31/10/2005

29/10/2005: fin de carrière

 

-------Message original-------
 
De : delmar
Date : 10/29/05 20:31:24
A : info@laurette-onkelinx.be
 
Sujet : fin de carrière

 
Madame Onkelinx,
 
Je fais partie de la masse silencieuse.
Je m'exprime cette-fois-ci parce que j'estime que vous allez un peu loin!
Vous êtes interviewée à la rtfb ce samedi soir 29 octobre.
Vous proclamez à plusieurs reprises.... c'est faux... c'est faux.... c'est faux...
lorsque les causes de la grève de samedi sont énoncées.
C'est facile de proclamer "c'est faux" sans démontrer pourquoi "c'est faux" !
Le drame, c'est que la parole est toujours donnée aux mêmes... et qu'il n'y a pas
vraiment de véritables nuances entre les partis auxquels les médias accordent l'antenne.
A 54 ans et après 36 ans de carrière dans une banque, je peux vous affirmer que je n'ambitionne
qu'une chose : la retraite.
Jusqu'en 1981, les partis traditionnels ont gaspillé l'argent du citoyen.... voir la dette de l'Etat.
J'ai payé ma part via mes impôts et taxes, en tout genre + sauts d'index... cumulés et perdus à vie. 
Ma pension de l'Etat sera une misère, je paierai une nouvelle fois!
Et vous voulez me garder au travail... et en même temps vous faîtes encore des cadeaux fiscaux
aux entreprises ... et même à celles qui n'en ont pas besoin.  
Taux d'imposition des sociétés en 1999 : 40%
Taux d'imposition des sociétés en 2006 : 26%...... 
On parle même de dopant boursier dans l'Echo du 27/28 août 2005.
Et les jeunes dans tout cela ... qu'avez-vous prévu concrètement?
Vous avez décidé la suppression des titres "papiers" ou "vifs" - avez-vous estimé le nombre d'emplois
supprimés dans le secteur bancaire? Mais quel return pour les banques...!!!
Le président du PS est d'ailleurs bien introduit dans la finance.. n'est-ce pas!
Est-ce bien compatible... défendre les intérêts de la haute finance et les intérêts du citoyen??? 
 
Je ne peux qu'encourager mon entourage à ne plus voter PS - MR - ECOLO - CDH, comme moi
aux prochaines élections. 
 
Madame Onkelinx, il est temps de vous remettre en cause. Le PS aussi !
 
Marcel Delpierre
avenue du Derby 43/2
1050 Bruxelles

21:52 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

31/10/2005: Pétititon contre la rétention de données (suite)

Tous fichés, surveillés, écoutés, filmés, recensés, espionnés, en EURO-DICTATURE capitaliste !  Avec l' aide des partis "démocratiques" intégrés au système. La fascisation européenne est aussi en cours ...
La carte SIS : la poisse, le contrôle, le fichage social de la population   et le reste ....
RoRo

 

-------Message original-------
 
De : Sayno
Date : 10/26/05 22:48:46
Sujet : [Aeisp-activists] Data retention is no solution

 
English text below.
 
Près de 55.000 personnes ont déjà signé la pétition contre le projet des
Ministres de la Justice européens de ficher les données téléphoniques et
de traffic internet des  450 millions d'européens.
 
Il semble que cette pétition soit surtout diffusée aux Pays-Bas, en
Allemagne et en Finlande...
 
A nous de tenter de la faire connaître aussi en France et en Belgique.
 
Pour signer :
http://www.stopdataretention.com
 
Le site de l'EDRI (Digital Civil Rights in Europe) :
http://www.edri.org/edrigram/number3.21/petition
 
Le site de la campagne ICAMS :
http://www.i-cams.org
 
Le site de la toute nouvelle organisation ECLN :
http://www.ecln.org/
 





 

 
-------Message original-------
 
De : Jean Marie Flemal
Date : 10/31/05 10:19:30
A : Roger Romain
Sujet : Pétititon contre rétention de données

 
Bien le bonjour, camarade Roger,
 
Voici l'article sur la rétention de données. Ci-dessous en clair.
 
Bonne journée,
 
JMF
 
ooo
 

La rétention de données n’est pas une solution !

 

Les ministres européens de la Justice et la Commission européenne veulent conserver toutes les données du trafic par téléphone et par Internet de la totalité des 450 millions d’Européens. Si vous nourrissez quelque inquiétude à l’égard de ce plan, signez la pétition.

 

Qu’ y a-t-il d’inquiétant avec la détention de données ? La proposition de retenir les données du trafic révélera l’identité des expéditeurs et destinataires de la totalité des appels téléphoniques ou mails, elle permettra de savoir quels sites Internet les gens ont visités et même le moment où ils ont utilisé leur appareil mobile. Les compagnies de téléphonie et les fournisseurs de services d’Internet seraient obligés de conserver l’intégralité des données de trafic de leurs clients. Les services de police et de renseignement de l’Europe entière disposeraient de l’accès à ces données. Diverses propositions actuellement en compétition à Bruxelles mentionnent des périodes de rétention s’étendant de 6 mois à 4 ans.

 

La rétention de données est un outil envahissant qui s’ingère dans la vie privée de 450 millions de personnes de l’Union européenne. Il s’agit d’une mesure qui élargirait le pouvoir de surveillance dans des proportions sans précédent. En même temps, elle réduirait considérablement un grand nombre des sauvegardes résidant dans les instruments européens des droits de l’homme, telles les Directives sur la protection des données et la Convention européenne des droits de l’homme.

 

La rétention de données signifie que les gouvernement peuvent s’ingérer dans votre vie privée et dans vos communications privées et ce, que vous soyez ou pas soupçonné d’un délit. 

 

La rétention de données n’est pas une solution au terrorisme et à la criminalité !

 

En juillet 2005, le Parlement européen a adopté le rapport d’un de ses députés, Alexander Alvaro, concernant un plan de rétention obligatoire de données. Le rapport conclut que cette proposition est disproportionnée. Le rapport remet également en question la nécessité, l’efficacité de ces mesures et s’interroge sur les coûts élevés qu’elles entraîneraient pour l’industrie et les usagers de télécommunications.

 

Aucune étude sérieuse n’a jamais été menée en Europe pour appuyer l’utilité pratique et la nécessité de la mise sur pied d’une telle banque de données à grande échelle renfermant des données aussi sensibles dans le but de combattre la criminalité et le terrorisme.

 

Les attentats de Londres constituent une attaque contre les droits de l’homme. La protection de ces droits de l’homme importe au plus haut degré lorsque des gouvernements et des sociétés connaissent des périodes de crise. La pire riposte possible serait de mettre en danger ces droits patiemment acquis en prenant des mesures inspirées par la panique. Réagir au terrorisme par une surveillance de masse représenterait un succès retentissant pour les auteurs de ces attentats : une destruction fondamentale de nos valeurs les plus fondamentales.

 

Que pouvez-vous faire pour contrer ce plan ?

 

Si les plans européens concernant la rétention de données constituent un sujet d’inquiétude à vos yeux, signez cette pétition et informez le plus de monde possible de cette campagne.

Les signatures seront adressés à la Commission européenne et au Parlement européen.

 

OOO

 

Mailing-list des militants de l’AEISP

Aeisp-activists@userlists.all2all.org

http://userlists.all2all.org/mailman/listinfo/aeisp-activ...



21:32 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

11/02/1998: pour (re)lire SOLIDAIRE

Solidaire N° 06/1998 - 11 février 1998


20:44 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

31/10/2005: cherchez donc la différence ....

 PS (ni MR, CDH, ECOLO): c'est kif-kif. Ces partis sont réformistes, opportunistes, intégrés au système capitaliste et à l' Euro-dictature des multinationales et des banquiers.
Plus rien ne les différencie. Il font tous les même travail au service du patronat.
RoRo

 

-------Message original-------
 
De : delmar
Date : 10/31/05 15:38:24
A : michel.daerden@gov.wallonie.be; marie.arena@cfwb.be; pourbruxelles@charlespicque.be; fadila.laanan@cfwb.be; claude.eerdekens@cfwb.be; info@dupuis.irisnet.be; info@kir.irisnet.be; elio@ps.be
Cc : zezet@tele2.be; Véronique BOUILLET; paul VERHOEVEN; Léon Poncé; Romain; lamme.goedzak@chello.be; jean demaret; Grazia; freddy.gosselet@skynet.be; franciske@laposte.net; erik vanderstraeten; elie vandael (daniele hub); Daniele Hubert; christiane hubert; Christian Lemarchand; ALAIN.LUCAS@fortisbank.com
Sujet : travail des jeunes - travail des moins jeunes - grève du 28 /10 / 05

 
Mesdames et Messieurs du Parti Socialiste,
 
Vous trouverez attaché à ce mail un article journal LE SOIR  du 28/10/05 du secrétaire général de la FGTB -
Monsieur Xavier Verboven.
 
Enfin, une vision claire des évènements que nous vivons tous : aucun politicien n'ose s'exprimer aussi objectivement.
En réalité : "qui décide vraiment en Belgique?" : le pouvoir patronal et le "pouvoir de l'argent".
Exemple  : les patrons refusent le projet du "crédit temps" à 50% à partir de 55 ans (au lieu de 50 ans auparavant !!!!),
le gouvernement disposé à mettre en place cette nouvelle disposition a adapté ses décisions au desiderata du
patronat (voir point 5 de l'article).
 
C' est la première fois que ces précisions sont communiquées par la presse.
La désinformation, la manipulation deviennent la règle dans ce pays (même à la CSC... débordée par sa base).
Aucun document officiel n'a précisé, clairement et entièrement, les changements à venir par rapport à ce
qui existe aujourd'hui! 
Dans ce pays,  la parole et le temps d'antenne est toujours donnée aux mêmes... là, commence la désinformation!
 

A défaut de changements radicaux des décisions relatives aux carrières des jeunes et des moins jeunes, 
de la mise au travail des chômeurs, d'une vraie politique de l' emploi pour TOUS, j'inviterai toutes mes relations  
à ne plus voter PS (ni MR, CDH, ECOLO).
Rendez-vous aux prochaines élections.....
 
En espérant une remise en question rapide du PS, je vous prie d'agréer, Mesdames et Messieurs,
mes sincères salutations.
 
Marcel Delpierre
avenue du Derby 43/2
1050 Bruxelles









20:40 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

29/10/2005

04/02/1998: pour (re)lire SOLIDAIRE

Solidaire N° 05/1998 - 4 février 1998



19:50 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

28/10/2005

28/01/1998: pour (re)lire SOLIDAIRE

Solidaire N° 04/1998 - 28 janvier 1998


18:50 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

26/10/2005: Tous fichés, surveillés, écoutés, filmés, recensés, espionnés, en EURO-DICTATURE capitaliste ! Avec l' aide des partis "démocratiques" intégrés au système.

Tous fichés, surveillés, écoutés, filmés, recensés, espionnés, en EURO-DICTATURE capitaliste !  Avec l' aide des partis "démocratiques" intégrés au système. La fascisation européene est aussi en cours ...
RoRo

 

-------Message original-------
 
De : Sayno
Date : 10/26/05 22:48:46
A : aeisp-activists@userlists.all2all.org
Sujet : [Aeisp-activists] Data retention is no solution

 
English text below.
 
Près de 55.000 personnes ont déjà signé la pétition contre le projet des
Ministres de la Justice européens de ficher les données téléphoniques et
de traffic internet des  450 millions d'européens.
 
Il semble que cette pétition soit surtout diffusée aux Pays-Bas, en
Allemagne et en Finlande...
 
A nous de tenter de la faire connaître aussi en France et en Belgique.
 
Pour signer :
http://www.stopdataretention.com
 
Le site de l'EDRI (Digital Civil Rights in Europe) :
http://www.edri.org/edrigram/number3.21/petition
 
Le site de la campagne ICAMS :
http://www.i-cams.org
 
Le site de la toute nouvelle organisation ECLN :
http://www.ecln.org/
 
Sayno.
 
 
Data retention is no solution!
 
The European ministers of Justice and the European Commission want to
keep all telephone and internet traffic data of all 450 million
Europeans. If you are concerned about this plan, please sign the petition.
 
What's wrong with data retention? The proposal to retain traffic data
will reveal who has been calling and e-mailing whom, what websites
people have visited and even where they were with their mobile phones.
Telephone companies and internet services providers would be ordered to
store all traffic data of their customers. Police and intelligence
agencies in Europe would be granted access the traffic data. Various,
competing proposals in Brussels mention retention periods from 6 months
up to four years.
 
Data retention is an invasive tool that interferes with the private
lives of all 450 million people in the European Union. Data retention is
a policy that expands powers of surveillance in an unprecedented manner.
It simultaneously revokes many of the safeguards in European human
rights instruments, such as the Data Protection Directives and the
European Convention on Human Rights.
 
Data retention means that governments may interfere with your private
life and private communications regardless if you are suspected of a
crime or not.
 
Data retention is not a solution to terrorism and crime!
 
In July 2005 the European Parliament adopted a report by Parliament
member Alexander Alvaro on the mandatory data retention plan. The report
concludes that the proposal is disproportionate. The report also
questions the necessity, effectiveness and high costs for industry and
telecommunication users.
 
No research has been conducted anywhere in Europe that supports the need
and necessity of creating such a large-scale database containing such
sensitive data for the purpose of fighting crime and terrorism.
 
The attacks on London are an attack on human rights. The protection of
those human rights matters most when governments and societies face
times of crisis. The worst possible response would be to jeopardise
those carefully wrought rights by a panic-inspired response. A mass
surveillance response to terror would result in a resounding success for
the perpetrators of these attacks: a fundamental undermining of our most
fundamental values.
 
What can you do to stop this plan?
 
If you are concerned about the European plans for data retention, please
sign the petition and alert as many people as you can to support this
campaign.
The signatures will be sent to the European Commission and the European
Parliament.
 
_______________________________________________
Aeisp-activists mailing list
Aeisp-activists@userlists.all2all.org
http://userlists.all2all.org/mailman/listinfo/aeisp-activ...
 
 













18:46 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

14/01/1998: pour (re)lire SOLIDAIRE ...

Solidaire N° 02/1998 - 14 janvier 1998


16:38 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

12/11/2005: Activité de Solidarité avec CUBA Socialiste le 12 Novembre prochain

-------Message original-------
 
De : Contact
Date : 10/27/05 23:44:30
Sujet : Activité de Solidarité avec CUBA Socialiste le 12 Novembre prochain

 

 

Le Centre Ernesto Che Guevara, participera aussi au Grand Rassemblement de Solidarité avec CUBA. Nous allons transmettre en « Live » l’activité sur notre site. Particulièrement cette diffusion s’adresse aux amis de Cuba en Provence, mais aussi et surtout, aux amis de Cuba dans les quatre coins de la planète, nous proposons à toutes les associations et organisations de solidarité, la possibilité de transmettre l’activité sur vos sites internet. Pour cela il suffira de prendre contact à l’adresse suivante webmaster@centre-ernesto-che-guevara.org  ou bien contact@centre-ernesto-che-guevara.org , nous vous expliquerons ce qu’il faut faire techniquement pour y mettre un URL pour diffuser l’activité.

 

Suivez le lien juste en bas pour connaître le lieu exact de l’activité

 

 

 


 

16:34 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

27/10/2005

07/01/1998: pour (re)lire SOLIDAIRE

Solidaire N° 01/1998 - 7 janvier 1998



22:56 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

SOLIDAIRE n° 39 du 26 octobre 2005

La une et sommaire

Solidaire n° 39 du 26 octobre 2005

26-10-2005

Et en plus...

 


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22:31 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

27/10/2005: "TeleSur : bien plus que l'anti-CNN"

De : Les Rebelles

Date : 10/27/05 09:15:05
 
Sujet : "TeleSur : bien plus que l'anti-CNN"

 
De : Michel Collon [mailto:michel.collon@skynet.be]
Envoyé : jeudi 27 octobre 2005 Gilbert 03:36

Objet : "TeleSur : bien plus que l'anti-CNN"



Vous désinscrire ? Changer ou ajouter une adresse ? Ne pas répondre, cliquer directement:
http://www.michelcollon.info/mailinglist.php
Al Jazeera a reçu une petite soeur en Amérique latine.
Michel Collon est un de ses conseillers...


"TeleSur, c' est bien plus que l' anti-CNN"


Al Jazeera vient de recevoir une petite soeur : TeleSur, la nouvelle télé du continent latino. Mais cet anti-CNN sera captable aussi en Europe et Afrique du Nord. De quoi révolutionner le paysage médiatique ? Nous l'avons demandé à Michel Collon, une des trente personnalités internationales appelées à faire partie de ses conseillers...

INTERVIEW : KATRIEN DE MUYNCK

Une chaîne télé de plus, alors qu'il y en a déjà 35.000 dans le monde, est-ce important ?
Michel Collon
. Vous en voulez une preuve ? Dès avant la naissance de TeleSur, le Congrès US a voté une loi autorisant Bush à brouiller ses émissions. Les champions de la « liberté d'expression» craignent de perdre leur monopole sur l'info.

Monopole US ? En Amérique latine ?
Michel Collon.
Oui. Où que vous alliez dans ce continent, vous ne pouvez échapper à cette « info made in USA » D'abord, CNN diffusé partout, en anglais et en espagnol. Ensuite, les chaînes commerciales privées dont l' énorme puissance financière, grâce à la pub des multinationales, écrase le paysage médiatique avec des programmes abrutissants et une info recopiée des agences US.
Il faut savoir que ces grosses chaînes sont dirigées par des patrons hyper-riches et étroitement liés aux Etats-Unis. Exemple : Gustavo Cisneros, un des dix hommes les plus riches d'Amérique latine (Procafe, Pizza Hut, Coca Cola, fast food, télécoms...). C'est aussi un des maîtres des médias. Allié à la multinationale US AOL Time Warner (1er groupe média du monde), Cisneros contrôle 150 chaînes dans 20 pays ! Membre du Council of Foreign Relations, sans doute le plus important groupe de réflexion des décideurs US. Il y fréquente la crème des multinationales, mais aussi des bandits politiques comme Dick Cheney, Rice, Kissinger et quelques ex-directeurs de la CIA : Carlucci, Gates, Bush père, Woolsey, Deutch...

Cela donne-t-il forcément une info alignée sur les Etats-Unis ?
Michel Collon.
Oui, ses journalistes n' ont aucune liberté. Comment ont-ils couvert le Venezuela ? Ce pays connaît une véritable révolution sociale avec Hugo Chavez : l' argent du pétrole (il s' agit du 4ème exportateur mondial) va non plus dans les poches des multinationales mais à des programmes sociaux : plus personne n' est analphabète, plus personne n' est privé de soins de santé, chaque enfant reçoit à manger. L' ancien régime, soutenu par l' Occident, avait laissé 80% de pauvres à côté de fortunes colossales.
Du coup, Bush et la bourgeoisie du Venezuela - pour rétablir leurs privilèges - ne pensent qu' à renverser Chavez. Mais il bénéfice d' un énorme soutien populaire, il gagne haut la main chaque élection. D' où un coup d' Etat CIA en 2002 : quelques généraux traîtres remplacent Chavez par... le patron des patrons. Mais le peuple descend dans la rue, et ce sera la dictature la plus brève de l' Histoire : deux jours !
De ce coup d' Etat, les médias privés ont été complices actifs. Manipulant les images d' une manifestation pour faire croire que Chavez avait fait tirer sur la foule alors que c' étaient les putschistes. Une chaîne privée avait enregistré, à l' avance, la proclamation des putschistes. Il y a d' autres exemples inimaginables de désinformation.

On ne parle guère du Venezuela...
Michel Collon.
C' est vraiment un scandale que les médias US, mais aussi européens passent sous silence ces réalisations sociales magnifiques. Ce silence permet de recopier la propagande de guerre de Bush : "Chavez est un populiste, il soutient peut-être les narcotrafiquants colombiens, et bla-bla-bla". Les nouvelles "armes de destruction massive."

Pour les Européens, que peut représenter TeleSur ?
Michel Collon.
Une chance de briser le monopole médiatique. D' abord, découvrir les évolutions passionnantes en Amérique latine qui bascule à gauche. Gouvernements progressistes élus en Argentine, en Uruguay, au Brésil. Grandes luttes en Bolivie et en Equateur. Ce continent bascule à gauche et Bush est dans ses petits souliers là-bas, car cela change le rapport de forces mondial.
Sauf quelques rares reportages, nous sommes très mal informés! Prenez la Bolivie, riche en gaz naturel, mais ses propres habitants paient le mètre cube bien plus cher que les multinationales (européennes notamment). Eh bien récemment, je voyais sur
Arte un reportage scandaleux : une minute sur Evo Morales, le leader des pauvres, juste pour affirmer - sans preuves- qu' il était incompétent. Puis, longue tartine sur un "meilleur" candidat aux prochaines présidentielles. Le patron le plus riche de La Paz !
On cache le rôle néfaste de nos multinationales là-bas. En Colombie, l' amiante de la firme belge Eternit empoisonne les fleuves et les gens. A l' intérieur même des usines, il y a des soldats et des prisons. Vous voyez ça sur
CNN ? Vous explique-t-on que Bush et Blair convoitent les richesses de l' Amazonie (eau, biodiversité) et prétendent "internationaliser" ce territoire ? A terme, une guerre contre le Brésil est possible.

Vous servez à quoi comme conseiller ?
Michel Collon.
L' équipe TeleSur, comme Chavez d' ailleurs, est très curieuse, très désireuse d' apprendre des analyses et des expériences réalisées dans le monde. Ils attendent des suggestions et des critiques. Je leur signale notamment des films, reportages et documentaires qu' ils pourraient diffuser. TeleSur ne veut pas se replier sur l' Amérique latine. Je crois qu' après un certain temps, si on parvient à développer des réseaux de correspondants dans le monde et des groupes de soutien à sa diffusion, TeleSur pourra jouer un rôle majeur pour développer une contre-information, une alternative médiatique mondiale.

TELESUR :
- 4 pays fondateurs : Venezuela, Argentine, Uruguay, Cuba. Soutien du Brésil.
-
Devise : « Notre Nord, c'est le Sud ».
- 45% : infos, interviews, témoignages. 55% : films, documentaires, cultures populaires.
-
Couverture : Amérique latine. Plus : Amérique du Nord, Europe occidentale, Afrique du Nord par un satellite hollandais NSS 806.
-
Conseillers : Danny Glover (acteur, réalisateur), F. Solanas (cinéaste), Morais (écrivain), Tariq Ali (G-B), Ignacio Ramonet (France), Michel Collon (Belgique), etc.
-
Contact : contactenos@telesurtv.net

« NOS PROPRES YEUX » :
Jorge Enrique Botero, journaliste colombien, chef de l'info à TeleSur : « Nous regarderons l'Amérique latine avec nos propre yeux. Des médias internationaux ont un regard biaisé sur notre continent, rempli de préjugés et de lieux communs. La Colombie, par exemple, n'est évoquée que sur la thématique du narcotrafic ou du conflit armé. Dans ces médias, ce sont presque toujours les mêmes sources, les mêmes voix. Comment est-il possible que l'Amérique latine, si diverse et si riche, soit interprétée, lue et commentée par un noyau si réduit de sources ? »

QU'EN SAVEZ-VOUS ?
Vanessa Stojilkovic s' est aussi rendue au Venezuela pour y tourner un film. Elle a remis au président Chavez et aux responsables des médias un « vidéo-trottoir » (15') réalisé en Belgique : « Que pensez-vous du Venezuela ? » Edifiant! Les gens ne sont pas au courant que le pétrole est la richesse du pays et que c'est pour ça que Bush en veut à Chavez. Quand on leur indique que l'argent du pétrole sert aux pauvres, la plupart soutiennent, tous sont curieux d'en savoir plus. Et regrettent d' être mal informés. Hasard ?

VOIR AUSSI :
HUGO CHAVEZ - Pour refonder l'ONU
http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2005...

HEINZ DIETERICH - Le président colombien : un danger pour l'Amérique latine
http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2005...

THIERRY DERONNE - "Chavez presidente" : interview de Maurice Lemoine
http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2005...

APPEL DE CARACAS - Rencontre des intellectuels et artistes du monde
http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2004...



19:44 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

26/10/2005

28/10/2005: GREVE GENERALE: Tous à Bruxelles ce vendredi

GREVE GENERALE: Tous à Bruxelles vendredi 28 octobre 2005 !
 

 
-------Message original-------
 
De : Info PTB
Date : 10/26/05 13:59:50
A : roger.romain@skynet.be
Sujet : Tous à Bruxelles vendredi!

 


26 octobre 2005


Cartoon Matiz Grève générale le 28 octobre: tous à Bruxelles!
Le PTB soutient pleinement l’opposition syndicale au «pacte de solidarité entre les générations» et soutient également l’appel à la grève et à la manifestation à Bruxelles, le vendredi 28 octobre.

- Le 28 octobre, chacun se comptera
- Fins de carrière: l'avis de trois syndicalistes du PTB
- L'avocat Ivo Flachet à propos des attaques contre le droit de grève
- Faire mieux que les USA et garder notre protection sociale: possible?

Reportage photo vendredi soir dès 18h sur www.ptb.be

A télécharger
L'alternative du PTB (power point, 715kb)

!!! Exclusif !!!
Travailler plus longtemps: Une enquête de Médecine pour le Peuple démontre les dangers pour votre santé

Et toujours sur le site www.ptb.be/prepension: racontez votre histoire.






Cartoon MatizSamedi 29 octobre à Bruxelles: Che Presente!
VUB (avenue de la Plaine, Etterbeek) auditoire Q

'Che Presente' est une journée internationale de solidarité avec Cuba organisée par Initiative Cuba Socialista en collaboration avec l'ONG Fonds de Soutien Tiers Monde.

Plus d'infos: www.intal.be





N'hésitez pas à nous envoyer vos remarques, vos souhaits, vos questions: alice.bernard@ptb.be


Pour vous abonner, abonner un de vos amis:
abonner 




18:34 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

26/10/2005: PAKISTAN: L' aide des ricano-otano-occidentaux ...

PAKISTAN:  L' aide des ricano-otano-occidentaux ...
 

 
-------Message original-------
 
De : Coordinamento Nazionale per la Jugoslavia
Date : 10/26/05 15:07:08
 
Sujet : [JUGOINFO] Visnjica broj 512

 




Yahoo! GruppiI Miei Gruppi | crj-mailinglist Pagina principale


PAKISTAN: L'OTAN N'AVAIT PAS ASSEZ D'HÉLICOPTÈRES ?!
[La NATO, nota "organizzazione di soccorso umanitario", non è riuscita
ad inviare nemmeno 40 elicotteri in Pakistan per soccorrere le vittime
(già almeno 50mila morti) del recente, terribile terremoto...]


Combien par contre d'helicoptères US et britanniques mobilisés pour
l'occupation de l'Irak et l'Afghanistan ? 3 ? 14 ?


Reuters, 25 octobre
http://www.alertnet.org/thenews/newsdesk/L25401566.htm

Les pays membres de l'OTAN ont envoyé beaucoup moins d'hélicoptères au
Pakistan pour l'aide d'urgence après le tremblement de terre que ce
que l'Alliance avait initialement affirmé, a déclaré ce mardi un porte
parole de l'OTAN.

Après des pourparlers avec les fonctionnaires des Nations Unies qui
coordonnent les efforts humanitaires, l'OTAN avait dit vendredi passé
que ses 26 membres (à titre individuel) avaient déjà 40 hélicoptères
au Pakistan, auxquels l'alliance ajouterait 4 autres en provenance
d'Allemagne.

Mais le porte-parole de l'OTAN James Appathurai a déclaré que ce
chiffre de 40 était incorrect, et que les membres de l'OTAN espéraient
en fait arriver à en avoir 32 à la fin de cette semaine.


"C'est un effort très compliqué, avec de l'aide venant d'une variété
de fronts,
pas seulement des pays de l'OTAN, et ce n'était pas facile
de la quantifier sur une base quotidienne dans les premiers jours"
a-t-il dit en réponse aux questions. [2 semaines après le tremblement
de terre quand même]

"En se basant sur notre estimation actuelle, nous espérons avoir 32
hélicoptères sur place à la fin de cette semaine", a-t-il dit,
reconnaissant que le nombre actuel était plus petit que cela.

Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan avait pressé les pays de
l'OTAN et les autres pour envoyer plus d'hélicoptères, vitaux pour
fournir l'aide aux milliers de survivant du tremblement de terre du 8
octobre, coincés dans des régions reculées, montagneuses, sans
nourriture, abris ou médicaments.

Mais les commandements de l'OTAN avaient dit la semaine passée que la
force de réaction rapide de l'OTAN n'avait pas assez d'hélicoptères,
et avaient averti que les pays membres avaient toujours été réticents
à mettre leurs propres hélicoptères à contribution.

Le plus important contributeur en hélicoptères pour l'effort
humanitaire sont les USA, avec 14 hélicoptères sur les lieux ce lundi,
selon les officiels US. De plus, 3 (trois) engins britanniques sont
arrivés il y a quelques jours.

Deux hélicoptères allemands de la mission de l'OTAN en Afghanistan
voisin étaient arrivés les jours qui ont suivi le tremblement de
terre, mais ils doivent bientôt retourner.

4 autres hélicoptères allemands devraient arriver à la fin de la
semaine, et un diplomate de l'OTAN qui a requis l'anonymat a dit que
19 hélico US devraient bientôt arriver (3 semaines après le
tremblement de terre...)


SOURCE: http://fr.groups.yahoo.com/group/alerte_otan/messages
Liste gérée par des membres du Comité de Surveillance OTAN
VIA: Notiziario del Circolo PRC "25 Aprile" Parigi
info_prc_paris-[un]subscribe@yahoogroups.com


18:29 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

20/10/2005

19/10/2005: Ceux qui veulent aussi vous faire travailler plus longtemps

Une opposition au Parlement? Quelle opposition?
Ceux qui veulent aussi vous faire travailler plus longtemps

Le gouvernement attaque votre prépension. Existe-il un parti d'opposition au Parlement qui vous a activement défendu?

David Pestieau
19-10-2005

Le monde du travail penche clairement pour le maintien de la prépension (ici des grévistes de l'intercommunale Idea à La Louvière), mais la plupart des partis prennent la direction opposée. (Photo Solidaire, Marco Van Hees).

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


«Le 11 octobre, le Premier ministre Verhofstadt s'adressera au Parlement. Il n'y rencontrera pas beaucoup de résistance, écrivions-nous la semaine dernière. Car il existe dans ce pays, deux mondes: le monde du travail et le monde des patrons et grands politiciens.»

Absent des piquets de grève le 7 octobre, les parlementaires des grands partis ont pris position. Ceux du PS/SPa et MR/VLD ont applaudi la déclaration. Sans critique. Et l'opposition?

Le Soir indique d'emblée: «Ce n'est pas la question des fins de carrière - qui a pourtant monopolisé 50 % de la déclaration gouvernementale - qui a suscité le plus de réactions dans les partis, que ce soit dans la majorité ou dans l'opposition.»1 Votre prépension, troisième préoccupation majeure des Belges selon un récent sondage, ne vaut pas de réelle opposition de ces parlementaires, qui peuvent, eux, prendre leur pension complète à 52 ans après 20 ans de carrière.

CdH: «Nous approuvons les mesures prises en matière de carrière»

«Nous approuvons également les mesures prises en matière d'emploi et de carrière, annonce Melchior Wathelet, le chef de groupe CDH à la Chambre. La plupart d'entre elles sont encourageantes. Nous sommes heureux de retrouver plusieurs de nos propositions parmi les mesures choisies».2 Prépension généralisée à 60 ans et au-delà: le CdH en est heureux. Pas vous?

CD&V: «Certaines mesures viennent directement de notre programme»3

Le chef de groupe CD&V Pieter De Crem n'est pas mécontent des mesures anti-prépensions qui ne diffère très peu des propositions CD&V présentées le 11 octobre. Le CD&V, en futur parti gouvernemental, a fait pression sur le sommet syndical de la CSC pour accepter les mesures. La députée CD&V Greta D'Hondt a d'ailleurs rappelé au gouvernement qu'«il pouvait être content du syndicat chrétien qui est venu vous aider.»4

En outre, le CD&V veut une nouvelle modération salariale, «les coûts salariaux devant évoluer moins vite que les hausses de productivité». Quant à son partenaire de cartel, les nationalistes de la NVA, ils affirment: «A terme, il faut oser supprimer la prépension.»5

Vlaams Belang: «Imposons 40 ans de carrière comme le demande Stevaert»

Vous l'avez peut-être vu? Verhofstadt a attaqué le Vlaams Belang au Parlement, leur lançant: «Vous voulez le statu-quo. Vos propos sont bien pires, bien plus conservateurs encore que ceux de Xavier Verboven de la FGTB.»6 Ah bon? Le Vlaams Belang rejoindrait le combat justifié de la FGTB pour le maintien de la prépension? Pas du tout. Ecoutez Annemans, chef du VB: «Nous ne sommes pas du côté de la FGTB. Comme parti nous sommes pour la pension après 40 ans de carrière, et là les syndicats sont résolument contre.»7

Car 40 ans de carrière veut dire pour la plupart des travailleurs, particulièrement les jeunes et les femmes, travailler beaucoup plus longtemps qu'aujourd'hui. Le député Vlaams Belang Guy D'Haeseleer a ainsi déclaré: «J'ai été surpris de ne pas trouver trace de cette idée dans l'accord de gouvernement à l'heure où le CD&V, le VLD par la voix de Bart Somers et le SP.a-Spirit par la voix de Steve Stevaert ont déclaré qu'ils la soutenaient.»8 Vous voyez la différence entre le Belang et les autres? C'est qu'il voudrait encore aller plus vite pour que vous travailliez plus longtemps.

Autres mesures proposéespar le Belang: supprimer l'allocation pour les chômeurs de longue durée, donner des cadeaux beaucoup plus grands encore aux patrons que ceux accordés, diminuer les salaires des employés par rapport aux ouvriers. Ou encore s'inspirer du modèle danois (où les gens s'arrêtent en moyenne de travailler au-delà de 65 ans)9.

Front National: «Travailler plus d'années est préférable »

Le sénateur Delacroix (FN) trouve que le gouvernement n'en fait pas assez pour «la compétitivité des entreprises». Il faut faire davantage de cadeaux aux entreprises pour créer de l'emploi. Car selon Delacroix,«si l'on considère ­ et c'est également tout à fait louable ­ qu'il est préférable que les gens travaillent plus tôt et soient maintenus au travail plus tard, encore faut-il que le travail existe. Sans des mesures propices à la compétitivité des entreprises, je ne vois pas comment de tels engagements pourraient être tenus.»10

Le député fasciste Cocriamont ajoute, que «la sur-syndicalisation est un frein à la relance de l'économie.»11 Pour le FN, il vaut mieux que vous travailliez plus longtemps. Mais, pour que ce soit efficace, il faudrait donner encore plus de cadeaux aux patrons. Et puis, il faut casser le syndicat qui défend les travailleurs, comme lors de la grève générale du 7 octobre. Alors Front National ou front patronal?

Et les écologistes?

Ecolo comme Groen (absent au Parlement) ont critiqué, eux, les mesures en matière de prépension qui «renforcera la pression sur les travailleurs âgés». Une petite voix d'opposition s'est donc fait entendre. Dommage que cette critique soit un élément tout à fait secondaire de leur discours, alors que la prépension est l'élément central de l'attaque du gouvernement. Dommage également, l'absence de soutien des verts à la mobilisation syndicale.

1 Le Soir, 12/10/05 · 2 La Chambre, compte-rendu analytique, 17/10/05 · 3 Pieter De Crem (CD&V), De Morgen, 12/10/05 · 4 De Standaard, 13/10/05 5 De Morgen, 12/10/05 · 6 La Chambre, compte-rendu analytique, 12/10/05 ·7 De Standaard, 12/10/05 · 8 La Chambre, compte-rendu analytique, 13/10/05 · 9 Annemans et D'Haeseleer (VB), La Chambre, compte-rendu analytique, 12/10/05 · 10 Sénat, Annales, 14/10/05 · 11 La Chambre, compte-rendu analytique, 12/10/05.

idées
du
PTB

Une vraie voix d'opposition:

Droit à la prépension

* Maintien du système actuel

  • + Abaissement de l'âge minimum de 58 à 55 ans
  • + Faire de la prépension un droit pour tous
  • + Obligation de remplacement du prépensionné par un jeune

Hausse des pensions et allocations

  • Montant des pensions: +10%
  • Montant des prépensions: +10%
  • Montant des allocations de chômage: +10%

Des emplois pour les chômeurs

  • Investissement dans le non-marchand, l'enseignement et le secteur public: 200.000 emplois
  • Réduction du temps de travail et baisse du rythme de travail: 100.000 emplois
  • Prépension à 55 ans avec remplacement par des jeunes*: 200.000 emplois

* Contrairement aux deux mesures précédentes, celle-ci ne crée pas d'emploi en tant que tel, mais a tout de même pour effet de réduire le chômage.

De l'argent pour la sécu et l'enseignement

  • Impôt annuel sur la fortune: 5,0 milliards €
  • Modèle kiwi: 1,5 milliard €
  • TOTAL: 6,5 milliards € / an

 


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22:39 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

19/10/2005: Les militants de la FGTB tournent le dos au SP.a

Le dossier prépension provoque la rupture
Les militants de la FGTB tournent le dos au SP.a

Les participants au congrès du SP.a ont dû franchir une longue haie de militants de la FGTB. Avec un concert de sifflets et de huées à l'adresse des éminentes personnalités. Une rupture dans les esprits qui, aujourd'hui, est également visible en rue.

Free Van Doorslaer
19-10-2005

Les participants au congrès du SP.a ont dû passer une haie de militants FGTB en colère, puis passer sous le calicot « «Le SP.a nous laisse en plan. Nous vous tournons le dos.» (Photo Solidaire, Dirk Holvoet)

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Hasselt, samedi 15 octobre. Dès 9 heures du matin, autour de l'accès aux halles de Grensland, on ne voit plus que du rouge. Pas le rouge très décoloré des participants au congrès du SP.a qui doit débuter incessamment, mais le rouge de 300 membres mécontents de la FGTB qui ont bien l'intention de manifester toute leur rogne à l'égard des gros bras socialistes. La direction régionale de la FGTB Limbourg a invité tout son ban à l'action de protestation.

Les gens de la FGTB tournent littéralement le dos aux gens du SP.a, lesquels ont dû passer sous une large banderole: «Le SP.a nous laisse en plan. Nous vous tournons le dos.» Les vedettes, comme Freya Van den Bossche, Vande Lanotte et Bruno Tobback sont accueillies par un concert de sifflets et de huées: «Tas de bleus! Tas de bleus!»Bruno Tobback essaie d'entamer la discussion, mais se fait remettre à sa place par cinq délégués qui, manifestement, connaissent le dossier mieux que lui. Une autre membre de la FGTB leur crie en pleine face: «Bande de paillasses, pendant que vous êtes douillettement assis à appuyer sur des boutons, nous, nous pouvons nous crever à la chaîne jusqu'à 60 ans. Merci!»

Tourner le dos à ce parti, regarder vers la gauche

Vande Lanotte, à peine sorti de la haie des mécontents, ne peut s'empêcher, lors du congrès, de s'en prendre vertement aux gens de la FGTB: «Ceux qui tournent le dos à la gauche, regardent vers la droite.» Vous n'y êtes pas du tout, monsieur! Celui qui tourne le dos à un parti qui glisse vers la droite, regarde vers la gauche. Ces militants actifs ont les deux pieds bien ancrés dans le monde du travail et ils agissent par souci pour les problèmes des travailleurs. Ce qu'on ne peut certes pas dire de Vande Lanotte et consorts!

«Je proteste contre le gouvernement, dit un participant à l'action, militant du Setca, et surtout contre le SP.a. Nous ne trouvons plus le moindre écho dans ce parti. Normalement, il devrait défendre les intérêts de la FGTB au sein du gouvernement. Mais ce n'est plus le cas. Pourtant, c'estnécessaire dans ce dossier. Bien des jeunes sont sans travail, ils n'ont plus la moindre perspective. Un contrat définitif est devenu chose rare. C'est absurde: des jeunes qui espèrent un boulot définitif et n'en reçoivent pas et des anciens qui s'épuisent au travail, souhaitent leur pension et ne peuvent la prendre. Ils ne doivent pas dire que la prépension est encore possible. Quand on doit présenter une carrière de 40 ans, on est pratiquement à l'âge de la pension légale.» Un collègue complète ses propos: «Pour moi, le dossier de la prépension constitue vraiment une rupture. C'est la même chose que si les vertsallaient se battre pour le déboisement de la forêt de Soignes. La confiance est partie. S'ils font ça, avec quoi vont-ils s'amener la prochaine fois?» Carla Verdingh, déléguée principale d'Eurotwice: «Je suis vraiment en rogne contre ce qu'écrit De Morgen. Ils font comme si nous agissions mal, de façon irresponsable. Les gens ne peuvent tout simplement pas supporter de devoir travailler plus longtemps. La réglementation doit rester ce qu'elle est et nous devons continuer à mener des actions.»

Un dossier plus important que la couleur syndicale

Un délégué principal du bâtiment, 45 ans, veut également qu'on poursuive les actions: «Le SP.a nous laisse tomber. Quand ils auront encore besoin de nous, nous ne serons plus là non plus. Avec la FGTB, nous en avons fait des grands. Eh bien! C'est terminé. D'ici 11 ans, j'aurais pu partir en prépension. Mais que vont-ils décider? Nous devons continuer à mener des actions aujourd'hui, pour le maintien de la réglementation.»

Camiel Stoop est secrétaire de la FGTB-Métal pour le Nord-Limbourg: «Cortebeeck raconte à ses membres que la prépension est maintenue à 58 ans et, le lendemain, on peut lire en toutes grosses lettres dans Het Belang van Limburg que la prépension est portée à 60 ans! La CSC va bien voir maintenant qu'on n'a rien obtenu. S'ils s'amènent maintenant avec des actions, nous serons solidaires avec eux. Le dossier est bien plus important que la couleur du syndicat. Nous devons mener des actions jusqu'à l'obtention d'un résultat!»

Le secrétaire régional de la FGTB, Jean-Claude Van Rode,reçoit des applaudissements nourris au moment où il termine l'action par un bref discours: «Ils ne peuvent pas le cacher: 60 ans et 40 ans de carrière, ça devient la règle et nous n'en voulons ab-so-lu-ment pas!»

Jef Sleeckx, dehors avec les participants à l'action

Jef Sleeckx, ancien député SP.a, participait aux protestations à l'extérieur du congrès du parti. Dans un tract, il dit: «Je déplore que notre parti ait participé à la campagne de calomnies antisyndicales qui a battu son plein dans les médias et les milieux patronaux. La grève de la FGTB a été soutenue par la base de la CSC et de la CGSLB, ainsi que par la majorité de notre population. Pourquoi, dans ce cas, ne l'a-t-elle pas été par la direction du SP.a?» On peut encore lire: «C'est avec une profonde douleur que j'ai accepté la demande des syndicalistes du Limbourg de me joindre à leur action ici, à l'entrée du congrès. Ces militants, délégués et secrétaires de la FGTB représentent tout ce pour quoi un socialiste doit lutter aujourd'hui. Ici, à l'entrée du congrès, ils tournent le dos au parti et je ne puis faire autrement, moi non plus, pour sauver ce qui reste encore à sauver de la pensée socialiste. Et d'empêcher ce qui doit être empêché le 14e dimanche noir d'affilée.» Signé Jef Sleeckx, ancien parlementaire fédéral, co-introducteur de la requête concernant la constitution européenne.


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22:31 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

19/10/2005: Audio - L’Offices des étrangers au Parc Astrid à Liège

-------Message original-------
 
De : CRER Bxl
Date : 10/19/05 12:12:43
A : coordsanspapiersbxl@yahoo.fr
Sujet : Audio - L’Offices des étrangers au Parc Astrid à Liège

 

Audio - L’Offices des étrangers au Parc Astrid à Liège

 

Interview téléphonique  

 

audio : MP3 at 2.5 mebibytes 

 

Indymedia :  http://www.indymedia.be/news/2005/10/100074.php

 

Interview téléphonique avec Fhil Lemoine que nous explique la situation des sans papiers suite à l’intervention de l’Offices des étrangers au Parc Astrid à Liège.


Phil Lemoine
http://info.montki.com





C.R.E.R. – Bruxelles : INFO  -  http://regularisation.canalblog.com/
Tél : 0496 40 33 09 - 0473 62 87 33
Soutien a la CRER au N° Triodos : 523 - 0801898 - 74



22:25 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

19/10/2005: QUAND LES ETATS-UNIS FONT LA LOI EN BELGIQUE

-------Message original-------
 
De : palestine_en_marche
Date : 10/19/05 19:45:59
 
Sujet : le droit du plus fort

 

1

www.progresslaw.net

LE DROIT DU PLUS FORT :

QUAND LES ETATS-UNIS FONT LA LOI

EN BELGIQUE

Le chantage exercé par l’administration Bush à l’égard de la Belgique suite au dépôt

d’ une plainte du chef de crimes de guerre auprès des autorités judiciaires belges contre

le général Franks, commandant des troupes américaines en Irak

Par Jan FERMON avec la collaboration de Thomas MITEVOY 1

Avocats au barreau de Bruxelles (Belgique)

Membres de Progress Lawyers Network

Et avec la collaboration de

Nuri ALBALA

Avocat au barreau de Paris (France)

Contribution au Congrès de l’Association Internationale des Juristes Démocrates à

Paris du 7 au 11 juin 2005

Commission 1 : Charte des Nations Unies, relations internationales et institutions

internationales

1 Contact : jan.fermon@progresslaw.net et thomas.mitevoy@progresslaw.net

2

La plainte contre le général Franks :

Une mission médicale belge de l’organisation Médecine pour le Tiers Monde 2 s’est rendue en

Irak avant le début de l’invasion par les troupes américaines. Les médecins belges effectuaient

une mission d'observation et d'assistance médicale à Bagdad. Ces médecins étaient confrontés

tous les jours aux victimes de bombardements sur des objectifs civils. Les victimes, leurs

proches, les médecins irakiens confrontés à cette souffrance répétaient tous la même question:

comment obtenir réparation de cette injustice ? Est-il possible de saisir la Cour Pénale

Internationale ? Existe-t-il d’autres institutions capables de mener une enquête indépendante

concernant ces faits, voire de sanctionner ces comportements s’il s’avère qu’il s’agit bien de

crimes de guerre.

C’ est dans ce cadre que les avocats de Progress Lawyers Network ont été contactés par les

membres de la mission médicale.

La compétence de la Cour Pénale Internationale était exclue puisque les Etats Unis n'ont pas

ratifié son Statut. La seule voie à suivre était donc celle de la loi belge qui rendait les

juridictions belges compétentes pour réprimer des infractions graves au droit international

humanitaire3 tel que défini notamment par les 4 Conventions de Genève et les deux protocoles

additionnels. 4

Cette loi a été initialement adoptée en 1993 et ne visait que les crimes de guerre. La Belgique

se conformait ainsi à ses obligations contractées en vertu des Conventions de Genève.

Sur cette base, quatre génocidaires rwandais qui ont trouvé refuge en Belgique ont été jugés

en 2001 par une Cour d’Assises à Bruxelles pour crimes de guerre et non pour participation

au génocide.

En 1999, le champ d'application de la loi a été étendu à la répression du génocide et des

crimes contre l'humanité. 5

Le 14 mai 2003, une plainte a été déposée au nom de 17 victimes irakiennes et de deux

jordaniens contre le général Franks, le colonel Brian McCoy et des militaires américains non

identifiés à ce stade, pour crimes de guerre commis en Iraq pendant la récente guerre.

Les faits qui font l'objet de la plainte sont subdivisés en 5 catégories6.

Avant de les énumérer, il est important de spécifier qu'aucune des victimes mentionnées dans

la plainte ne peut être considérée comme un "dommage collatéral". Il s'agit de civils qui ont

été visés en tant que tels par des actions militaires. Il ne s'agit pas de personnes qui ont été prises

dans le feu dans le cadre d'hostilités entre troupes américaines et irakiennes. D'éminents

juristes comme l'ancien ministre de la Justice américain, Ramsey Clark, attirent l'attention sur

le fait que toutes les victimes de cette guerre sont illégitimes, même les militaires irakiens

2 http://www.m3m.be/

3

Loi relative à la répression des violations graves du droit international humanitaire du 16.06.1993 ,

Moniteur Belge du 5.8.1993. Le texte de la loi et les différentes modifications peuvent être consultées à l’adresse

http://www.juridat.be/cgi_loi/legislation.pl .

4 Voir ci après pour un bref historique sur l’évolution de la loi et quelques réflexions critiques.

5 Loi du 10-02-1999 publié au Moniteur Belge le 23-03-1999

6 Le texte intégral de la plainte peut être consulté à l’adresse http://www.stopusa.be/franks/plainte_fr.htm . De la

documentation supplémentaire concernant les faits qui sont à la base de la plainte (notamment des images vidéo)

peut être consultée à http://www.indymedia.be/news/2003/05/63322.php .

3

puisque la guerre était illégale à la base. Mais la plainte déposée ne concerne donc que des

victimes civiles, visées en tant que telles. Il ne s’agit pas là du résultat d’une volonté de faire

le tri entre « bonnes » et « mauvaises » victimes mais bien de la manière dont les faits à la base

de la plainte avait été récoltés par la mission médicale qui n’était en contact presque

exclusivement qu’avec des victimes civiles.

Une première catégorie de faits concerne des bombardements et l'utilisation d'armes à feu

contre des objectifs civils. L’armée américaine a procédé à des bombardements sur des

objectifs civils qui n'étaient pas à proximité d'un objectif militaire. Le bombardement sur un

marché à Bagdad en était l'exemple le plus frappant. Un incident dénoncé dans la plainte

concerne un bombardement sur une habitation. Quelques minutes après avoir lâché la

première bombe qui avait détruit entièrement la maison et au moment où les gens du quartier

accouraient pour aider les personnes ensevelies, l'objectif a été "revisité" et bombardé une

deuxième fois provoquant de très graves pertes parmi les civils rassemblés.

Appartiennent également à cette catégorie les victimes de la "clean war" au moment où les

troupes américaines sont entrés dans Bagdad: les blindés ouvraient le feu sur tout ce qui

bougeait, "nettoyant" ainsi les rues avant le déploiement de l’infanterie.

Une deuxième catégorie d'incidents concerne l'utilisation de bombes et munitions à

fragmentation. Ces armes terribles ont été utilisées à une très large échelle. Une grande partie

des sous munitions n'explose pas et reste éparpillée sur le sol. Les sous munitions sont

souvent considérées par des enfants comme des jouets et explosent lorsqu'elles sont

ramassées. En réalité ces sous munitions se transforment en mines anti-personnelles. Ces

bombes à fragmentation ont été utilisées par les troupes américaines notamment à Hillah. Les

habitants de cette ville témoignent du fait que les munitions rebondissaient par terre et

entraient dans les maisons par les fenêtres et les portes.

Une troisième catégorie de faits concerne les assassinats de journalistes. Le 8 avril 2003, des

actions sont menées contre l'hôtel Palestine où résident des journalistes indépendants et le

bureau de la chaîne Al Jazeera. L'emplacement est bien connu des militaires américains. Il

sera bombardé par un avion "tankkiller" tuant un correspondant, Tariq Ayoub. Pour justifier

l' attaque contre l'hôtel Palestine, l’armée américaine va d'abord affirmer que des tirs étaient

partis de cet hôtel. Quand des images tournées par une chaîne de télévision française

viendront contredire cette version, la justification changera: des "jumelles ennemies" auraient

été observées 7

Une quatrième catégorie d'incidents sont particulièrement graves et concernent des attaques

contre du personnel et des infrastructures médicales. Les Etats Unis n'ont pas hésité à

bombarder à proximité immédiate d'hôpitaux. En outre, au moment où les troupes américaines

sont entrées à Bagdad, plusieurs incidents se sont produits au cours desquels des ambulances,

très clairement identifiables en tant que véhicules sanitaires, ont été la cible de tirs. Parmi les

plaignants de Bruxelles, un homme se trouvait dans une ambulance avec sa femme enceinte

sur le point d’accoucher. L'ambulance transportait également une deuxième femme enceinte

vers une maternité spécialisée. Elle a été criblée de balles par les troupes américaines.

L' homme est tombé de l'ambulance grièvement blessé aux jambes (qui ont d'ailleurs du être

7 voir notamment : Robert FISK, « Did the US Murder Journalists », 29 avril 2003, sur http :

//www.counterpunch.org, consulté le 9 mai 2003 ; Ciar BYRNE, « Spanish journalists snub Straw », The

Guardian, 9 avril 2003, consulté sur

http://media.guardian.co.uk/iraqandthemedia/story/0,12823,933188,00.html , le 9 mai 2003

4

amputées ultérieurement). L'ambulance a pris feu et les deux femmes enceintes ont été brûlées

vives. L'homme qui était par terre a tenté de faire signe aux troupes américaines et a essuyé un

nouveau tir dans la main. Deux autres incidents similaires font l'objet de la plainte. Le journal

Le Monde 8 a relaté comment le colonel des Marines Brian McCoy a justifié ces actions

devant ses hommes qui se plaignaient de devoir tirer sur des civils. Selon le Monde cet

officier a répondu que tout civil pouvait cacher un militaire et que des ambulances avaient

déjà été utilisées pour attaquer les américains, transformant ainsi tout civil en cible légitime.

La cinquième catégorie de faits concerne les pillages sous les yeux des troupes américaines.

L' exploitante d'un petit centre culturel qui a été dévasté sous les yeux des soldats américains a

également déposée plainte.

Le chantage exercé par l’administration Bush

Le dépôt de la plainte a été annoncé quelques jours auparavant et les menaces américaines ont

alors immédiatement commencé. Le porte parole du département d'Etat a menacé la Belgique

de "conséquences graves". Un membre du Congrès américain a aussitôt déposé un projet de

loi permettant au Président américain d'utiliser "tous les moyens" donc y compris des moyens

militaires pour libérer des citoyens américains qui seraient détenus en Belgique sur base de la

loi dite de compétence universelle. Certains pourraient penser que ce genre de proposition,

relève de la fantaisie et du folklore et n'a aucune chance d'aboutir. En réalité, la proposition du

député Ackermann est la copie conforme d'une loi déjà en vigueur autorisant le Président des

Etats Unis à attaquer les Pays-Bas si un citoyen américain était détenu par la Cour Pénale

Internationale. Certains ont même exigé que le gouvernement belge empêche le dépôt de la

plainte ne se souciant ainsi nullement du principe de la séparation des pouvoirs. Le principe

du « rule of force » était en marche.

Personne n'a contesté jusqu'à ce jour que ces faits documentés sur 60 pages dans la plainte,

constituent bien des violations graves du droit international humanitaire et plus précisément

des crimes de guerre.

Seul Donald Rumsfeld a prétendu que les accusations étaient « absurdes » 9. Le Washington

Times du 8 mai 2003, soit avant le dépôt de la plainte qui avait été annoncé comme imminent

par la presse Belge, écrit : « Le dossier a rendu Washington furieux. La Belgique a été

menacée de représailles diplomatiques si cette plainte va de l’avant. Une option est de retirer

le quartier général de l’Otan de la Belgique »

Le 8 mai 2003 également le sénateur Ackermann dépose un projet de loi calqué sur le « The

Hague Invasion Act » autorisant le Président américain d’utiliser tous les moyens (y compris

militaires) pour assister des citoyens américains qui seraient détenus par le TPI. Ackermann

propose un mécanisme similaire permettant d’envahir au besoin Bruxelles.

Puisque les Etats Unis ne reconnaissent pas la Cour Pénale Internationale et qu'il semble

évident que, dans le climat actuel, une enquête indépendante digne de ce nom par une autorité

américaine semble exclue, le seul mécanisme qui pouvait faire obstacle à l'impunité totale

était l'application de la loi belge, dite de compétence universelle.

8 Michel Guerrin “J’ai vu des marines américains tuer des civils”, Le Monde, 13 avril 2003

9 Le Soir du 13.06.2003

5

Dès que la plainte fut déposée, les autorités américaines se sont totalement déchaînées. Le

général Meyers a déclaré que, dans ces circonstances, les réunions de l'Otan ne pourraient

plus se tenir à Bruxelles.

D' autres ont déclaré que le certificat de sécurité serait retiré au port d'Anvers et que des

entreprises américaines quitteraient la Belgique. 10

Une certaine presse américaine a mené une véritable campagne haineuse envers la Belgique,

ce pays « insignifiant », « ridicule », de « mangeurs de chocolat », etc.

Malheureusement, le gouvernement belge a presque immédiatement cédé devant cette

pression. Par une décision parfaitement illégale - prise par un gouvernement démissionnaire

alors qu'il n'en avait pas le droit et après une consultation écrite des ministres, alors que la loi

prévoit une délibération en Conseil des Ministres - le gouvernement a donné le 20 mai

instruction au Ministre de la Justice de transmettre la plainte aux autorités américaines.

Le gouvernement belge n'a nullement vérifié si les deux conditions nécessaires à cette

décision - incrimination par la loi américaine des faits dénoncés et garanties d'un procès

équitable - étaient réunies.

En ce qui concerne le premier point, les Etats Unis se sont retirés des Protocoles additionnels

aux Conventions de Genève. Une partie de la plainte, plus particulièrement celle qui a trait

aux attaques contre du personnel et des installations sanitaires et médicales, était précisément

basée sur ces protocoles.

Quant à la question du caractère équitable du procès, il semblait totalement illusoire en

l' espèce compte tenu des interventions du pouvoir exécutif américain s'opposant à toute

enquête mais également vu la façon dont cette administration n'a pas hésité à violer le droit

international.

Le 12 juin 2003, Donald Rumsfeld a indiqué que la décision du gouvernement belge n'était

pas suffisante. Selon lui, seule l'abrogation totale de la loi pouvait éviter le déménagement de

l' Otan. 11 Il le répètera à de nombreuses reprises. 12

Le lendemain, le Premier Ministre belge annonce que la loi ne sera ni abrogée ni modifiée.

Mais le 18 juin 2003, le gouvernement annonce qu'il accordera l'immunité aux personnes

participant aux réunions de l'Otan ou de l'Union européenne. 13

Le 21 juin, le département d'Etat américain et l’ambassadeur américain à Bruxelles exigent

une fois de plus l'abrogation de la loi. 14

Le lendemain, les négociateurs des partis qui veulent constituer le nouveau gouvernement

cèdent une fois de plus devant la pression américaine et se mettent d'accord sur une nouvelle

10 Le Soir, 23.06.2003, Trois pressions pour une réforme

11 Le Soir 13.06.2003

12 International Herald Tribune 23 juin 2003, The New York Times 22 juin 2003

13 La Libre Belgique 19.06.2003

14 Le Soir, 23.06.2003, Trois pressions pour une réforme

6

modification de la loi. Une plainte sera uniquement recevable si la victime ou l'auteur vivent

en Belgique. 15

Un journal, Le Soir,16 annonce que les juristes du département d'Etat américain participent à

la rédaction du nouveau texte au moment où le Ministre des Affaires étrangères déclare à un

autre journal, la Libre Belgique , que "les américains ne font pas la loi en Belgique". 17

Le 7 juillet 2003, la Maison Blanche exige une fois de plus l'abrogation de la loi et, en outre,

fait savoir que le Ministre des Affaires étrangères ne peut pas être reconduit dans son poste.

Les autorités américaines ne font donc pas seulement la loi mais prétendent nommer et

destituer les ministres en Belgique.

Les partis qui forment le nouveau gouvernement plient une fois de plus devant le chantage.

La loi de 1993 sera tout simplement abrogée par la loi du 5 août 2003 18.

Dorénavant la répression des crimes de guerre sera intégré dans le Code Pénal. Mais surtout,

les nouveaux articles 6 et 10 du Titre Préliminaire du Code d’Instruction criminelle prévoient

que l’introduction d’une plainte en Belgique ne sera possible que dans deux cas : d’une part,

si l’auteur est belge ou réside en Belgique, d’autre part, si la victime est belge ou a sa

résidence en Belgique depuis plus de trois ans au moment des faits.

Réflexions sur l’évolution de la loi belge dite « de compétence universelle »

Comme il a été exposé ci-dessus, la loi réprimant les violations graves du droit international

humanitaire a été adoptée initialement en juin 1993.

Il n’est certainement pas exagéré de dire qu’à l’époque, la guerre en Yougoslavie avait

favorisé le climat dans lequel l’adoption d’une telle loi était devenu possible. La justice

internationale, la lutte contre l’impunité, voir le droit ou le devoir d’ingérence étaient des

concepts à la mode.

La Belgique a été fortement secouée par le génocide rwandais d’avril 1994. Non seulement le

Rwanda était une ancienne colonie, et le régime du président Habyarimana considéré comme

un allié proche mais en outre, des soldats et des coopérants belges avaient été massacrés

pendant le génocide.

Un certain nombre de personnes soupçonnées d’avoir été impliquées dans le génocide avaient

pu s’enfuir et se cachaient en Belgique. Ils avaient pu se soustraire à la justice en se cachant

avec l’aide de réseaux impliquant des forces politiques belges proches de l’ancien régime au

Rwanda ainsi qu’avec l’aide de certains secteurs de l’église.

15 La Libre Belgique 22.06.2003

16 Le Soir 24.06.2003 Washington n’a pas dit non

17 La Libre Belgique 24 juin 2003 p. 2 « Les Etats-Unis ne font pas notre loi »

18 Loi relative aux violations graves du droit international humanitaire du 5.8.2003, publié au Moniteur Belge le

7.8.2003, http://www.ejustice.just.fgov.be/doc/rech_f.htm .

7

Des plaintes ont été déposées contre certains génocidaires rwandais qui se cachaient en

Belgique. Notamment quatre personnes ont été jugées par la Cour d’assises de Bruxelles en

2001 et actuellement, deux autres accusés comparaissent devant cette même Cour. Le premier

auteur de la présente contribution a plaidé pour des victimes du génocide rwandais dans le

cadre du premier procès d’assises.

Le procès de 2001 avait déjà suscité à l’époque des questions légitimes concernant la loi dite

de compétence universelle. De quel droit un Tribunal belge jugeait-il des Rwandais pour des

crimes commis au Rwanda contre d’autres Rwandais et cela alors que la Belgique avait elle même,

lors de la colonisation, institutionnalisé la distinction raciste entre Hutu’s et Tutsi’s et,

de surcroît, avait soutenu presque jusqu’à la fin les responsables hutu’s qui ont organisé le

génocide ?

Mais d’autre part, les conditions étaient particulières. Le procès contre ces génocidaires

rwandais qui se cachaient en Belgique était nécessaire. Il était en effet indispensable de les

sanctionner pour leurs actes. Et faute de traité d’extradition entre la Belgique et le Rwanda et

devant l’impossibilité de traiter tous les dossiers devant le Tribunal International d’Arusha, les

juridictions belges étaient la seule possibilité d’éviter l’impunité.

A la fin du premier procès concernant le génocide au Rwanda et surtout suite au bon

déroulement de celui-ci une certaine euphorie régnait au sujet du principe de compétence

universelle.

La tentative d’application de la loi à l’encontre d’Augusto Pinochet n’a pas soulevé de

problèmes majeurs. Est-ce à cause du personnage, un homme du passé, ou à cause du fait que

l’ enjeu était peu important en Belgique, Pinochet étant déjà sous le coup d’une procédure en

Grande Bretagne (ou d’ailleurs l’affaire a fait beaucoup plus de remous) ?

Par contre, les difficultés ont vraiment commencé quand des victimes palestiniennes du

massacre des camps de Sabra et Chatila ont déposé une plainte contre le premier ministre

israélien Ariel Sharon, qui commandait les troupes israéliennes au moment de la guerre du

Liban.

C’ est à ce moment que les premières voix se sont élevées pour dénoncer ‘les abus’ de la loi de

1993.

Il est devenu clair que l’unanimité des ONG mais aussi de plusieurs forces politiques en

faveur de la loi cachaient des approches et des objectifs bien différents. Si les premiers

voulaient vraiment assurer qu’aucun criminel de guerre ne puisse bénéficier de l’impunité, les

seconds cherchaient un instrument au service de leur diplomatie. Pas question de s’attaquer

néanmoins aux « amis » surtout s’il s’agit d’amis puissants tels que les Etats-Unis ou Israël.

De manière générale, il fallait être très attentif au risque que cette loi ne devienne un

instrument diplomatique ne permettant de s’attaquer qu’aux « politiquement incorrects ».

L’ introduction de la plainte contre le général Franks a désorienté un certain nombre de

personnes dans les ONG’s. Le gouvernement belge a contribué à cette désorientation. En

effet, sans contester le contenu et les faits dénoncés dans la plainte, le gouvernement belge a

essentiellement insisté sur son prétendu « caractère abusif » ou « politique ». En braquant les

projecteurs sur son prétendu caractère abusif sans jamais aborder le fondement de la plainte,

8

certaines personnes au sein d’ONG’s ont été influencés par cette rhétorique ne permettant pas

un débat important sur les crimes dénoncés.

D’ autre part, l'application de la loi avait amené un certain nombre de problèmes d'ordre

juridique tels que la question de l'immunité accordée aux chefs d'Etat et aux ministres pendant

la durée de l'exercice de leur fonction. La Cour Internationale de Justice avait condamné la

Belgique pour avoir délivré un mandat d'arrêt contre un ministre congolais en exercice. 19

Les juridictions belges avaient également joué un rôle dans le rétrécissement du champ

d' application de la loi. La Cour d'Appel de Bruxelles avait estimé que la loi devait être lue

concomitamment avec une disposition du Code d'Instruction Criminelle qui précisait que la

Belgique, pour les crimes commis à l'étranger, n'était compétente qu'à condition que l'auteur

soit trouvé sur le sol belge. La jurisprudence n'était pas unanime sur ce point. Une proposition

de modification et de clarification de la loi a donc été déposée au parlement.

Alors que ce débat devait en principe aboutir à la réaffirmation du principe de la compétence

universelle, les opposants à la loi de 1993 se sont saisis des problèmes d'ordre diplomatique

qu' elle avait provoqués afin de la vider largement de son contenu.

Comme indiqué ci-dessus, le principal problème politique que la loi avait posé découlait de la

plainte déposée par des victimes du massacre de Sabra et Chatila contre Ariel Sharon et des

responsables militaires israéliens.

Mais ce sont finalement les pressions américaines qui feront basculer le débat. Le 18 mars

2003, des victimes de la première guerre du Golfe vont déposer plainte à Bruxelles contre les

dirigeants en place à l’époque. Il s'agit de proches de victimes du bombardement par les Etats-

Unis d'un abri civil à Bagdad en février 1991.

Dès ce moment, de très fortes pressions américaines sont exercées sur le gouvernement belge

pour modifier la loi.

Le débat au parlement fut vif, et la loi sera finalement modifiée le 23 avril 2003, dans la

précipitation la plus totale, et grâce à une majorité alternative incluant des partis de droite et le

parti fasciste Vlaams Blok 20. Outre le fait qu'un certain nombre de filtres ont été instaurés

pour permettre au parquet de faire obstacle à des plaintes manifestement irrecevables ou

manifestement non-fondées, le gouvernement s’est vu octroyer la possibilité d'intervenir dans

le processus judiciaire, de soustraire l'affaire aux juridictions belges et de la renvoyer aux

pays dont l'auteur présumé du crime est originaire. Deux conditions devaient néanmoins être

respectées: le pays vers lequel la plainte est renvoyée devait garantir un procès équitable et sa

législation devait réprimer les crimes dénoncés. Le gouvernement ne devait par contre pas

s' assurer du fait que les juridictions du pays vers lequel la plainte était renvoyée s'en saisissent

et poursuivent effectivement les faits en cause.

19 CIJ, AFFAIRE RELATIVE AU MANDAT D’ARRÊT DU 11 AVRIL 2000, (RÉPUBLIQUE

DÉMOCRATIQUE DU CONGO c. BELGIQUE), arrêt du 14 février 2002, http://www.icjcij.

org/cijwww/cdocket/cCOBE/ccobejudgment/ccobe_cjudgment_20020214.PDF

20 Loi modifiant la loi du 16 juin 1993 relative à la répression des violations graves du droit international

humanitaire et l'article 144ter du Code judiciaire, 23 avril 2003, publiée au Moniteur belge le 7.5.2003.

9

Le Conseil d'Etat de Belgique avait très sévèrement critiqué ce mécanisme comme une

violation du principe de la séparation des pouvoirs qui ne pouvait conduire qu'à des

traitements discriminatoires puisque les plaignants verraient leur plainte aboutir ou non en

fonction de critères purement politiques et diplomatiques.

C’ est sous cette mouture de la loi que la plainte contre le Général Franks sera introduite.

Comme il a été exposé ci-dessus, le gouvernement fera une application strictement illégale

des nouvelles possibilités qui lui était offertes par la récente modification législative. En outre,

quand les autorités américaines estimeront que cela n’était pas suffisant, la loi sera abolie et

réduite à un instrument applicable que dans un nombre de cas très restreint. Par ailleurs, un

filtre politique a été instauré dans la mesure où le Procureur Fédéral est le seul à pouvoir

engager des poursuites et apprécie toute plainte qui lui serait adressée sans que cette décision

ne puisse faire l’objet d’un recours.

Les recours introduits devant les juridictions suprêmes belges

Sous le régime applicable au moment du dépôt de la plainte contre le Général Franks, le

gouvernement belge a décidé de soustraire la plainte au pouvoir judiciaire à peine quelques

jours après son dépôt. Il s’agissait d’une décision illégale pour de nombreuses raisons : pas de

motivation adéquate, prise par un gouvernement démissionnaire sans réunion du Conseil des

Ministres alors que cette formalité était prévue etc. Contre cette décision un recours a été

introduit auprès de la juridiction administrative suprême, le Conseil d’Etat. Par un arrêt du

26.7.2004, le Conseil d’Etat a estimé que ce recours n’était pas fondé en indiquant que seul le

pouvoir judiciaire était compétent en la matière. 21

Saisi par la plainte, le Procureur Fédéral a émis l’avis que la procédure devant lui était sans

objet suite à la décision du gouvernement de soustraire la plainte au pouvoir judiciaire belge

et de la communiquer aux autorités américaines. Cette décision du Procureur Fédéral a fait

l’ objet d’un appel devant la Cour d’Appel de Bruxelles. Cette possibilité de recours était

prévue à ce moment par la loi mais a été abolie ultérieurement quand le gouvernement a fait

abolir la loi de 1993. Au moment ou la Cour d’Appel a tranché, la possibilité de recours

n’ existait plus et la Cour a estimé, dans un arrêt du 23.9.2003, qu’elle ne pouvait donc plus se

prononcer.

Devant la Cour d’Appel, les plaignants avait essentiellement invoqué le principe du

« standstill », et cela tant en ce qui concerne la possibilité de se munir contre l’impunité pour

crimes de guerre qu’en ce qui concerne le déroulement de la procédure où ils étaient

désormais privés d’une possibilité d’appel devant un juge indépendant contre la décision du

Procureur Fédéral de poursuivre ou non dans ce genre de dossiers. 22

21 CONSEIL D'ETAT, SECTION D'ADMINISTRATION. Arrêt no 134.156 du 26 juillet 2004,

http://www.raadvstconsetat.

be/search97cgi/s97_cgi.exe?action=View&VdkVgwKey=d%3A%5Carrets%5C134000%5C100%5C13

4156%2Epdf&doctype=raw&Collection=Arrets&#xml=http://www.raadvstconsetat.

be/search97cgi/s97_cgi.exe?action=View&VdkVgwKey=d%3A%5Carrets%5C134000%5C100%5C13

4156%2Epdf&doctype=xml&Collection=Arrets&QueryZip=134%2E156&

22 Voir pour le texte complète des arguments développés devant la Cour d’Appel

http://www.stopusa.be/franks/franks.php?theme=Plaidoirie&langue=3&Id=22286

10

L’arrêt de la Cour d’Appel du 23.9.2003 a fait l’objet d’un recours devant la Cour de

Cassation laquelle par un arrêt du 14.1 2004 a estimé que le principe de standstill ne

s’ appliquait pas. 23

Les USA et le droit international : « the rule of force » appliqué à la Belgique.

« The rule of force » est le titre d'un excellent article de Jayson Lamchek, avocat philippin.

L' article ne traite pas de la guerre récente en Iraq24.

Il démontre par contre comment les Etats Unis ont instrumentalisé le droit international et

l' ONU pendant la première guerre d'Iraq, la guerre de Yougoslavie et celle d’Afghanistan

pour arriver à leurs fins.

L' interdiction de l'usage de la force, sauf en tout dernier recours ou en cas de légitime défense

pour repousser un agresseur, et le principe du multilatéralisme dans l'usage de la force,

principes essentiels de la légalité internationale tels qu’établis par la Charte des Nations Unies

ont été contournés à coups de résolutions volontairement ambiguës du Conseil de Sécurité, de

"sous-traitances" des actions militaires alors que la Charte des Nations Unies confie la

direction des opérations militaires autorisées par le Conseil de Sécurité au Comité d'état major

militaire multilatéral.

En outre, les Etats Unis n'ont pas hésité à "récompenser" les pays qui acceptaient de leur

donner carte blanche et de "punir" ceux qui exigeaient le respect de la légalité internationale.

Certains insistaient sur le fait que tous les moyens pacifiques de règlement des conflits

devaient être épuisés avant de recourir à la force. Pour avoir soutenu l'action militaire

américaine contre l'Iraq en 1991, l'Egypte a reçu un emprunt de 7 milliards de dollars, le

Yémen, qui avait voté contre la résolution 678 s'est vu supprimer une aide annuelle de 70

millions de dollars25.

Pendant toute cette période, et évidemment suite à la disparition de la situation bipolaire dans

le monde, nous avons assisté à une situation où les Etats Unis utilisaient leur position de force

pour obtenir de la part des Nations Unies une caution à leurs actions militaires dans le monde.

Ils ont utilisé la force économique et politique, le chantage et la corruption pour faire

cautionner a posteriori leur politique du fait accompli.

Mais il est tout aussi clair que pendant toute cette période, les Etats Unis cherchaient une

couverture "légale" pour leurs aventures militaires, parlant tantôt de "nouvel ordre mondial",

tantôt "d'intervention humanitaire" ou encore de « guerre contre le terrorisme ».

En Afghanistan, l'administration Bush a prétendu agir en application du principe de la

légitime défense alors que il n'était nullement prouvé que l'Etat afghan était impliqué dans les

attentats du 11 septembre.

23 Cass., 14.1.2004, 2ème chambre fr. , http://www.juridat.be/cgi_juris/jurf.pl

24 Jayson S. LAMCHEK, « Le règne de la force. Les stratégies « légales » de l’impérialisme américain et

la Charte des Nations unies », Etudes marxistes n° 62, date de publication: 2004-05-03, accessible sur le site

http://www.marx.be/FR/cgi/emall.php?action=get_doc&id=61&doc=286

25 Jayson S. LAMCHEK, op. cit.

11

Cette instrumentalisation du droit international a mené à une érosion des fondements même de

la légalité internationale tels que définies par la Charte des Nations Unies, l'interdiction de

l' usage de la force entre états et le principe du caractère multilatéral de tout usage de la force

autorisé.

La coquille étant devenu vide, des voix se sont élevé aux Etats Unis pour balayer tout

simplement la légalité internationale. Ces voix ne sont nullement marginales et influencent de

manière décisive la politique de l'administration américaine. Les prisonniers de Guantanamo

se sont vus ôter leurs droits les plus élémentaires de tout prisonnier par la décision de

l' administration Bush de ne pas appliquer le droit international. Et si une partie de

l' administration a tenté d'obtenir une "couverture légale" pour la nouvelle guerre contre l'Iraq,

les néoconservateurs dans l'administration Bush se sont moqués de la légalité internationale

notamment en sabotant ouvertement les mécanismes mis en place pour régler le conflit par

des moyens pacifiques, tel que les inspections.

La seule chose qui semble actuellement intéresser l'administration Bush est de s'assurer tous

les moyens y compris par le chantage, la corruption et les menaces, de l'impunité totale pour

les actes commis au cours des aventures militaires. Les Etats-Unis ont non seulement refusé

de ratifier le Statut de la Cour Pénale Internationale mais concluent également des accords

avec un nombre maximal de pays qui garantissent qu'ils ne transféreront pas de citoyens

américains à cette Cour. Les pays récalcitrants sont punis par le retrait des aides militaires et

humanitaires.

Même s'il faut constater qu'il y a là une évolution, elle ne peut être qualifiée de rupture. En

réalité, la position actuelle n'est que la conséquence logique d'un processus d'érosion qui

devait inévitablement mener à la restauration dans les relations internationales de la

domination ouvertement assumée de la première puissance, de la restauration de la politique

basée sur la force, du "rule of force".

La polémique autour de la plainte déposée au nom de victimes de la guerre en Iraq contre des

militaires américains, notamment le commandant des troupes américaines, le général Franks,

et les pressions illégales et scandaleuses exercées par l’administration Bush à l’égard de la

Belgique sont la parfait illustration de cette évolution…

Bruxelles, mai 2005.

12

WWW.PROGRESSLAW.NET

Qui sommes-nous ?

Progress Lawyers Network est un réseau regroupant des bureaux d'avocats progressistes de Bruxelles, Anvers et Gand depuis 2003.

Notre initiative s'adresse principalement aux avocats, juristes, étudiants, universitaires et défenseurs des droits de l'homme en

Belgique et à l'étranger.

Notre pratique professionnelle porte essentiellement sur quatre domaines: le droit social, le droit pénal, le droit des étrangers et le

droit familial. Aux cours des dernières années, des avocats de notre groupe ont notamment assuré la défense des travailleurs de la

Sabena et celle de nombreux syndicalistes licenciés.

Nous avons également introduit des procédures contre les livraisons d'armes belges au Népal et contre les transports d'armement vers

l'Irak. Nous avons aussi collaboré au dépôt de la proposition de loi de l'organisation Objectif pour les droits égaux des étrangers.

Pendant l'été 2003, une plainte a été déposée au nom de 17 victimes de guerre irakiennes contre le général américain Franks.

Pourquoi PLN?

En 2003, l'ONU a publié un rapport selon lequel dans les dix ans à venir, le nombre de personnes vivant dans la pauvreté sans

disposer d'un accès à l'eau potable, va atteindre les deux milliards. Cela représente un tiers de la population mondiale. La pauvreté et

l'injustice ne font qu'augmenter. Les guerres amènent de plus en plus de personnes sur le chemin de l'exil.

Face à ce constat, on doit bien admettre que les décideurs consacrent plus d'efforts au développement de nouvelles législations

répressives qu'à la recherche de solutions constructives aux problèmes des gens. L'Europe forteresse se ferme de plus en plus aux

réfugiés. Des méthodes particulières d'enquête donnent encore davantage de pouvoir aux services de police.

La lutte contre le terrorisme est aussi utilisée pour criminaliser ceux qui militent pour un changement de société. Les droits des

travailleurs, de ceux et celles qui vivent d'allocations sociales sont régulièrement diminués. De plus en plus de personnes deviennent

victimes d'un système dont le moteur principal est le profit.

Notre objectif est d'assurer la meilleure défense possible de ceux qui sont victimes de la société actuelle et de ceux qui souhaitent la

changer.

Que défendons-nous ?

PLN s'oppose aux atteintes aux droits fondamentaux au niveau national, européen et international. Nous soutenons entre autres

l'organisation des Legal Teams pour garantir les droits des manifestants.

PLN consacre une attention spéciale à la défense des droits sociaux et syndicaux.

PLN défend le droit d'action et d'organisation de tous les mouvements qui luttent contre l'injustice et l'oppression.

PLN soutient les avancées progressistes du droit des gens et du droit humanitaire international. Nous défendons la souveraineté des

Etats et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et de leurs ressources naturelles.

PLN se bat contre le racisme, pour les droits égaux des étrangers et réfugiés.

PLN s'engage pour l'indépendance de l'avocat et le respect des droits de la défense.

PLN défend une conception sociale du métier d'avocat: la justice doit être accessible à chacun par le développement d'un système

national d'assistance juridique.

13

Notre méthode ?

Nous sommes conscients que la défense des intérêts de nos clients dépasse souvent une approche purement juridique. C'est pourquoi

nous tentons de coupler la défense individuelle à l'amélioration des droits de groupes plus larges.

Les connaissances et le savoir-faire que nous acquérons en défendant des cas individuels, doivent pouvoir être mis au service du plus

grand nombre.

Contact :

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22:11 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

19/10/2005: L'étude faite par Médecine pour le peuple sur les conséquences médicales d'une carrière plus longue a fait du bruit.

Médecine pour le peuple dans la presse

L'étude faite par Médecine pour le peuple sur les conséquences médicales d'une carrière plus longue a fait du bruit.

Ward Coenegrachts
19-10-2005

Après une conférence de presse nationale, les maisons médicales de Deurne, Zelzate, Herstal et La Louvière ont organisé des conférences de presse locales. L'intérêt a été considérable. Les chaînes de TV régionales ATV (Anvers), AVS (Gand), Antenne Centre (La Louvière) et RTC Télé Liège ont produit des reportages bien élaborés. Le jeune docteur Marc Franckh a en outre été interviewé sur Radio Vivacité.

De même, les quotidiens Het Nieuwsblad, Het Volk, Gazet van Antwerpen, La Nouvelle Gazette (édition du Centre) et Le Jour (Liège) ont placé l'info en exergue. L'effort commun des médecins a en outre rendu possible de faire connaître un peu mieux l'alternative du PTB. Ainsi, Het Nieuwsblad a cité Kris Merckx: «Le PTB comprend pourquoi les anciens doivent rester au travail, même s'il y a 600000 chômeurs. Avec cet excédent de main-d'oeuvre sur le marché de l'emploi, le patronat peut maintenir les salaires à un niveau très bas», affirme Merckx. Selon le PTB, les 10 % les plus riches devraient payer les frais du vieillissement, via un impôt sur les fortunes de 1 % à partir de 500.000 euros.»

De ce fait, ces derniers jours, lorsque le PTB a distribué son dépliant sur les mesures gouvernementales aux portes des usines, les militants ont été interpellés de partout et félicités pour l'étude de Médecine pour le Peuple. Des médecins qui se servent de leurs connaissances scientifiques pour donner des arguments supplémentaires à tous ceux qui, aujourd'hui, prétendent que les plans gouvernementaux sur la prolongation de carrière ne peuvent être en aucun cas appliqués, voilà qui est du goût de beaucoup.

Vous pouvez encore suivre sur internet certains reportages TV et radio parus sur les émetteurs régionaux: le Dr Frans Van Acoleyen sur AVS TV, le Dr Johan Vandepaer sur RTC Télé Liège, le Dr Marc Franckh sur radio Vivacité.

> Multimedia • Dr. Frans Van Acoleyen (Médecine pour le Peuple) sur AVS TV
> Multimedia • Dr. Johan Vandepaer (Médecine pour le Peuple) sur RTC Télé Liège
> Multimedia • Dr. Marc Franckh (Médecine pour le Peuple) sur radio Vivacité
> Deux tiers des plus de 50 ans ont une maladie chronique


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20:35 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

19/10/2005: Grippe aviaire: il y a anguille sous Roche

Grippe aviaire: il y a anguille sous Roche

La multinationale suisse Roche détient le monopole du médicament capable d'endiguer une épidémie.

Dirk Van Duppen
19-10-2005

Le vaccin contre la grippe aviaire pourrait rapporter 400 millions d'euros à Roche. Une «bonne» raison pour la multinationale de refuser de céder son brevet. (Photo archives)


La semaine dernière, il a été confirmé que le virus de la grippe aviaire qui touche la Roumanie et la Turquie était bel et bien le type H5N1, très dangereux. Si ce virus connaît une mutation vers une espèce se transmettant de l'homme à l'homme, nous risquons d'être confrontés à une épidémie d'ampleur mondiale.

La multinationale pharmaceutique suisse Roche détient le brevet et, partant, le monopole du seul médicament en mesure d'endiguer une épidémie. Les pouvoirs publics des pays riches se procurent aujourd'hui des réserves stratégiques. Roche est loin de pouvoir couvrir la demande et demande en outre des prix faramineux pour ce médicament très convoité.

La firme refuse toutefois de céder temporairement son brevet. Elle déclare d'abord que le processus de production est particulièrement compliqué. Il se déroulerait en dix étapes dont l'une présente un «énorme risque d'explosion». De ce fait, il est impossible à un producteur de génériques de reprendre ce processus de production. Toutefois, le 13 octobre, Roche acceptait déjà de collaborer avec d'autres firmes pour la production du Tamiflu, histoire de pouvoir répondre à la demande. Mais la multinationale ne veut pas fournir les noms de ces firmes. Le lendemain, le producteur indien de génériques, CIPLA, annonce qu'il a l'autorisation de produire le Tamiflu.

Le prix demandé par Roche ne permet pas aux pays pauvres d'avoir un stock suffisant

Roche vend le Tamiflu sur le marché américain à 60 dollars. Le prix usine, en Belgique, est d'environ 20 euros. On estime que la vente de ce seul médicament pourrait rapporter 400 millions d'euros à Roche, rien que pour cette seule année.

Le prix demandé par Roche pour son Tamiflu ne permet pas aux pays pauvres de se procurer un stock suffisant. L'Organisation mondiale de la santé conseille d'en acheter quand même un stock pour un quart de la population. Pour la Belgique, cela signifie, même au prix réduit de 10 euros, un surcoût de 25 millions d'euros pour 2,5 millions de boîtes.

Si la grippe aviaire doit continuer à se répandre et qu'elle frappe également l'être humain, elle devient une menace mondiale pour la santé et, en tout premier lieu, dans les pays pauvres. Mais la population des pays développés ne sera pas épargnée non plus. La santé publique de centaines de millions d'humains à travers la planète se heurte de plein front aux intérêts commerciaux d'une multinationale.

C'est pourquoi de plus en plus de voix s'élèvent pour obliger Roche à mettre la licence du procédé de fabrication à la disposition d'autres producteurs. Sous pression des pays pauvres ­rappelons-nous le combat de l'Afrique du Sud en faveur de médicaments moins chers contre le sida ­l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (Adpic) a été adopté.Cet accord prévoit que les États membres peuvent prendre des mesures quand la santé publique est mise en danger du fait de la législation sur les brevets. Ainsi, un gouvernement peut obliger les détenteurs d'un brevet à autoriser une entreprise locale de produire certains médicaments, en échange d'une modeste compensation.


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20:26 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

20/10/2005: OCCUPATION DE L’EGLISE SAINT- BONIFACE A BRUXELLES

-------Message original-------
 
De : CRER Bxl
Date : 10/20/05 15:58:02
Sujet : OCCUPATION DE L’EGLISE SAINT- BONIFACE A BRUXELLES

 
OCCUPATION  DE L’EGLISE SAINT- BONIFACE  A  BRUXELLES

Rue de la paix à Ixelles ( Matonge)

 

Les actions de protestation  que nous avons mené afin de lutter contre le protocole signé entre Fedasil et l’ Office des Etrangers ont été fructueuses : le protocole a été suspendu !

 

Néanmoins cette petite victoire ne doit pas faire oublier la terrible réalité vécue tous les jours par de très nombreux sans papiers : la peur, la répression aveugle, l’enferment et parfois l’expulsion. Des milliers de sans papiers sont expulsables et craignent à tout moment de tomber entre les mailles serrées du filet répressif tendu par le gouvernement et son administration complice, souvent zélée. Des centaines de sans papiers sont capturées et déportées, parfois vers des pays qu’ils ne connaissent même pas. Déboutés et en fin de procédure donc ? Même pas : le recours devant le Conseil d’état n’est pas suspensif, et sert même parfois de catalyseur à la décision d’expulsion - surtout ne leur laisser aucune chance, surtout contourner toute décision positive, surtout faire du chiffre – quitte à broyer des femmes, des hommes et des enfants, quitte à briser des vies, quitte parfois à tuer

 

Quelques exemples

 

- Entre 15 a 20 expulsions par jour à l’aéroport de Zaventem .

 

- A Liège une descente de police ce mardi 18/10   au parc Astrid : 3 personnes expulsées ce mercredi et une famille avec petits enfants enfermé au centre fermé 127bis

 

- Des nouvelles descentes de l’office des étrangers avec la police dans les centres ouverts Fedasil ( les résidents ont été prévenus et n’ont plus qu‘à attendre qu’on vienne les chercher) dans toute la Belgique

 

Sans oubliés les frontières de l’Europe forteresse, ou la répression se fait plus aveugle, plus féroce, plus sauvage, plus déterminée. On n' hésite plus à tirer. En quelques jours, plus de dix personnes ont été tuées par balle en tentant de franchir la frontière entre le Maroc et les territoires espagnols de Ceuta et de Melilla. Des dizaines d’autres sont très grièvement blessées. L’Europe prône le respect. Le respect oui, mais des frontières uniquement. Le meurtre de masse, aussi lâche qu’odieux, s’organise : plusieurs centaines de sans papiers ont été déportées et abandonnées, sans eau ni vivres, dans le désert du Sahara. Ils ne doivent la vie sauve qu’à Médecin sans Frontière qui, grâce à un appel téléphonique, a pu repérer les réfugiés. Mais ont-ils tous été récupérés, ou des dizaines, voire des centaines, sont-ils morts dans le désert ?

 

Nous avons décidé d’occuper l’église Saint Boniface rue de la paix à Ixelles et invitons tous les sans papiers à nous rejoindre !!!

 

Nous exigeons :

 

La régularisation de tous les sans papiers !!!

L’arrêt des expulsions !!!

Une politique européenne de migration dans le respect des conventions Internationales !!!

 

UDEP (union de défense des sans papiers)  udepbxl@yahoo.fr   0498330748    0486547509

Soutien à l’ UDEP au N° Triodos : 523 - 0801898 - 74




C.R.E.R. – Bruxelles : INFO  -  http://regularisation.canalblog.com/
Tél : 0496 40 33 09 - 0473 62 87 33
Soutien a la CRER au N° Triodos : 523 - 0801898 - 74



20:20 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

18/10/2005

18/10/2005: Volvo économise pour accroître ses profits

Volvo économise pour accroître ses profits

Au niveau mondial, le constructeur automobile Volvo compte supprimer entre 1.000 et 1.500 emplois. Pourtant, l'entreprise ne va pas mal du tout. Pourquoi ces licenciements, alors?

Stefan Paprocki
19-10-2005

Volvo réalise à peu près 26.000 euros de bénéfice par travailleur! Dans les prochaines années, la rentabilité financière risque de baisser. Et comme le profit compte avant toute autre chose... (Photo d'archive)


Fin août, dans Weekbericht (Infos de la semaine, un bulletin destiné au personnel),les travailleurs de l'usine d'assemblage de Gand découvraient un article intitulé: «Volvo prend des mesures en vue d'assurer sa rentabilité.»

Dans l'article, la direction annonce une suppression de 1.000 à 1.500 emplois au niveau mondial. La nouvelle frappe et tente de rassurer. D'une part, elle annonce que le site gantois lui aussi va devoir subir des restrictions: «Comme toute unité, Volvo Cars Gand va également devoir apporter sa contribution.» Par ailleurs, la direction demande à tous les travailleurs, ouvriers et employés, de continuer à travailler comme si de rien n'était:

«J'invite chacun d'entre vous à envisager l'avenir avec confiance et à accorder pour l'instant toute son attention à nos tâches quotidiennes.»

Envisager l'avenir avec confiance? Faire comme si de rien n'était? Minute! D'abord, il s'agit de dégonfler quelques baudruches de Volvo

«Ce n'est pas que nous nous retrouvons en crise, mais parce que, justement, nous voulons en éviter une.»

C'est comme si le chef d'équipe du tout frais champion du monde cycliste Tom Boonen annonçait: «Tom, aujourd'hui, tu es champion du monde. Mais, au prochain championnat du monde, tu ne seras peut-être que 3e ou 4e. Tu ne te doperais pas, des fois?»

Volvo raisonne de la sorte: «Si nous faisons un effort (lisez: si vous travaillez plus dur ou consentez à des sacrifices salariaux), nous construirons nos voitures meilleur marché et nous aurons donc un avantage sur la concurrence. Et demain, nous vendrons donc plus de voitures.» Le problème, c'est que tous les constructeurs automobiles raisonnent de la même façon. Alors qu'ils demandent à leur personnel des concessions sur les salaires et les conditions de travail, ils espèrent par la suite vendre plus de voitures, et c'est ainsi qu'ils accroissent leur capacité de production.

Mais, tant que le pouvoir d'achat des travailleurs n'augmente pas, on ne vendra pas plus de véhicules. Cela va de soi. De ce fait apparaît une surcapacité, chez certains constructeurs plus que chez d'autres. Chaque constructeur se bat pour sa part de marché. Et cette lutte s'intensifie d'année en année.

Donc, oui: Volvo et l'ensemble du secteur automobile traversent une crise. Tous essaient de vendre plus que le concurrent, tous veulent sortir vainqueur d'une course qu'un seul pourra remporter.

«Dans notre environnement, divers facteurs risquent de porter atteinte à la rentabilité: la faiblesse du dollar (et la diminution progressive, fin 2005, des possibilités de nous mettre à l'abri, financièrement, sur ce plan), la hausse des prix des matières premières et du carburant et les conditions extrêmes de concurrence sur la plupart de nos marchés.»

Cette concurrence effrénée n'a quand même pas empêché Volvo d'engranger des superprofits. Mi-2004, le journal suédois Dagens Industri publiait les chiffres des bénéfices du premier semestre 2004. En gros, le constructeur automobile réalisait quelque 26.000 euros de bénéfice par travailleur! L'ennui, c'est que ce bénéfice risque de descendre au cours des prochaines années à la grande panique du principal actionnaire, le géant automobile américain Ford.

La banqueroute serait-elle donc proche? Loin de là, seulement, il n'y a jamais assez de bénéfices. D'où un ensemble de restrictions, bien avant que le moindre centime ait été perdu. D'ailleurs, les deux premiers éléments de la citation ci-dessus jettent de la poudre aux yeux. Le prix des matières premières et du pétrole, par exemple, est le même pour tous les constructeurs. Ce qui fait que, vis-à-vis des autres constructeurs, Volvo n'est ni avantagé, ni désavantagé. Et, en ce qui concerne le cours du dollar, toute entreprise qui, aujourd'hui, exporte vers les États-Unis, est désavantagée par la faiblesse du dollar.

C'est un peu comme si notre directeur sportif disait: «Gaffe, Tom! Tu sais que la prochaine arrivée est en côte. Tu ne penserais pas à te doper un peu?»

«Atteindre nos objectifs sur les coûts est essentiel pour améliorer la position concurrentielle de Volvo Cars et, à terme, assurer notre avenir.»

Chaque jour, depuis des années, tous les constructeurs ne cessent d'invoquer la position concurrentielle pour imposer des restrictions à leurs travailleurs et leurs syndicats. Les travailleurs des usines différentes sont dressés les uns contre les autres, de sorte qu'ils lâchent des concessions sur les salaires et les conditions de travail. Au printemps dernier, en Allemagne, des restrictions importantes ont été imposées aux travailleurs du secteur automobile. VW a obtenu un gel des salaires et une augmentation impressionnante de la flexibilité au travail.

Des restrictions «en échange d'un avenir assuré» qui n'ont d'ailleurs pas empêché de jeter des travailleurs à la rue. C'est typique: saigner les travailleurs à blanc pour assurer l'avenir pépère des actionnaires. L'avenir des travailleurs, par contre, messieurs les directeurs n'en ont que faire.

Dans les usines suédoises de Volvo aussi, la pression est de mise. Un ouvrier suédois raconte1: «Quand j'ai fait mes débuts, ici, nous faisions 45 voitures en une heure. Aujourd'hui, 62,5. Et le but, c'est d'arriver à 72.» Son collègue lui emboîte le pas: «Beaucoup d'entre nous travaillent presque 42 heures par semaine, soit 4 heures de plus que la normale. Il s'avère en plus que nous ne pouvons reprendre ces heures sup', en raison d'un manque constant de personnel.»

En bref, pour les travailleurs, «assurer l'avenir»signifie: Quoi qu'il en soit, aucune garantie de sécurité de l'emploi, mais bien une garantie des restrictions et de licenciements.

1 Solidaire, 3 octobre 2005.


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19:53 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

18/10/2005: Les mesures du gouvernement sur les fins de carrière en bref

Une gifle dans la figure des travailleurs, jeunes et âgés
Les mesures du gouvernement sur les fins de carrière en bref

La majorité de la population devrait faire une croix sur la prépension à 58 ans. Et lors de restructurations, la prépension sera pour ainsi dire supprimée. Les mesures gouvernementales en bref.

Thomas Blommaert & Kris Hertogen
19-10-2005

1. Règle générale: la prépension à 60 ans, dans le meilleur des cas

Aujourd'hui, la réglementation générale permet d'obtenir sa prépension dès 58 ans, à condition d'avoir une carrière de 25 ans au moins. Chaque année, 5 à 6.000 personnes y font appel. Le gouvernement a décidé que, dès 2008, l'âge minimal passerait à 60 ans, la durée de la carrière à 30 ans (26 ans pour les femmes). Et en 2012, ce serait 35 ans (28 pour les femmes, voir tableau 1).

1 · Modification de la réglementation générale de prépension

   
 
2005
2008
2012
Age minimal
58 ans
60 ans
60 ans
Carrière minimale
25 ans
30 (26) ans
35 (28) ans

Ces conditions concernant la carrière sera également d'application à ceux qui aujourd'hui n'entrent pas en ligne de compte pour la «réglementation générale», mais peuvent prendre la prépension à partir de 60 ans (convention collective n°17). Actuellement, il ne leur faut que 20 années d'ancienneté. Cela concerne quelque 2.000 personnes par an.

2. En route vers la carrière de 40 ans

Le gouvernement prévoit deux exceptions à la nouvelle règle générale des 60 ans. Primo, à partir de 2008, une carrière de 35 ans permettra de prendre sa prépension à 58 ans (aujourd'hui, 25 ans suffisent). Et, à partir de 2012 (2014 pour les femmes), il faudra une carrière de 38 ans. Cela pourra même être porté à 40 ans, de 2005 à 2011, le taux d'activité des 55 ans et plus n'a pas augmenté d'au moins une fois et demi aussi rapidement que dans l'Union européenne des 15.

Le tableau 2 émane du Cimire (organisme collectant les données sur la carrière). Il montre, par rapport aux 100% de prépensionnables actuels, combien il en restera à l'avenir. En 2014, 49,2% des hommes et 71,4% des femmes n'entreront déjà plus en ligne de compte. Et si une carrière de 40 ans est exigée, à peine 29% des hommes et 16% des femmes pourront arrêter à 58 ans.

2 · Nombre de prépensionnables à 58 ans par rapport à aujourd'hui

      
Aujourd'hui
2008
2010
2012
2014
?
Hommes: carrière minimale
25 ans
35 ans
37 ans
38 ans
38 ans
40 ans
Prépensionnables
100%
75%
59,6%
50,8%
50,8%
29%
Femmes: carrière minimale
25 ans
30 ans
33 ans
35 ans
38 ans
40 ans
Prépensionnables
100%
78%
60%
56,67%
29,6%
16%

Les chiffres ne tiennent en outre pas compte des évolutions futures. Comme l'allongement de l'obligation scolaire, qui fait qu'on commence à travailler de plus en plus tard (voir tableau 3). Selon des chiffres de l'OCDE, en 2000, l'âge moyen du début de carrière chez les hommes et les femmes en Belgique était de 21,7 ans. Ajoutez-y 38 ou 40 ans et vous verrez le genre d'avenir que ce gouvernement nous réserve.

3 · Nombre de personnes ayant débuté leur carrière

    
1961
1961
1997
1997
 
Hommes
Femmes
Hommes
Femmes
A 14 ans
17,6%
11,7%
0%
0%
A 19 ans
50,3%
40,6%
7,8%
5,1%
A 24 ans
87,6%
52,2%
60,4%
52,2%
A 29 ans
97,2%
56,5%
93,0%
83,0%

3. Et si j'exerce un métier lourd?

La réglementation spécifique existante (56 ans) pour les ouvriers du bâtiment et les travailleurs de nuit (ou travail à pauses y compris travail de nuit) inaptes au travail peut, dans les négociations autour de l'accord interprofessionnel (AIP) être prolongée de deux ans. Peut, ce qui veut dire qu'il n'existe donc aucune certitude à ce propos.

Pour les autres professions lourdes, le gouvernement introduit une nouvelle réglementation: à partir de 2008, les travailleurs peuvent prendre leur prépension à 58 ans s'ils ont une carrière d'au moins 35 ans derrière eux. Mais ici aussi, il y a anguille sous roche: sur les dix dernières années de sa carrière, le travailleur doit avoir exercé une profession lourde pendant cinq ans au moins (ou sept ans sur les quinze dernières années). Un ouvrier de 49 ans qui a travaillé toute sa vie à pauses à Sidmar, mais qui a travaillé de jour les neuf dernières années de sa carrière, peut toujours courir pour sa prépension.

À noter encore: Le gouvernement décidera plus tard, sur base d'un avis du Conseil national de l'Emploi (CNE) de ce qu'est un «travail lourd». Au sein de ce conseil siègent également les patrons. Dans l'attente de cette décision, seul le travail à pauses tombe sous la réglementation.

Si votre entreprise subit une restructuration, vous devez «mériter»votre prépension en passant six mois dans une cellule de reconversion. Avec sanction à la clé. (Photo archives)


4. Les réglementations spéciales

Dans plusieurs secteurs (métal, chimie, textile) il existe aujourd'hui des conventions collectives permettant de prendre la prépension à 55, 56 et 57 ans après 38 ans de travail. Chaque année, 2.500 personnes y recourent. Ces conventions pourront être prolongées jusque fin 2009 au plus tard. Que se passera-t-il ensuite? Extrait de la déclaration gouvernementale: «Vu qu'il s'agit surtout de conventions collectives dans les secteurs industriels, le gros des personnes concernées retombera par la suite sur la dérogation pour le travail de nuit où à pauses ou sur la réglementation d'exception pour les professions lourdes.»La direction de la CSC appelle ça une victoire. En fait, il s'agit d'une énorme régression. Si ces personnes peuvent faire appel à la réglementation spéciale pour les travailleurs de nuit, dans ce cas, ils pouvaient le faire plus tôt aussi. Pour tous les autres, cela signifie, à partir de 2010 (au plus tard), un allongement de leur carrière d'un à trois ans. Certains vont devoir travailler 41 ans avant de pouvoir partir en prépension.

5. Maintien de la prépension en cas de restructuration?
Un énorme mensonge!

Votre entreprise subit une restructuration? A l'avenir, estime le gouvernement, vous devez «mériter»votre prépension en passant six mois dans une cellule de reconversion. Durant cette période, vous allez devoir chercher activement un autre emploi, sans quoi vous allez être sanctionné: «Celui qui ne fait pas d'efforts, doit déjà être invité, au cours des six mois mêmes, à se ressaisir. Si ce n'est pas le cas (), le chef de la cellule de reconversion transmettra cette information à l'Onem qui prendra une sanction.»Bref, le prétendu prépensionné devient un chômeur comme les autres. Avec en permanence l'épée de Damoclès, ou plutôt de l'Onem, suspendue au-dessus de sa tête.

En maintenant davantage de monde sur le marché de l'emploi et en mettant plus de monde en concurrence pour le même emploi, le gouvernement veut exercer une pression vers le bas sur les salaires. L'un et l'autre déboucheront sur des situations douloureuses. Un père prépensionné et son fils chômeur qui vont devoir se faire concurrence pour le même boulot, voilà un scénario qui n'est plus très éloigné.


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19:50 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

18/10/2005: Pour ceux qui sont encore sur les bancs de l'école

Pour ceux qui sont encore sur les bancs de l'école

David Pestieau
19-10-2005

Ceux qui sont sur les bancs de l'école n'auront plus de prépension si ce plan se réalise. (Photo archives)


Ce Verhofstadt, il a de ces trouvailles. Il a appelé son nouveau plan «Pacte de solidarité entre les générations». Si, si, ce gouvernement veut votre bien pour les 30-40 ans à venir: «La prévoyance nous impose de nous pencher maintenant sur les pensions de ceux qui sont encore sur les bancs de l'école aujourd'hui» a déclaré le premier ministre.

Question de solidarité sans doute, ceux qui sont sur les bancs de l'école n'auront plus de prépension si ce plan se réalise. Verhofstadt l'a confirmé à la VRT dimanche: «Ce n'est pas un bain de sang social dès le premier jour. Nous prendrons les mesures progressivement». Car il faudra sans doute avoir 40 ans de carrière pour prendre sa prépension en 2014. Autrement dit, largement au-delà de 60 ans pour ceux qui sont à l'école aujourd'hui. Et qui commence en moyenne à travailler après 21 ans.

Question de solidarité, les mêmes qui sont à l'école devront attendre deux, trois, quatre ans de plus que leur père ou leur mère quitte leur boulot pour en obtenir un.

Question de solidarité sans doute, le gouvernement veut que les salaires des plus âgés soient modérés et qu'il y ait «une suppression progressive de la logique d'âge et d'ancienneté en vigueur» en matière de salaire.

Et dans le même temps, le gouvernement veut rendre plus attractifs les boulots à bas salaires pour les jeunes. En supprimant les cotisations que paie leur patron à la Sécu.

Question de solidarité entre générations donc, le gouvernement veut vous rendre tous moins chers.

Et si le plan concerne le secteur privé, «le secteur public sera tenu, lui aussi, de prendre des mesures».

Question de solidarité encore, le gouvernement a donné 940 millions de nouveaux cadeaux aux patrons, l'équivalent pour 78.000 personnes d'une allocation de pension à 1000 euros par mois. De quoi «prévoir» les pensions pour ceux qui sont encore sur les bancs de l'école.

Vous êtes sans doute parmi ceux qui ne veulent pas de cette «solidarité», qui mettrait demain jeunes contre plus âgés, employés contre ouvriers. Vous êtes de ceux qui veulent le retrait total de ce pacte de guerre entre générations, entre travailleurs.

Et aux Verhofstadt, Onkelinx et Vande Lanotte qui vous traitent de partisans de l'immobilisme, vous répondez qu'il y a un seul pacte de solidarité entre générations réaliste aujourd'hui pour le monde du travail: donner aux plus âgés le repos, aux jeunes chômeurs du travail.

Par exemple, par le droit à la prépension à 55 ans pour tous avec embauche obligatoire d'un jeune, comme le propose le PTB.

Et au 21e siècle, ce pacte est finançable dans un pays où nous produisons 17 fois plus que nos grands-parents il y a un siècle. Il s'agit d'un choix de société pour ceux qui sont aujourd'hui sur les bancs de l'école.


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19:41 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

18/10/2005: Prépensions: après la déclaration de Verhofstadt, la température monte


Prépensions: après la déclaration de Verhofstadt, la température monte

Grèves à la FN-Herstal, Caterpillar, Industeel, Sonaca, Chertal, Raposo, Saint-Roch, GDB, Brico Dépôt de Charleroi... Le plan anti-prépension présenté par le gouvernement ce 11 octobre ne passe pas dans les entreprises. Un avant-goût de ce qui va suivre?

19-10-2005

Pluies de grèves sur Liège et le Hainaut

«On veut se battre pour engager des jeunes»

FN (Herstal)> Plus de 500 travailleurs ont débrayé en front commun et manifesté devant la maison communale de Herstal mercredi 12.

· Pascal Potalivo, délégué CSC: « Un mouvement spontané s'est déclenché suite aux déclarations de Verhofstadt hier à la TV [le plan contre les prépensions]. Nous ne sommes pas du tout d'accord avec ce gouvernement. »

· Antonio Fanara, délégué FGTB: « Comment veut-on faire croire qu'on va engager des jeunes, si on garde les vieux. Un électricien, qui aura 56 ans, on va le garder. Pour qu'il transmette son savoir à un jeune. Mais payer deux salaires pour le même travail, ils ne le feront jamais. Nous on veut se battre pour engager des jeunes.»

«Pas de problème de front commun à la base»

Sonaca (Gosselies)> Employés et ouvriers se sont mis en grève vendredi 14 à l'initiative des délégués CSC, directement suivis par la FGTB.

Alain Bajusz, délégué principal Setca: «Le taux de natalité en Belgique ne suppose pas une si grande facture pour la sécu. Le seul but de la manoeuvre gouvernementale est de disposer d'un large groupe de travailleurs âgés et expérimentés à moindre prix. Le travailleur âgé poursuivra sa carrière mais à un salaire moindre. C'est une manière de créer des agences d'intérims pour travailleurs expérimentés.»

Pietro Firenze, délégué principal CSC: «Ce qui est particulièrement révoltant, c'est qu'en cas de restructuration, le prépensionné sera mis en disponibilité, il peut être déplacé et même se retrouver exclus. Aujourd'hui, nous sommes en front commun FGTB-CSC et ouvriers-employés. Le problème du front commun se pose peut-être au sommet, mais pas à la base.»

«On épargne encore
les grosses fortunes»

> CSC Charleroi. Le Conseil fédéral de la CSC carolo a adopté le 12 octobre une motion rejetant «sans état d'âme» le plan du gouvernement.

· Tony Demonte, secrétaire principal CNE Hainaut: «La motion indique que nous soutenons les actions spontanées, qui n'ont pas manqué de surgir. Et que nous prenons contact avec les responsables FGTB de Charleroi pour des actions communes.

Le projet gouvernemental, c'est le recul de l'âge de prépension dans les faits. Qui va encore commencer à 20 ans, faire 38 ans de carrière sans interruption pour arriver à 58 ans?Il contient quelques point intéressants concernant le refinancement de la sécu. Mais terriblement symboliques. Totalement disproportionnés par rapport aux nouveaux cadeaux aux entreprises. Si le projet veut dire s'attaquer surtout aux épargnants (petits, moyens), c'est encore épargner les grosses fortunes.»

«Caterpillar va-t-elle ouvrir un home?»

Caterpillar (Gosselies) > Le 10 octobre, la délégation CSC a invité les travailleurs à ne travailler qu'une demi-journée. Le 17, un arrêt de travail de 24 heures a été observé à l'appel des délégations FGTB, CSC et CGSLB. Les syndicalistes présents veulent des actions et parlent d'aller manifester à Bruxelles.

· Giuseppe Difranco, délégué principal CSC. «Que va faire la direction de Caterpillar des gens âgés? Ouvrir un home? Maintenant que tous les petits travaux sont sous-traités, on ne peut plus caser les anciens. Et va-t-on obliger ceux de plus de 50 ans, c'est-à-dire un tiers du personnel, à rester à la chaîne? C'est impossible et la direction de Caterpillar doit le savoir.»

«J'invite Onkelinx à faire un stage de six mois ici»

Industeel (Charleroi) > L'ex-Fafer était à l'arrêt en front commun ce vendredi 14 octobre.

· Giovanni Severino, délégué principal CSC: «Au départ, la CSC avait fixé treize points de rupture. Je ne dis pas qu'ils [les dirigeants nationaux] ont mal discuté, mais le résultat des négociations n'est pas ce que nous attendions. Nous avons analysé le contenu des mesures et le comité d'entreprise, les militants, les travailleurs ont répondu d'une seule voix : inacceptable! Nous avons le soutien de nos permanents régionaux : Di Santo pour la FGTB, Toni Demonte pour la CNE et Jean-Michel Massart, le responsable de la CSC pour Industeel.

Nous espérons que les instances vont prendre le relais maintenant, parce que le ras-le-bol est profond. Et qui sait, s'il n'y a que ça pour faire changer les choses, il faut faire tomber le gouvernement. »

· Alain Divok, délégué principal FGTB: «Je les invite tous, les Onkelinx et les autres. Qu'ils viennent ici faire un stage, pas d'une semaine, mais de six mois : faire les trois ou les quatre pauses avec le bruit, le stress, la chaleur. Qu'ils essaient ainsi de comprendre ce que cela a comme effet après 35 ans.Après je veux bien discuter. »

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«Les travailleurs de VW sont prêts à passer à l'action»

VW, lundi 17 octobre 2005
( Photo Solidaire, Martine Raeymaeker)

- Klik op de foto om ze te vergroten -


VW (Bruxelles) > Lundi matin 17 octobre, l'équipe de nuit s'est mise en grève. L'équipe de jour a pris le travail À 6 heures, mais pas pour longtemps. À 10 heures, la grève générale était décrétée.

· Marc Préaux, délégué syndical de la FGTB: «Nous venons d'avoir une très bonne assemblée générale. Les gens ont besoin en premier lieu d'informations. Ce fut une assemblée générale très mouvementée, avec beaucoup d'émoi autour des mesures présentées par le gouvernement. Nous n'avons pas encore l'habitude que les gens posent des questions, mais on le sent: l'inquiétude est là et la mobilisation aussi. Les délégués de la CSC étaient également dans la salle et, en ce qui concerne les travailleurs, toutes les couleurs y étaientrouge, vert et bleu. Cet après-midi (lundi, NdlR), nous allons appliquer le même scénario mais, maintenant, nous avons repris le travail.»

· Jacques Guilmot, ancien délégué: «Pas les médias, tout le pays sait maintenant que les travailleurs de VW sont prêts à passer à l'action. Aujourd'hui, les délégués de la CSC ont également invité leurs ouailles à se rendre à l'assemblée générale, mais ils voulaient toutefois attendre demain afin de passer éventuellement à l'action. Les travailleurs, maintenant,sont bien au courant de la gravité de la situation et ils sont prêts. Et, aujourd'hui, c'est ce qui importe le plus.»

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Une semaine cruciale contre le plan Verhofstadt-Onkelinx

Manifestation FGTB au congrès du SP.a, ce 15 octobre. (Photo Solidaire, Dirk Holvoet)

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


La question de la prépension coupe notre pays en deux depuis fin septembre. D'un côté, les ministres, les patrons et une certaine presse, de l'autre, le monde du travail. Une semaine cruciale s'ouvre.

Dès l'annonce des mesures du gouvernement le 11 octobre, le mécontentement dans les entreprises et les syndicats s'est exprimé. Dans les grèves ­ la plupart du en front commun ­ chez Caterpillar, Sonaca, Industeel, VW, la FN, etc. Mais aussi dans les assemblées syndicales, particulièrement à la CSC, où beaucoup de délégués ont refusé de diffuser les tracts de la direction nationale qui présentaient les mesures sous un trop beau jour.

De nombreuses centrales régionales de la CSC ont d'ailleurs rejeté intégralement le plan du gouvernement. Une volonté qui existe évidemment aussi dans la FGTB, comme l'a montré aussi l'action au congrès du SP.a ce samedi (lire page 9). A l'heure où nous écrivons ces lignes, nous ne connaissons pas encore les décisions du Conseil national de la CSC et du Comité fédéral de la FGTB. Mais cette semaine s'annonce déjà cruciale pour franchir le quatrième obstacle placé par le gouvernement depuis fin septembre pour briser le mouvement en cours.

1. Souvenez-vous, le 20 septembre, le gouvernement déposait une première note «à négocier». Il espérait venir le 11 octobre devant le Parlement avec un accord patrons-syndicats sur le contenu de cette note.Le 23 septembre, la FGTB disait non et appelait à la grève générale. Une grande contestation s'exprimait au conseil général de la CSC.

2. Le 27 septembre, le gouvernement faisait croire qu'il y avait encore une grande porte pour les négociations. Malgré les promesses du gouvernement le mot d'ordre de grève était maintenu pour le 7 octobre.

3. Les patrons, les partis, certains grands médias se déchaînent contre la grève appelée par la FGTB. Le président de la CSC Cortebeek défend qu'il faut négocier avant d'agir. Mais la grève du 7 octobre devient une réussite énorme et beaucoup d'affiliés et délégués CSC y participent partout.

4. Le 11 octobre, le gouvernement décide sans l'accord d'aucun des syndicats. Sur la question de la prépension, il reprend l'essence de sa note initiale sur deux points cruciaux: l'âge de la prépension et la durée de la carrière seront allongés; la disponibilité (voir page 6)

Il espère imposer son plansous la devise: «Les décisions sont prises, les syndicats pourront négocier sur leur application». Après avoir affirmé qu'on ne pouvait pas faire grève durant la négociation, il dit aujourd'hui: vous ne pouvez plus rien faire sur le fond.

Le monde du travail résiste, s'organise et progresse

L'expérience des dernières semaines montre que le monde du travail résiste, s'organise et progresse. L'enjeu de la prochaine semaine sera que la contestation qui s'est exprimée ces dernières semaines s'élargisse et s'approfondisse. Pour franchir ce quatrième obstacle. Non pas pour «améliorer» sur un point ou l'autre le «Pacte des générations» de Verhofstadt, mais pour le rejeter complètement.

Pour obtenir le maintien de tous les systèmes actuels, dont le système de 58 ans après 25 ans de carrière. Pour obtenir le maintien du statut de prépensionné en cas de restructuration: une vraie pré-retraite sans possibilité de rappel par un employeur.

Et pour avancer un autre programme. Qui élargisse, notamment, le droit à la prépension à 55 ans pour tous avec embauche obligatoire d'un jeune. Qui refinance réellement la sécurité sociale sans toucher aux revenus des travailleurs (y compris les revenus de leur épargne). Qui impose les grandes fortunes au-delà de 500.000 euros. Un programme indispensable pour imposer à cet autre monde, le monde des ministres et des patrons, la volonté du monde du travail.

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Interviews et reportages complets sur www.solidaire.org

Ont collaboré à ces pages: Marc Van Campen, Paula Hertogen, Germain Mugemangango, Sara Van Obbergen, Myriam De Ly, Riet Dhont, Hugo De Bruyne, David Pestieau, Kris Hertogen.

«Mon histoire» sur www.ptb.be/prepension

Nous désirons tout savoir sur vos luttes, réflexions et discussions à propos de la prépension. Racontez-les dans la rubrique «Mon histoire» sur le site www.ptb.be/prepension


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19:36 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

17/10/2005

12/10/2005: La carrière des femmes: dur labeur, bas salaires et pension misérable

La carrière des femmes: dur labeur, bas salaires et pension misérable

Actuellement, 46% des femmes n'ont pas droit à la pension minimum. En effet, les femmes n'ont souvent pas une carrière complète: elles connaissent de longues périodes de chômage ou des interruptions de carrière. De plus, elles perçoivent un salaire et des indemnités inférieurs, et un grand nombre d'entre elles ont un emploi à temps partiel. Quelques femmes membres de Marianne nous parlent de leur carrière.

An Lenaerts
12-10-2005

Travailler toute une vie pour une pension de 925 euros

Mieke a 62 ans, elle est pensionnée. A l'âge de 14 ans, elle a dû arrêter l'école pour rester à la maison et s'occuper du ménage. Mieke est en effet l'aînée de la famille, elle a sept frères et sa mère était gravement malade. «Je travaillais très dur à l'époque et j'étais toujours seule.» A 18 ans, elle obtient son diplôme de l'enseignement secondaire en passant un examen devant un jury et elle entame une formation d'infirmière. Elle travaille en même temps pour payer ses études. Elle obtient son diplôme en 1965 et commence immédiatement à travailler. A la naissance de son second fils, elle arrête de travailler pendant deux ans et en profite pour fonder une pouponnière.

Elle décide plus tard de ne plus travailler dans le milieu hospitalier. Elle trouve alors un emploi dans un Nopri. «Un véritable travail d'esclave. Et comme je ne me laissais pas faire, ils m'ont mise à la porte au bout d'un mois.»

Mieke retourne donc travailler dans un hôpital. Durant trois ans, elle ne fera que les nuits pour pouvoir s'occuper de ses enfants le jour. Mais ce rythme est insoutenable. «Je ne parvenais pas à dormir la journée.» Elle change alors d'équipe mais avec un horaire de 12 heures. En travaillant 12 heures par jour durant plusieurs jours d'affilée, elle a droit à quelques jours de congé et peut ainsi rester à la maison avec les enfants. Mais ce rythme-là aussi est insoutenable.

Mieke trouve alors un emploi au service médical de Belgacom. Fini les nuits. Elle a enfin un horaire fixe. Elle y travaillera durant 25 ans.

C'est alors que la santé de Mieke se dégrade. Ses problèmes d'hypertension l'obligent à arrêter le travail. Elle a la «chance» de faire partie de ceux qui ont droit à la prépension. A 58 ans, elle arrête de travailler. «Lorsque le service social m'a annoncé que je ne toucherais que 925 euros à la pension, je suis sortie en pleurant.»

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Travailler à temps partiel parce que c'est trop dur à temps plein

Pourrons-nous encore profiter de la vie à l'âge de la pension? Ou serons-nous tellement anéanties par le travail à 65 ans que nous serons juste bonnes à mourir? Quelle belle économie pour la sécurité
sociale! (Photo Solidaire, An Lenaerts)

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Moniqu a 47 ans. Elle est allée à l'école jusqu'à 18 ans. Pour fuir les problèmes familiaux, elle se marie à l'âge de 19 ans et très vite, elle a quatre enfants. Elle fait quelques petits boulots par-ci par-là : garderie d'enfants dans une école, assistante dans un magasin. Lorsque le plus jeune de ses enfants est en âge d'aller à l'école, elle décide de suivre une formation d'aide familiale. Elle commence ensuite à travailler à temps partiel, toujours avec un contrat à durée déterminée. Quinze jours au début, puis un mois, ensuite trois mois et enfin un contrat renouvelable tous les six mois. Au bout de deux ans et demi, elle obtient un contrat à durée déterminée mais toujours à mi-temps. Faire ce travail à temps plein des années durant est impossible d'autant plus qu'elle est seule pour élever ses quatre enfants. Elle défend en outre les intérêts de ses collègues et devient déléguée syndicale.

et ça vous anéantit

En 1995, l'établissement change de direction. La nouvelle direction veut «faire du profit» à tout prix et les conditions de travail se dégradent très rapidement. Les collègues de Monique tombent comme des mouches. Avec 40 autres aides familiales, elle rédige une lettre pour négocier de meilleures conditions de travail. Monique est alors convoquée dans le bureau du chef. Là, elle est insultée par lui ainsi que par tous les autres employés et assistants sociaux présents. «Vous êtes tous des cas sociaux. On vous donne un travail et vous voudriez en plus faire grève. Il y a suffisamment d'autres personnes qui ont envie de travailler.»

C'est à ce moment-là qu'ont commencé les brimades. On a mené une enquête sur son travail. On a téléphoné à tous les clients pour savoir si elle faisait correctement son travail. On ne la remplaçait plus les jours de congé avec toutes les conséquences que cela implique. Lorsqu'une vieille dame lui fait cadeau d'une robe, elle est accusée de vol. Plus le temps passe, plus le travail devient dur. A la maison, elle est seule et ne s'en sort pas financièrement avec son salaire de 28 à 30.000 francs et quatre enfants à élever. Insomnies, dépression, finalement elle s'effondre. Elle séjournera dans un établissement psychiatrique durant deux ans et demi où elle sera bourrée aux médicaments. Elle rencontrera également d'autres femmes dont la plupart sont des femmes seules, anéanties par des conditions de travail impossibles.

Suite à un mauvais traitement dans l'établissement, elle ne peut plus se servir de sa main droite. Il lui faudra plus d'un an pour remonter la pente. Finalement, elle prend la décision de suivre un programme de désintoxication pour ne plus être dépendante des médicaments. Elle parvient à témoigner et à parler avec ses compagnons d'infortune. Physiquement, elle reste anéantie et se retrouve en invalidité. «J'ai commencé à travailler dans les années 90, j'ai donc une carrière professionnelle de 15 ans mais jamais à temps plein. Mon travail m'a détruite. Et je sais très bien qu'à ma pension, je vivrai dans une grande pauvreté.»

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Plus qu'un an à tenir

Liza a 62 ans. A l'âge de 18 ans, elle a obtenu son diplôme de l'école d'hôtellerie et a commencé à travailler en cuisine. Après plusieurs maternités, elle restera dix ans à la maison pour s'occuper des enfants. Elle reprendra un emploi de chef de cuisine durant trois ans et ouvrira son propre restaurant par la suite. Durant sept ans, elle travaille donc comme indépendante. Mais son restaurant ferme. Elle retrouve un emploi en cuisine dans un atelier pour handicapés.

En 2000, elle subit une grave opération du cur. Selon le médecin, elle peut continuer à travailler mais elle doit absolument éviter tout stress. Or, le métier de chef de cuisine est un métier stressant. Les clients affluent et veulent être servis dans la demi-heure qui suit. La situation est très pénible. «En principe, je ne devrais plus travailler à temps plein mais il faut que je tienne un an encore.»

En effet, comme l'âge de la pension a été relevé, Liza devra travailler jusqu'à 63 ans. «J'ai aujourd'hui 62 ans mais seulement 24 ans de carrière donnant droit à la pension. J'ai six petits-enfants. L'an prochain, je pourrai enfin leur consacrer plus de temps et faire un tas de choses avec eux. Enfin, si ma situation financière le permet.»

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Travailler jusqu'à 68 ans?

Maria a 48 ans. Après ses études secondaires, elle est allée à l'université, mais elle n'a pas terminé ses études. Elle a trouvé un emploi dans l'Horeca et y est resté un an. Ensuite, elle s'est inscrite en sciences familiales et a travaillé en même temps comme éducatrice. Une fois ses études terminées, elle a continué à travailler comme éducatrice. Elle est passée éducatrice principale puis responsable de service.

A 48 ans, elle comptabilise 25 années complètes de carrière. Avant d'avoir droit à la pension, il lui faudra encore travailler 20 années supplémentaires pour avoir une carrière complète. Devra-t-elle travailler jusqu'à 68 ans?

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Pour les jeunes, il ne reste plus que les emplois intérimaires et le travail à temps partiel. Une pension complète: ils peuvent faire une croix dessus. (Photo Solidaire, An Lenaerts)

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Une pension décente: les jeunes peuvent faire une croix dessus!

Myriam a 23 ans et est maman d'un petit garçon de 2 ans. Après ses études secondaires, elle a entamé une formation supérieure. Elle a raté la première année et n'a pas continué car elle a rencontré celui qui est devenu son mari. Elle tombe alors enceinte. A la naissance de l'enfant, elle reste une petite année à la maison pour s'en occuper. Mais comme ils ne s'en sortent pas financièrement, elle décide de trouver du travail. Elle remplit sur Internet un formulaire de recrutement pour un poste de caissière dans une grande surface. Elle est engagée. Comme le magasin n'est pas encore ouvert, il y a un boulot monstre. Le travail des nouvelles recrues consiste à placer les rayons et les remplir.

A l'ouverture, on les met à la caisse sans aucune formation et avec un minimum d'explications. Le soir, elle a un trou de 2,30 euros dans sa caisse. La direction qualifie cette erreur de vol. On lui donne alors le choix entre donner son préavis ou être licenciée pour faute grave. Dans les deux cas, elle perd ses droits au chômage. Elle se tourne alors vers le syndicat qui menace de faire un procès. C'est ainsi qu'elle obtient son C4 et conserve ses droits mais perd tout de même un mois de chômage.

Elle trouve directement un nouvel emploi à La Poste comme facteur. Il s'agit d'un contrat d'une semaine. Renouvelé de semaine en semaine. Durant huit mois, elle terminera la semaine avec toujours la même incertitude: vais-je travailler la semaine prochaine ? En effet, régulièrement on licencie. Sur les 15 femmes engagées au départ, il n'en reste plus que trois au bout de huit mois. Et puis ça arrive, un vendredi elle est convoquée par le chef: «Lundi, tu ne devras par revenir.»

Pendant un mois, elle recherche activement du travail mais ne trouve rien. Et puis la chance lui sourit. La Poste la rappelle. Nous sommes en avril 2005. Elle obtient un contrat de six mois qui prend fin en novembre. On lui a promis un contrat de 18 mois par la suite. Myriam a du mal à imaginer que toute sa carrière sera probablement faite de petits contrats provisoires.

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Certains emplois sont tout simplement impossibles à exercer à temps plein toute une carrière durant. (Photo Solidaire, An Lenaerts)

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120 années de travail

Jacqueline, 50 ans, considère la chose très sèchement: «Une femme doit exercer trois professions différentes: son métier proprement dit, elle doit travailler comme femme de ménage à la maison et comme baby-sitter. Elle doit en outre aider ses enfants à faire leurs devoirs et bichonner son mari. 40 années x 3. Ce qui fait 120 années de travail! Quel homme est capable de faire ça sans se plaindre? Où est passée l'égalité des droits?»

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Comment est calculée votre pension?

Le montant de votre pension dépend de divers facteurs:

Une pension de ménage est égale à 75% de votre ancien salaire tandis qu'une pension d'isolé est égale à 60%. Mais 75 et 60% de quoi exactement?

Ce pourcentage est calculé sur le salaire moyen que vous avez perçu tout au long de votre carrière professionnelle en tant que salarié. Il va de soi que le travail mi-temps et les périodes de chômage font chuter le montant de la pension.

Mais la principale cause du faible montant des pensions reste la carrière incomplète. A l'heure actuelle, une femme doit travailler durant 43 ans pour avoir une carrière complète. En 2009, ce chiffre passera à 45. Cela signifie que la pension est actuellement calculée en 43e de votre ancien salaire moyen ou indemnités. Si vous avez travaillé durant 43 ans ­ ce qui est le cas de très peu de femmes ­ vous aurez alors droit à 43/43e. Celles qui n'auront travaillé que 30 ans, ne recevront que 30/43e.

Qu'entend-t-on par jours assimilés?

Les jours assimilés sont des jours non prestés, considérés comme des jours prestés pour le calcul de la carrière («assimilés»). Ainsi les périodes de chômage, de maladie et d'invalidité sont assimilées. Le congé de maternité également. Il importe que la prépension reste également une période assimilée.

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22:29 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

12/10/2005: Le prolongement de la carrière touche encore plus les femmes

Le prolongement de la carrière touche encore plus les femmes

Marianne • Solidaire n° 37 du 12 octobre 2005

An Lenaerts
12-10-2005

Travailler, les femmes le font et l'ont fait assez. Mais rares sont celles, actuellement, qui atteignent ou pourront atteindre une carrière complète. (Photo Solidaire, Vinciane Convens)

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Vendredi 7 octobre, des milliers de femmes de la FGTB, et aussi de la CSC (bien qu'officiellement, ce syndicat n'ait pas participé à la grève) épaulaient leurs collègues masculins aux piquets et faisaient grève contre les plans du gouvernement. Le maintien de la prépension: telle était l'exigence centrale. Mais, pour les patrons et le gouvernement, il faut travailler plus longtemps, et cela vaut aussi bien pour les femmes que pour les hommes.

Au nom de l'émancipation, le gouvernement décidait déjà, en 1997, d'accroître progressivement, de 1999 à 2009, l'âge de la pension chez les femmes et de le faire passer de 60 à 65 ans. Pour l'instant, les femmes doivent rester au travail jusqu'à 63 ans. À cet âge, la plupart sont brisées car les femmes doivent combiner leur travail salarié avec le ménage et les enfants. Mais le gouvernement n'en a cure.

Désormais, la pension complète pour les femmes se calcule sur une carrière de 43 ans. À l'heure actuelle, 12% à peine des femmes travaillent à temps plein jusqu'au moment de leur pension. 28% des femmes arrêtent déjà à l'âge de 50 ans. À cet âge, elles sont vidées et n'en peuvent plus. Travailler encore plus longtemps fait donc que moins de femmes encore ont droit à une allocation de pension à part entière. Et, aujourd'hui, presque la moitié des femmes (46%) n'ont aucun droit à la pension minimale légale, de 866 euros par mois. De chiffres de l'année 2000, il apparaît qu'une carrière moyenne de femme, à l'âge de 55 ans, compte à peine 17 ans. J'ai moi-même été impressionnée par les carrières féminines telles que décrites à la page suivante. Travailler, ces femmes le font et l'ont fait assez mais aucune d'elles, actuellement, n'atteint ou ne pourra atteindre une carrière complète. Puis il y a les dizaines de milliers de femmes qui travaillent à temps partiel parce que, dans leur grande surface ou leur firme de nettoyage, elles ne peuvent décrocher qu'un contrat part time ou parce qu'elles ont un boulot impossible à combiner avec leurs enfants. De toutes les femmes au travail, 43% ont un contrat à temps partiel. Pour la plupart d'entre elles, deux ans de travail à mi-temps comptent pour une seule année de pension. Ce sont de vieux jours bien pénibles qui nous attendent, nous, les femmes

Et, aujourd'hui, le gouvernement s'en prend encore à la prépension, à laquelle les femmes n'ont déjà qu'un accès limité. D'ailleurs, seulement 18% de tous les prépensionnés sont des femmes.

La revendication centrale du PTB concerne le droit à la prépension pour tous dès l'âge de 55 ans, avec remplacement obligatoire du (de la) prépensionné(e) par un(e) jeune. Une revendication qu'appuient toutes les femmes avec qui j'ai parlé, de sorte qu'après une existence passablement pénible, elles puissent encore faire autre chose et donner en même temps à leurs enfants la possibilité de décrocher un emploi.

> Marianne en action
> La carrière des femmes: dur labeur, bas salaires et pension misérable


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22:26 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

12/10/2005: Plus d'un million de manifestants en France le 4 octobre

 

Plus d'un million de manifestants en France le 4 octobre

12-10-2005

Plus de 1,2 million de manifestants, tous les syndicats des secteurs privé et public dans l'action, le soutien des trois quarts de l'opinion publique... La grève générale du 4 octobre en France a battu les records de mobilisation. Après le «non» à la Constitution européenne, le 29 mai, tout le pays s'est une nouvelle fois dressé contre les dirigeants français et européens.

Nos voisins du sud connaissent les mêmes problèmes que nous: exonérations de charges sociales pour les patrons, emplois précaires pour les jeunes, augmentation du coût de la vie, restructurations, privatisations, relèvement de l'âge de la retraite. Le patronat préconise le cumul emploi-retraite et la création pour les 55-64 ans d'un contrat de travail précaire, appelé «emploi-vieux». A l'issue de la journée, tous les leaders syndicaux ont annoncé leur intention de donner des suites à ce 4 octobre pas comme les autres.

Et si cette suite était internationale?


22:21 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

12/10/2005: Les pensions désormais payées en fin de mois

Les pensions désormais payées en fin de mois

12-10-2005

Depuis août 2005, tous ceux et celles qui partent en pension ne reçoivent leur allocation que le dernier jour ouvrable du mois. Ainsi en a décidé le gouvernement cet été, sans tambour ni trompette. Le ministre fédéral des pensions, Bruno Tobback (SP.a), reconnaît qu'ainsi les autorités font une belle économie: si les gens reçoivent leurs sous une, deux ou trois semaines plus tard, l'argent peut entre-temps être placé (et rapporter des intérêts). Cette fois c'est sûr, les socialistes ont définitivement banni le mot «honte» de leur vocabulaire. Demander 1% d'impôt sur la fortune des 220.000 euromillionnaires de ce pays, ah ça non. Pour ce parti autoproclamé «des simples gens», c'est impossible. Mais pour sournoisement puiser dans les poches de ces mêmes simples pensionnés, pas de problème. Pourtant, huit pensionnés sur dix doivent se contenter d'une petite pension de moins de 1.000 euros par mois.


22:15 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

12/10/2005: Pierre Kroll · Rencontre avec l'impertinent et irrésistible caricaturiste

«A Mise au point, je traque la langue de boisen direct»
Pierre Kroll · Rencontre avec l'impertinent et irrésistible caricaturiste

Pierre Kroll est devenu incontournable dans le paysage médiatique francophone: RTBF, Le Soir, Télémoustique, CinéTéléRevue... Ce n'est ni pour nous déplaire, ni un hasard: il est maître hors normes dans l'art de croquer une situation - à la vitesse de la lumière - de manière si drôle et tellement juste. Gare au politicien qui, lors d'un débat télévisé dominical, se laisse aller à la langue de bois: la minute suivante, un dessin de Kroll lui tombe dessus comme une volée de bois plus vert que ladite langue. Mais comment fait-il?

Marco Van Hees
12-10-2005

Nom: Pierre Kroll
Naissance: en 1958 à Gwaka (Congo)
Domicile: Liège
Famille: une compagne et trois enfants (8, 12 et 17 ans)
Formation: architecture à la Cambre (Bruxelles), licence en sciences de l'environnement à l'Université de Liège.
Profession: dessinateur (professionnel depuis 1985)
Derniers b: Habemus papam et Bruxelles-Hal-Vilvorde (sélection des meilleures planches et cartoons parus dans TéléMoustique, Le Soir, Mise au point, etc.) et Encore un an de plus, petit livre reprenant les textes lus dans la Semaine Infernale sur La Première en radio. Sortie fin octobre.


Kroll ­ oui, c'est son vrai nom ­ est un homme pressé. La preuve lors de notre rencontre. Le Liégeois nous a fixé rendez-vous au Botanique, à Bruxelles, où il doit enregistrer La Semaine infernale, l'émission radio de Jacques Mercier sur la RTBF. Il arrive poursuivi par un stagiaire du Soir qui vient récupérer un dessin qui n'existe pas. Car le quotidien, dont l'édition du lendemain avait d'abord été annulée pour cause de grève générale, va tout de même paraître. Kroll a simplement eu très brièvement au téléphone Luc Delfosse, grand manitou du Soir, qui lui a dit ce qu'il y aurait dans le journal. Comme notre interview se termine trois secondes avant l'émission radio, le dessinateur va devoir réaliser son devoir durant l'enregistrement, alternant avec une déconcertante facilité le maniement de la langue et du crayon. Une langue (et une plume) qu'il n'a d'ailleurs pas moins aiguisée...

Vous êtes né au Congo: quels souvenirs en gardez-vous?

Pierre Kroll. Aucun, j'ai quitté le pays à l'âge de deux ans. Mais le Congo a baigné ma famille. J'en ai donc entendu beaucoup parlé. Mon père était un broussard [qui vit dans la brousse] travaillant pour Unilever. Il n'a jamais eu la mentalité typique du colonisateur. Sur les treize ans passés au Congo, je crois qu'il n'a été qu'un jour à Léopoldville, l'actuelle Kinshasa. Je l'ai toujours entendu dire du mal des colons violents et de l'administration belge. Il n'est pas revenu avec le racisme typique de certains. Il a d'ailleurs cette phrase très forte: «Les Congolais méritaient mieux». Attention, il n'en était pas moins un colon, tout habillé de blanc, avec son short et ses trois boys. Mais, bon, lui ne les fouettait pas.

Il a 81 ans aujourd'hui. J'ai rencontré un Congolais qui me disait «chez vous» en parlant de la province congolaise de l'Equateur, étant lui d'une autre province. Je l'ai mis en contact avec mon père. Ils ont passé une soirée ensemble. Je ne veux pas que mon père parte avec la honte...

Et vous, vous n'êtes jamais retournéau Congo?

Pierre Kroll. Non, mais je ferai le voyage un jour. Peut-être même cette année...

Comment êtes-vous devenu dessinateur professionnel?

Pierre Kroll. En étant d'abord amateur. J'ai toujours dessiné. Dans les marges des cahiers. Plus attiré par les histoires courtes, les cartoons que la BD. C'est un concours de circonstances qui m'a fait devenir professionnel. J'ai fait 22 mois de service civil dans un théâtre de marionnettes Je n'avais pas grand-chose à faire, mais surtout très peu d'argent: 7.500 francs [188 euros] par mois. J'ai commencé à vendre des petits dessins. Attention, je n'ai jamais demandé du boulot dans ma vie. J'ai toujours reçu des propositions. D'abord du Vif. Au début, je mettais quinze jours pour faire un dessin, alors qu'aujourd'hui, j'en fais plusieurs par jour.

La télé a été un tremplin important. Mamine Pirotte a succédé à André François à l'Ecan témoin [RTBF], présentateur apprécié pour son impertinence. Elle a donc imaginé d'ajouter du piment à l'émission en me demandant de faire des dessins en direct, une formule que le journaliste Michel Polac pratiquait sur la télé française.

Vous avez un grand inspirateur ?

Pierre Kroll. J'ai été baigné par les dessinateurs satiriques français. J'ai d'abord découvert le journal Pilote et mon idole d'alors, Gotlib, que j'ai rencontré depuis. Un gars adorable. Puis il y a eu Charlie Hebdo et Hara Kiri. Après Gotlib, plutôt potache, j'ai surtout apprécié Reiser. C'est de lui que me vient ce trait rapide. Je soigne tout de même un peu plus le dessin qu'il ne le faisait, parce que chez nous, si tu dessines trop vite, on estime que tu ne mérites pas ton fric...

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Vous êtes le caricaturiste le plus prolifique et le plus rapide de Belgique

Pierre Kroll. Je travaille toujours dans l'urgence et le stress. J'ai accepté trop de demandes. Attention, parfois je pense à un dessin toute la journée, mais tout en faisant d'autres choses.

Comment faites-vous pour réagir en temps réel à Mise Au Point, le débat dominical de la RTBF? Vous avez un truc?

Pierre Kroll. Il y a juste un petit breefing la veille pour savoir qui sera présent. Mais aucun dessin n'est préparé avant le débat. Je me dis: comment serais-je plus inspiré seul chez moi? Ceci étant, je fais de l'anticipation sur le plateau. J'ai cette capacité de dessiner tout en écoutant ce qui se dit. Comme un cuisinier, j'ai plusieurs poêlons en même temps sur le feu. Par exemple, je dessine un intervenant et je mets le dessin sur le côté pour en commencer un autre. Puis, réagissant à une intervention de cet intervenant, je n'ai plus qu'à ajouter une bulle. Ce qui fait que, parfois, le dessin passe tellement vite à l'écran que les gens se demandent comment je fais.

Qui est le plus facile et le plus difficile à dessiner?

Pierre Kroll. Louis Michel est très facile et amusant à dessiner, d'autant que le physique correspond au caractère, ce style père Ubu. Di Rupo, avec son sourire permanent et son noeud pap, est aussi assez aisé à faire. Verhofstadt n'est pas mon préféré: heureusement qu'il n'a pas été chez le dentiste étant jeune.

Pour ce qui est des difficiles à dessiner, il y a par exemple Picqué. Ou les nouvelles têtes comme Marcourt. Ceci dit, la caricature est aussi question de connivence avec le lecteur. Chirac dessiné par Wolinski est totalement méconnaissable, mais tout le monde sait que c'est lui.

Vous dessinez pour le Setca, la centrale FGTB des employés. Vous ne seriez pas mieux payé en dessinant pour la fédération patronale FEB?

Pierre Kroll. J'ai un défaut, que je crois être une qualité, c'est la fidélité. A ma femme, à mes amis, à mes opinions ­ quoique pour ces dernières, il faut pouvoir parfois en changer. Ca fait des années que j'illustre l'agenda du Setca. L'édition 2006 sort d'ailleurs le mois prochain. Attention, ce n'est pas du militantisme. Mais ce n'est pas la partie de la FGTB que je critiquerais le plus. Je sais aussi que ça m'exclut la CSC.

Ce qui est cocasse, c'est qu'il m'est arrivé de travailler le dimanche pour illustrer des publications du Setca sur la flexibilité. Si je travaillais dans les conditions des articles que j'illustre...

Qu'est-ce qui, dans le discours politique, vous frappe et conduit au dessin?

Pierre Kroll. Je suis conscient d'avoir une relative mission. Je ne dessine que ce qui est amusant, mais je ne privilégie pas le drôle sur le message ­ sauf quelques cas d'humour crétin. Comme caricaturistes, nous avons quelques missions. Comme contourner la langue de bois. C'est assez net dans les débats télévisés de Mise au point. Un responsable MR confiait: «Il y a des entreprises privées qui nous aident.» Mon dessin paru en direct disait: «Des noms!» Ce qui l'a assez gêné.

On ne vous accuse jamais de poujadisme?

Pierre Kroll. Si je devais croire tous ceux qui m'ont reproché de faire le lit de l'extrême droite, je serais soubrette dans les chambres d'hôtel. Je pense au contraire que le dessin réduit le fossé entre le citoyen et le monde politique. J'ai comme constante d'essayer de donner sa justesse à l'événement. Par exemple, je n'ai pas hésité à tirer à boulet rouge sur De Spiegeleer [l'administrateur délégué de la société de logement de Charleroi], ce que j'ai moins fait pour la ministre Arena lors de l'affaire de sa douche. Elle n'a pas piqué dans la caisse, elle. Cela me semblait être plutôt un faux scandale.

Ce qui m'énerve, par contre, ce sont les effets d'annonce. Comme lorsque Arena parle de classes de vingt élèves, alors qu'on n'en trouve pas une dans le cas. Dans la classe de ma fille, ils sont vingt-huit!

Il y a aussi les gens qui changent d'avis. Comme Louis Michel. Certains estiment que mes dessins l'ont servi, comme les Guignols l'auraient fait pour Chirac, mais il n'a pas du tout apprécié mon dessin sur la loi de compétence universelle [lors des pressions des Etats-Unis sur le gouvernement belge, suite à la plainte contre Tommy Franks, chef des opérations US en Irak]. Quelques jours après avoir dit qu'il ne reniait pas un mot de cette loi, il déclarait ne l'avoir jamais soutenue. J'ai dessiné côte à côte le même Louis Michel faisant ces deux déclarations. Il n'était pas content...

Pierre Kroll: «J'ai dessiné côte à côte le même Louis Michel, l'un disant qu'il ne reniait pas un mot de la loi de compétence universelle, l'autre déclarant ne l'avoir jamais soutenue.Il n'a pas apprécié...» (Photo Solidaire, Lotfi Mostefa)

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Et quand vous tournez en dérision le plan Marshall

Pierre Kroll. C'est encore l'effet d'annonce que je critique. Il y a autre chose à ce propos, que je n'ai pas eu l'occasion de dessiner: c'est la vente des parts d'Arcelor par la Région wallonne pour financer le plan. Alors que ces parts viennent de la sueur des ouvriers et qu'on ferme la sidérurgie liégeoise ­ vous savez que je suis liégeois ­ sans rien mettre pour la reconversion ici.

Certains de vos dessins ont été censurés?

Pierre Kroll. Cette année, j'ai fait pour Le Soir un dessin «Les dix objets que vous ne verrez pas à Made in Belgium ». Parmi ces objets, il y avait «L'agenda Tintin de Léon Degrelle». La rédaction m'a demandé de le modifier, non pour des raisons politiques, mais pour éviter un procès avec Nick Rowell, l'époux de la veuve de Hergé.

Souvent quand un dessin est refusé, je suis d'accord avec le refus. Ce qui ne m'empêche pas de le faire, car je suis dans la situation du buteur auquel l'entraîneur demande de marquer, tout en sachant qu'il peut parfois aller trop loin. Exemple: la veille du procès Dutroux, Béatrice Delvaux [rédactrice en chef du Soir] me demande un truc fort. Je fais un Dutroux en érection, excité par la présence de 350 médias. La rédaction du Soir a été divisée en deux camps, les uns pour la publication, les autres contre, parce que ce pouvait être choquant pour les victimes. Il n'est pas paru... sauf dans mon album où je publie tous les dessins refusés.

Vous pratiquez l'autocensure?

Pierre Kroll. Tout le temps. J'ai plein de dessins qui me passent par la tête mais qui sont impubliables. Soit parce qu'ils ne sont pas clairs, soit parce qu'on se trompe de canard. A propos de la naissance du petit dernier de Philippe et Mathilde, j'ai parlé à Luc Delfosse [du Soir] d'un dessin montrant Fabiola qui dirait: «Mais comment font-ils?» Il a trouvé ça comique, mais inadapté pour Le Soir. Je l'ai repris pour La semaine infernale ce soir [ce que nous avons pu constater]. Si ce n'est pas coupé au montage, car cela arrive parfois.

Il y a des dessins ayant suscité des fortes réactions négatives?

Pierre Kroll. J'ai dessiné une pieuvre avec un tas de tentacules et la gueule de Nihoul. Simplement parce qu'il se vantait d'avoir le bras long et qu'il a vraiment une sale gueule. Mais des journalistes de la RTBF me l'ont sévèrement reproché, m'accusant d'alimenter la thèse du grand réseau...

Pierre Kroll devant Gustave Boël

Gauche ou droite ?

Pierre Kroll. Ceux qui me connaissent me classent plutôt à gauche, mais je suis équidistant des quatre partis, PS, MR, Cdh, Ecolo. Je serais plutôt à droite en matière de liberté économique, à gauche pour la vision de société, l'émancipation. En fait, je suis plus anarchiste.

RTL ou RTBF ?

Pierre Kroll. RTBF, incontestablement, même si ma compagne Dominique Demoulin est journaliste à RTL-Tvi [c'est elle qui couvrait le procès Dutroux]. Mais je ne suis pas très télé, plutôt radio.

Tintin ou le Chat de Geluck ?

Pierre Kroll. A tout prendre, Tintin, quoique je n'ai aucun problème avec Geluck, même si on nous oppose parfois dans une sorte de guéguerre Beatles-Rolling Stones. A vrai dire, je n'accroche au dessin ni de l'un, ni de l'autre. J'aime plutôt le trait de Franquin.

Votre décoration de Chevalier de l'Ordre de la couronne ou votre présence dans le top 100 des plus grands Belges?

Pierre Kroll [ricane]. Justement, j'ai préparé une intervention à ce propos pour l'émission de ce soir. Venez écouter. J'ai appris que la ministre Fadila Laanan venait même d'accorder cette décoration à Malvira et Blabla. Elle nous prend pour des marionnettes? Quant à être classé 94e type le plus intéressant, juste devant Gustave Boël, sur des millions de Belges, c'est vraiment ridicule...

Di Rupo ou Louis Michel ?

Pierre Kroll. Difficile. Sur certains points ­ pas tous ­ Michel s'est trompé de parti. Di Rupo, je me demande s'il est d'une intelligence aussi prodigieuse et machiavélique qu'on le dit. Il bénéficie surtout d'une merveilleuse communication. Mais bon, si je dois choisir comme pour des sportifs, je dirais Di Rupo: c'est lui qui gagne.

Le ministre Karel De Gucht ou le roi Léopold II ?

Pierre Kroll. Par élimination, Léopold II. De Gucht est tellement antipathique que je choisirais n'importe qui d'autre. Léopold était certainement une saine crapule, mais il a été un grand chef d'Etat. Comme on peut le dire de Staline ou Napoléon. Et puis, il avait une belle barbe...

 


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21:52 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |