17/09/2005

14/09/2005: Un rassemblement de militants combatifs de la FGTB à Anvers

«Travailler plus, c'est mourir plus tôt»
Un rassemblement de militants combatifs de la FGTB à Anvers

Plus de 300 militants syndicaux se sont réunis la semaine dernière à Anvers. À l'ordre du jour, la prépension.

Jef Bruynseels
14-09-2005

«Cinq milliards d'euros de réduction de cotisations. Puis on viendra se plaindre qu'il n'y a plus d'argent pour les pensions», déclare un délégué du secteur du métal lors de la réunion de militants FGTB à Anvers. Photo: manifestation du 21 décembre 2004. (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


Fin septembre, le gouvernement va mettre sur la table une nouvelle «note de négociations» concernant la prépension. Une semaine plus tard, les commissions syndicales nationales vont se réunir pour les examiner. Lundi dernier, la FGTB Anvers était la première à consulter ses militants syndicaux.

Cette assemblée renouait avec la tradition des réunions de militants ouvertes qui avaient été proposées lors de l'accord interprofessionnel. Elle a soulevé l'enthousiasme des nombreux participants: la salle était trop petite. Il s'agissait d'une préparation de la lutte à venir. Les militants syndicaux ont critiqué avec virulence les plans gouvernementaux et de nombreuses interventions ont été interrompues par des applaudissements nourris. Un petit florilège de la réunion:

«Mes collègues ne veulent pas travailler plus longtemps. Nous sommes déjà les travailleurs les plus productifs d'Europe», a réagi un délégué. «À partir de 50 ans, nous sommes foutus. Rester actif après ça, c'est absurde. On est usé, on a des maux partout. Travailler plus longtemps, c'est mourir encore plus tôt Le débat doit traiter des emplois. On nous en a promis 200.000. Mais c'est devenu 200.000 licenciements. Nous devons conserver l'actuelle prépension et la développer encore plus.»

«Pas comme en Amérique!»

Le gouvernement a également reçu une réponse du tac au tac pour la mise à sac des caisses de la sécurité sociale: «Qu'on arrête ces cadeaux aux patrons. Cinq milliards d'euros de réduction de cotisations, ça ne crée pas d'emplois. Puis on viendra se plaindre qu'il n'y a plus d'argent pour les pensions», ajoute encore un délégué.

Un syndicaliste: «Le journal De Morgen parlait des 15 Belges les plus riches. C'est là qu'on doit aller chercher l'argent. Les 10% des Belges les plus riches ont une fortune de 840 milliards d'euros. L'impôt sur la fortune a toujours été une revendication de la FGTB. Pourquoi fait-on mine de l'oublier?»

La stratégie de Lisbonne et les actuels choix de société ont également reçu leur volée de bois vert. «Tout ce qu'ils élaborent aujourd'hui a été décidé à Lisbonne sur le plan européen. Avec l'argument de la concurrence avec l'Amérique», dit un autre militant. «Nous ne pouvons permettre que ça devienne comme en Amérique, comme à la Nouvelle-Orléansavec les inondations. C'est un pays sans sécurité sociale, où tous les services publics ont été privatisés. Et puis, on obtient des drames comme aujourd'hui à la Nouvelle-Orléans...»

Plusieurs syndicalistes invitaient chaudement le secrétaire général de la FGTB, Xavier Verboven à ne pas aller négocier à propos de «petites ou grandesconcessions», mais à se cramponner aux revendications afin qu'on ne touche en aucune façon à la prépension. Et avec la mission, dès maintenant, de préparer et mener des actions.

«Le numéro spécial de De Werker (la version flamande du magazine Syndicats de la FGTB, NdlR) est une bonne chose, mais quelles sont nos revendications?», se demandait un délégué. «Nous sommes contre une carrière de 40 ans avant de pouvoir prendre sa prépension. Aujourd'hui, la condition, c'est 25 ans de service. Où la FGTB met-elle ses points de rupture? On ne peut absolument pas toucher aux systèmes actuels de la prépension. Pas de modification dans les réglementations actuelles. Les délégués ne veulent pas connaître deux fois la mésaventure de l'AIP (l'accord interprofessionnel, NdlR). La base n'a pas pu se retrouver dans l'accord dégagé et elle l'a refusé. Le gouvernement a tout simplement appliqué l'accord refusé sans que la FGTB réagisse. Notre syndicat ne peut pas aller négocier sur le détricotage de la prépension. Il faut préparer un plan d'action, mais pas pour une seule manif, comme le 21 décembre.»

Une chose est claire après cette rencontre syndicale: la base et la majeure partie de la structure de la FGTB sont prêtes à entamer la lutte pour le maintien de la prépension.


 Envoyez vos réactionsréagirImprimerimprimerEnvoyer par e-mailenvoyer


09:39 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.