18/10/2005

18/10/2005: Prépensions: après la déclaration de Verhofstadt, la température monte


Prépensions: après la déclaration de Verhofstadt, la température monte

Grèves à la FN-Herstal, Caterpillar, Industeel, Sonaca, Chertal, Raposo, Saint-Roch, GDB, Brico Dépôt de Charleroi... Le plan anti-prépension présenté par le gouvernement ce 11 octobre ne passe pas dans les entreprises. Un avant-goût de ce qui va suivre?

19-10-2005

Pluies de grèves sur Liège et le Hainaut

«On veut se battre pour engager des jeunes»

FN (Herstal)> Plus de 500 travailleurs ont débrayé en front commun et manifesté devant la maison communale de Herstal mercredi 12.

· Pascal Potalivo, délégué CSC: « Un mouvement spontané s'est déclenché suite aux déclarations de Verhofstadt hier à la TV [le plan contre les prépensions]. Nous ne sommes pas du tout d'accord avec ce gouvernement. »

· Antonio Fanara, délégué FGTB: « Comment veut-on faire croire qu'on va engager des jeunes, si on garde les vieux. Un électricien, qui aura 56 ans, on va le garder. Pour qu'il transmette son savoir à un jeune. Mais payer deux salaires pour le même travail, ils ne le feront jamais. Nous on veut se battre pour engager des jeunes.»

«Pas de problème de front commun à la base»

Sonaca (Gosselies)> Employés et ouvriers se sont mis en grève vendredi 14 à l'initiative des délégués CSC, directement suivis par la FGTB.

Alain Bajusz, délégué principal Setca: «Le taux de natalité en Belgique ne suppose pas une si grande facture pour la sécu. Le seul but de la manoeuvre gouvernementale est de disposer d'un large groupe de travailleurs âgés et expérimentés à moindre prix. Le travailleur âgé poursuivra sa carrière mais à un salaire moindre. C'est une manière de créer des agences d'intérims pour travailleurs expérimentés.»

Pietro Firenze, délégué principal CSC: «Ce qui est particulièrement révoltant, c'est qu'en cas de restructuration, le prépensionné sera mis en disponibilité, il peut être déplacé et même se retrouver exclus. Aujourd'hui, nous sommes en front commun FGTB-CSC et ouvriers-employés. Le problème du front commun se pose peut-être au sommet, mais pas à la base.»

«On épargne encore
les grosses fortunes»

> CSC Charleroi. Le Conseil fédéral de la CSC carolo a adopté le 12 octobre une motion rejetant «sans état d'âme» le plan du gouvernement.

· Tony Demonte, secrétaire principal CNE Hainaut: «La motion indique que nous soutenons les actions spontanées, qui n'ont pas manqué de surgir. Et que nous prenons contact avec les responsables FGTB de Charleroi pour des actions communes.

Le projet gouvernemental, c'est le recul de l'âge de prépension dans les faits. Qui va encore commencer à 20 ans, faire 38 ans de carrière sans interruption pour arriver à 58 ans?Il contient quelques point intéressants concernant le refinancement de la sécu. Mais terriblement symboliques. Totalement disproportionnés par rapport aux nouveaux cadeaux aux entreprises. Si le projet veut dire s'attaquer surtout aux épargnants (petits, moyens), c'est encore épargner les grosses fortunes.»

«Caterpillar va-t-elle ouvrir un home?»

Caterpillar (Gosselies) > Le 10 octobre, la délégation CSC a invité les travailleurs à ne travailler qu'une demi-journée. Le 17, un arrêt de travail de 24 heures a été observé à l'appel des délégations FGTB, CSC et CGSLB. Les syndicalistes présents veulent des actions et parlent d'aller manifester à Bruxelles.

· Giuseppe Difranco, délégué principal CSC. «Que va faire la direction de Caterpillar des gens âgés? Ouvrir un home? Maintenant que tous les petits travaux sont sous-traités, on ne peut plus caser les anciens. Et va-t-on obliger ceux de plus de 50 ans, c'est-à-dire un tiers du personnel, à rester à la chaîne? C'est impossible et la direction de Caterpillar doit le savoir.»

«J'invite Onkelinx à faire un stage de six mois ici»

Industeel (Charleroi) > L'ex-Fafer était à l'arrêt en front commun ce vendredi 14 octobre.

· Giovanni Severino, délégué principal CSC: «Au départ, la CSC avait fixé treize points de rupture. Je ne dis pas qu'ils [les dirigeants nationaux] ont mal discuté, mais le résultat des négociations n'est pas ce que nous attendions. Nous avons analysé le contenu des mesures et le comité d'entreprise, les militants, les travailleurs ont répondu d'une seule voix : inacceptable! Nous avons le soutien de nos permanents régionaux : Di Santo pour la FGTB, Toni Demonte pour la CNE et Jean-Michel Massart, le responsable de la CSC pour Industeel.

Nous espérons que les instances vont prendre le relais maintenant, parce que le ras-le-bol est profond. Et qui sait, s'il n'y a que ça pour faire changer les choses, il faut faire tomber le gouvernement. »

· Alain Divok, délégué principal FGTB: «Je les invite tous, les Onkelinx et les autres. Qu'ils viennent ici faire un stage, pas d'une semaine, mais de six mois : faire les trois ou les quatre pauses avec le bruit, le stress, la chaleur. Qu'ils essaient ainsi de comprendre ce que cela a comme effet après 35 ans.Après je veux bien discuter. »

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«Les travailleurs de VW sont prêts à passer à l'action»

VW, lundi 17 octobre 2005
( Photo Solidaire, Martine Raeymaeker)

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VW (Bruxelles) > Lundi matin 17 octobre, l'équipe de nuit s'est mise en grève. L'équipe de jour a pris le travail À 6 heures, mais pas pour longtemps. À 10 heures, la grève générale était décrétée.

· Marc Préaux, délégué syndical de la FGTB: «Nous venons d'avoir une très bonne assemblée générale. Les gens ont besoin en premier lieu d'informations. Ce fut une assemblée générale très mouvementée, avec beaucoup d'émoi autour des mesures présentées par le gouvernement. Nous n'avons pas encore l'habitude que les gens posent des questions, mais on le sent: l'inquiétude est là et la mobilisation aussi. Les délégués de la CSC étaient également dans la salle et, en ce qui concerne les travailleurs, toutes les couleurs y étaientrouge, vert et bleu. Cet après-midi (lundi, NdlR), nous allons appliquer le même scénario mais, maintenant, nous avons repris le travail.»

· Jacques Guilmot, ancien délégué: «Pas les médias, tout le pays sait maintenant que les travailleurs de VW sont prêts à passer à l'action. Aujourd'hui, les délégués de la CSC ont également invité leurs ouailles à se rendre à l'assemblée générale, mais ils voulaient toutefois attendre demain afin de passer éventuellement à l'action. Les travailleurs, maintenant,sont bien au courant de la gravité de la situation et ils sont prêts. Et, aujourd'hui, c'est ce qui importe le plus.»

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Une semaine cruciale contre le plan Verhofstadt-Onkelinx

Manifestation FGTB au congrès du SP.a, ce 15 octobre. (Photo Solidaire, Dirk Holvoet)

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La question de la prépension coupe notre pays en deux depuis fin septembre. D'un côté, les ministres, les patrons et une certaine presse, de l'autre, le monde du travail. Une semaine cruciale s'ouvre.

Dès l'annonce des mesures du gouvernement le 11 octobre, le mécontentement dans les entreprises et les syndicats s'est exprimé. Dans les grèves ­ la plupart du en front commun ­ chez Caterpillar, Sonaca, Industeel, VW, la FN, etc. Mais aussi dans les assemblées syndicales, particulièrement à la CSC, où beaucoup de délégués ont refusé de diffuser les tracts de la direction nationale qui présentaient les mesures sous un trop beau jour.

De nombreuses centrales régionales de la CSC ont d'ailleurs rejeté intégralement le plan du gouvernement. Une volonté qui existe évidemment aussi dans la FGTB, comme l'a montré aussi l'action au congrès du SP.a ce samedi (lire page 9). A l'heure où nous écrivons ces lignes, nous ne connaissons pas encore les décisions du Conseil national de la CSC et du Comité fédéral de la FGTB. Mais cette semaine s'annonce déjà cruciale pour franchir le quatrième obstacle placé par le gouvernement depuis fin septembre pour briser le mouvement en cours.

1. Souvenez-vous, le 20 septembre, le gouvernement déposait une première note «à négocier». Il espérait venir le 11 octobre devant le Parlement avec un accord patrons-syndicats sur le contenu de cette note.Le 23 septembre, la FGTB disait non et appelait à la grève générale. Une grande contestation s'exprimait au conseil général de la CSC.

2. Le 27 septembre, le gouvernement faisait croire qu'il y avait encore une grande porte pour les négociations. Malgré les promesses du gouvernement le mot d'ordre de grève était maintenu pour le 7 octobre.

3. Les patrons, les partis, certains grands médias se déchaînent contre la grève appelée par la FGTB. Le président de la CSC Cortebeek défend qu'il faut négocier avant d'agir. Mais la grève du 7 octobre devient une réussite énorme et beaucoup d'affiliés et délégués CSC y participent partout.

4. Le 11 octobre, le gouvernement décide sans l'accord d'aucun des syndicats. Sur la question de la prépension, il reprend l'essence de sa note initiale sur deux points cruciaux: l'âge de la prépension et la durée de la carrière seront allongés; la disponibilité (voir page 6)

Il espère imposer son plansous la devise: «Les décisions sont prises, les syndicats pourront négocier sur leur application». Après avoir affirmé qu'on ne pouvait pas faire grève durant la négociation, il dit aujourd'hui: vous ne pouvez plus rien faire sur le fond.

Le monde du travail résiste, s'organise et progresse

L'expérience des dernières semaines montre que le monde du travail résiste, s'organise et progresse. L'enjeu de la prochaine semaine sera que la contestation qui s'est exprimée ces dernières semaines s'élargisse et s'approfondisse. Pour franchir ce quatrième obstacle. Non pas pour «améliorer» sur un point ou l'autre le «Pacte des générations» de Verhofstadt, mais pour le rejeter complètement.

Pour obtenir le maintien de tous les systèmes actuels, dont le système de 58 ans après 25 ans de carrière. Pour obtenir le maintien du statut de prépensionné en cas de restructuration: une vraie pré-retraite sans possibilité de rappel par un employeur.

Et pour avancer un autre programme. Qui élargisse, notamment, le droit à la prépension à 55 ans pour tous avec embauche obligatoire d'un jeune. Qui refinance réellement la sécurité sociale sans toucher aux revenus des travailleurs (y compris les revenus de leur épargne). Qui impose les grandes fortunes au-delà de 500.000 euros. Un programme indispensable pour imposer à cet autre monde, le monde des ministres et des patrons, la volonté du monde du travail.

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Interviews et reportages complets sur www.solidaire.org

Ont collaboré à ces pages: Marc Van Campen, Paula Hertogen, Germain Mugemangango, Sara Van Obbergen, Myriam De Ly, Riet Dhont, Hugo De Bruyne, David Pestieau, Kris Hertogen.

«Mon histoire» sur www.ptb.be/prepension

Nous désirons tout savoir sur vos luttes, réflexions et discussions à propos de la prépension. Racontez-les dans la rubrique «Mon histoire» sur le site www.ptb.be/prepension


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19:36 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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