28/09/2005

28/09/2005: Guy ne peut pas rendre son devoir

Guy ne peut pas rendre son devoir

David Pestieau
28-09-2005

Guy Verhofstadt voudrait que l'Europe passe en classe supérieure à l'école du capitalisme.
(Photo Solidaire, Lotfi Mostefa)

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Guy est vachement embêté. Notre Premier ministre doit remettre, le 15 octobre, son devoir à l'Union européenne. Après cinq ans, il doit faire rapport sur l'avancement des plans décidés au sommet européen de 2000 à Lisbonne.

Mais il lui manque un gros morceau à son devoir. C'est qu'on lui avait demandé de faire travailler les Belges plus longtemps. C'est loin d'être réussi. C'est qu'en Belgique on n'est pas très coopératifs pour faire réussir l'élève Verhofstadt. Pourtant, Guy croyait avoir tout fait pour réussir. Il avait copié son plan sur celui de la Fédération patronale. Puis, il avait demandé à sa ministre Freya Van den Bossche (SP.a) de pondre un brouillon avant l'été. Tout l'été, il avait travaillé, surtout avec ceux, comme le PS et le SP.a, qui pourraient avoir de l'influence dans le monde du travail. Résultat: le brouillon a été retravaillé avec une belle écriture. Cette fois-ci, co-signé par tous ses camarades du gouvernement.

Prépension relevée de 58 à 60 ans, fin de la prépension automatique en cas de restructuration pour les plus âgés, sanctions fiscales pour ceux qui s'arrêtent plus tôt. Bien sûr les grands partis d'opposition, comme le CD&V ou le Cdh, ont dit que le devoir était insuffisant. Pas que les idées n'étaient pas bonnes, mais ils trouvent que Guy aurait dû être encore plus précis et avoir remis son devoir plus tôt. Enfin, rien de fondamental.

Rien à craindre non plus du côté du Vlaams Belang. Celui-ci avait encore applaudi la semaine dernière un représentant patronal qui avait déclaré: «Nous devons revenir à une culture où l'on gagne à travailler plus et plus longtemps, de préférence au-delà de 58 ans.» Décidément, ce Vlaams Belang fait parfois du bruit à la récréation, mais il rentre toujours dans le rang en classe.

Guy pensait ainsi obtenir une bonne cote de l'Union européenne. Mais ça semble bien plus difficile qu'il ne le croyait. Vendredi dernier, les syndicats ont dit qu'ils voulaient tout revoir. C'est que, dans le monde du travail, beaucoup ne veulent pas que Guy remette son devoir. Ils voient bien qu'il s'agit de beaucoup plus qu'un petit devoir, plutôt d'un examen pour faire passer l'Europe en classe supérieure à l'école du capitalisme, plus près encore du système américain du chacun pour soi. Que ce devoir amènera moins de repos, moins d'emploi, moins de salaire, moins de Sécurité sociale.

Aujourd'hui ce devoir ne peut pas être corrigé. Le monde du travail doit imposer le sien. Avec le mouvement syndical. Et aussi avec le PTB, le seul parti qui défend le maintien de tous les systèmes de prépension, le droit à la prépension à 55 ans avec embauche obligatoire d'un jeune. Et qui a des propositions pour financer tout ça.

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11:53 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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