10/02/2006

10/02/2006: malversations en Irak:

----- Original Message -----
Sent: Friday, February 10, 2006 12:24 PM
Subject: malversations en Irak

Bonjour,
 
Grande découverte archéologique : On a retrouvé la caverne d'Ali Baba, à Hilla, en Irak !
A bientôt,
 
JMF
 
OOOOOOOO
 

 

25 janvier 2006

 

Un audit révèle des malversations autour des fonds prévus pour les projets en Irak

 

Par James Glanz


Un nouvel audit concernant les pratiques financières américaines en Irak a mis à jour des irrégularités portant, d’une part, sur des millions de dollars de la reconstruction planqués « négligemment » dans des tiroirs anodins ou des armoires d’archives, ou concernant un militaire américain aux Philippines qui avait galvaudé au jeu des sommes liquides destinées à l’Irak ou encore trois ressortissants irakiens qui avaient fait le grand saut de la mort dans un ascenseur d’hôpital récemment réaménagé et improprement certifié en parfait état de fonctionnement.

 

Cet audit, libéré hier par le bureau de l’inspecteur général spécial de la reconstruction de l’Irak, enquête de plus près sur ses constatations et découvertes antérieures : fraude, incompétence et confusion imputables au fait que les forces américaines d’occupation ont consacré des fonds à des programmes d’entraînement et de reconstruction durant les années 2003 et 2004. L’audit a mis à jour des problèmes dans des zones représentant la moitié au moins du territoire irakien et a encore fait de nouvelles trouvailles dans les provinces suivantes du centre et du sud : Anbar, Karbala, Najaf, Wasit, Babil et Qadisiya. L’inspecteur spécial a adressé son rapport au secrétaire à la Défense et au secrétaire du département d’État.

 

Des agents du bureau de l’inspection générale ont découvert que les bâtiments où vivent et travaillent les fonctionnaires de l’occupation croulaient sous des liasses de billets de 100 dollars emballées sous plastique et communément appelées des « briques ».

 

L’un des fonctionnaires gardait 2 millions de dollars dans un coffre de salle de bain, un autre plus d’un demi-million de dollars dans un tiroir pas même fermé à clef. Un entrepreneur sous contrat a reçu plus de 100.000 dollars pour remettre à neuf une piscine olympique mais s’est contenté jusqu’à présent de faire briller le métal des vannes : même dans cet état, les fonctionnaires américains ont certifié que le travail était complètement terminé. Plus de 2.000 contrats, allant de quelques milliers de dollars à plus d’un demi-million, pour un total de quelque 88 millions de dollars, ont été examinés par les agents du bureau de l’inspecteur général. Le rapport affirme que, dans certains cas, les agents ont découvert des signes évidents de fraude potentielle et que l’enquête concernant ces cas était toujours en cours.

 

On se doute que certains cas débordent sur les investigations concernant quatre Américains arrêtés suite à des accusations pour corruption, vol, vente d’armes et conjuration dans une affaire dont les procureurs fédéraux prétendent qu’elle n’était autre qu’un plan visant à refiler des projets de reconstruction à un entrepreneur américain travaillant à l’extérieur de la ville méridionale de Hilla, laquelle faisait office de capitale provinciale pour toute une partie de l’Irak gérée par l’Autorité provisoire de la coalition. 

 

Mais une bonne partie du matériel du dernier audit est neuve et le tableau qu’elle dépeint de l’affaire – projets de reconstruction abandonnés, absence de documents et tout cet argent émanant du même coffre principal de Hilla sans même garder de traces des transactions – est susceptible de soulever de nouvelles questions importantes sur la façon dont l’Autorité provisoire a accompli son travail et a justifié les dépenses énormes en argent irakien et américain.

 

« Le plus triste, à ce propos, c’est qu’au vu des destructions qu’a subies le pays, en sus du pillage et de tout le reste, nous avions besoin de chaque dollar pour la reconstruction », a déclaré Wayne White, un ancien fonctionnaire du département d’État dont les responsabilités incluaient l’Irak, de 2003 à 2005, et qui, aujourd’hui, travaille à l’Institut du Moyen-Orient, un organisme de recherche.

 

En lieu et place, a déclaré M. White, des montants importants de cet argent peuvent avoir été galvaudés ou volés, avec de fortes présomptions que le chaos de Hilla se soit répété dans d’autres postes de l’Autorité provisoire.

 

D’autres personnes ont eu une réaction similaire. « Cela ne me surprend pas du tout », a déclaré un fonctionnaire du département de la Défense qui a travaillé à Hilla et dans d’autres régions du pays et qui a préféré garder l’anonymat, disant qu’il craignait des représailles de la part de l’administration Bush. Il prévoyait même que des problèmes similaires allaient se présenter dans la principale ville du Sud, Bassora, et ailleurs, dans les dangereuses régions désertiques de la province d’Anbar. « C’est un désastre », a ajouté ce fonctionnaire en évoquant les problèmes des contrats dans cette même province d’Anbar.

 

Aucune trace écrite n’a été gardée des allées et venues de l’argent puisé dans les coffres du complexe de Hilla où, souvent, il était empilé en vrac dans un cabinet d’archives.

 

La négligence dans ces dispositions a même donné lieu à une discussion, lorsqu’un fonctionnaire de l’Autorité provisoire qui mettait de l’ordre dans ses comptes avant de quitter l’Irak, a raflé 100.000 dollars du tas de liquide d’un autre fonctionnaire. C’est le rapport qui le dit. Que la chose ait été intentionnelle ou pas, le « transfert » n’aurait jamais dû être découvert, hormis le fait que le second fonctionnaire « devait débourser une somme d’argent ce jour-là et qu’il s’était aperçu qu’il manquait de liquidités », ajoute le rapport.

 

En dehors des coffres, l’argent semblait déborder de chaque coin et recoin du complexe de Hilla. « Un officier contractant gardait approximativement 2 millions de dollars en liquide dans un coffre de la salle de bain de son bureau, alors qu’un officier payeur en gardait environ 678.000 autres, toujours en liquide, dans un tiroir même pas fermé à clef de son bureau », affirme le rapport.

 

L’argent, dont la majeure partie provient des opérations autour du pétrole irakien et des liquidités saisies auprès du gouvernement de Saddam Hussein, n’a eu aucun mal à sortir du complexe de Hilla, ni même du pays. L’une des affaires met en cause un militaire américain désigné comme assistant de l’équipe olympique irakienne de boxe. L’homme s’est vu remettre d’importantes sommes en liquide pour un voyage aux Philippines, où il a dilapidé au jeu entre 20.000 et 60.000 dollars provenant des sommes qu’on lui avait remises. Le montant exact n’a pas été déterminé, ajoute le rapport, du fait que personne n’a gardé de traces écrites des montants que l’homme avait reçus en première instance.


Dans une autre affaire concernant l’« effort » olympique irakien, un contrat de 108.140 dollars prévoyant la remise en état complète de la piscine olympique de Hilla, y compris le remplacement de vannes et de tuyauteries, n’a débouché sur rien après que l’entrepreneur eut simplement nettoyé une partie du matériel et fait croire que de nouveaux équipements avaient été installés. Les fonctionnaires locaux de l’Autorité provisoire ont signé des documents établissant que tout le travail avait été réalisé convenablement et ont payé la somme pleine à l’entrepreneur, ajoute encore le rapport.


La piscine n’a jamais rouvert ses portes et quand les agents du bureau de l’inspecteur général sont entrés pour vérifier le fonctionnement des équipements, « l’eau a jailli, toute brune, en raison des crasses accumulées dans les vieilles canalisations », mentionne le rapport.


Dans certains cas, les conséquences de telles négligences dans le contrôle ont été mortelles. En juin 2004, un contrat de 662.800 dollars couvrant des travaux électriques et mécaniques dans le domaine civil, puisqu’il s’agissait de la remise en état de l’hôpital général de Hilla, a été pleinement acquitté par un fonctionnaire américain alors que les travaux étaient encore loin d’être terminés, affirme le rapport. Mais, au lieu de remplacer le châssis principal de l’ascenseur, comme le requérait l’état de l’appareil, l’entrepreneur l’a bricolé en y apportant des réparations peu importantes.


Le rapport poursuit par les observations des agents de l’inspecteur général, en visite à l’hôpital, le 18 septembre 2004 : « L’administrateur de l’hôpital nous a immédiatement accompagnés à l’emplacement des ascenseurs ert nous a dit que, quelques jours avant notre visite, l’ascenseur s’était écrasé au fond de sa cage, tuant ainsi trois personnes. »

 

Traduit de l' anglais par

notre ami Jean-Marie FLEMAL,

de Dampremy,

avec tous mes remerciements !

RoRo

18:31 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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