce que partiellement, ce rideau occultant qu'est la version officielle des guerres  de démantèlement de la Yougoslavie.

Las, il n'en est rien.

Ils nous resservent à l'identique les mêmes formules et les mêmes affirmations manichéennes : Milosevic, dictateur, tyran, le boucher de Belgrade ou des Balkans, seul responsable du conflit ; les Serbes, champions des massacres, de la purification ethnique, des viols, des camps de concentration voire d'extermination, etc… etc…

Le terme de génocide est remis en piste et, bien sûr, "Srebrenica" avec les mêmes invraisemblances, les mêmes incohérences et surtout le même chiffre de 8000 morts que jamais, rien ni personne n'a été en mesure de justifier. Ce chiffre, bien que rond et formulé dès les premières heures après les événements et donc sans le moindre fondement bien évidemment, a conservé une étonnante stabilité, manifestement suspecte. Le corps journalistique ne s'interroge pourtant nullement. De nombreux éléments ont, au surplus, vu le jour depuis. Ils auraient pu, au minimum, introduire le doute. Non, les médias préfèrent –c'est plus confortable et moins risqué pour la carrière- s'en tenir à ce que, par exemple, le général Mackenzie, premier commandant des Forces de Paix de l'ONU à Sarajevo, dénonce comme "un événement en noir et blanc dont seuls les Serbes étaient responsables".

Dans un petit livre (1), ce haut responsable militaire analyse en à peine trois pages mais de façon parfaitement éclairante, le contexte de Srebrenica. Quel journaliste est aujourd'hui capable, par exemple, de citer le nom de Naser Oric, personnage clé pourtant de ce drame (2) dont il fut l'initiateur comme commandant des Bosno-Musulmans qui tenaient la place bien que réputée "zone démilitarisée" et qui durant les années précédant 1995 ont multiplié les raids sur les villages serbes environnants, responsables de ce fait "du meurtre, rappelle le Général Mackenzie, d'autant de civils serbes à l'extérieur de Srebrenica qu'il y a eu de gens massacrés par l'armée bosno-serbe (3) à l'intérieur de la ville". Cette considération n'est tout de même pas d'une mince importance ! Pourquoi nos journalistes ignorent-ils encore en 2005, ou font-ils mine d'ignorer tout ce contexte ?

Quant au terme de "génocide" que l'on brandit comme une banderole y compris dans les milieux branchés du théâtre (4), il est pour le moins excessif. Le général Mackenzie fait malicieusement remarquer que, "constatation déplaisante […] il faut admettre que si vous perpétrez un génocide, vous ne laissez pas partir les femmes qui sont la clé du renouvellement du groupe que vous voulez éliminer" ! Plus sérieusement, il ajoute toutefois que "un grand nombre d'hommes et de jeunes ont été exécutés et ensevelis dans des fosses communes". Qui n'en serait convaincu, honnêtement, puisque des charniers ont été retrouvés depuis 1995 et qu'ont été exhumés environ 2000 corps mais, précision capitale, "victimes de trois années d'intenses combats dans la région". Ce qui, Messieurs les journalistes, n'a rien à voir avec un génocide et n'est pas, hélas, un fait si rare en temps de guerre.

"Notre" Humanité fait-elle exception ? Durant le conflit des années 90, on pouvait y recueillir certains éléments qui ne figuraient généralement pas dans les pages des autres journaux sans cependant se démarquer vraiment puisque tel journal de la bonne bourgeoisie présentait quelquefois des reportages plutôt dérangeants et que, par ailleurs, un journaliste de France 2 (5) a même pu écrire, à chaud, un ouvrage extrêmement précieux, au titre évocateur : "Les vérités yougoslaves ne sont pas toutes bonnes à dire".

Pour évoquer la mort de Milosevic, l'Huma ne parle plus, comme dans les années de guerre, de dictateur ou de boucher de Belgrade, le défunt est redevenu "l'ancien président yougoslave", ce qui doit être noté, mais le correspondant (6) dans son article du n° de ce 13 mars 2006 ne manque pas de ressasser les 8000 Bosniaques massacrés (7), ni de reprendre l'affirmation selon laquelle "Milosevic était certainement le principalement acteur des guerres yougoslaves" même si l'on s'arrange pour mettre ce chiffre et ce jugement dans la bouche de tiers. Dans la chronologie des événements, on découvre curieusement, comme fait déclenchant en quelque sorte, qu'en 1990 "Milosevic dépêche des troupes yougoslaves en Croatie pour soutenir la création d'une République serbe de Croatie" ! alors qu'au pire, si l'on peut dire, le Conseil des Serbes de Zagreb s'était prononcé pour une forme d'autonomie afin de tenter de se protéger contre les premières mesures répressives envers les Serbes adoptées par le régime de Tudjman qui ne reniait pas sa filiation oustachie de sinistre mémoire (8).

Milosevic était-il pour autant, irréprochable ?

Évidemment non ! Quant à le charger de tous les maux du monde yougoslave –afin de dédouaner les puissances occidentales et plus particulièrement l'Allemagne et le Vatican- il y a un pas qu'il faudrait s'abstenir de franchir sans éléments suffisants.

On peut d'ailleurs lire un autre petit livre intitulé "Ma vérité", édité également par Le Verjus, et qui propose le texte intégral de l'exposé de Slobodan Milosevic devant ce tribunal qui n'a d'international que le nom et de légal que l'apparence, au cours des audiences des 31 août et 1er septembre 2004. On y trouve énormément de choses intéressantes.

L'ancien Président yougoslave s'avérait-il un témoin de première main particulièrement gênant ? Si gênant, semble-t-il, que depuis le début on n'a guère parlé de son procès ni sur les ondes, ni sur nos écrans, ni dans la presse en général. Étrange procès qui n'en finissait pas…

Qui l'a interrompu ?

 

                                                               Gaston PELLET

Le 13 mars 2006

 

Nota – Il faut impérativement se documenter aussi en se rendant sur le site de Michel COLLON : http://www.michelcollon.info/mailinglist.php

 

(1)     "Le dossier caché du 'Génocide' de Srebrenica", Editions 'Le Verjus'

sous-titré    -      L'analyse du Groupe de recherche américain

-          Des documents et des témoignages inédits

-          Le rapport censuré des Serbes de Bosnie

-          Une vidéo douteuse passée au crible

(2)     inculpé d'ailleurs à La Haye

(3)     et non  par Milosevic comme on le dit inconsidérément

(4)     "Requiem pour Srebrenica" d'olivier PY, joué notamment au Festival d'Avignon

(5)     Jacques MERLINO, rédacteur en chef adjoint de France 2. Quelle carrière a-t-il eue ensuite ?

(6)     Jean-Arnaud DERENS, spécialiste des Balkans et auteur de plusieurs ouvrages sur la Yougoslavie

(7)     L'emploi courant du terme "Bosniaques" en lieu et place de "Musulmans", terme désignant une population reconnue comme telle en Yougoslavie, ou "Bosno-Musulmans" n'est pas innocent : il implique que seuls les Musulmans auraient été des Bosniaques autochtones, les autres et notamment les Serbes, tout aussi Bosniaques pourtant, devant être considérés comme des étrangers, donc 'purifiables'. Sait-on que ce sont les Serbes qui comptent le plus grand nombre de personnes 'purifiées' pendant tout le conflit !

(8)     Ante PAVELIC, chef des Oustachis, arrivé au pouvoir pendant la seconde guerre mondiale dans les fourgons de l'armée nazie a fait massacrer dans le camp d'extermination de Jacenovac notamment, quelque 700 000 personnes, Serbes essentiellement, Juifs, Roms, etc…

Franjo TUDJMAN se targuait de ce que sa femme ne soit "ni serbe, ni juive

19:45 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

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