20/10/2005

19/10/2005: Les militants de la FGTB tournent le dos au SP.a

Le dossier prépension provoque la rupture
Les militants de la FGTB tournent le dos au SP.a

Les participants au congrès du SP.a ont dû franchir une longue haie de militants de la FGTB. Avec un concert de sifflets et de huées à l'adresse des éminentes personnalités. Une rupture dans les esprits qui, aujourd'hui, est également visible en rue.

Free Van Doorslaer
19-10-2005

Les participants au congrès du SP.a ont dû passer une haie de militants FGTB en colère, puis passer sous le calicot « «Le SP.a nous laisse en plan. Nous vous tournons le dos.» (Photo Solidaire, Dirk Holvoet)

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Hasselt, samedi 15 octobre. Dès 9 heures du matin, autour de l'accès aux halles de Grensland, on ne voit plus que du rouge. Pas le rouge très décoloré des participants au congrès du SP.a qui doit débuter incessamment, mais le rouge de 300 membres mécontents de la FGTB qui ont bien l'intention de manifester toute leur rogne à l'égard des gros bras socialistes. La direction régionale de la FGTB Limbourg a invité tout son ban à l'action de protestation.

Les gens de la FGTB tournent littéralement le dos aux gens du SP.a, lesquels ont dû passer sous une large banderole: «Le SP.a nous laisse en plan. Nous vous tournons le dos.» Les vedettes, comme Freya Van den Bossche, Vande Lanotte et Bruno Tobback sont accueillies par un concert de sifflets et de huées: «Tas de bleus! Tas de bleus!»Bruno Tobback essaie d'entamer la discussion, mais se fait remettre à sa place par cinq délégués qui, manifestement, connaissent le dossier mieux que lui. Une autre membre de la FGTB leur crie en pleine face: «Bande de paillasses, pendant que vous êtes douillettement assis à appuyer sur des boutons, nous, nous pouvons nous crever à la chaîne jusqu'à 60 ans. Merci!»

Tourner le dos à ce parti, regarder vers la gauche

Vande Lanotte, à peine sorti de la haie des mécontents, ne peut s'empêcher, lors du congrès, de s'en prendre vertement aux gens de la FGTB: «Ceux qui tournent le dos à la gauche, regardent vers la droite.» Vous n'y êtes pas du tout, monsieur! Celui qui tourne le dos à un parti qui glisse vers la droite, regarde vers la gauche. Ces militants actifs ont les deux pieds bien ancrés dans le monde du travail et ils agissent par souci pour les problèmes des travailleurs. Ce qu'on ne peut certes pas dire de Vande Lanotte et consorts!

«Je proteste contre le gouvernement, dit un participant à l'action, militant du Setca, et surtout contre le SP.a. Nous ne trouvons plus le moindre écho dans ce parti. Normalement, il devrait défendre les intérêts de la FGTB au sein du gouvernement. Mais ce n'est plus le cas. Pourtant, c'estnécessaire dans ce dossier. Bien des jeunes sont sans travail, ils n'ont plus la moindre perspective. Un contrat définitif est devenu chose rare. C'est absurde: des jeunes qui espèrent un boulot définitif et n'en reçoivent pas et des anciens qui s'épuisent au travail, souhaitent leur pension et ne peuvent la prendre. Ils ne doivent pas dire que la prépension est encore possible. Quand on doit présenter une carrière de 40 ans, on est pratiquement à l'âge de la pension légale.» Un collègue complète ses propos: «Pour moi, le dossier de la prépension constitue vraiment une rupture. C'est la même chose que si les vertsallaient se battre pour le déboisement de la forêt de Soignes. La confiance est partie. S'ils font ça, avec quoi vont-ils s'amener la prochaine fois?» Carla Verdingh, déléguée principale d'Eurotwice: «Je suis vraiment en rogne contre ce qu'écrit De Morgen. Ils font comme si nous agissions mal, de façon irresponsable. Les gens ne peuvent tout simplement pas supporter de devoir travailler plus longtemps. La réglementation doit rester ce qu'elle est et nous devons continuer à mener des actions.»

Un dossier plus important que la couleur syndicale

Un délégué principal du bâtiment, 45 ans, veut également qu'on poursuive les actions: «Le SP.a nous laisse tomber. Quand ils auront encore besoin de nous, nous ne serons plus là non plus. Avec la FGTB, nous en avons fait des grands. Eh bien! C'est terminé. D'ici 11 ans, j'aurais pu partir en prépension. Mais que vont-ils décider? Nous devons continuer à mener des actions aujourd'hui, pour le maintien de la réglementation.»

Camiel Stoop est secrétaire de la FGTB-Métal pour le Nord-Limbourg: «Cortebeeck raconte à ses membres que la prépension est maintenue à 58 ans et, le lendemain, on peut lire en toutes grosses lettres dans Het Belang van Limburg que la prépension est portée à 60 ans! La CSC va bien voir maintenant qu'on n'a rien obtenu. S'ils s'amènent maintenant avec des actions, nous serons solidaires avec eux. Le dossier est bien plus important que la couleur du syndicat. Nous devons mener des actions jusqu'à l'obtention d'un résultat!»

Le secrétaire régional de la FGTB, Jean-Claude Van Rode,reçoit des applaudissements nourris au moment où il termine l'action par un bref discours: «Ils ne peuvent pas le cacher: 60 ans et 40 ans de carrière, ça devient la règle et nous n'en voulons ab-so-lu-ment pas!»

Jef Sleeckx, dehors avec les participants à l'action

Jef Sleeckx, ancien député SP.a, participait aux protestations à l'extérieur du congrès du parti. Dans un tract, il dit: «Je déplore que notre parti ait participé à la campagne de calomnies antisyndicales qui a battu son plein dans les médias et les milieux patronaux. La grève de la FGTB a été soutenue par la base de la CSC et de la CGSLB, ainsi que par la majorité de notre population. Pourquoi, dans ce cas, ne l'a-t-elle pas été par la direction du SP.a?» On peut encore lire: «C'est avec une profonde douleur que j'ai accepté la demande des syndicalistes du Limbourg de me joindre à leur action ici, à l'entrée du congrès. Ces militants, délégués et secrétaires de la FGTB représentent tout ce pour quoi un socialiste doit lutter aujourd'hui. Ici, à l'entrée du congrès, ils tournent le dos au parti et je ne puis faire autrement, moi non plus, pour sauver ce qui reste encore à sauver de la pensée socialiste. Et d'empêcher ce qui doit être empêché le 14e dimanche noir d'affilée.» Signé Jef Sleeckx, ancien parlementaire fédéral, co-introducteur de la requête concernant la constitution européenne.


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22:31 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

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