12/11/2005

09/11/2005: Une autre lecture des évènements

---- Original Message -----

From: APEIS
To: apeis@freesurf.fr
Sent: Wednesday, November 09, 2005 10:43 AM
Subject: Une autre lecture des évènements


APEIS
Coordination nationale
8, rue de Verdun
94800 Villejuif
Site :
http://www.apeis.org/
Email : apeis@freesurf.fr


Le communiqué de presse de l'Apeis
Une autre lecture des évènements


 
Le slogan « Qui sème la misère récolte la colère » est bel et bien d’actualité suite aux déclarations incendiaires de Sarkozy ; suite à la mort de Zyad Benna et Bouna Traoré dans des circonstances douteuses ; suite au déploiement inconsidéré de forces de l’ordre en tenue de combat pour quadriller les quartiers populaires et en faire de fait des ghettos ; suite, aussi et surtout, au fait qu’il y a 21% de chômage chez les jeunes des quartiers populaires, chiffre qui atteint 43% quand ces mêmes jeunes sont issus de l’immigration.
On sait bien qu’en-dehors des coups nous n’avons rien à attendre de la droite, de "ceux d’en face", mais tout au long des réactions dont nous abreuvent les hommes de gauche ayant volonté d’encadrer cette misère, les citoyens redresseurs de torts se voulant compréhensifs, tout au long de leurs appels à la paix sociale, avez-vous remarqué que la troisième personne (« ils », « eux ») est la seule utilisée pour causer d’une colère qui pourtant nous concerne tous ? Une colère que nous partageons en fait dans notre grande majorité, nous les bannis des feux de la rampe, les exploités, les abandonnés.
Le pétage de plomb n’est pas « jeune », il est généralisé, bien au-delà de ses conséquences visibles en couleur au journal de 20h, sauf qu’une dépression ou un suicide sont moins spectaculaires qu’un bel incendie.
Quand t’en peux plus, t’exploses... quitte à éclabousser le voisin, car le temps de la réflexion et de l’analyse est aussi un luxe. Alors on peut en écrire des pages, dire "qu’ils" (ces autres, ces étrangers à nos brillantes analyses autoproclamées) auraient dû faire ci et pas ça, dire ceci au lieu d’attaquer cela, mais jusqu’à quand va-t-on ignorer notre propre douleur, notre propre envie d’en finir avec une vie de survie ? Et surtout s’apercevoir que "leur" révolte est NÔTRE, car eux c’est nous, nos enfants, nos frères, cousins, voisins.
La pensée de classe semble avoir bel et bien disparu du panorama des réflexions d’une gauche qui est moins de masse que de plus en plus « à la masse »... En échange on y retrouve la peur du « gueux », du « voyou », de la « racaille », de la « canaille », du « lumpen », la trouille de ce « prolétariat en haillons » qui grouille sous les pieds de l’honnête salarié, prêt à lui saisir la cheville, lui casser sa bagnole et l’entraîner vers les affres du chômage et de la précarité à tout crin. Ouh le méchant gueux qui ne fait que le jeu du FN, qui tape à côté et préfère crâmer les miettes puisqu’il ne peut avoir le gâteau...
Crétin de gueux, tu crois qu’au Sahel ils seraient pas contents de les avoir les belles miettes de droits que tu as ?!
Ingrat de gueux, tu ne sais pas qu’il y a toujours eu la petite bourgeoisie humaniste pour recadrer ta colère comme en 1789 afin de la rendre productive et te donner de beaux droits ?
Sale petit con de gueux, tu ne sais pas que pendant que tu baves d’envie aux vitrines de l’illusion capitaliste, la vrai avant-garde éclairée n’a que faire de basses volontés de possession matérialiste et préfère lire des livres qui causent de toi, pauvre gueux voyoutocrate transformé en glorieux prolétariat idéalisé ?
Aujourd’hui tu crâmes l’institution qui te tend la main, mais c’est pas parce que tu n’as pas de foie gras qu’il faut brûler les toasts !!!
Salaud de pauvre, jamais content !
Ah, ce qui embête les politiques et les fabricants de boucs-émissaires, c’est peut-être qu’ils ne savent pas par quel bout récupérer la colère populaire !
"On dit d’un fleuve emportant tout qu’il est violent mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l’enserrent"
Serait-ce trop demander à la gauche que de réveiller sa propre révolte de son sommeil plein de compromis confortables et d’exprimer sa fraternité aux insurgés en se rappelant cette phrase de Bertolt Brecht ?
 
Explication Loi n°55-385 du 3 avril 1955 Loi instituant un état d'urgence et en déclarant l'application en Algérie.
http://www.apeis.org/article.php3?id_article=237
Le texte de la loi http://www.apeis.org/article.php3?id_article=238



 

Ah ils vont nous en faire des propositions, des énièmes plans d'urgence pour les banlieues, du replatrage par çi, un coup de peinture par là, mais l'expérience montre que qu'on ne s'attaque que très rarement aux causes du problème : c'est à dire le chômage, la discrimination, la gestion trop souvent coloniale de l'immigration...

Manifestons le 03 décembre contre le chômage et la précarité
Partout en France et à Paris 14h00 Métro Château Rouge
Pour la 3éme édition de la manifestation contre le chômage et la précarité à l'initiative des associations de chômeurs
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La renégociation de l’Unedic a démarrée le 8 novembre dernier au siège du Medef, tout un symbole, au moment où nous écrivons cet article nous ne savons pas encore à quelle sauce ils vont vouloir nous dévorer. Les organisations patronales, représentantes des actionnaires et aidées par le gouvernement vont tout faire pour peser sur nos droits, et confirmer ainsi les mesures de contrôles, de convocations, de sanctions et de radiations qui font déjà notre quotidien de chômeur. Leur argument principal va être c’est certain, le déficit alors même qu’ils l’ont crée de toutes pièces, quand il y avait excédents nous avons demandé qu’ils constituent un fonds de réserve, ils ont préféré baisser les cotisations notamment patronales.
Ils vont tenter de jouer sur trois aspects possibles qui touchent aux droits des chômeurs, l’accès, le taux et la durée de l’indemnisation avec comme objectif de faire encore et toujours baisser le prix du travail, en nous contraignant à accepter n’importe quel emploi dans n’importe quelles conditions. Pour y parvenir il leur faut casser les droits, faire voler en éclats les protections sociales et si nous ne répondons pas à hauteur des attaques, tous les domaines seront touchés et peu seront épargnés. Personne ne peut plus penser qu’il n’est pas concerné, toutes les campagnes orchestrées pour laisser penser que les chômeurs ne font pas tout ce qu’il faut pour s’en sortir ne nourrissent qu’une logique ; avoir des salariés qui se louent à l’heure ou à la journée en fonction des carnets de commandes. Et il ne s’agit pas d’argent, ainsi les 40 entreprises qui composent le CAC 40 ont réalisées pour le premier semestre 2005, 41 milliards d’euros de bénéfices nets soit une augmentation de 32, 7 %. Ils attaquent fort, ils ont des moyens de toutes sortes, financiers, de communication, d’information, de répression même, mais ils leur manquent ce que nous avons le nombre et donc la force. Ce samedi 3 décembre, c’est certain, tout plein de trucs à faire, pour chacune et chacun mais l’endroit où il faudra être c’est à la manifestation contre le chômage et la précarité, contre les licenciements, pour les droits sociaux, pour une allocation exceptionnelle de fin d’année de 500 euros.
Un ou une qui n’est pas là peut penser que ce n’est pas essentiel, mais si toutes celles et tous ceux ne se disaient pas cela et étaient avec nous, ensemble pour dire que le chômage et la précarité sont des atrocités, des anomalies et que cela concerne chacune et chacun, pas seulement les chômeurs et nous pouvons réussir une belle et grande manifestation qui les fassent reculer. Rien n’est
fatal mise à part notre propre résignation, nous avons gagner sur les « recalculés » nous pouvons les battre sur les droits, vos droits, leurs droits, nos droits !



21:58 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

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