17/10/2005

12/10/2005: Le prolongement de la carrière touche encore plus les femmes

Le prolongement de la carrière touche encore plus les femmes

Marianne • Solidaire n° 37 du 12 octobre 2005

An Lenaerts
12-10-2005

Travailler, les femmes le font et l'ont fait assez. Mais rares sont celles, actuellement, qui atteignent ou pourront atteindre une carrière complète. (Photo Solidaire, Vinciane Convens)

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Vendredi 7 octobre, des milliers de femmes de la FGTB, et aussi de la CSC (bien qu'officiellement, ce syndicat n'ait pas participé à la grève) épaulaient leurs collègues masculins aux piquets et faisaient grève contre les plans du gouvernement. Le maintien de la prépension: telle était l'exigence centrale. Mais, pour les patrons et le gouvernement, il faut travailler plus longtemps, et cela vaut aussi bien pour les femmes que pour les hommes.

Au nom de l'émancipation, le gouvernement décidait déjà, en 1997, d'accroître progressivement, de 1999 à 2009, l'âge de la pension chez les femmes et de le faire passer de 60 à 65 ans. Pour l'instant, les femmes doivent rester au travail jusqu'à 63 ans. À cet âge, la plupart sont brisées car les femmes doivent combiner leur travail salarié avec le ménage et les enfants. Mais le gouvernement n'en a cure.

Désormais, la pension complète pour les femmes se calcule sur une carrière de 43 ans. À l'heure actuelle, 12% à peine des femmes travaillent à temps plein jusqu'au moment de leur pension. 28% des femmes arrêtent déjà à l'âge de 50 ans. À cet âge, elles sont vidées et n'en peuvent plus. Travailler encore plus longtemps fait donc que moins de femmes encore ont droit à une allocation de pension à part entière. Et, aujourd'hui, presque la moitié des femmes (46%) n'ont aucun droit à la pension minimale légale, de 866 euros par mois. De chiffres de l'année 2000, il apparaît qu'une carrière moyenne de femme, à l'âge de 55 ans, compte à peine 17 ans. J'ai moi-même été impressionnée par les carrières féminines telles que décrites à la page suivante. Travailler, ces femmes le font et l'ont fait assez mais aucune d'elles, actuellement, n'atteint ou ne pourra atteindre une carrière complète. Puis il y a les dizaines de milliers de femmes qui travaillent à temps partiel parce que, dans leur grande surface ou leur firme de nettoyage, elles ne peuvent décrocher qu'un contrat part time ou parce qu'elles ont un boulot impossible à combiner avec leurs enfants. De toutes les femmes au travail, 43% ont un contrat à temps partiel. Pour la plupart d'entre elles, deux ans de travail à mi-temps comptent pour une seule année de pension. Ce sont de vieux jours bien pénibles qui nous attendent, nous, les femmes

Et, aujourd'hui, le gouvernement s'en prend encore à la prépension, à laquelle les femmes n'ont déjà qu'un accès limité. D'ailleurs, seulement 18% de tous les prépensionnés sont des femmes.

La revendication centrale du PTB concerne le droit à la prépension pour tous dès l'âge de 55 ans, avec remplacement obligatoire du (de la) prépensionné(e) par un(e) jeune. Une revendication qu'appuient toutes les femmes avec qui j'ai parlé, de sorte qu'après une existence passablement pénible, elles puissent encore faire autre chose et donner en même temps à leurs enfants la possibilité de décrocher un emploi.

> Marianne en action
> La carrière des femmes: dur labeur, bas salaires et pension misérable


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22:26 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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