07/02/2006

08/02/2006: Vers les élections communales du 8 octobre 2006: Le PTB lance sa campagne électorale et enquête dans sept communes

Le PTB lance sa campagne électorale et enquête dans sept communes

Objectif du PTB pour les élections communales du 8 octobre: avoir des élus à Zelzate, Herstal, La Louvière, Genk, Molenbeek, Hoboken et Deurne. Onze en tout. Dans ces cinq communes et ces deux districts de la ville d'Anvers, la campagne électorale a commencé par une enquête menée au sein de la population. Nous avons sondé les organisateurs locaux de la campagne sur le but de l'enquête et jeté un il sur les premiers résultats.

Jan Hasaers
08-02-2006

«En 2000, notre enquête avait aussi déterminé notre succès»

Johan Vandepaer, conseiller communal à Herstal.

Nadia Moscufo, conseillère communale à Herstal: «Le prix des sacs-poubelles a baissé grâce à nos actions. Mais la population à Herstal est toujours mécontente car il y a encore beaucoup trop de taxes.»

Frans Van Acoleyen, conseiller communal et tête de liste à Zelzate.

Dirk Goemaere, conseiller communal et 2e position à Zelzate: «Nous voulons également un puissant groupe de nouveaux talents sur notre liste avec en tête Geert Asman, qui mieux que personne sait ce que veulent les jeunes de Zelzate. Nous sommes partis pour trois élus.»

Dirk Van Duppen, tête de liste conseil de district Deurne.
Cela fait déjà deux ans que Dirk Van Duppen se bat sans relâche pour des médicaments moins chers. A présent, il s'attaque également aux problèmes locaux de sa commune.

Mie Branders, tête de liste conseil de district Hoboken.
Avec le personnel, elle s'est battue pour le maintien du service des urgences de l'hôpital Hoge Beuken. Elle a organisé la résistance contre «l'autonomisation»- en d'autres termes la privatisation­ des hôpitaux CPAS et de l'enseignement communal. Elle est prête à dénoncer toutes les nouvelles taxes et faire en sorte de les abolir. Elle a d'ailleurs déjà obtenu de bons résultats avec la taxe d'implantation et la taxe sur les égouts.

Harrie Dewitte, tête de liste à Genk: «Si la population de Genk estime que le logement est son souci majeur, alors je m'y attellerai.»

Jan Harm Keijzer, tête de liste à La Louvière: «Cela fait déjà 150 ans que la famille Boël fait la pluie et le beau temps à La Louvière. Cette famille possède une fortune de 822 millions d'euros, mais la ville, elle, est pauvre. Nous lançons l'idée d'une taxe communale sur les grosses fortunes.»


Frans Van Acoleyen et Nadia Moscufo, respectivement élus à Zelzate et Herstal, ont lancé leur campagne électorale avec une enquête.

Frans Van Acoleyen, conseiller communal à Zelzate. Notre succès lors des élections de 2000, nous le devons en partie à l'enquête que nous avions menée auprès de la population sur des propositions très concrètes. Ainsi, grâce aux 600 personnes interrogées, nous avions une bonne idée de ce que voulaient les gens: une commune saine et vivable. Nous avions soumis 35 propositions qui tournaient autour de six thèmes. La proposition la plus souvent cochée était la «collecte gratuite des déchets ménagers». C'est sur base de cette enquête que nous avons élaboré notre programme. Je siégeais déjà au conseil communal, mais comme nous avons récolté 12,8% des voix, Dirk Goemaere, ex-travailleur et ex-délégué de l'usine sidérurgique Sidmar m'a rejoint.

Nadia Moscufo, conseillère communale à Herstal. Il y six ans, la population de Herstal était inquiète pour sa santé à cause de la présence d'un incinérateur dans notre commune. Nous voulions donc réclamer la fermeture de cet incinérateur. Mais au terme de l'enquête menée au sein de la population, il s'est avéré que les gens attendaient plutôt une étude médicale. Et plus important encore, ils étaient farouchement opposés à l'introduction des sacs-poubelles payants. La décision était déjà prise mais la commune voulait attendre que les élections soient terminées avant de l'annoncer.

Ce n'est tout de même pas le fait d'avoir tendu l'oreille qui vous a automatiquement permis de récolter plus de voix?

Nadia Moscufo. Pas automatiquement bien sûr. Mais grâce à l'enquête nous savions quels étaient les thèmes sur lesquels nous devions centrer notre action, avec les gens. Nous savions que ce n'était pas en adressant à l'administration communale une lettre de mécontentement qu'elle retirerait les sacs-poubelles payants. Non, nous avions besoin d'une pression bien plus forte. C'est pourquoi nous avons lancé une pétition et organisé une manifestation rassemblant 450 personnes devant le conseil communal. Les gens ont donc voté pour nous au conseil, pour que nous puissions empêcher cela. Une fois élus, nous avons poursuivi notre combat, en organisant notamment une seconde manifestation et en récolant 5000 signatures pour notre pétition. Près de 600 familles avaient collé notre affiche à leur fenêtre. Finalement, la commune a baissé le prix des sacs-poubelles.

Dirk Goemaere, conseiller communal à Zelzate. «Supprimer le système Diftar» a été notre première priorité après les élections. Avec ce système, la commune voulait augmenter le prix de la collecte des déchets, désormais fixé au kilo. Nous n'avons pas réussi à abolir le système, mais grâce au soutien de la population, nous avons obtenu une forte réduction du prix au kilo, l'accès au parc à conteneurs est resté gratuit et des réductions appréciables ont été accordées aux personnes à faible revenu, aux familles avec nouveau-nés (langes) et aux patients souffrant d'incontinence. Aujourd'hui, la population de Zelzate paie moins d'un tiers du prix de la collecte des déchets ménagers. Les habitants des six autres communes qui font partie de la même intercommunale doivent payer de leur poche entre deux tiers et quatre cinquièmes du prix.

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Les membres de base ont élaboré le projet d'enquête

Harrie Dewitte. Quelles sont les améliorations souhaitées par les habitants de Genk? Tel était le thème du premier brainstorming organisé fin 2004 avec les plus actifs de nos membres dans la commune. Résultat: une fameuse liste de problèmes et de propositions que nous avons par la suite soumise aux membres et collaborateurs de la fête populaire organisée pour les 30 ans de Médecine pour le Peuple. Nous avons tenu compte de toutes leurs remarques pour la rédaction d'une première enquête-test que nous avons fait circuler dans le quartier. A la 49e enquête complétée, nous possédions quarante pages pleines qui nous ont servi pour l'élaboration du questionnaire définitif. Nous voulions être certains que tout ce que nous avions écrit était correct, c'est pourquoi nous avons consulté plusieurs spécialistes: un éducateur, un responsable du syndicat des locataires qui connaît très bien le fonctionnement du logement social, plusieurs animateurs de quartier, un garde municipal, une institutrice et une médiatrice interculturelle.

Dirk Vanduppen. A Deurne, la campagne électorale a débuté en avril 2005. Les membres ont dressé un premier inventaire à partir duquel nous avons élaboré notre enquête-test, que nous avons soumise à 120 personnes au mois de septembre. En novembre, les membres se sont réunis pour discuter des résultats et deux semaines plus tard, notre questionnaire définitif était fin prêt, avec une superbe mise en pages, des couleurs gaies et de très chouettes photos.

Frans Van Acoleyen. Nous avons tout d'abord, lors de notre assemblée générale du printemps, dressé le bilan de notre travail. Nous avons ensuite élaboré un premier projet d'enquête. Quarante-deux membres se sont réunis une première fois pour en discuter ensemble. Il était quatorze à ne pas pouvoir assister à cette première réunion mais ils sont venus par la suite. Toutefois nous n'avions pas suffisamment tenu compte des jeunes. C'est pourquoi nous avons organisé une réunion à part avec 10 jeunes. Au final, soixante-six membres, toutes tranches d'âge confondues, ont rédigé ensemble l'enquête-test. L'enquête définitive a été lancée lors de notre réception de fin d'année.

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Taxes, logement, travail, sécurité

Quelques centaines d'enquêtes sont déjà rentrées et les premiers résultats se dessinent.

Mie Branders, l'une des cinq élus locaux du PTB. L'objectif du parti est d'avoir onze élus en octobre. (Foto Solidair)

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Jan Fransen, responsable de la campagne à Hoboken. Nous avons déjà récolté une centaine d'enquêtes. Il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions. Ce que l'on peut déjà dire c'est que, pour les 230 enquêtes-test complétées, le thème «emploi» avait obtenu le plus de voix et qu'à présent seulement trois personnes l'ont classé dans le top 10. A l'époque où nous avions fait circuler l'enquête-test, Lemmerz, la fabrique de jantes implantée ici à Hoboken, avait procédé à 50 nouveaux licenciements. Et récemment, Scanfill a annoncé sa fermeture. Il semblerait en outre que la «sécurité» soit également un sujet brûlant. Pas encore vraiment le domaine du PTB. Les problèmes sont pourtant bel et bien là. En 2000, le Vlaams Belang était parvenu à en tirer profit et avait obtenu onze sièges au conseil de district de Hoboken. Mais en six ans, ils n'ont résolu aucun problème. Nous avons eu des discussions sur les thèmes comme l'agent de quartier, la sécurité routière, les drogues et le tapage nocturne. Puisque notre objectif à présent c'est d'avoir un second élu, nous avons tout intérêt à nous attaquer à ces problèmes avec les habitants du quartier.

Frans Van Acoleyen (Zelzate). Les problèmes sont sans cesse différents. Les taxes continuent de susciter le ressentiment des gens. Nous nous sommes battus avec succès contre la taxe sur la famille. Ici, les gens ont compris que les réductions fiscales au niveau fédéral sont en fait doublement récupérées via la commune. Pour l'instant, ce sont les thèmes «réduction d'impôts» et « sécurité sur les routes» qui l'emportent. Cette dernière revendication est principalement due au fait que ces cinq dernières années la commune de Zelzate est devenue une plaque tournante du trafic européen, en particulier pour le transport par camion dont une importante partie doit traverser ­ non sans danger ­ l'agglomération.

Cette fois nous avons ajouté un sujet: que pensez-vous du travail réalisé par le PTB? Nous voulons savoir ce que les gens pensent réellement du travail de notre parti. Comment sommes-nous perçus? Aujourd'hui, j'ai puisé dans l'urne et voici l'une des réponses sur lesquelles je suis tombé: «le PTB est un parti à la mesure des gens».

Dr Jan-Harm Keijzer, tête de liste à La Louvière. Nous demandons l'avis à la population sur des points proposés par nos membres. Par exemple, le logement: après les scandales au Foyer louviérois, son président (également échevin PS) et son directeur ont dû démissionner. Mais la liste d'attente pour un logement (2000 familles inscrites) reste aussi longue et la qualité des habitations sociales aussi basse.

Dans notre enquête, les gens peuvent se prononcer sur 22 propositions, comme la création de centres de santé gratuits à l'image de la maison médicale de Médecine pour le Peuple, les bus gratuits et plus fréquents, la gratuité réelle de l'enseignement, la création d'emplois communaux pour de meilleurs services à la population...

Il y a aussi cette proposition maîtresse: instaurer une taxe communale sur les grosses fortunes pour financer le social. La dynastie Boël a une responsabilité écrasante dans l'état de pauvreté et de délabrement de La Louvière. Après 150 ans d'exploitation sidérurgique, elle a quitté l'acier avec un magot de... 822 millions d'euros. Sur lequel elle ne paie pas un centime de taxe! En 2004, nous avions déjà remis à Pol Boël, patriarche de la famille et conseiller communal MR, une feuille de contribution: 1 % de taxe sur la fortune des Boël permettrait de rénover 500 maisons par an!

Les patients ont participé à l'enquête avec enthousiasme

Nicole, devenue membre du PTB il y a peu, s'est adressée aux patients dans la salle d'attente à Deurne. «J'ai déjà fait compléter dix-sept enquêtes. En général, les gens estiment que tout y est important et qu'il est difficile de faire un choix. Je leur ai également demandé s'ils désiraient s'affilier à notre parti. A cette question, je n'ai obtenu encore aucune réponse mais les médecins oui. La moitié a emporté un questionnaire. «Pour les voisins ou la famille» ont-ils dit. J'ai également proposé à toutes ces personnes notre journal Solidaire. Une personne sur trois s'est dite intéressée par un abonnement de cinq semaines à notre journal.»

Johan Vandepaer (Herstal). Je n'ai encore tiré aucune conclusion mais jusqu'à présent c'est la réduction des taxes qui se trouve en tête de liste. Parmi les revendications les plus cochées, il y a également celle des sacs-poubelles gratuits. Une autre revendication qui se dégage nettement est celle d'une commune propre. Les gens veulent des rues mieux entretenues, plus de personnel et plus de poubelles publiques. Le débat le plus épineux tourne autour du manque de logements sociaux. Cinq cents familles attendent toujours un logement. L'attribution d'un logement doit se faire d'une manière plus objective et non par favoritisme. Un autre point noir, celui de l'augmentation des loyers suite à la réalisation de travaux de transformation ou une augmentation des revenus lorsque le locataire retrouve un emploi. Quant aux jeunes, ils réclament des espaces de jeux bien aménagés et bien entretenus, où adultes et personnes âgées pourraient également venir se détendre. La réouverture de la piscine pour enfants reste une plaie ouverte.

Marthe Franssen, médecin et collaboratrice à Molenbeek. Un sondage? Chez moi? En général, les gens étaient un peu surpris lorsque nous leur posions les trois questions de notre enquête-test: Quels sont les problèmes qui vous préoccupent le plus? Qu'aimeriez-vous que l'on change? Quel est le thème dont vous parlez le plus avec vos voisins? Partout, nous avons été accueillis à bras ouverts. On nous a offert une tasse de café, on nous a proposé de partager le repas... Ecouter les gens est non seulement très enrichissant mais c'est aussi vraiment très sympathique. Un éventail de problèmes et de propositions a ainsi pu être soulevé. Dans la chaussée de Gand, la principale rue commerçante de Molenbeek, les trottoirs sont trop étroits. En plus, les commerçants y placent parfois des petits stands «illégaux». Conséquence, il ne reste pratiquement plus de place pour les piétons. Peut-être devrait-on en faire une rue à sens unique? Certains trouvent que la commune a favorisé le déversement clandestin d'immondices en ayant supprimé le ramassage gratuit. Trop peu d'espaces verts, trop peu d'aires de jeux, trop peu de travail et un trop faible niveau d'enseignement sont des points qui reviennent également très souvent.

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Récolter 7500 enquêtes en quatre mois: comment faire?

Les sept communes pilotes comptent récolter 7500 enquêtes au total.

Els Roes, responsable de la campagne à Deurne. Nous avons déjà récolter 450 enquêtes. La plupart des enquêtes ont été réalisées via la maison médicale. Dix membres nous ont aidé à faire remplir les questionnaires dans la salle d'attente. Pour certains, c'était la toute première fois qu'ils faisaient ce genre de chose! Pour le reste ce sont les employés à l'accueil et les médecins qui se sont directement adressés aux patients. Une quinzaine de collaborateurs ont emporté de 5 à 20 enquêtes chez eux qu'ils soumettront à leurs amis et collègues. Nous avons également envoyé l'enquête à tous les patients via notre revue. Chaque jour, notre boîte aux lettres déborde. Mais notre objectif c'est aussi d'enquêter dans les différents quartiers de Deurne, et pas seulement auprès de nos patients. En décembre, nous sommes allés trouver les chômeurs au pointage, 130 d'entre eux ont pris la peine de compléter le questionnaire avec soin, parmi ceux-ci une centaine nous ont laissé leur nom et leur adresse et nous ont demandé de les tenir au courant des résultats de l'enquête. A partir de la semaine prochaine, nous enquêterons dans les quartiers. Nous en avons sélectionné deux et nous y cherchons des sympathisants auxquels nous demanderons s'ils sont disposés à interroger les habitants de leur rue.

Vous voulez donner un coup de main?

Contactez:

  • Johan Vandepaer et Nadia Moscufo, Av. Francisco Ferre 26, 4040 Herstal, 04/264.73.33
  • Jan-Harm Keijzer, Rue de Bouvy 65, 7100 La Louvière, 064/21.74.50
  • Marthe Franssen, Rue Ransfort 70, 1080 Molenbeek, 02/411.11.03

Participez vous aussi à l'enquête!

Rendez-vous sur le site
www.ptb.be/elections

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13:12 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

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