14/10/2005

12/10/2005: Un pays, deux mondes

Un pays, deux mondes

Kris Hertogen
12-10-2005

Des centaines de milliers d'affiliés rouges et verts ont fait grève ce 7 octobre. Mais Verhofstadt n'en tient pas compte. (Photo Solidaire)

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Le 7 octobre, des centaines de milliers de personnes ont arrêté le travail. Dans toutes les régions du pays, aussi bien les jeunes que les vieux. Avec des drapeaux rouges et verts. Et de nombreux verts sans drapeau. C'est le monde de la classe ouvrière en lutte. Pour la première fois depuis douze ans, elle a paralysé la vie économique. Parce que les travailleurs comprennent ­ comme l'a déclaré le secrétaire général de la FGTB Xavier Verboven ­ que c'est l'avenir social pour 20 à 30 ans qui se dessine aujourd'hui. Parce qu'ils n'acceptent pas, comme le montrent les centaines de témoignages recueillis aux piquets par des membres du PTB, que les gens doivent travailler plus longtemps, alors qu'il y a 600.000 chômeurs.

Contre ce monde du travail, le monde des patrons, des politiciens et des faiseurs d'opinion s'est mobilisé ces derniers jours. La FEB et l'Unizo (classes moyennes flamandes), Gerolf Annemans (Vlaams Belang) et Hans Bonte (SP.a), Laurette Onkelinx (PS) et Didier Reynders (MR), Greta D'Hondt (CD&V) et Joëlle Milquet (CdH) ils avaient tous le même message: cette grève ne devrait pas avoir lieu, ceux qui la lancent sont des irresponsables. Dans ce monde, les dirigeants syndicaux sont traités d'irresponsables s'ils ne se soumettent pas à ce que les patrons trouvent important, s'ils se rangent derrière les véritables besoins de la base. Il n'est pas honteux d'être isolé dans ce monde. Dans le monde du travail en lutte, ce ne sont pas les dirigeants de la FGTB, mais bien cette poignée de ministres qui sont isolés.

Comme le référendum sur la Constitution européenne en France et aux Pays-Bas, comme le million de manifestants en France mardi dernier, cette grève montre l'énorme fossé qui existe en Europe entre les travailleurs et les politiciens.

Ce fossé ne réduit pas. Ce 10 octobre, le gouvernement a décidé de porter de 58 à 60 ans l'âge de prépension. Les travailleurs avaient donc raison de mener une grève générale trois jours plus tôt. Le 6 octobre, les dirigeants FGTB Verboven et Vandermeeren ont déclaré au Soir: «Nous voulons le maintien des prépensions conventionnelles, avec respect des âges (aujourd'hui 58 ans) et des exigences de carrière (aujourd'hui 25 ans). Nous ne voulons pas que les travailleurs victimes d'une restructuration soient pénalisés une seconde fois. Notamment, qu'ils soient obligés, une fois prépensionnés, de rester disponibles sur le marché de l'emploi.»

Le 11 octobre, le Premier ministre Verhofstadt s'adressera au Parlement. Il n'y rencontrera pas beaucoup de résistance. Viendra ensuite l'avis des syndicats et des travailleurs. Cet avis décidera de l'issue de la lutte. Car dans l'histoire de notre pays, toutes les questions sociales essentielles ont été tranchées par la lutte. Dans ce combat pour la défense de la prépension, le PTB est aux côtés des travailleurs. Avec un nouveau tract qui, dès le 13 octobre, informera les ouvriers et employés de 120 entreprises des derniers développements du dossier.


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11:55 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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