20/09/2005

15/09/2005: Prépensions: 15 ministres contre 3 millions de travailleurs


Prépensions: 15 ministres contre 3 millions de travailleurs

A l'heure où vous lirez ces lignes, vous connaîtrez ce que le gouvernement veut faire de votre prépension. Vendredi, les syndicats devront décider s'ils commencent officiellement la négociation.

David Pestieau
21-09-2005

Il y a 600.000 chômeurs en Belgique, dont un sur six a moins de 25 ans. Au lieu de faire travailler les gens plus longtemps, les ministres ne feraient-ils pas mieux de se décarcasser pour offrir un job à ce jeune? (Photo archives)


Les 15 ministres de la rue de la Loi ont peur de votre réaction s'il vous annonce de but en blanc que vous devrez désormais travailler 5 ans de plus. Sinon, pourquoi auraient-ils pris une année pour préparer les espritsà leurs plans? Pourquoi veulent-ils absolument faire entrer les dirigeants syndicaux dans leur jeu?

Aussi, après une première note de la ministre Van den Bossche en juin, jugée imbuvable par les syndicats, ils ont décidé de procéder par étapes. Le vice-premier ministre Vande Lanotte l'a résumé: «L'essentiel, c'est de regarder ensemble dans la même direction. Quant au rythme de la réforme, il est secondaire.»

Autrement dit: tendez la main, on vous prendra le bras bien à temps. Déjà la main est dangereuse: vous devriez prendre votre prépension plus tard. Vous devriez rester disponible sur le marché du travail en cas de prépension-restructuration. Il vous sera impossible de partir avant 60 ans, même si vous êtes souvent déjà à bout à 50.

Pour que vous tendiez votre main, les 15 vous propose un prétendu échange. D'abord, une adaptation des pensionsqui sera largement inférieure à 15 euros par mois pour la majorité des pensionnés. Autrement dit, des cacahuètes. Et ce alors que vous verrez le montant de votre prépension baisser bien davantage par une taxation plus lourde (sur certains systèmes de préretraite).

Que dire alors d'un financement de la Sécu qui commencera par de nouvelles baisses de cotisations patronales à la Sécu.

Alors faut-il subir leur agenda au lieu d'en imposer un autre? N'est-il pas aberrant de vouloir nous faire travailler plus longtemps avec 600.000 chômeurs dont 1 sur 6 a moins de 25 ans? Comment oser parler de politique d'emploi alors que l'on s'en prend à la prépension qui, avec un système d'embauche obligatoire, permettrait de mettre 200.000 chômeurs au travail?

Ils sont 15 mais nous sommes plus de 3 millions de salariés. 3 millions qui ont entendu, en juin, tant à la FGTB qu'à la CSC, qu'il y aurait des actions nationales, voire des grèves générales si le contenu de la note Vandenbossche restait en l'état. Aujourd'hui que les 15 ont seulement changé le titre et quelques dialogues de cette note, mais que le scénario reste intact, les 3 millions de salariés doivent pouvoir imposer leur agenda: ne touchez pas à nos prépensions, ni d'un coup, ni à petites doses.

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20:07 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

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