04/10/2005

05/10/2005: Prépensions: 58 = cinquante-huit, 25 = vingt-cinq

Prépensions: 58 = cinquante-huit, 25 = vingt-cinq

David Pestieau
05-10-2005

Selon les plans du gouvernement, la victime d'une restructuration n'aurait plus de prépensionné que le nom, puisqu'elle devrait rester disponible sur le marché du travail. (Photo Atelier La Braise - Bruno Bosmans)

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


«Les gens autour de moi ne veulent pas des mesures du gouvernement, nous écrit Elise, aide-soignante. Quand on a 55 ans, on est crevé. Je voudrais bien les voir, moi, les Verhofstadt et compagnie, soigner les gens jusque 65 ans!»

Comme Elise, vous avez sûrement ressenti la décision de la FGTB d'appeler à la grève générale ce 7 octobre ­ la première depuis douze ans­ comme une première victoire. Surtout que dans beaucoup d'entreprises, les délégations CSC et FGTB ont convenu de faire ensemble grève le 7... et le 10 octobre, jour envisagé par la CSC pour sa propre action.

Depuis un an, le gouvernement Verhofstadt-Onkelinx avait tout fait pour échapper à ce scénario. Et la fédération patronale FEB en a une peur bleue. Aussi, ce qui commence ce vendredi est une occasion unique d'envoyer à la poubelle les plans du gouvernement, qui veut vous faire travailler cinq ans de plus.

Car le monde du travail peut gagner s'il évite les pièges que le gouvernement lui a préparés.

D'abord, sur les fins de carrière, le gouvernement est prêt à quelques concessions mineures s'il obtient gain de cause sur deux points essentiels.

· Il veut augmenter l'âge de prépension (en général 58 ans aujourd'hui) et/ou augmenter la durée de la carrière donnant droit à la prépension (25 ans aujourd'hui).

· Il veut que les travailleurs qui sont «prépensionnés» lors d'une restructuration d'entreprise restent disponibles en permanence sur le marché de travail.

C'est dire l'importance cruciale pour le mouvement en cours de maintenir fermement l'option prise par le comité national de la FGTB du 23 septembre: «Maintien des prépensions: respect des âges de départ et des exigences de carrière; pas de pénalisation des travailleurs victimes d'une restructuration.»

Ensuite, le gouvernement veut vous convaincre de faire une croix sur votre prépension en «échange» d'une faible hausse des pensions qu'il avait déjà promise... il y a un an et demi à Ostende. Maximum 15 euros en plus par mois dans la plupart des cas. Un véritable marché de dupes.

Enfin, le gouvernement veut vous culpabiliser en affirmant que travailler plus longtemps serait indispensable pour sauver la sécu. Alors qu'il a lui-même troué les comptes ces dix dernières années en réduisant de cinq milliards d'euros les cotisations patronales. Et qu'il s'apprête à les réduire encore pour des centaines de millions supplémentaires.

Bien sûr qu'il faut refinancer la sécu et bien plus que ne le prévoit le gouvernement. Mais qu'on instaure alors un impôt sur la fortune touchant ces super-riches qui ont les moyens de payer le vieillissement.

Et qui pourront le faire sans abîmer leur santé, ni détruire l'emploi de leurs enfants. Juste en devant se séparer de quelques billets de leur portefeuille au bénéfice de la collectivité.

email to David Pestieau

 Envoyez vos réactionsréagirImprimerimprimerEnvoyer par e-mailenvoyer


14:02 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.